Je me suis par exemple souvent demandé comment on évaluait la pertinence d'un modèle animal. Dans quelle mesure peut-on savoir qu'une molécule aura un effet similaire par exemple chez le chimpanzé et chez l'homme ? Est-ce à chaque fois un pari ?
OK. Alors les modeles animaux repondent a plusieurs criteres definis, qui permettent de les valider. un modele idela presente:
- une validite de face, ou le modele "ressemble" aux traits observes chez l'humain
- une validite de prediction ou une stimulus (une drogue par exemple) aura des effets similaires chez l'animal et l'humain
- une validite de construction, ou le modele presentera une mecanistiques similaires a ce que l'on observe chez l'humain.
Enfin, on parle aussi parfois de la validite genetique, par exemple dans le cas des models transgeniques.
Effet similaire entre humain et animaux: c'est un debat, et il y a toujours une part de "risque". Disons que l'homme, la souris et le singe (et le rat et le chat et le chien etc etc) sont tous des mammiferes avec des mecanismes vitaux proches les uns des autres.. Ainsi, on peut par exemple etudier les processus d'addiction chez des animaux, car il est facile de rendre un rat/souris accro. On a pu montrer tres recemment notamment que si on invalide certains recepteurs dans le cerveau, le phenomeme d'addiction ne se produit plus.... Et si on restaure ces recepteurs manquant que dans certaines cellules du cerveau, on restaure les comportements addictifs et leurs correlaires... Donc au final, on a une explication physiologique de ces phenomenes, avec des zones cibles qui permettent ensuite de devellopper des medicaments precis et adpates. Bien evidemment, on ne pourrait rien faire de cela chez l'humain....
(Aparte: Un des tabous de la medecine sont les progres considerables qui ont ete fait grace aux nazis.......... certains labos pharmaceutiques acheter des wagons de juifs pour tester les drogues ou autre....... L'horreur a son comble......bref...)
D'autres exemples sont valables par exemple pour la depression: il existe des tests et modeles qui permettent de detecter des profils de certaines molecules succeptibles d'etre anti-depresseurs. On teste les molecules d'abord chez les souris/rats et si les resultats ressemblent a ce que l'on peut obtenir avec un anti-depresseurs classique, on passe en phase de test chez l'homme (je resume... c'est un peu plus complique)... Aussi, on peut etudier les mecanismes moleculaires in vivo, car on peut sacrifier un animal juste apres la prise de produit par exemple. Aussi, on utilise parfois des lignees "pures" (cosanguines) ce qui permet de s'affranchier partiellement des problemes lies aux succeptibilites gentiques.
Enfin, je citerais la maladie d'alzheimer: c'est une maladie tres complexe, avec des facteurs genetiques, environnementaux, ds formes differentes (presque toute maladie mentale cela dit...). Chez l'humain, tout ce que l'on peut faire sont des etudes epidemiologiques, et des etudes post-mortem... Une fois que le cerveau est completement ravages ... dur dur d'y voir clair. A cela s'ajoute la complexite genetique (chaque personne est differente........), l'environnement (qui peu combattre ou empirer les effets genetiques), les effets "annexes" du aux drogues prises, d'autres maladies associees etc etc etc.. C"est le foutoire...
Le developpement de modeles murins transgeniques qui montrent des troubles cerebraux similaires a ceux la maladie d'alzheimer permettent petit bouts par petits bouts de decrypter les evements/acteurs moleculaires qui prennent places lors de la degeneration des neurones touches, ainsi que leur temporalite et les interactions qui peuvent exister... Tout cela ne pourrait se faire chez l'humain a l'heure actuelle.
a partir dequand la vie d'un etre vivant à plus d'importante que celle d'autre ?
on préfèrera sauver un etre humain que tout autre etre vivant (normalement) et après plus un etre vivant nous ressemble plus on le respectera.
maintenant si on se place dans la position du respect de tout etre vivant de façon égale, doit-on respecter les bactérie, les virus ...
l'homme est pervers mais il essaye de ne pas trop le faire voir, j'avoue avoir torturer (j'étais petit je vous rassure) des insectes , des batraciens, des rongeurs... en toute impunité, profitant de ma toute puissance. Je ne pense pas etre un malade mental mais je crois qu'il est très dur de connaitre la porté de nos acte, détruit'on une vie ?? en sauvont nous d'autre ???, ai-je tué quelques chose aujourd'hui ?? trop complexe pour tout gérer de façon rationnelle.
je suis plus écoeurer par la solitude d'un animal dans une cage d'un zoo miteux que son utilisation à des fins thérapeutique, dans le premier cas il est la pour divertir rien de plus dans le deuxieme il sauvera peut etre des vies.
09/09/2005 - 10h15
Prolagus
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Re : La recherche animale
Pour information, concernant l'éthique en Sciences de la Vie (sur l'homme et l'animal) :
le CNRS (ré)édite régulièrement un "guide pratique" qui détaille les réglementations, pratiques et principes à respecter dans l'expérimentation sur l'animal, les essais médicaux etc. On peut le consulter dans la plupart des universités ou se le procurer sur demande. La majeure partie de son contenu est accessible en ligne ici.
Merci à tous les intervenants pour cette discussion intéressante.
Au passage, voici l'opinion du "père" de Dolly, Ian Wilmut, trouvée dans la revue de presse du jour sur le site genethique :
Ian Wilmut estime que si l'on développe des tests en laboratoire, on pourra, sur une période donnée, faire davantage d'essais de médicaments ce qui financièrement sera plus intéressant. "Et l'on utilisera pas d'animaux" ajoute t-il.
Qu'en pensez vous ? Je trouve cela un peu radical et utopique, mais c'est vrai que la revue de presse ne nous donne pas beaucoup de détails. Je vais essayer de trouver l'article original.
15/09/2005 - 01h57
Jiav
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Re : La recherche animale
Sur le plan théorique: ça se défend, mais il n'est pas dit que les modèles utilisant des cellules souches humaines soient plus valides que des modèles animaux. Beaucoup de tests en perspective. C'est quand même une possibilité très attrayante: pouvoir tester des cellules ayant le même patrimoine génétique que le patient!
Sur le plan éthique: il faut bien voir que la création de nouvelles cellules souches est encore difficile (même si des progrès récent ont été fait), nécessitant de nombreux ovules avant de réussir à obtenir des lignées. Est-ce éthique de demander la collaboration de jeunes femmes (avec les inconvénients que la stimulation ovarienne comporte) pour pouvoir soigner des vieux croulants? Je crois que oui, mais au moins un biologiste célèbre n'a pas l'air de cet avis.
Sur le plan politique: quelle bonne idée de publiciser cette alternative! Sociologiquement, je pense que les plus jusqu'au boutistes des droits des animaux sont souvent proches des défenseurs acharnés du droit des cellules souches. Bonne question à leur poser!
15/09/2005 - 02h50
globule
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Re : La recherche animale
Les cellules souches sont obtenues souvent a partir d'embryons restants de FIV, ou des cordons ombilicaux. Je crois qu'il ne faut pas tomber dans la psychose des "fermes a embryons"... Nous avons de nombreuses ressources pour obtenir des cellules souches sans pour autant tomber dans l'extreme, ou il y aurait des humains qui ne seraient que des donneurs pour des receveurs fortunes. Remarquez, ce schema existe dans les trafics d'organes; donc, le probleme n'est pas vraiment "les cellules souches" mais se pose plutot a plus grande echelle...ethique.
15/09/2005 - 03h16
Jiav
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Re : La recherche animale
Les cellules souches sont obtenues souvent a partir d'embryons restants de FIV, ou des cordons ombilicaux.
C'est possible tu as raison, mais le grand intérêt du clonage thérapeutique c'est de pouvoir travailler sur des cellules ayant le même patrimoine génétique que le patient, chose qu'on ne peut pas (encore?) faire avec le cordon, n'est-ce pas?
Remarquez, ce schema existe dans les trafics d'organes; donc, le probleme n'est pas vraiment "les cellules souches" mais se pose plutot a plus grande echelle...ethique.