Je ne suis pas thermicien mais je reste sur mon idée et, si je me trompe, j'aimerais vraiment qu'on m'explique le mécanisme.
J'explique.
Qu'est-ce qui explique le déphasage ? C'est bien l'inertie de l'isolant (inertie très relative en comparaison des éléments "lourds", on est d'accord), c'est-à-dire de sa capacité thermique.
Celle-ci résulte
1) de la conductivité thermique (le fameux coefficient lambda : plus elle est faible, plus la chaleur/froid aura du mal à pénétrer le matériau pour l'échauffer) ;
2) de la chaleur spécifique (la capacité à emmagasiner de la chaleur pour une masse fixe du matériau, c'est-à-dire la quantité de chaleur à apporter pour augmenter de 1°C la température de 1 kg de matériau) ;
3) de la densité.
Cette capacité thermique est très faible pour l'air : 1,25 kJ/m3.°C ; faible pour les isolants industriels (21 pour le polystyrène, 99 pour la laine de verre) ; moyenne pour les isolants fibreux et le liège (300 à 400) ; plus importante pour le bois (1000 à 2000) et la terre sèche (1350) ; importante pour la pierre (2500), très importante pour la plupart des métaux (2500 à 4000) et maximum pour l'eau (4200).
Bref, qu'est-ce qui explique le déphasage et son intérêt pour le confort d'été ?
Début de journée, la surface extérieure de l'isolant commence à s'échauffer, la chaleur pénètre lentement à travers l'isolant et ce peu de chaleur
- s'accumule progressivement dans le cas des isolants "denses", ce qui freine d'autant plus l'arrivée du flux de chaleur à la face interne
- ou ne s'accumule quasiment pas dans le cas des isolants "légers" et le flux de chaleur arrive assez rapidement à la face interne.
Dans les deux cas, à lambda et épaisseur égale, le flux de chaleur qui traverse l'isolant serait in fine le même ce qui explique que le déphasage n'a aucun intérêt dans le cas d'un régime de température extérieure constant (froid nuit et jour comme en hiver ou chaud nuit et jour dans une situation de canicule extrême). L'intérêt du déphasage et de retarder l'arrivée de "la vague".
Fin de journée, l'air extérieur se rafraîchit, le flux de chaleur n'est plus alimenté et progressivement remplacé par un "flux de fraîcheur".
- Dans le cas de l'isolant "dense", la progression sera tout aussi lente, la totalité de l'épaisseur de l'isolant va progressivement se rafraîchir et, à la face intérieure, les variations vont être finalement totalement amorties et lissées.
- Dans le cas de l'isolant "léger", celui-ci va rapidement se rafraîchir et on aura un flux de fraîcheur vers l'intérieur.
Au total :
- isolant dense, les flux de température sont quasiment annulés sur le versant intérieur à cause du temps qu'ils mettent à "percer l'isolant"
- isolant léger, on a une alternance de flux chaud et de flux frais
- dans les deux cas (lambda et épaisseur équivalents), le bilan thermique global sur 24h est équivalent.
Bon, mais l'isolant s'appuie sur une maçonnerie :
A) Isolation par l'intérieur
La maçonnerie a une très grande capacité thermique : elle peut emmagasiner beaucoup de chaleur.
Mais ici la maçonnerie est directement exposée à l'ensoleillement et donc à des apports caloriques très importants. Elle va très vite être "chargée" de chaleur et, dès lors, c'est un flux de chaleur constant qui va la traverser et venir échauffer la partie externe de l'isolant.
On se retrouve donc rapidement dans la situation de l'isolant "pur" décrite ci-dessus avec des différences importantes entre isolant "dense" et isolant "léger" en terme d'amortissement des flux.
B) Isolation par l'extérieur
Ici, c'est l'isolant qui est exposé à l'échauffement par le soleil.
- Isolant dense
On a la situation de "l'isolant pur" : les variations de flux de chaleur sont totalement amorties, la maçonnerie ne va donc de toute façon ni s'échauffer ni se rafraîchir, sa température va rester quasi constante. C'est très bien.
- Isolant léger
Certes, le flux de chaleur va rapidement "percer" l'isolant et venir échauffer la maçonnerie. Mais, après avoir traversé l'isolant,
il s'agit d'un flux très, très faible, sans comparaison avec celui que subirait la maçonnerie directement exposée au soleil.
Vu la capacité thermique de la maçonnerie, elle va sans problème absorber ce faible flux et il y a très peu de chance que sur une journée, elle puisse être "saturée de chaleur" et transmettre le flux calorique à l'intérieur du logement.
Dès que la nuit tombera, le flux de chaleur n'étant plus alimenté, l'isolant va rapidement se rafraîchir, de même que la maçonnerie.
En bref, ce que je veux dire c'est que, dans le cadre d'une isolation extérieure (une vraie, pas 4 cm de polystyrène), les flux caloriques sont tellement amortis et la capacité thermique des murs tellement importantes, que le déphasage apporté par l'isolant n'est pas réellement important et que c'est la combinaison isolant/maçonnerie qui apporte ce déphasage.
Et pour conclure, je ne peux qu'approuver Yoghourt : plus on isole, plus on réduit les flux caloriques et moins le déphasage ou l'inertie sont cruciaux.
Désolé pour ce message à rallonge et merci à ceux qui ont eu le courage d'arriver jusqu'au bout...
On dirait du R17777