Quelques commentaires :
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Le protocole est en réalité moribond. Les grincements commencent à se faire entendre. En Grande-Bretagne, la Chambre des lords vient de rappeler que "le réchauffement mondial ne peut être combattu que par une action mondiale" et que "le protocole de Kyoto ne peut être mis en route sans la ratification des Etats-Unis ou de la Russie, de préférence les deux". En France, le Medef a pris la parole pour qu'on y réfléchisse à nouveau. A Bruxelles et dans les autres capitales, commissaires et ministres disent tout bas que l'Europe est tout simplement "en train de se faire avoir".
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Cette affirmation me paraît fausse. Certes, les milieux patronaux sont contre Kyoto, mais ils l'ont toujours été, je ne vois rien de nouveau. En revanche, du côté des populations, on entend de plus en plus de voies pour agir contre l'effet de serre. Certains Etats américains comme la Californie commencent à faire des lois dans ce sens. Et le programme de Kerry est bien plus pro-environnemental que celui de Bush (c'est pa bien difficile). Au Canada, il me semble que ça bouge aussi.
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Leurs arguments ? Ecologique d'abord. Kyoto n'a toujours été considéré que comme le début d'un mouvement, comme une première étape très limitée : la hausse des températures attendues d'ici à 2100 à cause de l'effet de serre devrait, selon les calculs, être comprise entre 1,4 °C et 5,8 °C. Or la mise en œuvre du protocole devait permettre de réduire de 0,15 °C cette hausse. C'est bien peu.
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Bien sûr que Kyoto n'est qu'un début. Avant de ralentir, il faut commencer par arrêter d'accélérer. C'est le but de Kyoto, qui n'est pas destiné à durer jusqu'en 2100. Mais si on ne commence pas par Kyoto, on ne fera rien d'autre par la suite.
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Si seule l'Europe de l'Ouest (responsable de 20 % des émissions) l'applique, on ne gagnerait donc qu'une fraction de ce petit chiffre. L'Europe peut vouloir "donner l'exemple", mais elle est trop petite pour avoir, seule, un effet sur le climat. Autrement dit, l'effet écologique de notre effort sera nul.
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Pas nul, mais faible. C'est pourquoi tout le monde est d'accord : il faut que d'autres l'appliquent, notamment les US. Mais ça ne pourra se faire que si on montre que c'est possible et économiquement viable (ce que l'on va montrer, je pense).
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si la croissance est forte et si le plafond autorisé de CO- est atteint, les industriels délocaliseront les unités dans les pays du tiers-monde qui ont été exemptés d'effort à Kyoto.
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Faux : si un groupe français construit une industrie en Asie ou ailleurs, les émissions de cette industrie compteront pour son quota de gaz à effet de serre (c'est justement le principe des droits d'émissions). Donc je ne vois pas en quoi Kyoto pousserait à délocaliser.
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"Le vrai problème, explique un PDG concerné, c'est la date de 2012. Elle n'est pas pertinente d'un point de vue environnemental, on n'arrête pas les évolutions climatiques en dix ans. On va faire des dépenses inutiles."
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Personne ne parle d'arrêter les évolutions climatiques mais de les ralentir et de ne pas arriver à des situations irréversibles. Et l'histoire industrielle montre que si on ne met pas de dates limites, rien ne bouge.
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Et de mettre en avant la stratégie américaine : les Etats-Unis ont dit non à Kyoto, mais ils ont accru leurs efforts de recherche dans toutes les directions : énergies de remplacement, traitement des gaz, etc. Au total, ils y consacrent quatre fois plus d'argent que tous les Européens réunis.
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Je suis d'accord avec cela : l'Europe ne consacre pas assez d'effort de recherche aux énergies de remplacement, aux économies d'énergie, etc. Mais les Etats-Unis sont très naïfs de croire que le progrès technologique suffira pour réduire les gaz à effet de serre. Il faut aussi changer les modes de vie. Et ça, c'est très long, c'est pourquoi il faut s'y prendre tôt.
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Un ministre français résume : "Les Européens se font rouler. Ils dépensent aujourd'hui, les Américains investissent, et quand leur industrie de dépollution sera prête, ils diront : bon, maintenant, on réduit nos émissions, et tous les pays doivent le faire comme nous."
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Ce ministre n'a rien compris : il ne s'agit pas de dépollution mais de réduction de consommation. En effet, le CO2 n'est pas un polluant annexe qu'on peut éliminer (comme le SO2, les oxydes d'azote, etc.) mais le résultat de la combustion. C'est donc incontournable dès qu'on a une combustion.
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Björn Lomborg, écologiste danois en rupture de ban ... "Avant 2050, ajoute-t-il, beaucoup de ces pays auront un niveau de développement qui leur permettra d'accepter eux aussi de réduire leurs émissions" et de signer un nouveau protocole.
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Oui, mais il sera probablement trop tard.
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La stratégie américaine – attendre un peu pour agir plus fort – paraît, au bout du compte, plus efficace.
Et d'évoquer un Kyoto 2, appuyé sur de nouvelles technologies, exigeant un effort plus important et, cette fois-ci, partagé, mais inspiré, surtout, par une philosophie exempte de tout malthusianisme.
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Les Américains en sont restés, dans leur grande majorité, au positivisme. Ils croient que la technologie et le progrès résolvent tout. C'est au mieux un pari très très risqué, au pire la politique de l'autruche (je ne change rien à mon mode de vie et je me cache la tête pour ne pas en voir les conséquences).
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Illusion pour les pays riches, qui n'acceptent pas les retours en arrière.
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Il ne s'agit pas de retour en arrière. Nous vivons plus longtemps que les Américains, dans des conditions au moins aussi bonnes, et nous émettons 3 ou 4 fois moins de gaz à effet de serre (je ne me souviens plus des chiffres). C'est juste une question de choix politiques et d'organisation de la société.
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L'écologie ne peut pas se définir contre l'économie.
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Actuellement, c'est plutôt l'économie qui se définit contre l'écologie.
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Seul le progrès est la solution aux dégâts du progrès.
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Affirmation non prouvée, qui me paraît une fuite en avant très dangereuse.