Je ne vais pas me lancer dans une controverse sur les aspects philosophico-théoriques de la question que tu as soulevée, me méfiant par nature des raisonnement qui reposent plus sur des mots que sur des faits. Je vais juste faire appel à des connaissances de physiologie de base pour rectifier une erreur.
Il est exact que le potentiel d'action dans un neurone a un aspect "digital" : c'est en effet une réponse en tout ou rien. Malheureusement c'est après (et avant) que les choses se compliquent beaucoup. En effet pour passer d'un neurone à l'autre ce signal électrique en tout ou rien doit être converti en un signal chimique au niveau de la synapse. Or cette terminaison synaptique ne va pas émettre la même quantité de neuro-médiateur selon qu'elle est "fatiguée" ou non par une activité soutenue ou moins soutenue, ou bien encore ce neuro-médiateur ne va pas être détruit (ou recapturé, cela dépend de la nature de la synapse) avec la même vitesse en fonction de divers paramètres physiologiques. Inversement une synapse souvent sollicitée va être renforcée et son efficacité va augmenter. Cela commence à introduire pas mal d'analogique dans le signal.
Ce signal chimique arrive au neurone suivant, et que se passe-t-il ? Ce neurone post-synaptique répond par une fluctuation strictement analogique de son potentiel membranaire. Si cette fluctuation a une amplitude suffisante elle va déclencher à son tour un potentiel d'action dans ce deuxième neurone du circuit. Mais il est bien connu que la stimulation par une seule synapse est totalement incapable de faire fluctuer de façon suffisante ce potentiel. Dans la réalité tout neurone reçoit sur ses dendrites et son corps cellulaire les stimulations de synapses provenant d'un très grand nombre de neurones (et dans certains cas cela signifie de un à plusieurs milliers). Et tous ces neurones présynaptiques qui convergent vers un unique neurone post-synaptique ne sont pas actifs en même temps, ce qui signifie que le potentiel de membrane du neurone post-synaptique fluctue en permanence de façon analogique (en fait tous les neurones car les circuits sont tels que tout neurone est à la fois présynaptique et post-synaptique). Cela dépend du nombre de neurones présynaptiques excités plus ou moins simultanément, de la fréquence de ces stimulations et du déphasage qu'elles peuvent présenter entre elles. Et ce n'est que lorsque la fluctuation dépasse un certain seuil, dont on comprend qu'il dépend de facteurs très complexes, que le neurone post-synaptique répond.
Cela n'est qui est grossièrement simulé dans ces programmes informatiques appelés réseaux de neurones, bien que les ingrédients de bases soient pris en compte, et que l'équivalent des fluctuations analogiques soient digitalisées par la force de choses. Il n'est pas évident que le fait qu'on puisse simuler ce principe de fonctionnement sur ordinateur signifie que ce mécanisme de base du fonctionnement du système nerveux soit algorithmique. Après tout on peut simuler sur ordinateur des tas de choses par des combinaisons d'algorithme numériques sans qu'elles soient elles-mêmes discrètes et algorithmiques. On sait très bien discrétiser le continu pour que le résultat soit cohérent avec la réalité. Cela ne préjuge pas de la nature réelle de ce qu'on simule. Par exemple un paysage n'est pas formé de pixels ni de trois couleurs primaires discrétisées chacune sur 256 niveaux, et pourtant une photo numérique en donne une très bonne représentation.
Bref tout ceci par dire à octanitrocubane que sa vison des choses est plus que naïve : elle est fausse.
Pardonnez cette longue digression.





du coup je ne vois meme plus quel sens elle pourrait avoir tout court..



