-
03/08/2012 - 08h07 amourabi
L'éthique
Peux-t-on discuter d'étique sur un forum scientifique, alors que cette discipline est issue de la philosophie et fait intervenir des notions de morale, de religion et de sociologie, notions toutes discutables car sans base scientifique,
-
05/08/2012 - 04h06 amourabi
Re : L'éthique
Je précise ma pensée : l'étique n'est-elle pas une tentative du social de tenter de contrôler la science dont les découvertes remettent en cause de plus en plus toutes les bases sur lesquelles est bâtie notre société, bases datant de plusieurs milliers d'années. La science vient de découvrir que dans un cadavre de plus de 17 jours des cellules souches restent en stase et peuvent être réactivées ! où est donc la mort ? Les mères porteuses, les mariages de transexuels, l'insémination avec donneur où est la famille ? La physique quantique indépendante de la physique einsteiniennne nécessite une nouvelle théorie pour l'intégrer qui risque de modifier radicalement la vision que nous avons de l'univers.
En fait l'étique n'est-elle pas une méthode obscurantiste que nous essayons d'appliquer à la science au nom de principes moraux surranés pour tenter de la contrôler afin de dissimuler la peur que ses découvertes provoque chez certains ?
-
05/08/2012 - 08h00 mh34
Re : L'éthique
Ce n'est pas la science en elle-même que l'éthique chercherait à contrôler, mais l'application de ses découvertes à l'homme. Et c'est bien ce que fait ( d'un point de vue consultatif seulement parce qu'il n'a aucun pouvoir législatif ni exécutif) le CCNE.
Ca vous parait suranné de ne pas expédier ad patres sans autre forme de procès toute personne cessant d'être rentable pour la société? De réfléchir à ce que pourra bien ressentir un enfant quand il saura ce qui a présidé à sa venue au monde? De ce que peut bien ressentir un être humain ou un animal quand on utilise son corps pour "faire avancer la science"? la spéculation est un luxe, l'action une nécessité. H. Bergson -
05/08/2012 - 08h20 mh34
Re : L'éthique
Dit d'une autre façon ; en médecine ( je ne sais pas pour la physique) l'éthique cherche à répondre à la question ; " la fin justifie-t-elle les moyens"?
Il est évident que tout le monde n'aura pas la même réponse à cette question.
la spéculation est un luxe, l'action une nécessité. H. Bergson -
05/08/2012 - 22h19 fridirick
Re : L'éthique
 Envoyé par amourabi Peux-t-on discuter d'étique sur un forum scientifique, alors que cette discipline est issue de la philosophie et fait intervenir des notions de morale, de religion et de sociologie, notions toutes discutables car sans base scientifique, La sicence est discutable sinon je partage votre point vu. La science a au mieux une deontologie. MAis ici il s'agit en gros de la section bar du forum.
Quant au second message ^^. Je suis stupéfait. Vous m'inquietez.
Dernière modification par fridirick ; 05/08/2012 à 22h21.
-
06/08/2012 - 04h55 Médiat
Re : L'éthique
Bonjour amourabi,
Je ne peux m'empêcher de penser que ce sont des positions éthiques particulières que vous ne cautionnez pas, et c'est votre droit, et ce forum est bien un lieu pour en discuter, et non l'éthique d'une façon générale (je ne vois pas l'intérêt de remplacer le carcan de l'éthique, voire de la morale, voire des croyances, par la dictature d'une science qui deviendrait, ipso facto, absolutiste). La science est peut-être hors de la société telle qu'elle est à un instant donné, mais pas le scientifique.
Avec trop d'inférence de la société dans la science on aboutit à Galilée vs l'église, avec pas assez d'inférence de la société dans la science, on arrive à Mengele, ce qui nous protège de l'un comme de l'autre, c'est justement l'éthique (mais que les règles et les lois éthiques actuelles soient perfectibles, je n'ai aucun doute sur ce point).
J'affirme péremptoirement que toute affirmation péremptoire est fausse -
06/08/2012 - 22h25 baptiste.biaf
Re : L'éthique
 Envoyé par amourabi J
En fait l'étique n'est-elle pas une méthode obscurantiste que nous essayons d'appliquer à la science au nom de principes moraux surranés pour tenter de la contrôler afin de dissimuler la peur que ses découvertes provoque chez certains ? Le terme d’éthique se distingue de celui de morale au sens ou la morale renvoi à un corps constitué de normes alors que l’éthique implique un questionnement sur la norme elle-même et du coup se confronte à l’absence de critères immuables. L’éthique renvoi à des devoirs que l’on a envers soi-même et avec autrui, elle renvoi chacun à sa propre conscience.
Le XX siècle nous a montré que ce qui était techniquement possible n’était pas nécessairement souhaitable pour l’être humain. Sciences et techniques peuvent s’allier pour rationaliser la barbarie tout en les présentant comme des normes morales par rapport à un absolu idéologique. Le questionnement éthique se place dans l’écart entre le possible et le souhaitable, lorsque la puissance d’agir est de plus en plus augmentée par le progrès technologique alors la puissance de la techno-science rend nécessaire le questionnement éthique.
-
08/08/2012 - 14h26 amourabi
Re : L'éthique
Baptiste je vous remercie de votre réponse qui est conforme à la tradition philosophique occidentale. Je signalerai juste qu'il existe autant de conceptions de l'éthique qu'il y a de philosophes, toutes sont intéressantes mais discutées et discutables. Je voudrai quand même vous faire remarquer que la civilisation occidentale ne concerne à peu près que 20 pour cent de la race humaine et que les 80 pour cent restants ne partagent pas du tout nos valeurs " éthiques ". De même les droits de l'homme remontent tout au plus à Rousseau et ce concept est tout aussi étranger au reste de l'humanité. Les musulmans voient l'éthique à travers la charia, les hindouistes et les boudhistes ont une vision du monde radicalement différente de la notre, les chinois privilégient toujours l'intérêt du groupe au détriment de l'intérêt particulier, quand aux africains leur éthique et leur vision du monde est extrêmement variée. Il s'agit bien sûr de raccourcis mais destinés à souligner que notre vision de l'éthique nous est propre et peut difficilement être partagée telle quelle.
C'est la raison pour laquelle je m'interrogeais sur la notion d'éthique appliquée aux sciences, car il s'agit tout au plus d'un voile pudique que les occidentaux interposent entre leurs peurs et la science, d'autres populations dans le monde n'ont pas les mêmes préventions.
-
09/08/2012 - 04h40 Médiat
Re : L'éthique
 Envoyé par amourabi il s'agit tout au plus d'un voile pudique que les occidentaux interposent entre leurs peurs et la science Admettons qu'un médecin demande qu'on livre une centaine de jeunes garçons à son laboratoire, dans le but d'étudier l'impact de la castration sur les cordes vocales, acceptez-vous ou non de les lui livrer ? Dans le cas où vous refuseriez, appeleriez-vous votre refus "un voile pudique" ? Dans le cas où vous accepteriez, pourriez-vous nous dire sur quels critères vous sélectionnerez les enfants ? Parmi les plus pauvres, dédommagés d'une pièce d'argent ?
J'affirme péremptoirement que toute affirmation péremptoire est fausse -
09/08/2012 - 17h00 amourabi
Re : L'éthique
Je ne répondrai surrement pas à cette demande, mais puisque vous parlez de la castration, vous faites peut-être allusion aux castrats largement utilisés du 16 ème au 19 ème siècle en Europe par l'Eglise catholique, les fameuses " voix d'ange " que tous les cardinaux et le pape s'arrachaient pour leurs cérémonies. Alors qu'il me semble que cette église romaine est porteuse d'un message d'amour " aimez vous les uns les autres ". Comme quoi on peut s'arranger avec ce genre de menus détails.
Par exemple actuellement en Chine lors des exécutions capitales par balle, dès le décès du condamné confirmé, les médecins se précipitent pour " récupérer " les organes afin de les envoyer le plus vite possible vers les hôpitaux en attente de greffons. Ethique ?
Cette notion pour être validée doit être partagée par tous, et cela ne peut se faire que par l'acception d'une vision commune de l'humain et de sa finalité. Dans ce domaine la vision occidentale n'est pas majoritaire et de loin.
-
10/08/2012 - 07h15 baptiste.biaf
Re : L'éthique
 Envoyé par amourabi Baptiste je vous remercie de votre réponse qui est conforme à la tradition philosophique occidentale. Je signalerai juste qu'il existe autant de conceptions de l'éthique qu'il y a de philosophes, toutes sont intéressantes mais discutées et discutables. Je voudrai quand même vous faire remarquer que la civilisation occidentale ne concerne à peu près que 20 pour cent de la race humaine et que les 80 pour cent restants ne partagent pas du tout nos valeurs " éthiques ". De même les droits de l'homme remontent tout au plus à Rousseau et ce concept est tout aussi étranger au reste de l'humanité. Les musulmans voient l'éthique à travers la charia, les hindouistes et les boudhistes ont une vision du monde radicalement différente de la notre, les chinois privilégient toujours l'intérêt du groupe au détriment de l'intérêt particulier, quand aux africains leur éthique et leur vision du monde est extrêmement variée. Il s'agit bien sûr de raccourcis mais destinés à souligner que notre vision de l'éthique nous est propre et peut difficilement être partagée telle quelle.
C'est la raison pour laquelle je m'interrogeais sur la notion d'éthique appliquée aux sciences, car il s'agit tout au plus d'un voile pudique que les occidentaux interposent entre leurs peurs et la science, d'autres populations dans le monde n'ont pas les mêmes préventions. Toujours la même confusion entre normes morales et interrogation éthique. Il existe partout, y compris dans le monde occidental judéo-chrétien, des normes morales qui se fondent soit dans les religions soit dans les traditions. Le rappel de Rousseau et de la modernité n'est pas non plus approprié, nous sommes dans la post modernité qui se définit tout autant par opposition à la modernité que par opposition aux traditions. L'homme s'est rendu maître et possesseur de la nature et est devenu sujet privilégié de l'Histoire. La question de l'éthique scientifique en tant quel interroge le pouvoir de l'Humain sur la nature est universelle et se pose dans les mêmes termes pour un scientifique chinois, indien ou occidental. Sans parler de cas théoriques tels que proposés par mediat, la liste est suffisamment longue des questions faisant la une des journaux: réchauffement climatique, nucléaire, clonage humain, utilisations des cellules souches, fin de vie... toutes questions qui impliquent la science en tant qu'instrument de puissance c'est pourquoi l'interrogation éthique quand à l'usage du nucléaire est la même à Fukushima qu'en occident.
-
10/08/2012 - 08h21 Médiat
Re : L'éthique
 Envoyé par amourabi Je ne répondrai surrement pas à cette demande Vous me confirmez donc que cette simple question réfute vos affirmations :
En fait l'étique n'est-elle pas une méthode obscurantiste que nous essayons d'appliquer à la science au nom de principes moraux surranés pour tenter de la contrôler afin de dissimuler la peur que ses découvertes provoque chez certains ?
il s'agit tout au plus d'un voile pudique que les occidentaux interposent entre leurs peurs et la science
CQFD
J'affirme péremptoirement que toute affirmation péremptoire est fausse -
10/08/2012 - 15h02 fridirick
Re : L'éthique
 Envoyé par amourabi Baptiste je vous remercie de votre réponse qui est conforme à la tradition philosophique occidentale. Je signalerai juste qu'il existe autant de conceptions de l'éthique qu'il y a de philosophes, toutes sont intéressantes mais discutées et discutables. Je voudrai quand même vous faire remarquer que la civilisation occidentale ne concerne à peu près que 20 pour cent de la race humaine et que les 80 pour cent restants ne partagent pas du tout nos valeurs " éthiques ". De même les droits de l'homme remontent tout au plus à Rousseau et ce concept est tout aussi étranger au reste de l'humanité. Les musulmans voient l'éthique à travers la charia, les hindouistes et les boudhistes ont une vision du monde radicalement différente de la notre, les chinois privilégient toujours l'intérêt du groupe au détriment de l'intérêt particulier, quand aux africains leur éthique et leur vision du monde est extrêmement variée. Il s'agit bien sûr de raccourcis mais destinés à souligner que notre vision de l'éthique nous est propre et peut difficilement être partagée telle quelle.
C'est la raison pour laquelle je m'interrogeais sur la notion d'éthique appliquée aux sciences, car il s'agit tout au plus d'un voile pudique que les occidentaux interposent entre leurs peurs et la science, d'autres populations dans le monde n'ont pas les mêmes préventions. La science n'est pas un droit mais une pratique.
-
10/08/2012 - 15h19 amourabi
Re : L'éthique
L'utilisation du nucléaire à Fukushima ou ailleurs au Japon ou en Chine ou en Russie n'a jamais donné lieu au moindre débat éthique, les populations ont été mises devant le fait accompli. Ce n'est qu'après une catastrophe que l'on s'interroge, un peu. Le clonage humain fait l'objet de recherches poussées un peu partout dans le monde sous la pression d'états pour qui la notion d'éthique est tout simplement inexistante.
Quand à l'Homme maître de la nature, je vous citerai juste Claude Lévy Strauss " La nature n'est i pour ni contre l'Homme, il lui est totalement indifférent " et ce ne sont pas nos petits tripatouillages qui vont changer quoi que ce soit, elle a quelques centaines de millions d'années d'avance sur nous.
Donc l'éthique complémentaire de la science, oui, mais quelle éthique et basée sur quoi ?
-
10/08/2012 - 16h50 shokin
Re : L'éthique
Il est aussi possible de voir l'éthique comme un art, l'art de gérer les dissonances entre plusieurs sources de motivation, d'essayer de faire cohabiter celles-ci, d'accepter parfois une cohabitation impossible, dans un contexte précis, entre deux sources de motivation.
Les sources de motivation peuvent être : buts (fins), goûts, passions, idéologies, besoins, envies, etc.
Exemple :
1. Deux enfants disposent d'un ordinateur. A un moment donné, l'un veut parcourir Wikipedia alors que l'autre veut jouer aux échecs avec d'autres internautes. Quand ils gèrent ce conflit, avec éventuellement l'aide d'une autre personne, ils font de l'éthique. Ils pourront trouver plusieurs solutions : répartition des périodes ; ensemble sur un même site (s'intéresser à l'autre site) ; etc.
Suivant cette définition, l'éthique n'est alors pas un amas de lois (obligations, interdictions, etc.) et se différencie alors du droit.
Elle ne fait donc pas forcément appel à la philosophie, à quelque religion, au droit. Si deux personnes (ou même une seul personne) n'arrivent pas à faire cohabiter deux sources de motivation ("en elle"), elles pourront recourir éventuellement à la philosophie, à la religion, au droit, mais ne feront plus de l'éthique.  Envoyé par mh34 L'éthique cherche à répondre à la question : "La fin justifie-t-elle les moyens ?" Toujours à partir de la définition que j'ai donnée (éthique en tant qu'art), cette question pourrait avoir comme réponse :
- non, les moyens entre en dissonance avec une autre fin, (il y a conflit entre au moins deux fins, conflit qui pourra être résolu avec certains "moyens", pas avec d'autres "moyens"),
- non, la relation entre moyens et fins n'est pas une relation de justification (A justifierait B donc B serait cause de A). (l'outil peut amener des savoir-faire, mais les savoir-faire peuvent aussi amener à créer des outils ; il peut y avoir une certaine "corrélation" entre moyen et fin, sans que cela implique une relation de cause à effet)
Rappelons-le : la science est un ensemble d'outils et de savoir-faire. Ni la science ni l'éthique ne fait partie des êtres vivants. C'est des êtres vivants que vient l'arbitraire, dont font partie leurs sources de motivation.
Les relations de cause à effet, avérées ou supposées, peuvent contribuer (de manière amalgamée) à nous faire croire en des relations de "justifié" à "justifiant", qui vont peut-être tisser en certaines personnes la croyance en un monde juste ou en une justice naturelle (une sorte de déterminisme moral, mais subjectif).
Nous sommes libres. Wir sind frei. We are free. Somos libres. Siamo liberi. | | |