Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...
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Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...



Vue hybride

  1. #1
    invite6eb1b431

    Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    "[...] tout développement d'une activité s'appuie sur des ressources moins performantes, car les plus performantes sont utilisées en premier [...]"

    L'homme atteint les limites de la planète : les énergies fossiles s'épuisent, les matériaux sont dispersés, la biodiversité de même, ... La liste est longue et connue.

    Les rendements décroissants constituent un des problèmes majeurs de la science économique : tout développement d'une activité s'appuie sur des ressources moins performantes, car les plus performantes sont utilisées en premier.

    Quand un système atteint ses limites, ce sont le plus souvent les derniers développements qui sont de fait les premières victimes. Ainsi, la construction des chemins de fer classiques s'est arrêtée avec la deuxième guerre mondiale. Ensuite, avec la concurrence de la voiture, les dernières lignes construites furent les premières à être fermées, certaines n'étant même pas achevées.


    Atteindre les limites de la planète a ainsi de profondes conséquences économiques au regard de cette sorte de fatalité des rendements décroissants.

    Plongeons dans un examen prospectif en appliquant l'idée que les premières victimes sont les derniers développements :

    - En agriculture, la rareté des engrais issus du pétrole ainsi que l'impossibilité d'étendre les terres à outrance du fait de la démographie va inciter à réduire fortement la partie au rendement le plus faible : la production de viande. Il faudra donc s'habituer à manger moins de viande et garder ça comme un plaisir raffiné.

    - Dans les transports, le mode le plus énergivore, à savoir la voiture individuelle, va forcément se réduire. Elle ne soutient pas la comparaison avec le vélo, la marche ou le transport collectif. L'automobile va d'abord s'alléger, économiser l'énergie mais à terme elle perdra aussi beaucoup de son individualité. Dans le transport collectif, l'avion devra se restreindre aux voyages vraiment importants.

    - Dans l'habitat, l'espace de logement par habitant va se réduire, surtout dans les pays développés où la disponibilité de l'énergie et des matériaux avait permis de construire à la demande dans un souci de confort toujours renouvelé allant souvent au-delà des besoins réels.

    - Les produits matériels de consommation vont aussi progressivement subir le jeu de leur réelle utilité. Tous ceux qui se fabriquent actuellement à foison, à bas prix et qu'on achète "au cas où" ou "comme ça" seront les premiers à ne plus être fabriqués.

    - Le territoire, en lien avec les transports et l'habitat, va subir lui aussi de profondes transformations. L'habitat périurbain, moins bien placé que l'urbain mais que l'on colonisait grâce à la voiture, se retransformera en champs. Le rural, lui, retrouvera une jeunesse, car il faudra plus de bras dans l'agriculture. Les villes se densifieront sans plus s'étendre.


    Le tableau ainsi dressé n'est constitué que des conséquences logiques d'une hypothèse : l'atteinte des limites. Il suppose aussi une linéarité de l'Histoire, ce qu'elle n'est jamais vraiment. Des évènements peuvent infléchir son cours, l'accélèrer ou le devier. Mais si les limites sont atteintes, je vois mal comment ces conséquences pourraient être totalement évitées.

    Une réponse est de dire que non, par exemple d'autres sources d'énergie viendront en remplacement : éolien, solaire, nucléaire, ... Mais les unes sont adaptées à du local alors que le pétrole est une énergie solaire concentrée et transportable, les autres déplacent le danger. Ces énergies vont influer mais sans doute pas assez pour infirmer l'hypothèse.


    Ces conséquences économiques et de mode de vie ont aussi des profondes incidences sur des comportements de tous les jours.

    - L'éthique économique serait amenée à changer : si je suis conscient des limites, il me sera difficile d'accepter les voyages superflus en avion, les très grands logements pour peu de personnes, ... surtout si je peux personnellement me les payer mais que je m'en abstiens volontairement.

    - La propriété elle-même peut évoluer. Une telle notion est fondamentale depuis des siècles parce qu'il y avait toujours de la place plus loin pour l'acquérir à force de travail. Atteindre les limites la remet en question parce que le partage ne pourra plus guère se faire sur ce qui sera (ce qui est très pratique), mais sur ce qui est (ce qui l'est moins).

    - Le rapport au temps ne peut rester le même : par exemple l'impact énergétique d'une livraison pressée ou non n'est pas du tout le même. Sous la contrainte, l'urgence désertera l'accessoire.

    - La performance, l'efficience instantanées seront relativisées. Les limites inciteront à redécouvrir la notion de temps long.


    Le tableau est ici forcément incomplet. Il n'intègre même pas l'effet en retour sur l'économie et son organisation.

    Mais, pour résumer, l'éthique utilitariste (maximisation du bonheur) sous-jacente dans notre société devra passer d'une maximisation du développement à une maximisation du durable, au lieu de vouloir à toute force accoler les deux notions.
    Voici un principe interréssant permettant d'alimenter les reflexions sur l'aprés-pétrole...

    On peut imaginer également que la pression, pour l'utilisation des OGM, comme facteur d'augmentation des rendements ira en augmentant, au fur et à mesure que la courbe des rendements décroissants arrivera à son point d'inflexion.

    On peut trouver ici également une explication à la brusque augmentation des produit alimentaire de base, ces dernières années...

    Vos remarques et critiques sont les bienvenues quand à la validité de ce principe...

    Cordialement,

    Korzibsk
    Kor

  2. #2
    invite6eb1b431

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    Où l'on apprends que rendements décroissants et complexification de la société sont étroitement liés, et que Complexification implique fragilisation de la société, augmentation du risque de crise, et d'effondrement civilisationnel...Un article passionnant...

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1883

    Cordialement,

    Korzibsk

  3. #3
    invite1685cbf4

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    Même en étant un profond humaniste, j'ai conscience que l'homme reste fragile et qu'il ne peut-être au dessus de la nature, c'est une évidence voire même d'après l'histoire un constat. On est aussi d'accord que numériquement la Terre ne peux supporter indéfiniment de l'homme et surtout de son gros appétit. On se reproduit trop et on se reproduit mal, l'homme n'est pas un animal et s'il aime, ce n'est pas pour assurer sa descendance. Le problème de cette triste histoire c'est que l'homme ne croit pas en lui et donc aux autres et cela mène a du chacun pour soi. Voilà c'est clair on va souffrir....

  4. #4
    invite6eb1b431

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    Plus que jamais, il est de la responsabilité du politique, de se doter d'outils de diagnostique et de veille, afin d'évaluer les vulnérabilités de la société, et de développer des stratégies afin de minimiser l'effet des crises à venir.

    Une chose est certaines plus nos sociétés deviennent complexes, plus le degré de couplage des éléments augmente, plus elles se fragilisent.

    Cordialement,

    Korzibsk

  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    JPL

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    Peux-tu dire d'où sort la citation de ton premier message ?
    Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant - Pierre Dac

  7. #6
    invite6383313d

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    Ainsi, la construction des chemins de fer classiques s'est arrêtée avec la deuxième guerre mondiale. Ensuite, avec la concurrence de la voiture, les dernières lignes construites furent les premières à être fermées, certaines n'étant même pas achevées.
    C'est pour ca que le TGV n'a jamais existe, et que l'on prefere le train a l'avion...

    Dans les transports, le mode le plus énergivore, à savoir la voiture individuelle, va forcément se réduire. Elle ne soutient pas la comparaison avec le vélo, la marche ou le transport collectif. L'automobile va d'abord s'alléger, économiser l'énergie mais à terme elle perdra aussi beaucoup de son individualité. Dans le transport collectif, l'avion devra se restreindre aux voyages vraiment importants.
    Parceque pour l'avion ce n'est pas deja le cas?! Tiens demain je vais au cine, tu prends l'avion ou la voiture?" la voiture va se reduire par rapport a quoi? son niveau actuel ou la croissance des immatriculation?

    Dans l'habitat, l'espace de logement par habitant va se réduire, surtout dans les pays développés où la disponibilité de l'énergie et des matériaux avait permis de construire à la demande dans un souci de confort toujours renouvelé allant souvent au-delà des besoins réels.
    Tu parles du japon ou des USA?

    Le territoire, en lien avec les transports et l'habitat, va subir lui aussi de profondes transformations. L'habitat périurbain, moins bien placé que l'urbain mais que l'on colonisait grâce à la voiture, se retransformera en champs. Le rural, lui, retrouvera une jeunesse, car il faudra plus de bras dans l'agriculture. Les villes se densifieront sans plus s'étendre.
    Donc il faudra tout reconstruire? N'est ce pas en contradiction avec le moins d'energie et de matiere premiere?

    L'éthique économique serait amenée à changer : si je suis conscient des limites, il me sera difficile d'accepter les voyages superflus en avion, les très grands logements pour peu de personnes, ... surtout si je peux personnellement me les payer mais que je m'en abstiens volontairement.
    lol

    La propriété elle-même peut évoluer. Une telle notion est fondamentale depuis des siècles parce qu'il y avait toujours de la place plus loin pour l'acquérir à force de travail. Atteindre les limites la remet en question parce que le partage ne pourra plus guère se faire sur ce qui sera (ce qui est très pratique), mais sur ce qui est (ce qui l'est moins).
    La tu parles d'investissement non? Donc il n y aura plus d'investissement... Moi je pense que si tu meurs de faim et que par hasard je peux t'echanger un bou de saucisson contre ton tracteur, c'est excessivement pratique...

    La performance, l'efficience instantanées seront relativisées. Les limites inciteront à redécouvrir la notion de temps long.
    J'espere quand dans ton hypothese, internet n'existe plus.

    n peut imaginer également que la pression, pour l'utilisation des OGM, comme facteur d'augmentation des rendements ira en augmentant, au fur et à mesure que la courbe des rendements décroissants arrivera à son point d'inflexion.
    Je pense plus que les pressions viennent du fait que les autres (US, argentine...) explosent leur rendement par RAPPORT aux notres.

    Bon c'est rigolo a commenter, mais ce texte revient a dire, "Un jour le soleil s'eteindra et nous serons tous morts"... hein hein.

  8. #7
    invite6eb1b431

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    On trouve dans les tentatives de prospectives ce que chacun est capable d'y voir...

    Cependant je trouve que le principe des rendements décroissants, et son rapport avec la société, et sa complexité, la vulnérabilité qui en découle, est intéressant à explorer...

    A ce titre la deuxième référence est beaucoup plus solide quand à son argumentation...

    Merci pour vos commentaires, et votre esprit critique....

    Du reste vous avez raison, les conclusions de ces 2 textes ne sont pas très optimistes....

    Cordialement,

    Korzibsk

  9. #8
    invite6eb1b431

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    J'ai retrouvé le lien du premier article :

    http://www.lemonde.fr/opinions/chron...9906_3232.html

    Cordialement,

    Korzibsk

  10. #9
    invite8915d466

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    pour les sebastes, j'en sais rien, mais pour l'article initial, je le trouve remarquable de simplicité et de pertinence ! . On a vécu effectivement dans un monde où le coût de la ressource était à peu près constant, et le progrès technologique permettait des gains de rendements constants. On est en train de passer à un monde où c'est le coût de la ressource qui augmente, tandis que les progrès technologiques vont vraisemblablement de moins en moins augmenter, voire stagner. D'où un passage probable des rendements par un maximum, et donc de la richesse de la société toute entière.

    Poser le problème en terme "d'épuisement des ressources" est trompeur parce qu'on y voit la disparition brutale et soudaine d'une source de matière première (pétrole, gaz, métaux,...), alors que la réalité est en fait d'une raréfaction progressive et d'un renchérissement constant. Le gros problème est économique : l'économie capitaliste étant fondé sur l'hypothèse de croissance continue pour rembourser les interêts des emprunts, elle va se retrouver prise à contrepied par l'inversion de la tendance séculaire. Ca dépasse de loin, de très loin, les manipulations financières acrobatiques de quelques banques.

  11. #10
    Urgon

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    tout développement d'une activité s'appuie sur des ressources moins performantes, car les plus performantes sont utilisées en premier.
    Je ne comprends pas cette affirmation : toute l'histoire de la technologie va à l'encontre de cette affirmation :

    * l'homme a commencé par brûler du bois, ou exploiter les ressources éoliennes, hydrauliques ou animales.
    * Puis il est passé au charbon au XIXe siècle
    * Puis au pétrole au XXe
    * Puis à l'énergie nucléaire à la fin du XXe

    Les ressources employées sont DE PLUS EN PLUS performantes, et ce sont les MOINS performantes qui sont utilisées en premier.

    On peut espérer (en tout cas des milliards d'euros sont dépensés pour cela) que l'hydrogène soit exploité par fusion nucléaire, pour l'avenir, et cette belle histoire continuerait.

    Des ressources s'épuisent, certes, mais de nouvelles sont inventées ou exploitées, de plus en plus performantes. Je ne sais plus qui prédisait, à la fin du XIXe siècle une décroissance de l'économie ou de la technique car les ressources en charbon menaçaient de s'épuiser au rythme de consommation extrapolé. Il ne prévoyait ni le pétrole, ni encore moins l'énergie nucléaire.

    Indépendamment du futur, que nul d'entre nous ne peut prédire, en tout cas cette phrase est incompatible avec le passé.

  12. #11
    invite1d291045

    Re : Le monde de demain selon le principe des rendements décroissants...

    Citation Envoyé par Urgon Voir le message
    Je ne comprends pas cette affirmation : toute l'histoire de la technologie va à l'encontre de cette affirmation :

    * l'homme a commencé par brûler du bois, ou exploiter les ressources éoliennes, hydrauliques ou animales.
    * Puis il est passé au charbon au XIXe siècle
    * Puis au pétrole au XXe
    * Puis à l'énergie nucléaire à la fin du XXe

    Les ressources employées sont DE PLUS EN PLUS performantes, et ce sont les MOINS performantes qui sont utilisées en premier.

    On peut espérer (en tout cas des milliards d'euros sont dépensés pour cela) que l'hydrogène soit exploité par fusion nucléaire, pour l'avenir, et cette belle histoire continuerait.

    Des ressources s'épuisent, certes, mais de nouvelles sont inventées ou exploitées, de plus en plus performantes. Je ne sais plus qui prédisait, à la fin du XIXe siècle une décroissance de l'économie ou de la technique car les ressources en charbon menaçaient de s'épuiser au rythme de consommation extrapolé. Il ne prévoyait ni le pétrole, ni encore moins l'énergie nucléaire.

    Indépendamment du futur, que nul d'entre nous ne peut prédire, en tout cas cette phrase est incompatible avec le passé.
    Tout à fait! Pour les besoins de certaines démonstrations sur l'imminence de la fin du Monde, on oublie souvent qu'il existe aussi une loi des rendements croissantshttp://fr.wikipedia.org/wiki/Rendement_croissant
    L'accumulation de facteurs de production est de moins en moins efficace....mais l'histoire ne s'arrête pas là en général!
    Le progrès technique intervient et chaque facteur de production voit son efficacité augmentée. Ex: pour une surface agricole donnée, on exploite d'abord les plus fertiles puis les moins fertiles et le rendement moyen baisse. Mais ce n'est valable qu'a niveau technique constant. Le progrès technique (mécanisation, engrais, semences etc...) peut faire augmenter ce rendement. La révolution industrielle a multiplié les situations avec rendements croissants alors qu'auparavant les rendements décroissants étaient quasiment une fatalité.
    L'énergie est aussi un bon exemple. Quand on pense énergie on pense immédiatement des ressources, mais la maîtrise de la fusion thermonucléaire ou des procédés de captage et stockage efficaces de l'énergie solaire, par ex, changeraient complètement la donne.

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