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Manque d'enseignants ?

  1. Cécile

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    région parisienne
    Messages
    7 598

    Manque d'enseignants ?

    D'après le lien posté par Naceur dans le débat "les jeunes et la science", nous allons bientôt manquer d'enseignants en sciences.
    Comment peut-on y remédier.

    Je soumets une idée perso, basée sur mon expérience. J'ai hésité à faire de l'enseignement, et j'ai abandonné cette idée car c'est un métier où on ne peut pratiquement pas évoluer (je parle de l'enseignement seul, pas des enseignants-chercheurs). Or, tous les profs de plus de 50 ans que je connais en ont marre de leur métier, alors qu'ils étaient très motivés en début de carrière. L'enseignement est un métier passionnant, mais réellement usant.
    Je pense donc qu'il faudrait développer des passerelles entre l'enseignement et d'autres métiers (à définir), afin que les profs puissent se ressourcer ou changer définitivement lorsqu'ils en ont marre.
    Qu'en pensez-vous ?

    -----

     


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  2. Yoyo

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Messages
    15 863
    Bonjour,

    Un effet un article tres interessant. Parmi les passage qui m'ont le plus marques en voici deux:

    Si l'on s'interroge sur les causes de cette situation, on peut spéculer sur les messages que la société envoie aux jeunes et que ceux-ci perçoivent très bien, où le goût de la performance (financière, sportive, télévisuelle) l'emporte sur le désir de savoir et le plaisir de la connaissance. Envoyer trop de messages de cette nature a quelque chose d'irrationnel, car nos sociétés ont et auront besoin de scientifiques et d'enseignants de sciences.
    Ensuite, je pense que le passage suivant resume bien l'evolution dans la maniere de considerer les jeunes voulant se lancer dans l'enseignement!
    En vingt-cinq ans, on a allongé de deux ans en moyenne la durée des études à faire pour devenir enseignant, et l'on a supprimé purement et simplement tout financement et toute idée d'engagement contractuel dans la profession. En 1977, le salaire d'un ipésien était supérieur de 71 % au smic ; celui d'un élève d'école normale, de 43 % ; en 1991, l'allocation d'un étudiant admis en IUFM était supérieure de 27 % au smic. En septembre 2002, un étudiant en cours de licence, ou reçu à l'IUFM pour préparer le Capes, se débrouille comme il veut, comme il peut. On compte sur son " enthousiasme".

    Yoyo
     

  3. Yoyo

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Messages
    15 863
    Pour reprendre l'exemple de cecile:
    Il n'y a malheureusement pas besoin d'attendre 40 ans pour voir la demotivation apparaitre...et j'ai meme ete surpris de la rapidite avec laquelle cela se produisait.

    Une amie a travaille pendant 3ans pour avoir son capes, son reve depuis toujours enseigner l'histoire/geo. Cela fait maintenant 2 ans qu'elle enseigne (en 6eme 5eme et 4eme) et que ce passe t'il elle n'a plus aucune motivation pourquoi?
    Marre des enfants qui ne respectent rien, marre d'avoir toujours les parents sur le dos a la moindre reprimande de leurs cherubains, marre d'une inertie inimaginable de l'administration, marre de ne pas pouvoir enseigner dans de bonnes conditions, marre d'entendre dire que les profs sont des planques et que vu la quantite de vacances qu'ils ont ils n'ont aucune raison de se plaindre!...bref marre de la non reconnaissance d'une profession difficile!

    Pour ma part je ne connais que l'enseignement superieur (magistere, licence)... je n'ai pas eut trop a me plaindre eleves motives et travailleurs, petits groupes de TD... en revanche ce qui m'a frappe c'est a quel point j'ai ete "lache" sans aucune preparation!... alors apres c'est au petit bonheur la chance (surtout pour les etudiants) parceque pour moi personne n'est jamais venu verifier que ca se passait bien (ceci dit aucun etudiants n'est venu se plaindre de mes cours )... Je sais qu'il y a avec le monitorat une preparation a l'enseignement, mais on a beaux vanter les merites et les avantages du monitorat, je ne suis pas convaincu que la these soit le meilleur moment (ou alors il faut en tenir compte dans la duree et de la these et permettre une anee supplementaire)


    Yoyo
     

  4. Cécile

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    région parisienne
    Messages
    7 598
    Tu as raison, Yoyo, les conditions d'enseignement et la formation des enseignants laisse à désirer

    Mais je crois que le problème est plus large. Même effectué dans des bonnes conditions (bon établissement, hiérarchie OK, élèves pas turbulents, voire motivés - si, si, ça existe), enseigner est usant. Pour faire un cours intéressant, on se donne à fond, et on finit "vidé". Et c'est un métier extrêmement solitaire, on est seul face à sa classe.
    De plus, je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais je me sens incapable de me lancer dans un profession où je sais que ce sera pareil toute la vie, et que je n'aurai pratiquement aucun moyen de changer si ça ne me plait plus. Le chercheur peut évoluer, faire plus ou moins d'enseignement, aller collaborer avec l'industrie, faire de la vulgarisation, faire un livre, etc. Mais l'enseignant ???
    D'où la nécessité, à mon avis, de faire des passerelles avec d'autres métiers.
     

  5. kinette

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    Centrale!
    Messages
    16 270
    Bonjour,
    Il est effectivement effarant de voir comment on peut être "lancé" dans l'enseignement sans aucune préparation.
    Comme on manque d'enseignants on prend des vacataires... recrutés quelques mois avant la rentrée ils se retrouvent d'un coup à assurer des cours dans des matières que souvent ils n'ont pas pratiqué depuis des années. J'ai un ami ayant fait des études de géologie (jusqu'au DEA) qui se retrouve à assurer des cours de biologie/géologie en collège et lycée. Pour lui ça se passe plutôt bien, mais à l'avance il n'aurait pas pu dire si ça lui plairait vraiment et s'il en avait les capacités.
    De même je me suis retrouvée à assurer des cours de TP en fac comme vacataire: comment ça se passe? L'enseignant responsable donne le programme (ex: la dissection de la grenouille, de la souris, etc...), quelques planches de dessins, et après on se démerde...
    Encore pour les dissections ça peut aller (je les ai déjà faite au cours de mon cursus) mais je vais me retrouver à enseigner des choses que je n'ai jamais apprises et c'est à moi de me débrouiller pour trouver les supports pédagogiques nécessaires aux cours (d'un groupe de TP à l'autre les étudiants n'ont du coup pas du tout le même enseignement...).

    K.
    Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
     


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  6. naceur

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    albertville
    Messages
    17
    Hi,

    Je trouve particulièrement intéressante et fine l'analyse de Cécile, surtout lorsqu'elle écrit :

    Je pense donc qu'il faudrait développer des passerelles entre l'enseignement et d'autres métiers (à définir), afin que les profs puissent se ressourcer ou changer définitivement lorsqu'ils en ont marre.
    Si on ne veut pas voir une école coupée de la réalité ou de la société, il me semble que l'inverse de l'idée de Cécile est tout aussi important :

    développer des passerelles

    1. entre d'autres métiers, ... et l'enseignement et
    2. entre les formations au moins.

    Le décalage entre cette société et son école est flagrant et très inquiétant !


    Cordialement,

    Naceur bouziani
    ######### URL supprimé
    JPL, modérateur
    Dernière modification par JPL ; 03/12/2006 à 23h43.
     

  7. Cécile

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    région parisienne
    Messages
    7 598
    Bien d'accord avec toi, Naceur

    Je n'avais pas pensé à l'inverse de ma proposition, mais c'est vrai que ce serait intéressant à tous les points de vue ... à condition de prendre quelques précautions pour que les industriels ne dictent pas les programmes (même s'il me semble important qu'ils aient un avis consultatif).
     

  8. Yoyo

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Messages
    15 863
    Citation Envoyé par Cécile
    ... enseigner est usant. Pour faire un cours intéressant, on se donne à fond, et on finit "vidé".
    C'est vrai qu'enseigner est faitugant d'abord physiquement (faut rester debout plusieurs heures de suite!), puis comme tu le dis on se donne pour faire passer un message!...et quand on voit ce qui est retenu :?
    Citation Envoyé par Cécile
    Et c'est un métier extrêmement solitaire, on est seul face à sa classe.
    Certes, mais le chercheur est face a ses tubes!... bon je ne suis pas tout a fait d'accord avec cette notion de solitude! L'enseignement est cense faire partie d'une equipe d'enseignants... et puis j'avais personnellement trouve que les discussions d'apres cours avec les etudiants etaient vraiment enrichissantes (bon d'accord ca depends de l'age des eleves!)

    Citation Envoyé par Cécile
    D'où la nécessité, à mon avis, de faire des passerelles avec d'autres métiers.
    C'est vrai que l'enseignant n'a pas bcp d'evolution possible (sauf a faire evoluer son cours en fonction des dernieres technologies)... c'est surtout avant le superieur, ou tous les enseignants sont aussi chercheurs.
    Mais encore une fois comment interesse les gens qui auraient les capacites d'etre de bons enseignants sans leur proposer au moins un salaire attractif?

    Yoyo
     

  9. Cécile

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    région parisienne
    Messages
    7 598
    bon je ne suis pas tout a fait d'accord avec cette notion de solitude! L'enseignement est cense faire partie d'une equipe d'enseignants...
    Je parlais surtout des enseignants en collèges et lycées. Je n'y ai jamais enseigné, mais d'après les profs que je connais, la notion d'équipe pédagogique est inexistante.
    Le chercheur, lui, n'est pas uniquement face à ses tubes. Il discute avec ses collègues, va à des conférences et des congrès, encadre des étudiants, etc. Il échange énormément d'idées (du moins dans les bons labos). Bon, ça dépend aussi des disciplines (dans les grosses manips de physique, il n'est vraiment pas seul), mais s'il le souhaite, le chercheur peut toujours trouver des soutiens (sauf en cas de compétition exacerbée ?).


    MESSAGE DE LA MODERATION

    J'ai efface ton doublon, en ne gardant que le message le plus recent.
    Yoyo
     

  10. Yoyo

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Messages
    15 863
    Non c'est vrai tu as raison... d'ailleurs un chercheur seul n'avancerai probablement pas tres vite (et re-inventerai la roue de nombreuses fois!).
    Ce serait interessant d'avoir l'opinion d'un enseignant de primaire ou secondaire...

    Yoyo
     

  11. Steph

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Messages
    262
    Salut,

    J'ai enseigné en secondaire (16-18 ans), à des adultes en cours du soir (horaire décalé, c'est plus moderne) et dans une école supérieure.
    Le secondaire c'est mortel: difficile de se faire respecter (heureusement que j'ai ma taille et ma voix, autrement..), pas de soutien de la part de la direction pour qui seul compte le quota d'élèves, un salaire insuffisant, des contrats très courts et dispersés (on sert de bouche-trou), une perspective de stabilisation quasi-inexistantes (j'ai vu des collègues de plus de 40 ans toujours temporaires!!).
    Bref, le malaise n'a pas qu'une cause, et je comprends ceux qui ne pas devenir enseignants. Quand on prend les gens pour des cons, il faut pouvoir assumer le résultat. En Belgique, les enseignants ont vraiment été spoliés ces dernières années (par les socialistes en plus! Heureusement que Jaurès est mort, pour qu'il ne voit pas ca).
    Les cours du soir évidemment c'est plus décontracté. Ca ne nourrit pas mieux son homme mais c'est très motivant, c'est gai et je n'ai jamais eu de problèmes de discipline. Disons que c'est acceptable si t'as pas d'autre choix, mais il y a moyen de mieux gagner sa vie.
    Les écoles supérieures, ca c'est vraiment le pied. On peut développer la matière, les étudiants sont intéressés, on a beaucoup de libertés quand aux moyens d'enseigner et le salaire est meilleur. Le seul point noir est toujours l'instabilité de l'emploi.
    Voilà mon avis. Maintenant je suis chercheur et franchement je ne retournerai JAMAIS dans l'enseignement (bien que les contacts humains me manquent).

    Stéphane
     

  12. Cécile

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    région parisienne
    Messages
    7 598
    Merci pour ce témoignage, qui est bien plus utile que nos impression de personnes qui n'avons jamais enseigné dans le secondaire.
    Ca ne nous le fait pas regretter, d'ailleurs...
     

  13. Igothigh

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    Strasbourg...
    Messages
    474
    Citation Envoyé par Cécile
    Je pense donc qu'il faudrait développer des passerelles entre l'enseignement et d'autres métiers (à définir), afin que les profs puissent se ressourcer ou changer définitivement lorsqu'ils en ont marre.
    Je trouve cette idee plutot interessante, mais je me demande quel serait l'echo si le ministre de l'education nationale proposait ca.
    Je crois que rien est tout noir, rien est tout blanc. Qu'il y ait des problemes dans l'education nationale (budget, organisation, manque de reconnaissance), je n'en doute pas, mais il faut bien admettre que faire changer quoique ce soit releve d'un miracle et que les enseignants n'y sont pas pour rien. Une autre chose qui m'a toujours etonne aussi, c'est que lors de mes etudes combien de fois j'ai entendu "si je ne peux pas faire de recherche ou cette ecole ou ce DEA, je ferai l'IUFM"... un choix par defaut mais qui reflete plus une voie de garage pour la securite de l'emploi, plutot qu'un reel soucis du manque de reconnanissance de la profession qui les aurait fait hesiter initialement. Et je doute que ces personnes soient de bons enseignants. Je ne veux bien sure pas generaliser, mais le systeme educatif est quelque part le reflet de notre societe et les problemes de notre societe se retrouvent a l'ecole.
    Le conservatisme n'est pas valable uniquement pour l'education nationale mais aussi pour la recherche. Je me rappelle que lorsque je faisai ma these une proposition avait ete faite pour que les chercheurs participent plus activement a la formation dans les universites et se voit allouer un certains nombre d'heures de cours. Fiasco total alors que je pense que ce serait la garantie du maintien d'une formation de haut niveau. Et recemment, tout le monde est d'accord pour dire qu'il n'y a pas de reconnaissance du merite dans la fonction publique. Quelqu'un qui bosse aura le meme salaire qu'un glandeur. Seulement quand certaines proposition sont faites, comme d'hab' fiasco. Exemple a l'Inserm ou des chercheurs qui essaient de valoriser leur recherche fondamentale en clinique ou dans le prive peuvent beneficier de contrat qui leur permettraient d'avoir une allocation supplementaire representant 30% de leur salaire. Des petitions circulent un peu partout pour dire qu'il est anormal que le voisin gagne plus en faisant le meme metier. Ca, c'est un cote de la France qui m'exaspere profondement
     

  14. Cécile

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    région parisienne
    Messages
    7 598
    Je suis bien d'accord avec toi, Igothigh.
    Le problème du conservatisme des profs vient peut-être en partie de leur statut, de plus en plus dégradé. En gros, plus ça va mal, plus on s'accroche à ce qui reste (ici, l'égalitarisme à outrance).

    Je trouve cette idee plutot interessante, mais je me demande quel serait l'echo si le ministre de l'education nationale proposait ca.
    abominable, j'en ai peur

    Exemple a l'Inserm ou des chercheurs qui essaient de valoriser leur recherche fondamentale en clinique ou dans le prive peuvent beneficier de contrat qui leur permettraient d'avoir une allocation supplementaire representant 30% de leur salaire. Des petitions circulent un peu partout pour dire qu'il est anormal que le voisin gagne plus en faisant le meme metier. Ca, c'est un cote de la France qui m'exaspere profondement
    D'un côté, ça n'encourage pas à se bouger. Mais par ailleurs, toute recherche fondamentale n'est pas valorisable, et une telle décision condamnerait les recherches fondamentales n'ayant aucune application potentielle à court terme. Ce serait dommage.
     

  15. naceur

    Date d'inscription
    janvier 2003
    Localisation
    albertville
    Messages
    17
    Cécile,

    Lorsque je dis; ... d'autres métiers ou d'autres formations..., je parle des individus et non pas de leurs corps de métiers. Je suppose que ce qui est vrai pour les enseignants ( l'usure !) est vrai pour les autres métiers. De plus, une telle souplesse peut déclencher un esprit d'innovation, de créativité et rend le savoir moins encyclopédique !

    Je suis complètement d'accord avec tes réserves à propos de l'industrie. Cependant, si l'école ne s'ouvre pas et ne communique pas avec son environnement "en posant ses conditions à elle, "l'industrie" qui a les reins solides, fera beaucoup de mal à l'école qui éduque, forme, .... et instruit en même temps. Cette "industrie là" a déjà commencé son oeuvre ! Je cite un passage de l'article du monde :

    Se résignera-t-on à voir des multinationales se mettre en place et, grâce aux nouveaux outils de communication, gérer à leur façon les contenus et les modalités de l'enseignement des lycées et collèges ?


    Cordialement,
    Naceur Bouziani
    ######### URL supprimé
    JPL, modérateur
    Dernière modification par JPL ; 03/12/2006 à 23h43.
     


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