Pas tant que ça.Envoyé par Mh34
C'est, je pense, une reflexion sur ce que représente comprendre, ou penser.
Je ne pense pas qu'il devait ignorer que la représentation du temps, de l'espace ou du mouvement a des représentations mathématiques qui sont "pensées" par les mathématiciens (ou physiciens, ce qui est en général conjoint).
Il est bien connu que seuls les mathématiciens sont capables de comprendre le sens physique d'une équation.
Ce qu'il dit, je crois, c'est que cette approche de la réalité, qui parait raisonable ou tout du moins tres pratique (technique comme il dit, il ne rejete pas l'utilité des sciences), lui parait très éloigné d'une autre représentation possible, plus complexe et plus proche de l'être humain.
Les mathématiques sont, et c'est mon avis, une simplification (pas une synthèse ni une représentation unitaire) des phénomènes tels qu'ils sont en relation avec l'être humain.
Un exemple qui me vient, c'est le concept de dimension.
En mathématique et aujourd'hui en physique (sciences de la nature idéalement et traditionellement, l'être humain étant naturel et intégré à celle-ci), ce concept se rejoint très exactement.
Alors qu'il existe une autre manière de le penser, sur la base d'une reflexion sur ce que signifie l'être d'une dimension (phénomène naturel).
Reflexion, comme évoqué dans le précédent message qui permet je pense d'être plus vaste que son objet d'étude et donc probablement plus juste.
Il exprime le fait que l'être naturel et l'être mathématique (ou plus généralement des sciences) sont éloignés pour ce qui est de leur origine, de leur construction.
Ce constat me parait juste et ce qui peut gèner, je pense, les scientifiques qui ne veulent considérer une autre manière de penser le monde, c'est qu'Heidegger ne fourni pas la méthode pour relier ces deux visions du monde.
Il critique (dans le bon sens du terme) sans expliquer comment y rémédier.
Certains sientifiques peuvent considérer que cette approche, qui pourtant ne remet pas en cause la technicité de leur domaine, n'est d'aucune utilité. Voir donneuse de leçon à défaut de proposer mieux concretement.
On dit, et on "constate" par exemple que ce sont des equations que sont déduites les nouvelles lois.
Ceci est vrai, et certains comme j'ai pu le constater s'en étonnent, se demandant parfois si le monde est mathématique.
Sauf, bien entendu, lorsqu'un changement de paradigme intervient, ce qui est assez rare pour que passe inaperçu, que c'est le changement de paradigme qui permet de nouvelles possibilités.
Le concept de la relativité n'est pas par exemple uniquement une technique, il s'agit d'un nouveau paradigme, dont on ne sait plus trop si c'est le concept du non-absolu ou des formules qui en sont à l'origine.
On est sorti, et ceci est son constat à son époque, de la vision traditionelle du monde, qui a pourtant abouti naturellement à la science d'aujourd'hui (donc s'est avéré utile) et on s'avance comme il le dit vers l'inconnu.
On peut critiquer sa démarche qui peut être interprété comme celle d'un "donneur de leçon" et sa manière d'exprimer les choses, mais quelque-part chacun est libre de prendre en compte ses remarques ou pas.
Je vois que le fait de reprendre ou pas des considérations anciennes, empruntées à d'autres volontairement ou fortuitement est pris en compte pour juger de la valeur du "génie" d'Heidegger.
Le problème ne se pose pas, ce n'est pas d'Heidegger dont il est question.
Il ne s'agit pas de le "noter", mais de réflechir aux idées qu'il a véhiculé comme bien d'autres avant lui, et bien entendu d'y ajouter les notres.
En esperant, et du moins c'est ma volonté, que celles-ci peuvent avoir un impact positif sur l'avancée des sciences.



