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09/01/2011 - 22h04 Nicolas Daum
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par Médiat  Envoyé par Nicolas Daum La question qu’on doit se poser en premier lieu est de savoir si la fin est souhaitable. Position au confort suspect qui élimine tous les cas où la question se pose vraiment (je veux dire douloureusement). Pourrais-tu donner un exemple concret car je ne comprends pas ?
ND
Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques. -
09/01/2011 - 22h05 mh34
Re : Ethique conséquentialiste
C’est dans la nature même de toute fin est d’être souhaitable ou non et d’avoir un primat sur les moyens.
Encore une fois, non.
L'éthique, ce sont des principes.
On ne transige pas avec un principe, sinon ça cesse d'en être un.
la spéculation est un luxe, l'action une nécessité. H. Bergson -
09/01/2011 - 22h07 mh34
Re : Ethique conséquentialiste
Non, mais Myoper, tu triches, là. ( je t'ai vu venir .... ). L'éthique ne se place pas à ce niveau, quand même!
la spéculation est un luxe, l'action une nécessité. H. Bergson -
09/01/2011 - 22h13 shokin
Re : Ethique conséquentialiste
Doit-on forcément voir l'éthique comme un ensemble (amas) de règles ou principes ?
On peut aussi voir l'éthique comme un art, l'art de faire cohabiter des sources de motivation (par exemple des buts).
Shokin
Nous sommes libres. Wir sind frei. We are free. Somos libres. Siamo liberi. -
09/01/2011 - 22h27 Nicolas Daum
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par myoper J'ai un exemple : est-il envisageable (juste ?) d'appuyer violemment de très nombreuses fois sur le sternum d'une enfant de moins de 5 ans, lui fracturer plusieurs cotes et pouvant provoquer aussi des ruptures d'organes (poumons ou plèvre de façon plus ou moins hémorragique) ? Il y a un complet malentendu.
Je suppose que tu ferais cela dans un but thérapeutique (mais lequel ?).
Ce que tu décris ce seraient les moyens (un peu bizarres tout de même).
Ton exemple est tout de même commode car je peux m’interroger sur les moyens indépendamment de la fin puisque je l’ignore. Ces moyens-là me paraissent évidemment inenvisageables (à supposer qu’ils soient efficaces).
C’est ce que je dis depuis le début. Pour moi la réflexion se fait en deux temps :
1. les fins sont-elles
1.1. souhaitables
1.2. justes ou injustes sur le plan éthique ?
S’il y a une seule réponse négative la réflexion s’arrête là.
2. les moyens d’y parvenir sont-ils justes ou injustes sur le plan éthique ? Que les fins soient elles-mêmes éminemment éthiques et souhaitables n’a aucune influence. Là aussi une réponse négative sonne la fin du débat.
ND
Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques. -
09/01/2011 - 22h32 Nicolas Daum
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par mh34 Encore une fois, non.
L'éthique, ce sont des principes.
On ne transige pas avec un principe, sinon ça cesse d'en être un. Je ne suis pas sûr de comprendre tout en pensant que je suis d’accord sur le principe. 
C’est même une question de définition : l’éthique est entièrement une affaire de principes, lesquels me permettent de juger de la justesse d’une action, sachant qu’il y a aussi tout de même un peu d’empathie qui doit aussi entrer en ligne de compte.
Mais en effet, si je me suis abstenu jusqu’à maintenant de tuer père et mère pour m’enrichir c’est bien en vertu des grands principes. 
ND
Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques. -
09/01/2011 - 22h39 myoper
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par mh34 Non, mais Myoper, tu triches, là. ( je t'ai vu venir ....  ). L'éthique ne se place pas à ce niveau, quand même! Je triche touj urs !
Mais oui, le "niveau" doit être précisé mais aussi qui le considère mais également pourquoi dans quel contexte.
(un consensus de "gouvernants" (...) peut décider de moyens considérés jusque la inacceptables pour juguler une "menace importante").  Envoyé par Nicolas Daum Il y a un complet malentendu.
Je suppose que tu ferais cela dans un but thérapeutique (mais lequel ?).
Ce que tu décris ce seraient les moyens (un peu bizarres tout de même).
Ton exemple est tout de même commode car je peux m’interroger sur les moyens indépendamment de la fin puisque je l’ignore. Ces moyens-là me paraissent évidemment inenvisageables (à supposer qu’ils soient efficaces).
Oui, c'est tout a fait ce que j'entendais et je répondais simplement à ceci :
l’examen de moyens doit se faire indépendamment de toute finalité. Des moyens sont justes ou non dans l’absolu, pas en fonction de buts plus ou moins justes.
Je n'ai donc pas indiqué la finalité pour l'usage de ces moyens utilisés quotidiennement en France. Ça va permettre de dissiper tout malentendu. -
09/01/2011 - 22h59 erik
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par Nicolas Daum Il y a un complet malentendu.
Je suppose que tu ferais cela dans un but thérapeutique (mais lequel ?).
Ce que tu décris ce seraient les moyens (un peu bizarres tout de même).
Ton exemple est tout de même commode car je peux m’interroger sur les moyens indépendamment de la fin puisque je l’ignore. Ces moyens-là me paraissent évidemment inenvisageables (à supposer qu’ils soient efficaces).
ND Myoper décrivait un massage cardiaque.
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09/01/2011 - 23h27 myoper
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par erik Myoper décrivait un massage cardiaque. Nanan, c'est pour préserver le secret des chevaliers de la croix de Malte de l'Opus Dei ... -
09/01/2011 - 23h50 Nicolas Daum
Re : Ethique conséquentialiste
Dans l’exemple que tu donnes  Envoyé par myoper est-il envisageable (juste ?) d'appuyer violemment de très nombreuses fois sur le sternum d'une enfant de moins de 5 ans, lui fracturer plusieurs cotes et pouvant provoquer aussi des ruptures d'organes (poumons ou plèvre de façon plus ou moins hémorragique) ? il y a un amalgame pour le béotien que je suis en matière de médecine entre l’acte thérapeutique (appuyer violemment de très nombreuses fois sur le sternum) et les effets secondaires éventuels mais j’espère pas systématiques (fracturer plusieurs cotes, etc.). Dans mon ignorance j’avais pris ça pour des actes délibérés.
Je suppose donc, corriges-moi si je me trompe, qu’il s’agit ici d’arbitrer entre un risque vital et des retombées indésirables mais réparables.
ND
Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques. -
10/01/2011 - 04h03 Médiat
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par Nicolas Daum Pourrais-tu donner un exemple concret car je ne comprends pas ? Très facilement, car j'ai une histoire vraie en tête :
Il y a un an ou deux une gamine a été enlevée à la sortie de son école, très rapidement 5 ou 6 suspects ont été arrêtés, et au bout de quelques heures l'un d'entre eux a avoué et a indiqué où se trouvait la gamine, elle a été retrouvée dans la forêt attachée et cachée dans un fourré, en hypothermie elle a pu être sauvée, mais de justesse.
En souriant intérieurement je me suis dit que les 5 ou 6 suspects avaient dû vivre à peu près la même chose (alors qu'il n'y avait qu'un seul coupable), et plus sérieusement je m'étais aussi dit que si j'avais été parmi ces suspects et si j'avais pris quelques baffes de la part des policiers (comme les autres suspects) et bien je ne leur en aurais pas voulu (après avoir reçu les excuses nécessaires, en tant qu'innocent).
C'est facile et confortable de dire depuis son fauteuil que "un policier ne doit jamais au grand jamais frapper un suspect" car le contraire serait éthiquement et déontologiquement inacceptable, c'est autre chose, en tant que policier (ou que parent de la victime) de se dire "si cela peut sauver une gamine, est-ce que je peux lui mettre une "petite baffe" ?".
Je suis complètement d'accord avec vous quand vous écrivez :
Bref, il n’y a d’éthique qu’à partir du moment où la fin ne justifie pas les moyens c’est à dire où les moyens et leurs conséquences font l’objet d’un examen moral au même titre que les fins.
où vous dites que "La fin justifie les moyens" n'est pas un principe éthique en soi (et je me demande même comment on peut se poser la question tellement c'en est le contraire).
Mais je ne suis pas d'accord du tout avec votre autre affirmation :
l’examen des moyens doit se faire indépendamment de toute finalité
L'examen des moyens ne peut se faire qu'en fonction de la finalité et vice-versa ; c'est l'ensemble de la chaîne en tant que tout qui est éthique où ne l'est pas. Mais, évidemment, cela rend toutes les zones d'un gris plus ou moins intenses, ce qui est beaucoup moins confortable que le blanc et le noir, pour dire qui est le gentil et qui est le méchant.
J'affirme péremptoirement que toute affirmation péremptoire est fausse -
10/01/2011 - 06h10 myoper
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par Nicolas Daum Je suppose donc, corriges-moi si je me trompe, qu’il s’agit ici d’arbitrer entre un risque vital et des retombées indésirables mais réparables. Oui mais les retombées ne sont pas forcément réparables et parfois mortelles en elles mêmes.
Médiat a résumé le reste dans le message 26.
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10/01/2011 - 07h59 mh34
Re : Ethique conséquentialiste
Non, rien à faire, ça ne me va pas.
Un exemple ;
- vous vous trouvez devant une situation où pour sauver 1000 hommes, il vous faut en sacrifier 1.
Est-ce éthiquement acceptable pour vous?
Et si oui, est-ce que ça l'est toujours si pour en sauver un million, il vous faut en sacrifier 10 000?
A partir de quelle quantité de "sacrifiés" commencent les principes?
Ou mettra-t-on la barre?
C'est facile et confortable de dire depuis son fauteuil que "un policier ne doit jamais au grand jamais frapper un suspect" car le contraire serait éthiquement et déontologiquement inacceptable, c'est autre chose, en tant que policier (ou que parent de la victime) de se dire "si cela peut sauver une gamine, est-ce que je peux lui mettre une "petite baffe" ?".
Oui, cent fois oui.
C'est d'ailleurs pour cela que je dis que l'implication affective ( et dans ce cas elle était sûrement très forte) est un mauvais point pour juger de ce qui est éthique ou pas.
Mais il faut quand même une barrière, et des sanctions en cas de franchissement des barrières.
Quelle qu'en soit la raison.
Pour éviter un glissement.
la spéculation est un luxe, l'action une nécessité. H. Bergson -
10/01/2011 - 08h36 Médiat
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par mh34 Mais il faut quand même une barrière, et des sanctions en cas de franchissement des barrières. C'est, ici, la signature de la différence entre éthique et déontologie, un exemple :
Tout le monde (ou presque) a dû voir un film ou (une série) américain, où un policier fouille avec de très bonnes raisons, mais illégalement le coffre d'une voiture, y trouve une preuve irréfutable de la culpabilité du propriétaire de la voiture, qui est relaché lors du procès car la preuve est irrecevable, quitte à ce qu'il récidive (tueur en série). Pour moi le policier a déontologiquement tort et il doit être puni administrativement, mais éthiquement raison.
Le problème avec l'éthique en tant que listes de principes intangibles, c'est que parfois on sert mieux l'éthique en violant un de ces principes qu'en les respectant tous ; c'est la différence habituelle entre l'esprit et la lettre, une liste de principes ne pouvant être que la lettre, même si l'esprit en est une propriété émergente. Je suis assez d'accord avec shokin quand il parle d'art.
Une éthique se résumant à une liste de principes intangibles ne serait qu'une éthique étique (désolé) manquant de chair et de nuance, bref manquant à l'éthique.
J'affirme péremptoirement que toute affirmation péremptoire est fausse -
10/01/2011 - 08h47 myoper
Re : Ethique conséquentialiste
 Envoyé par mh34 Non, rien à faire, ça ne me va pas.
Un exemple ;
- vous vous trouvez devant une situation où pour sauver 1000 hommes, il vous faut en sacrifier 1.
Est-ce éthiquement acceptable pour vous?
Et si oui, est-ce que ça l'est toujours si pour en sauver un million, il vous faut en sacrifier 10 000?
A partir de quelle quantité de "sacrifiés" commencent les principes?
Ou mettra-t-on la barre? Allons a l'extrême : en sacrifier un pour sauver l'humanité, c'est envisageable, je pense*.
De même si, d'une manière générale, le ou les sacrifiés font partie des futures victimes ?
Tu vois bien que tu te poses ici la question en fonction du but et que tu places la limite de ce que tu vas envisager (pas forcément faire) en fonction de cette finalité. (je trichenc re, je sais)
* ils ne font que ça dans les films-catastrophe américains (le érokisesakrifi). | | |