C'est très parallèle à ce qu'il m'arrive de présenter, avec quelques bémols et double bémols.
Pas un "écosystème", juste un système, qui n'a aucun équivalent.Aujourd'hui, nous vivons tous dans ce qu'on peut appeler un écosystème mixte. Par "mixte", je veux dire qui mélange du biologique (nous les humains, mais aussi les vers de terre) et des robots (plus ou moins complexes).
Notre société, le Système, ne peut pas se passer d'éléments qui le constitue. L'infrastructure, les outils, les machines, sont partie intégrante du Système.Notre société aurait du mal à se passer de moyens de transport, de téléphones, de télévisions, d'ordinateurs, de grille pain, de pacemaker, de moissoneuse-batteuses, de chaines de montages, d'usine de fabrication de composants électroniques, de tunelliers, de satellites, etc, etc.
Je ne le vois pas ainsi. Ces robots inter-fonctionnent avec les humains, au sein du Système. Les humains vivent, le Système pourrait être vu comme vivant, mais les machines, les routes, les boulons, sont juste des éléments du système : ils n'ont pas de "vie" propre. Si on peut parler de symbiose, c'est entre le Système et les humains, et le plus proche parallèle que je trouve est, dans cet ordre, avec une cellule eucaryote et ses mitochondries.Tous ces "robots" plus ou moins complexes -je considère qu'un grille pain est un robot archaïque-, subsistent comme en symbiose avec les humains.
Oui, mais l'évolution est d'abord celle du Système. Le système évolue, non seulement par l'évolution de ses composants, mais aussi par changement de composition en composants par exemple.A chaque "génération", ils s'améliorent, acquièrent de plus en plus de fonctions, plus rapidement que n'évolue notre espèce biologiquement.
C'est ce qu'on constate depuis quelques siècles. Des fonctions systémiques remplies par les humains dans le temps sont maintenant remplies par des artefacts.Grâce à cette amélioration progressive, l'écosystème -pris globalement- va dépendre, pour son fonctionnement quotidien, de plus en plus des robots et de moins en moins des humains.
J'imagine que c'est volontaire, mais ce qui est cité là pour les humains sont des fonctions non nécessaires au système, des fonctions "parasites" sur le système.De la même manière que les hommes disparaissent des usines de montage automobiles, ou des standards téléphoniques, ils vont aussi être de moins en moins utiles à toutes les étapes de fabrication, transformation, transport, etc. Ceci n'empêchera pas les hommes d'être toujours présents ... sur les plages, dans les piscines, sur les pistes de ski, etc.
Il est déjà autonome, et l'a toujours été. Ce qui pourrait se passer, c'est que les humains n'y remplissent plus aucune fonction essentielle au Système. Cela peut paraître dire la même chose, mais pour moi la nuance est capitale : il n'y a pas d'un côté un système composé d'artefacts et de l'autre les humains, il n'y a qu'un Système, dans lequel les humains remplissent certaines fonctions et des artefacts d'autres, en inter-fonctionnement.Ce système, pris dans son ensemble, pourrait devenir totalement autonome, c'est-à-dire fonctionner seul sans l'intervention des humains.
Non, il y a déjà longtemps que les humains n'en ont pas la maîtrise (s'ils l'ont jamais eu !). Le Système évolue selon sa logique propre.Mais attention : toute l'évolution de cet éco-système, ses objectifs, étant controlé par les humains, ceux-ci vont en garderr la maitrise.
Tout théorique. Déjà maintenant bloquer certaines fonctions n'est pas acceptable, au sens où la désorganisation va contre les souhaits à court terme et égoïstes des humains. Il est facile d'imaginer un futur où les humains n'oseront plus exercer ce "droit à autoriser", parce que les conséquences leurs seraient insupportables.C'est-à-dire que même si théoriquement le système pourrait fonctionner seul, en pratique il faudra toujours l'autorisation ou l'ordre des humains pour prendre une décision.
Pour le moment, peut-être. Rien ne permet de penser que cela ne puisse pas changer. Les composants artificiels défaillants du Système pourraient très bien être remplacés par décision et action d'autres artefacts, sans l'intervention d'humains.D'autre part, tout robot défaillant ou ne remplissant par correctement le rôle qu'on lui a assigné sera remplacé. Donc, les robots seront toujours totalement soumis à l'homme, ils fonctionneront pour le bien-être des hommes, car ils auront été fabriqués et sélectionnés pour cela.
Et tôt ou tard il y aura, avant le "bien-être des humains", le simple impératif de la maintenance. Le "but" premier du Système est de se maintenir, avant tout service fournis aux humains.
Mais quels sont les "buts" des humains dans un Système où ils n'auraient plus de fonctions ? S'amuser, vivre le plus longtemps possible, "être heureux" ? Est-ce "ne pas diverger" si tout évolue en fournissant ces "services" aux inutiles humains ?Cela n'empêche pas une défaillance ici ou là, mais en terme d'évolution, la direction est imposée par l'homme ... ce qui bloque toute divergence néfaste à l'homme.
Ce genre de vision sous-entend des artefacts autonomes au sein du Système. Cela n'a strictement aucune raison d'exister. Les composants artificiels du Système en seront dépendants, ils sont à considérer plus comme ce que sont ses organes à un humain. La notion de liberté n'aura un sens que pour le Système en entier, et il sera libre parce que c'est ce que veut dire "autonome", et c'est ce que voudront (et développeront, ou feront en sorte que se développe) les humains pour être eux-mêmes libre de s'amuser sans souci.Par exemple, ils n'auront aucune revendication, ils ne demanderons pas à voter, à être libres car ce n'est pas une caractéristique qui nous intéresse de développer chez eux (au contraire même).
Là encore, c'est penser en terme de composants autonomes. Mais ce n'est pas l'image que je vois. Des composants usés iront à la poubelle tout comme nos cheveux, nos ongles, etc. Le Système, lui, sera essentiellement immortel, et les humains, tout à leurs amusements, ne chercheront certainement pas à le mettre à la poubelle.Ils accepterons volontiers qu'on les mette à la poubelle. Ils seront même programmés pour aller eux-mêmes se mettre à la poubelle lorsqu'ils seront usés.
Le Système de demain sera non pas l'héritier du Système d'aujourd'hui, mais sa continuation.Les robots de demain ressembleront aux robots d'aujourd'hui, dont ils seront les héritiers.
Les humains construisent, depuis longtemps et insensiblement, un Système qui existe déjà, et qui évolue.Je pense que les hommes sont en train de construire un nouvel écosystème
Le Système ne "complète" pas le système constitué par les êtres vivants, il s'y ajoute, et est déjà en compétition avec, par exemple pour l'accès aux ressources premières. Ce n'est pas une "place privilégiée", mais une invasion., qui complète l'écosystème initial et dans lequel ils occupent une place privilégiée ...
Pas nécessairement, parce que les humains seront "coincés" entre "la belle vie à ne rien faire" et une potentielle indépendance. On peut imaginer un point où la dérive peut se mettre en place, parce que les humains ne verront plus comme alternative qu'entre "subir" le Système ou recommencer à travailler, se fatiguer, avoir des soucis, et autres choses indésirables.les robots occupant une place de serviteurs. Les serviteurs seront matériellement capables de faire perdurer et même faire évoluer l'écosystème sans l'intervention de l'homme, mais en pratique, ils ne le feront que sous son contrôle, avec sa permission, car dès le départ, la liberté n'est pas prévue dans leur conception. Toute dérive par rapport à ce principe sera "tuée dans l'oeuf" donc ne pourra pas perdurer. De la même manière que mon bras m'obéï.
[QUOTE]Ils seront potentiellement totalement autonomes, mais en même temps totalement soumis aux choix de leurs maitres./QUOTE]
Le principal, c'est qu'ils le croient...
L'homme n'évoluera pas, l'humanité aura évolué, ou plus précisément le Système dont les fonctions étaient essentiellement remplies par l'humanité il y quelques siècles ou millénaire (et donc pouvait alors se confondre avec l'humanité), aura évolué.(...)C'est juste l'homme qui a évolué ... ce qui revient strictement au même que de dire qu'il a disparu.



: d'abord si la société moderne dépend de ces robots, ce n'est pas l'humanité : 90 % de l'humanité actuelle n'y a pas ou très peu accès (ta vision de l'humanité est quand même assez occidentalocentriste, mais c'est courant sur ce forum .....) , et 99 % des hommes du passé n'ont jamais connu ça. Donc la disparition des machines ferait incontestablement disparaitre le mode de vie moderne, il ne ferait pas disparaitre l'humanité. Inversement la disparition de l'humanité signerait la fin rapide de tous les systèmes de production énergétique et l'arrêt de 100 % des machines probablement en quelques semaines. La dépendance est dans un seul sens, et c'est pas près de s'arrêter...