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Popper et Darwin

  1. cytochrome

    Date d'inscription
    juillet 2007
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    23

    Popper et Darwin

    Bonjour,

    "Une bonne partie du darwinisme n'est pas de la nature d'une théorie empirique, mais plutôt d'un truisme logique " K. Popper

    Popper a originellement attaqué la "theory of origin" comme théorie manquant d'assise empirique. Paradoxalement l'ensemble de sa théorie falsificationniste paraît imprégnée par un évolutionnisme épistémologique que ses détracteurs estiment "spencerienne" plus que darwinienne.
    Entre rejet et influence, l'oeuvre de Popper semble hésitante face à la puissance prédictive et interprétative des théories de Darwin et leur difficile adéquation avec l'épistémologie popperienne.
    Il se trouve effectivement que ce n'est qu'au cours de la vie de Popper qu'on été découvert les mécanismes de l'hérédité, ADN, mutation, biologie moléculaire, "empiriquement testable", qui faisait tant défaut à la brillante mécanique théorique darwinienne.

    Mes questions se veulent d'abord un tremplin pour aborder sereinement un problème strictement épistémologique et scientifique; artificiellement montée en controverse par les adversaires des théories de l'évolution.

    Comment Popper avait-il compris la théorie darwinienne de l'évolution?
    L'évolution scientifique des théories biologiques des origines est-elle conforme à l'épistémologie popperienne ou constitue elle un cas particulier?

    source web:
    http://perso.orange.fr/denis.collin/popper.htm
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper

    -----

     


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  2. super nono

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    août 2007
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    Re : Popper et darwin

    Citation Envoyé par cytochrome Voir le message

    L'évolution scientifique des théories biologiques des origines est-elle conforme à l'épistémologie popperienne ou constitue elle un cas particulier?
    Question intéressante. Je ne suis pas spécialiste, ni de Karl Popper, ni de la théorie de l'évolution. Ce qui me semble intéressant, c'est que j'ai l'impression que Darwin a réfuté le Lamarckisme, non pas parce qu'il avait été contredit par l'expérience, mais parce que l'explication s'appuyant sur la variabilité des individus au sein d'une espèce lui semblait plus solide.

    Ca me fait penser à une réflexion de Russel (dans "ABC de la relativité") qui disait que si Newton avait pris le problème de la gravité "par le bon bout" (c'est à dire en considérant le concept d'espace-temps) il serait arrivé directement à la relativité générale. C'est peut-être abusif si on se replace dans le contexte historique de Newton, mais ce qui est sous-entendu, c'est que la réfutation de sa théorie ne nécessite pas d'expérience contradictoire.

    Une théorie peut être dépassée par une autre avant d'être réfutée expérimentalement.
     

  3. cytochrome

    Date d'inscription
    juillet 2007
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    Saint-Denis
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    23

    Re : Popper et darwin

    J'espère ne pas avoir détourné la parôle de Popper, que je maîtrise relativement mal, d'où mes questions...

    Pour répondre à Super Nono:
    Je dis peut-être une bétise, liée à mes influences Khuniennes, mais c'est probablement ce qui fait la différence entre un petit saut conceptuel et un grand saut conceptuel. Un grand saut conceptuel permettrait alors d'évacuer intrinsèquement un certain nombre aller-retour théorie-réfutation.

    Pour compléter et préciser mes questions:

    Dans le cas de la biologie des origines comme probablement de la géologie ou de l'archéologie, l'analyse observationnelle toute seule semble déjà permettre d'élaborer des théories hautement prédictive, sans recours mathématique.
    Je dirai même plus que dans les disciplines évoquées ci dessus, l'analyse observationnelle et synthétique paraît nécessaire préliminairement à toute étude empirique.
    Comment aurait-on compris le rôle de l'ADN, "polymère stupidement répétitif", sans les théories de l'évolution?
    Je note tout de même que la définition de l'empirisme de Popper paraît relativement restrictive (encore une fois, help! pour ceux qui connaissent), car elle amène à exclure de ce champs, le travail de terrain et l'analyse détaillée et comparative d'échantillon.

    Dois je comprendre que Popper estimait que les théories en vogue dans ces domaines étaient "en attente de réfutation" et donc encore ancrées dans la métaphysique? ou s'agissait'il de "pré-théories" nécessaires à l'avènement d'une discipline scientifique dans lequel finirait par apparaître un système de progrès par réfutation? ou bien ces disciplines doivent-elles être considérées comme péri-scientifique car en dehors du cadre évolutif épistémologique physico-mathématique?
     

  4. bardamu

    Date d'inscription
    août 2003
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    Re : Popper et darwin

    Citation Envoyé par cytochrome Voir le message
    Bonjour,
    "Une bonne partie du darwinisme n'est pas de la nature d'une théorie empirique, mais plutôt d'un truisme logique " K. Popper
    (...)
    Mes questions se veulent d'abord un tremplin pour aborder sereinement un problème strictement épistémologique et scientifique; artificiellement montée en controverse par les adversaires des théories de l'évolution.

    Comment Popper avait-il compris la théorie darwinienne de l'évolution?
    L'évolution scientifique des théories biologiques des origines est-elle conforme à l'épistémologie popperienne ou constitue elle un cas particulier?
    Bonjour,
    je crois que ce court extrait montre l'essentiel de la critique originelle de Popper : si la théorie de l'évolution se réduit à "les meilleurs survivent, et on définit le "meilleur" par la capacité à survivre", alors on est dans une tautologie stérile.
    Plutôt que du côté de l'ADN et autres éléments biologiques, je crois que c'est l'évolution des discours sur la sélection qui serait à prendre en compte. Il me semble qu'aujourd'hui on dirait plutôt des choses du genre : des conditions étant données, certains facteurs deviennent sélectifs et favorisent la perpétuation d'une lignée.
    D'autre part, la complexité des adaptations (biologiques mais aussi comportementales) et les interactions entre espèces interdisent presque de penser l'évolution comme étant celle d'une simple espèce. Ce serait aux biologistes de confirmer, mais il me semble que la tendance est plutôt à penser l'Evolution en terme d'équilibres d'écosystèmes. Les relations simples basées sur quelques facteurs sélectifs pourrait encore s'appliquer à telle ou telle espèce mais plutôt en situation de crise grave de l'écosystème.

    Concernant la cohérence avec la philosophie de Popper, je verrais ça ainsi : dès lors qu'il dénie une fin aux sciences ou à la connaissance, dès lors qu'il s'agit pour lui d'expérimenter des idées en les soumettant à des épreuves, il n'accepte pas une théorie qui considérerait naïvement que la meilleure idée est celle qui a passé une épreuve, qui a survécu. Ni l'Evolution, ni la pensée ne s'arrêtent à un "meilleur", il y a toujours de nouvelles circonstances, de nouvelles idées à affronter.
    Ethica, IV, 43 : Titillatio excessum habere potest et mala esse.
    Spinoza
     

  5. bibicema

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    septembre 2007
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    Re : Popper et darwin

    bonjour,
    bien qu'ayant peu de connaissances dans ces domaines, je me permets tout de même d'apporter mes interrogations et commentaires -excusez moi si je dis des énormités
    Il me semblait que Popper partait d'une définition restrictive de la "science" parfaitement adaptée à la physique qui implique, de fait, l'exclusion de ce terme de toute science humaine, ainsi que de la théorie de l'évolution. Plus précisément, je dirai qu'il me semble que son postulat implique nécessairement que la théorie de darwin (comme toute celle susceptible de décrire l'évolution des espèces) n'est pas une science (en passant par une tautologie, voire une métaphysique...) : comment reproduire une sélection naturelle ? comment prédire l'apparition ou la disparition d'une espèce, alors que l'étude des fossiles est avant tout observationnelle et déductive (et non prédictive) ?
    Dans ce sens, je ne suis pas sur que le commentaire de Popper soit une réaction à ce qui serait fondamentalement inacceptable (la victoire de la pensée la meilleure), mais plutôt de pousser dans ses extrêmes son postulat. Cependant, de même que la biologie a fait des progrès permettant d'introduire des éléments prédictifs dans la théorie de l'évolution, la logique a fait des progrès et je ne suis pas sur que l'on puisse réduire aujourd'hui une science au postulat de Popper.
    Parallèlement, peut-être pourrait-on trouver des expériences qui permettent de conforter des "prédictions" de la théorie de l'évolution (on peut toujours étudier des groupes de drosophiles, les contraindre à "évoluer" selon des paramètres extérieures mesurés... envisageable, je crois) ; si c'est le cas, alors dans la continuité de la pensée de Popper, l'évolution des espèces pourrait rentrer dans le lot des "sciences".
    Le blocage disparaitrait alors...
     


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  6. bardamu

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    Re : Popper et darwin

    Citation Envoyé par bibicema Voir le message
    bonjour,
    bien qu'ayant peu de connaissances dans ces domaines, je me permets tout de même d'apporter mes interrogations et commentaires -excusez moi si je dis des énormités
    Il me semblait que Popper partait d'une définition restrictive de la "science" parfaitement adaptée à la physique qui implique, de fait, l'exclusion de ce terme de toute science humaine, ainsi que de la théorie de l'évolution. Plus précisément, je dirai qu'il me semble que son postulat implique nécessairement que la théorie de darwin (comme toute celle susceptible de décrire l'évolution des espèces) n'est pas une science (en passant par une tautologie, voire une métaphysique...) : comment reproduire une sélection naturelle ? comment prédire l'apparition ou la disparition d'une espèce, alors que l'étude des fossiles est avant tout observationnelle et déductive (et non prédictive) ?
    Dans ce sens, je ne suis pas sur que le commentaire de Popper soit une réaction à ce qui serait fondamentalement inacceptable (la victoire de la pensée la meilleure), mais plutôt de pousser dans ses extrêmes son postulat. Cependant, de même que la biologie a fait des progrès permettant d'introduire des éléments prédictifs dans la théorie de l'évolution, la logique a fait des progrès et je ne suis pas sur que l'on puisse réduire aujourd'hui une science au postulat de Popper.
    Parallèlement, peut-être pourrait-on trouver des expériences qui permettent de conforter des "prédictions" de la théorie de l'évolution (on peut toujours étudier des groupes de drosophiles, les contraindre à "évoluer" selon des paramètres extérieures mesurés... envisageable, je crois) ; si c'est le cas, alors dans la continuité de la pensée de Popper, l'évolution des espèces pourrait rentrer dans le lot des "sciences".
    Le blocage disparaitrait alors...
    Bonjour,
    reproduire une sélection naturelle ou prédire l'apparition d'une espèce (= provoquer une mutation empêchant 2 populations de se reproduire entre-elles) se fait aujourd'hui en laboratoire ou s'observe en milieu naturel. Bien sûr dans une position historique où l'on n'a que les fossiles et une vague idée de mécanismes héréditaires, la falsifiabilité n'était pas du tout évidente mais surtout, le fond de la question que pose Cytochrome semble plutôt être la relation entre une théorie épistémologique proche d'un "évolutionisme" et la théorie de l'évolution biologique.

    Au demeurant, je ne suis pas certain que la comparaison s'impose si ce n'est de manière très générale.
    Les efforts de formalisation de Popper ont en partie échoué (Miller et Tuchy (1974), cf fin de cette partie d'article).
    Ceci étant, Popper a fait parti des inspirateurs d'une épistémologie évolutioniste, et globalement cela me semble correspondre à son idée du développement de la connaissance.

    L'idée de base est la question : comment se développe la connaissance humaine ? quel rapport avec le développement du vivant ?
    Extrait d'un échange entre Konrad Lorenz et Popper où celui-ci expose sa "métaphysique" du vivant, c'est-à-dire la manière dont il lit les données évolutives comme une sorte de vitalisme valant aussi pour la démarche intellectuelle :
    Citation Envoyé par Karl Popper
    (...) sans doute sous l'effet de la sélection darwinienne, la vie recherche un monde meilleur. Konrad, tu as parlé de niches écologiques. C'est aussi l'une de mes expressions favorites. Je te critiquerais seulement sur un point : tu parles de niches écologiques "occupées". On dirait que les niches écologiques existent par avance, or ce n'est pas le cas, c'est la vie qui les invente.
    (...)
    Tout peut être donnné par avance, mais seule la vie fait que tout cela devient une niche écologique. La vie espère, la vie travaille, comme si elle portait en elle un espoir de trouver un monde meilleur, de meilleures niches écologiques. Les plantes et les animaux sont prêts à risquer l'aventure d'une nouvelle niche écologique. Et ceux qui prennent cette initiative accèdent par la sélection à un niveau supérieur.
    (...)
    Les êtres vivants dénués d'initiative, de curiosité, d'imagination doivent se disputer les niches écologiques occupées ; ceux qui au contraire exercent leur esprit d'initiative ont à leur disposition les niches écologiques qu'ils s'inventent. Et ce qu'il y a d'intéressant, c'est que dès le départ les niches écologiques sont construites par les êtres vivants.
    Popper accorde à tous les êtres vivants une dynamique exploratoire comme celle des humains ("De l'amibe à Einstein, il n'y a qu'un pas"). Il accorde une forme de progrès à l'évolution, selon le principe qu'il est plus avantageux d'explorer l'environnement et de se construire sa niche, que de se battre pour celles déjà occupée. Ce n'est pas forcément faux quand on voit par exemple le développement des flores et faunes terrestres au Cambrien (sortie de l'eau), plus tard celui des oiseaux et peut-être demain celui d'autres planètes par l'homme.
    La dynamique scientifique s'intègre ainsi chez lui dans une conception philosophique plus globale où l'évolution de l'amibe face à son environnement relève de la même dynamique que l'évolution d'Einstein face à la gravitation : résoudre un problème.
    Dernière modification par bardamu ; 05/11/2007 à 13h21.
    Ethica, IV, 43 : Titillatio excessum habere potest et mala esse.
    Spinoza
     

  7. bibicema

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    Re : Popper et darwin

    Effectivement, je n'avais pas vu ces développements épistémologiques de Popper, et je te remercie de ces éclaircissements.
    Ce parallèle entre "évolution" et cheminement intellectuel (évolution de la pensée) implique tout de même des conséquences discutables (dans le sens : sujettes à discussions) non ?
    Ainsi, il est supposé que le développement intellectuel obéit à la même nécessité que l'adaptation du vivant : un besoin vital. Or, tous les individus ne sont pas doués de la même curiosité, du même besoin de comprendre ou du moins d'adapter son cheminement de pensée au contexte dans lequel il se trouve, alors que tous les être vivants ont rivé en eux l'instinct de survie qui les fera éventuellement changer de "niche"... Si ce n'est pas le cas pour le processus intellectuel, cela signifie qu'il est restreint et qu'il obéit donc à des lois différentes de celles de l'adaptation (et donc de l'évolution)...
    Par ailleurs, j'aime beaucoup le parallèle que l'on peut faire entre une idée mutante et une mutation génétique. Mais pour autant, les idées mutantes peuvent perdurer et se développer en dehors de tout "progrès" de la connaissance et donc de l'évolution des théories. Cela est sous-tendu par le point suivant : la démarche intellectuel n'est pas toujours rationnelle et la mutation d'une idée tient comte d'un aspect irrationnel. Cela implique que l'évolution des idées est plus complexe que ce que permet d'envisager l'évolution de la connaissance comme rationnel et progressiste.
    Enfin, les aspect de "sélection naturelle" d'une idée impliquent également quelques commentaires. Il semble que les mieux adaptées (i.e. les théories les mieux à même de décrire le monde tel que nous le percevons à un instant t) sont celles qui "survivent". La nouveauté pour les théories, c'est qu'une nouvelle chasse une ancienne : on ne peut pas faire coexister sur le long terme des théories antagonistes ; pour une niche observationnelle, il n'existe qu'une théorie et une seule qualifiable de "la mieux adapté". Dans ce sens, le processus de penser est chronologique (petite pensée pour chronos, le dévoreur de ses enfants , sauf qu'ici ce sont les enfants qui se nourrissent du père ), et l'accès à une nouvelle théorie se fait au détriment des précédentes ; ce processus n'est pas visible dans l'évolution et cela réduit d'ailleurs la diversité des idées, contrairement à la diversité des espèces.
    Alors, oui, il semble qu'il y ait des analogies possibles entre processus de penser et processus évolutif... de là à en faire un parallèle stricte, cela me semble un peu osé, non ?
     

  8. [PSO]Fabrice.g

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    Re : Popper et Darwin

    Bonjour,

    (j'ai lu rapidement le fil, et je ne suis pas spécialiste ni de l'évolution, ni de Popper, alors, s'il vous plait, corrigez-moi si je me trompe).

    Il me semble, cher Bibicema, qu'il est important de prendre plusieurs aspects en compte dans l'évolution des idées, comme dans l'évolution des espèces, et l'un de ces éléments, c'est le niveau auquel opère cette évolution. En d'autres termes, il me semble qu'il est nécessaire de poser clairement quel est le niveau auquel s'opère cette évolution, et quelle est la définition du "milieu" dans lequel opère l'évolution.

    Il semble que les mieux adaptées (i.e. les théories les mieux à même de décrire le monde tel que nous le percevons à un instant t) sont celles qui "survivent".
    Donc, avant de donner une définition des théories les mieux adaptées, comme tu le fais ci-dessus, il semble qu'il soit nécessaire de définir à/dans quel milieu ces théories sont adaptées. Ta définition laisse penser que le milieu ici est "le monde", c'est-à-dire que les théories les mieux adaptées sont celles qui sont le plus proche de la réalité perçue, n'est-ce pas. Or, il me semble que le milieu n'est pas "le monde", mais la personne. En d'autres termes, les théories les plus adaptées sont celles qui sont le plus à même de décrire le monde tel qu'il est perçu à un instant t, tout en reconnaissant que cette perception même est guidée par les théories, motivations, émotions présentes chez cette personne.

    En psychologie sociale, plusieurs études ont été faites pour voir comment une idée se diffusait. Les quelques études que je connais montrent qu'une idée, soit une légende urbaine (p.ex. : Un homme a trouvé un rat dans une cannette de soda), soit une fausse croyance scientifique (telles que l'effet Mozart, ou le "gène de la fidélité"), est diffusée si elle a un contenu émotionnel important, ou si elle réponds à un besoin du sujet. D'autres études ont montré qu'un message avait plus d'influence si il est congruent avec le système de croyances du sujet.

    De plus, l'évolution des idées suivrait, à mon avis, une évolution plus Lamarckienne que Darwinienne. Les idées évoluent en fonction de celui qui les reçoit, donnant naissance à de nouvelles idées. Un exemple intéressant de ce genre d'adaptation est l'émergence de l'intelligent design, lorsque la théorie de l'évolution s'est adaptée à certains récepteurs qui n'ont pas abandonné leur ancien système de pensée religieux.
     

  9. bibicema

    Date d'inscription
    septembre 2007
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    100

    Re : Popper et Darwin

    bonjour fabrice.g,
    merci pour les informations complémentaires que tu apportes. Il ne me semblait pas avoir laisser entendre que le "milieu" d'adaptation d'une idée était "le monde" dans sa globalité (à vrai dire, je n'avais pas penser à préciser ce point ). Si c'est le cas, toutes mes excuses... A mon avis, ce "milieu" est complexe, car à la fois subissant les influences des individus dans leur singularité, et de l'ensemble des individus (avec ses propriétés propres).
    Sinon, il y a des points communs entre ce que tu écris et ce que je supposais...
    Mais je reste tout de même dubitatif sur le rapprochement trop directe entre les théories de l'évolution et l'évolution des idées, en particulier par rapport au fait qu'en général, une idée (on va dire plus précisément, une théorie en physique) exclue sa précurseur (si on suppose que les approximations de mesures qui font conserver une ancienne théorie n'ont qu'un côté pratique, mais pas un fondement conceptuel). Ce "phagocytage" progressif n'est pas très propice à la diversité des "idées" (ou des théories).
    Maintenant, le "dessein originel" peut effectivement être un exemple de l'influence de l'individu (ou d'un groupe d'individus) sur l'adaptation d'une idée, mais parallèlement, elle n'a pas de fondement scientifique et elle participe plus au monde des croyance qu'à celui des théories "logiques" (pour revenir à Popper)...
    Donc, je reste séduit par l'analogie, mais pas encore convaincu...
     

  10. shub22

    Date d'inscription
    novembre 2008
    Messages
    132

    Re : Popper et Darwin

    Bon je rajoute mon grain de sel en prenant un exemple plus frappant celui de Lamarck.
    Beaucoup de gens connaissent cette affirmation de Lamarck qui a fait de lui un champion de l'adaptabilité: La taille des acacias a augmenté pour permettre aux girafes d’étirer leur cou .

    C'est plus simple je crois au niveau de la réfutabilité et de la spéculation qu'on peut faire autour que d'évoquer Darwin. Comment savoir si cette proposition est vraie ou non, réfutable au sens de Popper ?
    Il faudrait trouver un autre univers avec une autre planète comportant de l'eau, de l'atmosphère et un soleil et ayant donné naissance à la vie, comportant de plus des girafes mais avec des acacias nains ou dont la taille n'a pas augmenté pour déterminer au sens poppérien du terme si l'assertion de Lamarck est vraie ou non. Justifiée ou non par l'observation...
    Bon je suis peut-être en dehors du sujet avec mes histoires d'acacias, de Lamarck et des girafes mais je trouvais cela rigolo.
    Doit-on décider en l'absence de la possibilité d'observer le comportemant des girafes et des acacias ailleurs que sur notre planète si cette affirmation de Lamarck est vraie ou non ?
    En tout cas l'adaptabilité est admise par tout le monde je crois même par Darwin et a dû donner naissance si je ne m'abuse à la dichotomie phénotype/génotype + toute cette branche de la génétique qui étudie la mutabilité et la variabilité des gènes correspondant aux caractères d'un individu en fonction des conditions climatiques, météorologiques, environnementales de toute sorte etc.
    Non vous êtes pas d'accord ?
     

  11. didier941751

    Date d'inscription
    décembre 2008
    Messages
    3 347

    Re : Popper et Darwin

    10 ans que ce fil dormait tranquillement, était-ce utile de le réveiller, surtout que le questionnement est (àmha) le même que le thread que tu as ouvert (RG réfutable...), et avec le même problème (pour moi) une confusion encore une fois exprimée ici:
    Citation Envoyé par shub22 Voir le message
    Comment savoir si cette proposition est vraie ou non, réfutable au sens de Popper ?
    La réfutabilité, ce n'est pas dire "vrai" ou "faux", c'est un critère, un choix concernant la démarche scientifique, pour exprimer qu'une théorie est scientifique tant que l'on peut proposer des expériences (faisables à l'instant présent ou dans un futur) montrant un résultat contradictoire avec une/des prédiction(s) de la dite théorie.
    Pour ton exemple, c'est le cas, je peux proposer de mettre dans un environnement clos des acacias "nains" (génétiquement modifiés si il n'existe pas de variété naine) et voir si au fil des générations la longueur du cou des girafes va se modifier, s'adapter, rétrécir.

    Qu'importe le résultat, en attendant, le critère de réfutabilité (tel que je le conçois, et c'est peut être là que je fais erreur...(?)) s'applique.


    Et cela s'applique également à ton fil sur la "réfutabilité de la RG"
    Dernière modification par didier941751 ; 27/08/2017 à 13h46.
     

  12. shub22

    Date d'inscription
    novembre 2008
    Messages
    132

    Re : Popper et Darwin

    Citation Envoyé par didier941751 Voir le message
    10 ans que ce fil dormait tranquillement, était-ce utile de le réveiller, surtout que le questionnement est (àmha) le même que le thread que tu as ouvert (RG réfutable...), et avec le même problème (pour moi) une confusion encore une fois exprimée ici:
    Désolé si je vous réveille un Dimanche mais à ma montre il est 14h. Tant qu'un problème demeure, le questionnement existe: voilà une évidence dont je sais pas si elle est scientifique mais en tout cas frappée au coin du bon sens.
    Est réfutable au sens de Popper, cette dernière affirmation?


    Citation Envoyé par didier941751 Voir le message
    La réfutabilité, ce n'est pas dire "vrai" ou "faux", c'est un critère, un choix concernant la démarche scientifique, pour exprimer qu'une théorie est scientifique tant que l'on peut proposer des expériences (faisables à l'instant présent ou dans un futur) montrant un résultat contradictoire avec une/des prédiction(s) de la dite théorie.
    Pour ton exemple, c'est le cas, je peux proposer de mettre dans un environnement clos des acacias "nains" (génétiquement modifiés si il n'existe pas de variété naine) et voir si au fil des générations la longueur du cou des girafes va se modifier, s'adapter, rétrécir.

    Qu'importe le résultat, en attendant, le critère de réfutabilité (tel que je le conçois, et c'est peut être là que je fais erreur...(?)) s'applique.


    Et cela s'applique également à ton fil sur la "réfutabilité de la RG"
    C'est tellement comique l'expérience que tu proposes (une expérience de pensée?) que je reste sans voix.
    Bon je retrouve vaquer sinon si je m'exprime davantage je sens que je vais encore me faire rappeler à l'ordre. Si j'ai autre chose à dire j'écrirai à l'Académie des Sciences haha!
     

  13. didier941751

    Date d'inscription
    décembre 2008
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    3 347

    Re : Popper et Darwin

    Citation Envoyé par shub22 Voir le message



    C'est tellement comique l'expérience que tu proposes (une expérience de pensée?) que je reste sans voix.
    Il manque l'explication de pourquoi c'est comique à ton sens, pour que la critique (que j'accepte) soit constructive encore faut-il l'argumenter m'enfin, quand on est intéressé par un dialogue
    Si j'ai autre chose à dire j'écrirai à l'Académie des Sciences haha!
    Bonne résolution
     

  14. Deedee81

    Date d'inscription
    octobre 2007
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    28 253

    Re : Popper et Darwin

    Salut,

    Citation Envoyé par shub22 Voir le message
    C'est tellement comique l'expérience que tu proposes (une expérience de pensée?) que je reste sans voix.
    Didier a raison. Pour la pratique de la science, cette expérience est plutôt difficile (faut être patient). Par contre, au sens de la réfutabilité de Popper, c'est tout à fait correct.

    Si tu as besoin d'un exemple plus réaliste, regarde le processus de domestication des renards effectués en Sibérie. Ils ont juste sélectionné la docilité (avec des tests précis), sans rien sélectionner d'autre (*).
    Et on constate après de nombreuses générations une évolution nette des caractères (apparition de néoténie comme les museaux arrondis, jappements, renards qui remuent la queue quand ils sont contents, pelages très variés, renards qui protègent leur maître, etc...).
    On étudie aussi maintenant les changements observés dans le génotype.
    (*) Evidemment il faut aussi tenir compte de l'absence de la sélection qui pourrait exister dans la nature.

    C'est vraiment une expérience de l'évolution en direct et est tout à fait une expérience du type proposé par Didier.

    Ca répond en tout cas à la question sur la réfutabilité de la théorie de l'évolution.

    Voir :https://fr.wikipedia.org/wiki/Renard...omestiqu%C3%A9
    http://www.pourlascience.fr/ewb_page...hien-38704.php
    Tout est relatif, et cela seul est absolu. (Auguste Comte)
     

  15. minushabens

    Date d'inscription
    juillet 2014
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    5 474

    Re : Popper et Darwin

    A mon avis l'expérience proposée par Didier941751 n'est pas la bonne. Une étude très jolie et concluante est celle de Peter et Rosemary Grant sur les pinsons de Darwin.
     


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