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Agriculture bio - analyse critique

  1. Sifo-Dyas

    Date d'inscription
    décembre 2010
    Messages
    624

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que "bio" ne signifie pas "préservation de l'environnement", c'est souvent l'inverse.

    Outre les insecticides utilisés en "bio" qui sont plus dangereux pour l'environnement que certains produits de synthèse, il y a d'autres cas où cultiver en bio est une atteinte plus grande que cultiver en "non bio".

    Un de ces exemples est donné par l'utilisation du maërl, dit aussi lithotamne, constitué d'algues concentrant le calcaire en structure ressemblant au corail. Une merveille de la nature, extraite par dizaines de tonnes au bulldozer.

    Cette ressource naturelle rare a été complètement massacrée sur les côtes bretonnes pour deux choses : la filtration de l'eau potable (mais là, on a d'autres produits) et l'apport de calcaire pour l'agriculture "bio" dans les régions acides, car les agriculteurs "bio" ne pouvant pas utiliser de chaux vive ou éteinte (pourquoi ? : seulement du calcaire "naturel" !) ils ne peuvent cultiver sans lithotamne.

    Le maërl est donc surexploité et les réserves quasi détruites au nom de cette idéologie qui a décrété que selon l'origine du produit, il est autorisé ou non.

    Et les citadins sensibilisés à "l'écologie" se ruent sur des produits au logo AB, cultivés avec des pesticides interdits en agriculture conventionnelle, et sur un sol amendé avec un des merveilles de la nature, ressource non renouvelable (à moins d'attendre quelques millions d'années) mais si facile à exploiter.

    Dans certains endroits, l'exploitation du maërl a été abandonnée (voir ici), dans d'autres certaines associations militent pour l'abandon (voir ) et on trouve toujours au catalogue des vendeurs d'amendements "bio" (cliquer) ce produit. C'est un scandale, mais ce sont souvent les mêmes qui s'insurgent contre le non respect des réserves naturelles et qui font la pub pour l'agriculture "bio".

    -----

    Cordialement. Sifo-Dyas
     


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  2. Sifo-Dyas

    Date d'inscription
    décembre 2010
    Messages
    624

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Précisions sur la chaux :

    La chaux est le résultat de la pyrolyse du calcaire naturel, qui donne la chaux vive, suivie ou non d'une réaction avec de l'eau (chaux éteinte).

    Mais, attention ! cette pyrolyse que les Romains ou autres réalisaient avec des fours à chaux (on y arrive aussi avec une lessiveuse sur un feu de bois) a été décrétée "non bio" par les instances officielles du label AB.

    C'est une aberration complète, puisque les huiles minérales et autres paraffines ont, elles, droit de cité en "bio", alors qu'elles sont le fruit de la distillation du pétrole. Vous avez vu l'aspect hautement "naturel" d'une raffinerie ?

    De plus, il se vend chez les fournisseurs d'amendement "bio", un produit nommé "chaux vitale" qui est, comme le maërl, un produit non renouvelable, celui-ci étant obtenu à partir de sédiments marins fossiles et de tourbe.

    J'ai du mal à voir le rapport direct entre la protection de la nature et l'exploitation du maërl ou d'autres sédiments marins naturels (sinon pas bio !) ou de tourbe.
    Cordialement. Sifo-Dyas
     

  3. KATDEN

    Date d'inscription
    décembre 2007
    Messages
    1 515

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    peut être une explication ici sur la chaux.
     

  4. Sifo-Dyas

    Date d'inscription
    décembre 2010
    Messages
    624

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Citation Envoyé par KATBEN Voir le message
    peut être une explication ici sur la chaux.
    Il est assez hardi d'assimiler la chaux vive ("produit calciné") de formule CaO, qui réagit effectivement violemment avec tout déchet organique contenant de l'eau, et la "chaux éteinte" qui elle n'a pas ce défaut, puisqu'on l'a justement mouillée pour transformer le CaO en Ca(OH)2.

    Dans un champ, c'est de la chaux éteinte que les agriculteurs apportent, sauf exception.

    De plus, les propriétés de la chaux sont à utiliser avec parcimonie, c'est caricaturer cette pratique que de dire que ça va "déséquilibrer les sols". L'abus de chaux détruit l'humus, on le sait, et un adage dit "la chaux enrichit le père et ruine le fils". Mais l'employer à raison de quelques grammes au m² en terrain acide permet un apport de calcium, une très légère correction du sol. C'est aussi un excellent moyen de rendre utilisables les ions "bloqués" dans le complexe argilo-humique, puisque les cations Ca2+ vont se fixer sur ce complexe et libérer ainsi d'autres cations, K+, Na+, etc., permettant aux matières nutritives d'être disponibles sans en ajouter. On n'emploie donc pas la chaux après un amendement récent en matière organique, mais quand après plusieurs années d'apport de fumier, on a une baisse de rendement, due à la capture des cations par le complexe argilo-humique.

    Pour comprendre ce qu'est la gestion des sols dans une approche classique (et durable) lire le "guide pratique de la fertilisation" de André Gros, édité des années 50 aux années 70, c'est la base pour comprendre les mécanismes du sol, les apports de matière organique, les engrais "naturels" et non.

    Bref, l'a priori contre la chaux est surtout du au fait qu'il existe dans la nature des sources de calcaire immédiatement utilisables, donc plus proche de la "philosophie" bio, quitte à détruire certains écosystèmes.

    De plus, le maërl est un produit qui est maintenant utilisé par les agriculteurs bio de toutes les régions, alors qu'il était jadis réservé aux paysans des côtes bretonnes qui avaient ainsi du calcaire gratuitement, les autres utilisant de la chaux, amendement ultra-traditionnel, disponible en très grande quantité et pourtant refusé en "bio" depuis l'élaboration du fameux cahier des charges.
    Cordialement. Sifo-Dyas
     

  5. myoper

    Date d'inscription
    décembre 2007
    Messages
    28 235

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Citation Envoyé par Ryuujin Voir le message
    Pour rappel : la population n'était pas la moitié de celle actuelle à cette époque, et elle était pourtant très mal nourrie.
    Pour préciser le nombre de gens qu'était capable de mal nourrir l'agriculture à travers les âges : http://fr.wikipedia.org/wiki/Population_mondiale
     


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  6. Merlinus

    Date d'inscription
    janvier 2011
    Messages
    28

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Une question sans prétention aucune :
    Pourquoi le calcaire est-il un fertilisant ?
    Car dans ma région, le sol est très calcaire, et l'on a pu cultiver que grâce aux fertilisants chimiques, avant c'était des "terres à moutons".
    Cela me semble donc bizarre que le calcaire soit un fertilisant, pouvez-vous donc m'éclairer sur ce sujet ?
     

  7. Cendres

    Date d'inscription
    septembre 2004
    Localisation
    Fresnes
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    42
    Messages
    17 428

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Le calcium apporté par le calcaire est indispensable à la croissance de la plante, ainsi qu'à la maturation et à la germination des graines. Trop de calcium entraîne des carences, notamment chez les plantes dites "calcifuges". Je ne sais pas si on peut parler de "fertilisant" de façon générale, mais on apporte parfois du calcaire pour amender un sol.
    Dernière modification par Cendres ; 01/02/2011 à 23h09.
    N'a de convictions que celui qui n'a rien approfondi (Cioran)
     

  8. Sifo-Dyas

    Date d'inscription
    décembre 2010
    Messages
    624

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Citation Envoyé par Merlinus Voir le message
    Une question sans prétention aucune :
    Pourquoi le calcaire est-il un fertilisant ?
    Car dans ma région, le sol est très calcaire, et l'on a pu cultiver que grâce aux fertilisants chimiques, avant c'était des "terres à moutons".
    Cela me semble donc bizarre que le calcaire soit un fertilisant, pouvez-vous donc m'éclairer sur ce sujet ?
    Je m'auto-cite :
    Citation Envoyé par Sifo-Dyas Voir le message
    C'est aussi un excellent moyen de rendre utilisables les ions "bloqués" dans le complexe argilo-humique, puisque les cations Ca2+ vont se fixer sur ce complexe et libérer ainsi d'autres cations, K+, Na+, etc., permettant aux matières nutritives d'être disponibles sans en ajouter.
    Pour le redire différemment, l'ion Ca2+ n'est pas en lui-même un fertilisant, mais il remplace certains cations présents dans le sol, "collés" à l'acide humique. Cet acide aggloméré aux grains d'argile fixe les cations nourrissant les plantes (K+, Na+ et autres) et les libèrent quand Ca2+ vient les remplacer, pour schématiser.

    Dans une approche où le seul engrais est le fumier et les matières organiques, il y a donc lieu de chauler (ou de plâtrer) de temps à autres le sol, pour rendre assimilables des cations piégés par l'acide humique. Ceci d'autant plus que le sol est acide et que les apports de fumiers sont importants, et ils le sont dans l'agriculture "bio" si l'on veut avoir un rendement presque correct. Par contre, il faut limiter voire stopper l'apport de chaux dans un sol non acide et n'ayant pas énormément de réserves d'humus (cas des sols très calcaires) sinon, on appauvrit le sol pour longtemps.
    Cordialement. Sifo-Dyas
     

  9. invite09876456789221
    Invité

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Bonjour,

    Je n'arrive absolument pas à comprendre comment l'azadirachtine puisse être autorisé en bio et pas dans l'agriculture traditionnelle (en france).

    En suisse elle semble tout à fait autorisée dans n'importe quelle "culture".


     

  10. jeangab62

    Date d'inscription
    juillet 2007
    Âge
    50
    Messages
    290

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Citation Envoyé par gianluca6 Voir le message
    Bonjour,

    Je n'arrive absolument pas à comprendre comment l'azadirachtine puisse être autorisé en bio et pas dans l'agriculture traditionnelle (en france).

    En suisse elle semble tout à fait autorisée dans n'importe quelle "culture".


    salut
    elle est interdite autant en bio qu'en conventionnel, j'ajouterai qu'en conventionnel, on en a pas besoin, on a de bien meilleures substances de synthèse que l'huile de neem.
    c'est la roténone qui bénéficie jusque qu'en avril d'une dérogation en bio (limite d'utilisation en octobre), alors qu'elle est interdite en conventionnel, tout simplement parce que il n'y a pas de molécule de remplacement satisfaisant le cahier des charges bio.
     

  11. invite09876456789221
    Invité

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Bonjour,

    Donc interdit en France et autorisée en Suisse.

    Fiche de donnée de sécurité pour NeemAzal-T/S (suisse) :

    http://shop.biocontrol.ch/KundenUplo...urit%C3%A9.pdf

    Quelqu'un pourrait m'expliquer comment est-il possible de
    dire "Protection respiratoire: N'est pas nécessaire".
    et d'avoir dans la rubrique "Toxicité aiguë" :
    Inhalatoire LC50 / 4h > 5,4 mg/l (rat) ?

    Surtout s'il y a des doutes concernant l'effet de perturbateur
    endocrinien.
     

  12. jeangab62

    Date d'inscription
    juillet 2007
    Âge
    50
    Messages
    290

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    salut,
    effectivement, les phyto sont régulés au niveau de l’Europe, et la suisse n'en fait pas parti.
    concernant la réglementation suisse, je ne pourrais pas t'en dire plus...
     

  13. helies22

    Date d'inscription
    avril 2008
    Localisation
    22220 Plouguiel
    Âge
    69
    Messages
    89

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Excusez moi mais quand je lis vos commentaires, l' "imbécile" que je suis reste stupéfait par cette vision aveugle que le progrès en agriculture ne peut se traduire par la connaissance toute simple de la Nature sans passer par la magie de la "chimie" des produits de synthèse... Une chose est évidente : je ne dois pas avoir le même ordinateur que le votre, le mien ne reçoit pas les mêmes informations, il doit fonctionner au bois ! Continuez votre rêve de science-fiction, je dois terminer un bouquin d' André Pochon. By by...
     

  14. myoper

    Date d'inscription
    décembre 2007
    Messages
    28 235

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    Citation Envoyé par helies22 Voir le message
    Excusez moi mais quand je lis vos commentaires, l' "imbécile" que je suis reste stupéfait par cette vision aveugle que le progrès en agriculture ne peut se traduire par la connaissance toute simple de la Nature sans passer par la magie de la "chimie" des produits de synthèse...
    Outre que les produits naturels sont tout autant "chimiques" que les produits synthétiques mais souvent avec bien plus de composés actifs qui ne sont pas supprimés du fait qu'ils ne sont justement pas synthétisés, je ne vois absolument pas ou vous avez lu ça.

    C'est même le contraire, l'agriculture moderne passe par une connaissance de la nature pour une utilisation raisonné plutôt qu'utiliser aveuglément toujours les mêmes recettes sans discernement (je ne dis pas que tout le monde fait ça).

    Par contre, si vous attendez que la nature vous nourrisse naturellement ... et bien attendez ...



    Une chose est évidente : je ne dois pas avoir le même ordinateur que le votre, le mien ne reçoit pas les mêmes informations, il doit fonctionner au bois ! Continuez votre rêve de science-fiction, je dois terminer un bouquin d' André Pochon. By by...
    Nanan, vous avez bien, comme nous, ordinateur fait de plastique issus de produits pétroliers, de métaux plus ou moins rares raffinés a grand renfort d'industries polluantes, emballé et livré grâce à de l'énergie encore issue de produits pétroliers et autres réactions nucléaires produisant des déchets radioactifs, etc ...
    Bref, que des produits issus de la nature (naturels) qui devraient donc beaucoup vous plaire.
    Mais il est vrai que même avec un ordinateur identique, il est plus facile de trouver n'importe quoi comme informations et à partir du moment ou elle nous font plaisir, leur validité n'a plus d'importance, n'est-ce pas ?
     

  15. Sifo-Dyas

    Date d'inscription
    décembre 2010
    Messages
    624

    Re : Agriculture bio - analyse critique

    J'ignore si quelqu'un en a déjà parlé, mais voici une étude publiée le 26 janvier 2011 sur la relation entre deux pesticides et la maladie de Parkinson : Rotenone, Paraquat and Parkinson’s Disease.
    Conclusions: PD [Parkinson desease] was positively associated with two groups of pesticides defined by mechanisms implicated experimentally: those which impair mitochondrial function and those which increase oxidative stress, supporting a role for these mechanisms in PD pathophysiology.
    Les deux pesticides en question sont la roténone et le Paraquat.

    Comme le second est produit synthétiquement, il est interdit en agriculture bio, alors que le premier y est, on l'a vu, autorisé.

    En agriculture conventionnelle, les pesticides sont interdits ou autorisés selon ce que l'on sait de leur utilité et de leur toxicité, pas en fonction de leur origine. En France le paraquat est donc interdit, pareil pour la roténone, même si l'un est synthétique et l'autre "naturel".

    En agriculture "bio" on expose donc les agriculteurs à un risque qu'ils n'auraient pas s'ils étaient de "bêtes et méchants" agriculteurs conventionnels.

    Cela ne signifie pas qu'un agriculteur conventionnel ne risque rien tandis qu'un agriculteur "bio" est condamné plus ou moins rapidement (ne déformez ni mes propos ni le résultat de l'étude, svp).

    Cela signifie que dans ce cas précis, étayé scientifiquement, on est loin des sempiternels messages et articles peu documentés déversant des généralités sur la méchante agriculture "chimique" qui ne fonctionne qu'avec des "poisons" et sur la gentille agriculture "bio" qui serait "sans pesticide".

    Il y a donc des cas où les risques sont plus importants avec le "bio" qu'avec le conventionnel. Cela concerne la vie des sols (cuivre) ; les insectes auxiliaires (roténone, neem, etc.) ; la santé du consommateur (risques de mycotoxines) et donc aussi la santé des agriculteurs (roténone).

    Les apôtres du "principe de précaution" qui se débrouillent pour interdire la culture de végétaux donc le risque sanitaire n'a jamais été prouvé auront donc du pain sur la planche quand ils se pencheront, enfin, sur les risques dus à l'idéologie du cahier des charges de l'agriculture biologique.
    Cordialement. Sifo-Dyas
     


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