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25/07/2012 - 23h57 okert
Seti
Bonjour,
Quel est le niveau d'agrandissement des radiotélescopes ? En principe, les principes sont les mêmes que pour des télescopes optiques.
J'imagine, la portée utile des signaux radio pour se communiquer entre eux dans une civilisation, ne devrait pas être plus que quelques secondes-lumière. Alors, je ne réalise pas comment des télescopes parviendraient à magnifier plusieurs milliards de fois.
A propos, jusque quelle distance, SETI recherche des signaux intelligents ?
Merci.
Dernière modification par okert ; 25/07/2012 à 23h59.
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26/07/2012 - 06h56 f6bes
Re : Seti
Bjr à toi,
Supposons 10 s- lumiére, soit une distance de 300 000 x10= 3 000 000 de kms. (3 millions de kms)
Le Soleil est à...150 Millions de kms de nous..et on le voit à loeil nu !
C'est donc pas qq secondes-lumiére maximum.
Un détail qui t'as échappé, on ne voit PAS ..directement "l'objet"...faut ATTENDRE que la lumiére (et ondes radio)
de "l'objet" soit PARVENU ..jusqu'au télescope...ce qui prends ...un certain temps.
On ne voit PAS.....en direct.
Ex: pour voir le Soleil il faut attendre..8 minutes que l'image de celui çi nous parvienne.
On ne voit qu'en...différé...plus ou moins long.
Bonne journée
Dernière modification par f6bes ; 26/07/2012 à 06h58.
"Bonjour" et "Merci" (pour ceux qui oublient!!) -
26/07/2012 - 07h11 Deedee81
Re : Seti
Salut,  Envoyé par okert Quel est le niveau d'agrandissement des radiotélescopes ? En principe, les principes sont les mêmes que pour des télescopes optiques. Difficile de parler d'agrandissement vu qu'à l'oeil nu on ne capte pas les signaux. La quantité d'énergie reçue est proportionnel à la surface des antennes et la capacité à discriminer deux points dépend de la taille effective (antennes séparées, par exemple) et de la longueur d'onde. £Voir ici par exemple : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_de_r%C3%A9solution  Envoyé par okert J'imagine, la portée utile des signaux radio pour se communiquer entre eux dans une civilisation, ne devrait pas être plus que quelques secondes-lumière. Alors, je ne réalise pas comment des télescopes parviendraient à magnifier plusieurs milliards de fois. On peut capter des signaux extrêmement faibles (pensons au rayonnement fossile = émission thermique d'un corps à -269 degré !)
Tout dépend de l'émission en fait. Avec une émission multidirectionnelle le signal s'affaiblit en 1/r². Pour une émission "normale" il serait illusoire de dépasser quelques dizaines d'années-lumière (et encore, faut que l'émission soit puissante).
Avec une émission directionnelle, ça peut aller très très loin. Mais là, il faut être dans l'axe. Et la probabilité chute avec la distance... en 1/r² aussi.
Et donc :  Envoyé par okert A propos, jusque quelle distance, SETI recherche des signaux intelligents ? Uniquement les étoiles proches. Mais je ne sais pas exactement jusqu'à quelle distance. C'est peut-être indiqué quelque part sur leur site ?
Tout est relatif, et cela seul est absolu. (Auguste Comte) -
26/07/2012 - 07h33 okert
Re : Seti
 Envoyé par f6bes Bjr à toi,
Supposons 10 s- lumiére, soit une distance de 300 000 x10= 3 000 000 de kms. (3 millions de kms)
Le Soleil est à...150 Millions de kms de nous..et on le voit à loeil nu !
C'est donc pas qq secondes-lumiére maximum.
Un détail qui t'as échappé, on ne voit PAS ..directement "l'objet"...faut ATTENDRE que la lumiére (et ondes radio)
de "l'objet" soit PARVENU ..jusqu'au télescope...ce qui prends ...un certain temps.
On ne voit PAS.....en direct.
Ex: pour voir le Soleil il faut attendre..8 minutes que l'image de celui çi nous parvienne.
On ne voit qu'en...différé...plus ou moins long.
Bonne journée Malin, prenons le sens inverse : un signal lumineux humain émis depuis la Terre serait-il visible à la distance du Soleil?? Ton argument reviens à comparer le rayonnement du Soleil à celui d'une lampe de poche. Le raisonnement devrait être le même logiquement selon moi pour les ondes radio. Je ne vois pas pourquoi nous émettrions des ondes radio à intensité, et donc à portée, supérieure à ce qui nous est utile. Bien sûr, dans ce cas le récepteur n'a pas de radiotélescopes, Mais les radiotélescopes peuvent-ils magnifier plus d'un milliard de fois. Les télescopes optiques ne le peuvent - je ne vois pas pourquoi les RADIOtéléscopes le pourraient.
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26/07/2012 - 07h44 f6bes
Re : Seti
Bjr à nouveau,
Un signal émis depuis la Terre, mais QUELLE puissance de ce signal (non dit) .
Nous émettons NOS ondes RADIO pour notre propre compte et certaine se perdent dans les confins de l'univers. (VHF , UHF et audelà)
Bien sur la puissance n'est pas mirobolante, mais néammoins on peut les entendre assez loin.Si j'ai bon souvenir une sonde est hors des
limites du sytéme solaire et est toujours entendue. Ca dépasse LARGEMENT les qq seconde-lumiére.
C'est une lampe de poche et on la "voit" (entends)
A+
"Bonjour" et "Merci" (pour ceux qui oublient!!) -
26/07/2012 - 13h10 snoosha
Re : Seti
 Envoyé par f6bes Bjr à nouveau,
Un signal émis depuis la Terre, mais QUELLE puissance de ce signal (non dit) .
Nous émettons NOS ondes RADIO pour notre propre compte et certaine se perdent dans les confins de l'univers. (VHF , UHF et audelà)
Bien sur la puissance n'est pas mirobolante, mais néammoins on peut les entendre assez loin.Si j'ai bon souvenir une sonde est hors des
limites du sytéme solaire et est toujours entendue. Ca dépasse LARGEMENT les qq seconde-lumiére.
C'est une lampe de poche et on la "voit" (entends)
A+ Bonjour mister vu qu'on arrive à détecter maintenant de plus en plus de planètes telluriques , et que pour la prochaine phase on est en train de sélectionner les planètes proches de notre système solaire pour qu'on puisse d'ici quelques années voir si leur atmosphère permet de détecter des éventuelles traces de vie , et de balayer le mythe "nous sommes seuls dans l'univers" .
C'est quoi le stade suivant ?
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26/07/2012 - 21h14 Geb
Re : Seti
Bonsoir,  Envoyé par okert A propos, jusque quelle distance, SETI recherche des signaux intelligents ? Voir ici : Eavesdropping on Radio Broadcasts from Galactic Civilizations with Upcoming Observatories for Redshifted 21cm Radiation
Les nouveaux observatoires radios qui font l'objet de cette publication sont le Low -Frequency Demonstrator du Mileura Wide-Field Array (MWA-LFD), le Low-Frequency Array (LOFAR) et le Square Kilometer Array (SKA).
Les émissions terrestres les plus puissantes sont émises par les radars militaires vers 400 MHz. Le Ballistic Missile Early Warning System américain (fonctionnant à 425 MHz) est cité dans l'article. L'article estime la "puissance par angle solide" (power per solid angle) à 200 GW.
Comme les observatoires terrestres sont les plus sensibles en dessous de 300 MHz, l'article simule la distance à laquelle la civilisation terrestre (puissance d'émission : 200 GW) peut être détectée en émettant à 200 MHz, avec un temps d'intégration de 1 mois (soit typiquement celui des observatoires en question). Ceci dit, pour la civilisation terrestre, la puissance maximale de nos émissions est, je le rappelle, plutôt autour de ~400 MHz. Cela dit, même si par chance ils émettaient dans l'espace à une fréquence, disons de 200 MHz, on ne pourrait être sensible à une civilisation dont la "luminosité dans le radio" serait équivalente à la Terre...
Les résultats sont 23 parsecs pour le MWA-LFD, environ 50 parsecs pour le LOFAR et environ 200 parsecs pour le SKA. En reprenant la formule en page 4, je trouve environ 180,7 parsecs pour le SKA.
Un parsec est défini comme la distance à laquelle une Unité Astronomique (la distance moyenne entre la Terre et le Soleil) est vue comme un angle d'une seconde d'arc. Un cercle comporte 360 x 60 x 60 = 1296000 secondes d'arc. La circonférence d'un cercle étant de 2 pi fois le rayon, on a finalement un parsec qui correspond à :
1296000 / 2 pi = 206264,8 Unités Astronomiques
L'Unité Astronomique équivaut à 149597870691 +/- 3 mètres, ce qu'on arrondi par convention à 149597871 km. L'année-lumière correspond à la distance parcourue par la lumière dans le vide en une année julienne (365,25 jours). La vitesse de la lumière dans le vide étant de 299792458 m/s (par définition du mètre), une année-lumière correspond exactement à :
365,25 x 24 x 60 x 60 x 299792458 = 9 460 730 472 580 800 mètres.
Un parsec équivaut donc finalement à :
(149597871000 x 1296000) / (2 pi x 9 460 730 472 580 800) = 3,26156 années-lumière environ
Si on regarde les données du RECONS (Research Consortium On Nearby Stars), on a les 100 systèmes stellaires les plus proches dans une sphère de 22,68 a.-l. de rayon autour du Soleil. Ce qui nous fait une moyenne de ~4,9 a.l. de distance entre système.
Cela étant dit, avec le MWA-LFD on a accès (si mes calculs sont exacts) à ~3600 systèmes stellaires jusqu'à 23 pc de distance, ~37000 systèmes avec le LOFAR jusqu'à 50 pc et ~1 740 000 systèmes avec le SKA jusqu'à 180,7 pc.
Pour rappel, l'interféromètre radio Square Kilometer Array (SKA, attendu pour 2024) ferait ~3000 km de diamètre. On pense par exemple à l'Australie pour l'y installer. Difficile de faire plus grand dans un avenir proche.
Hors, dans un rayon de ~600 années-lumière du Soleil, il y a ~1,74 million d'étoiles. Un échantillon aussi faible me pousse à croire que même avec ces moyens fabuleux d'observation, on serait incapable de détecter une civilisation technologique.
Selon le modèle de l'observatoire de Besançon, qui date de 2003, notre Galaxie compte environ 150 milliards d'étoiles.
Pour qu'on puisse détecter quelque chose, cela voudrait dire qu'il y aurait 2 civilisations pour 1,75 millions d'étoiles (en comptant la nôtre). Hors, si le nombre de civilisations technologiques était statistiquement le même dans toute la Galaxie, ça voudrait dire qu'il y aurait, si on ne prend pas en compte l'hypothèse de la zone galactique habitable, ~170.000 civilisations technologiques dans la Voie Lactée !
Frank Drake estime encore le nombre de civilisations à 10000 civilisations pour 100 milliards d'étoiles dans la Galaxie, c'est pourtant le plus optimiste des astronomes encore en vie à ma connaissance... Même en imaginant que l'estimation (je dirais même la croyance) de Frank Drake soit correcte, il nous faudrait un échantillon 15 fois plus grand que celui permis par le SKA pour détecter les émissions des radars militaires (qui sur Terre sont les plus puissantes) d'au moins 1 civilisation extraterrestre si on est aussi optimiste que Drake.
Sauf erreur de ma part, Carl Sagan, décédé en 1996, estimait dans son livre Cosmos un nombre de 8 millions de civilisations extraterrestres, pour 400 milliards d'étoiles dans la Voie Lactée. Il était donc 800 fois plus optimiste que Drake sur la question !
Si Carl Sagan avait raison, dans notre échantillon de 1,75 millions d'étoiles, on devrait détecter environ 35 civilisations extraterrestres avec le SKA. Notre capacité de détection actuelle s'étend jusqu'à 50 parsecs (~160 a.-l.) avec le tout nouveau Low-Frequency Array (LOFAR). Cela représente un échantillon de 37000 étoiles. Même en reprenant le rapport le plus optimiste jamais formulé, c'est-à-dire celui de Carl Sagan, avec 1 civilisation extraterrestre pour 50000 étoiles, il nous faudrait un échantillon de 50000 étoiles pour avoir une chance raisonnable d'en détecter au moins une.
Personnellement, je n'exclue pas l'hypothèse qu'une autre civilisation soit apparue dans la Galaxie d'Andromède. Mais vu la taille que devrait déjà atteindre le SKA (3000 km !), notre compréhension actuelle de la physique semble rendre impossible la détection d'une civilisation extraterrestre de la luminosité de la Terre dans le radio à plus de 2 millions d'années-lumière.
Sauf que la situation est bien pire puisque SETI n'est le propriétaire d'aucun de ces radiotélescopes ! Elle n'a même pas accès à ces données (à ma connaissance) ! Donc, ces moyens sont encore plus limités que ceux du MWA-LFD, dont la portée pour détecter une civilisation dont la puissance d'émission à 200 MHz (là où les détecteurs sont les plus sensibles) est équivalente à la puissance maximale émise de la Terre (par les radars militaires à ~400 MHz). Soit, moins de ~75 a.-l. !
La réponse classique des avocats de SETI à cette objection pointant du doigt nos capacités de détection extrêmement limitées, est du genre : les étoiles de la Galaxie étant en moyenne plus agêes que notre Soleil, les civilisations extraterrestres seraient généralement plus vieilles que la civilisation terrestre, donc plus avancées technologiquement, donc leurs émissions seraient bien plus puissantes. Hors, on sait aujourd'hui que depuis l'invention de la fibre optique à la fin des années 1970, la puissance de nos émissions radios baissent. Donc cet argument (qui était valable à l'âge d'or de SETI, dans les années 1960) ne tient plus. En fait, la puissance des émissions radios d'une civilisation technologiquement avancée pourrait bien être inférieures à la nôtre.
Cordialement.
Dernière modification par Geb ; 26/07/2012 à 21h16.
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26/07/2012 - 22h52 Geb
Re : Seti
 Envoyé par snoosha vu qu'on arrive à détecter maintenant de plus en plus de planètes telluriques , et que pour la prochaine phase on est en train de sélectionner les planètes proches de notre système solaire pour qu'on puisse d'ici quelques années voir si leur atmosphère permet de détecter des éventuelles traces de vie , et de balayer le mythe "nous sommes seuls dans l'univers" .
C'est quoi le stade suivant ? Où as-tu été chercher que l'on sera capable de détecter d'éventuelles traces de vie dans les atmosphères d'exoplanètes telluriques proches de notre système solaire d'ici quelques années ?
Je tiens à préciser qu'il n'est pas du tout question d'observation directe. Le seul moyen d'arriver à analyser la composition atmosphérique d'une exoterre avec l'E-ELT par exemple (l'instrument le plus puissant dont nous disposerons dans un avenir proche) est de faire de l'inversion de spectre avec les planètes détectables en transit (autrement dit, dans la ligne de visée de la Terre).
Problème : le diamètre du miroir primaire de l'E-ELT est réduit de 42 à 39,3 m, ce qui diminue de 12,4% sa surface de collection de lumière.
En date du 14 juin 2011, il était question d'une réduction de sa taille, pour faire passer le budget de 1 275 à 1 055 millions d'euros. Mais pas d'une annulation. Voir ici : Europe Downscales Monster Telescope to Save Money
Le E-ELT aurait en définitive un miroir secondaire de 4,2 mètres, et un miroir primaire de 39,3 mètres au lieu de 5,9 mètres et 42 mètres de diamètre auparavant. La première lumière est maintenant prévue pour 2022.
Cependant, comme dit dans l'article, l'analyse spectroscopique des exoterres devient du coup extrêmement difficile et même pour les étoiles proches...
Astrophysicist Isobel Hook of the University of Oxford in the United Kingdom, who chairs the E-ELT Science Working Group, says that the downscaling "is not disastrous" but that there will be implications for the science. "The ultimate goal of imaging an exoplanet similar to our own Earth might still be feasible," she says, "but it's gonna be extremely difficult, and it will only be possible for nearby stars. The smaller size is disappointing from a scientific point of view, but we need to get on with it now. A further delay would also compromise the science."
La technique dont il est question (l'inversion de spectre) est abordée 3 fois (à ma connaissance) dans les articles de Futura-Sciences : Première analyse de la composition de l'atmosphère d'une exoplanète Du gaz carbonique déctecté dans l'atmosphère d'une exoplanète À nouveau, de la matière organique détectée dans une exoplanète
Pourtant, même un E-ELT de 42 mètres de diamètre aurait eu des capacités d'analyse spectroscopique d'une exoterre extrêmement limitée. La situation est bien pire que pour les ondes radios ! J'en veux pour preuve cette publication scientifique : Characterizing the atmospheres of transiting rocky planets around late type dwarfs
Elle avait pour objectif de calculer le temps de pause total requis pour observer la présence simultanée d'eau, d'ozone (synonyme d'une pression partielle d'oxygène importante) et, soit de méthane, soit de dioxyde de carbone dans l'atmosphère d'une exoplanète.
Les étoiles cibles de l'E-ELT pour mener cette tâche à bien seraient les moins lumineuses : les naines rouges et les naines brunes.
Les données simulées (avec un E-ELT de 42 m) ont pour objet l'analyse spectroscopique de l'atmosphère d'une sœur jumelle de la Terre autour d'une naine rouge de type M4 (température 3100 K) et à une naine brune de type L2 (température 2000 K).
Les simulations suggèrent que pour une étoile de type M4 avec une magnitude apparente égale à 12 dans la bande visible du système photométrique de Johnson, alors H2O, CH4, CO2 et O3, (dans des longueurs d'onde comprises entre 0,9 et 2,4 µm) peuvent être détectées simultanément au bout de 500 à 1000 transits primaires ET secondaires (en les soustrayant par paire). Soit, pour une durée d'observation moyenne par transit estimée à 3 minutes, environ 50 à 100 heures d'observation.
Dans la pratique seul le taux d'H2O dans l'atmosphère terrestre peut varier énormément en 3 minutes de temps. Ceci implique qu'il serait difficile de décontaminer le spectre obtenu en l'état actuel de la technologie. Mais la publication explore des pistes pour permettre de déterminer aussi la présence d'eau dans l'atmosphère des exoterres.
En reprenant les données du RECONS, on observe que l'étoile baptisée l'étoile GJ 268 A, avec une magnitude absolue proche de celle de l'étoile de Barnard (13,12 contre 13,25) dépasse la limite de la magnitude apparente de 12 (avec 12,05) alors qu'elle ne se trouve qu'à 20 années-lumière du Soleil.
La période orbitale d'une telle planète située dans la zone habitable de son étoile est d'environ 1 jour. Il faudrait donc entre 250 et 500 précieuses nuits d'observation à raison de 12 minutes par nuit (une juste avant et une pendant l'éclipse, 2 fois de suite).
La définition de la classe M prend en compte la température de la photosphère qui doit être inférieure à 4000 K et supérieure à 2000 K. La classe M comprend également des étoiles géantes et supergéantes. Les objets de classe M 6.5 et inférieure peut également comprendre des naines brunes qui n'ont pas encore refroidi jusqu'à la classe L et aux classes inférieures (T et Y).
Pour une détection optimale, il faut que la quantité de lumière détectée de l'étoile ne descende pas en-dessous d'un certain niveau. Cette luminosité correspond à une étoile de magnitude apparente égale à 12 au maximum (ou plus brillante), dans le cas de l'E-ELT.
Il me semble également, que la publication que j'ai cité implique que l'étoile parente de l'exoterre a observée n'ait pas de compagnon stellaire. Dans le cas contraire, ce serait défavorable au contraste.
Cela dit, la publication parle d'une température de la photosphère de 3100 K pour le type M4.0. La température de la photosphère de l'étoile de Barnard est, d'après Wikipedia, estimée à 3134 ± 102 K. Hors, la détermination du type spectral n'est pas très précise, et l'étoile de Barnard est parfois classée comme une étoile de type M4.0, parfois comme une étoile de type M3.5.
D'ailleurs, dans l'article de Wikipedia en anglais sur la classification stellaire :
Because the classification sequence predates our understanding that it is a temperature sequence, the placement of a spectrum into a given subtype, such as B3 or A7, depends upon (largely subjective) estimates of the strengths of absorption features in stellar spectra. As a result, these subtypes are not evenly divided into any sort of mathematically representable intervals.
Si on reprend la liste des étoiles les plus proches (que j'ai mis en lien dans mon message précédent) publiée par le RECONS, l'étoile de Barnard (GJ 699), est classée dans cette liste comme une étoile de type M3.5. En définitive, pour que l'E-ELT puisse réaliser une analyse spectroscopique de l'atmosphère d'une exoterre :
- Il faut que son type spectrale soit de M 3.5 ou inférieur.
- Il faut (selon moi) que l'étoile parente n'ait pas de compagnon stellaire,
- Il faut que sa magnitude apparente soit de 12 ou plus brillante,
De ces 108 systèmes stellaires proches, 41 satisfont les deux premiers critères. Parmi ceux-ci, 15 satisfont simultanément les 3 critères requis.
Si ces informations sont exactes, il y aurait eu donc seulement 15 cibles potentielles pour l'ancienne version (de 42 mètres de diamètre) de l'E-ELT.
Et avec celles-là, une (très) petite chance de trouver une exoterre présentant une biosignature dans son spectre (à travers la détection simultanée de H2O, O2, et CH4 ou CO2). A priori, l'E-ELT pourrait faire une analyse spectroscopique sommaire de l'atmosphère d'une sœur jumelle de la Terre autour d'une naine rouge de type M4 jusqu'à cette distance.
Sauf qu'il ne faut pas oublier de prendre en compte le facteur géométrique : l'E-ELT ne pourrait détecter une planète (et donc analyser son atmosphère) que si celle-ci passe devant son étoile quand on l'observe depuis la Terre !
La probabilité d'un transit Ptransit est obtenue par le rapport de l'aire balayée par la planète en transit à l'aire de la sphère de rayon égal au demi-grand axe planétaire :
En simplifiant, il nous reste : Ptransit = rétoile / demi-grand axe de la planète
Donc, la probabilité pour qu'une planète de la taille de la Terre passe devant une étoile de la taille de l'étoile de Barnard, dans la zone habitable dudit système stellaire est de :
136000 / 8850000 = 1,5% environ.
Donc, si 1,5% des planètes (soit 1 sur 60) peuvent être observées en transit autour de ces 15 étoiles naines rouges dans un rayon de moins de 20 a.-l. autour de la Terre, ça voudrait dire qu'aucune analyse spectroscopique d'une exoterre ne pourrait être faite par l'E-ELT.
Le James Webb Space Telescope (JWST) sera bien moins performant que l'E-ELT pour ce genre d'analyses. Des observatoires orbitaux comme le projet d'interféromètre spatial Darwin, ou des projets d'observatoires au sol comme OWL (100 mètres de diamètre), aurait pu être bien plus performants que l'E-ELT, mais ces projets ne sont pas attendus avant 2050... On est loin des quelques années dont parlais snoosha.
Cordialement.
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22/08/2012 - 20h56 alaink
Re : Seti
Bonjour, en regardant une émission sur ce sujet, j'entends que le radio télescope d'Arecibo pourrait "entendre" un téléphone portable sur Jupiter.Un rapide calcul donne un ordre de grandeur pour la sensibilité de ce téléscope:
puissance captée au niveau du téléscope ~ 1W (puissance du portable)/1e12*1e12 (distance terre jupiter en metres)=1e-24W
Maintenant si on inverse le calcul pour déterminer la puissance que devrait avoir l'émetteur "extraterrestre" disons à 50 années lumières, on obtient P ~1e-24*1e16*1e16 =1e8 W
Si on cherche dans à une distance comprise entre 50 et 50 000 années lumières, on obtient une puissance d'émission comprise 0,1 et 10e5 GW
Sait-on émettre des signaux radios de cette puissance? Sinon quel niveau technologique cela implique-t-il?
Je sais qu'on peut atteindre des puissances radiatives dans ces gammes avec des laser à impulsions ultra courtes, mais le système de détection du SETI permet-il de détecter des signaux très courts?
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23/08/2012 - 07h30 f6bes
Re : Seti
Bjr à toi,
Encore faut il SAVOIR "écoute"r les lasers ! Les radiotélescopes ne sont pas conçus pour cela . (laser =ondes TROP courtes pôur eux)
Sur FUTURA:
Le schéma ci-dessous représente les ondes radio vues de la Terre. Entre le bruit galactique dans les basses fréquences et l'absorption due à l'atmosphère dans les hautes fréquences, il ne reste qu'une petite fenêtre comprise entre 1 et 10 GHz.
Les ondes radio vues de la Terre http://www.futura-sciences.com/uploa...757_c6dc9d.jpg
A+
Dernière modification par f6bes ; 23/08/2012 à 07h33.
"Bonjour" et "Merci" (pour ceux qui oublient!!) -
31/08/2012 - 09h53 alaink
Re : Seti
Il existe des lasers "micro-onde" non?
Partons de l'hypothèse d'un signal dans la gamme 1-10Ghz.
L'impulsion la plus courte que l'on peut envoyer à cette fréquence est d'une durée proportionnelle à la période soit entre 0,1 et 2 ns.
L'émetteur devrait envoyer entre 10 000 et 100 000 J en 0,1 à 2 ns pour pouvoir être capté par SETI à cette fréquence.
C'est très puissant non?
Si,pour porter de l'information, l'émission continue dure plus longtemps qu'une simple impulsion , disons 1 s, ça veut dire qu'ils doivent avoir l'équivalent de 6 000 centrales nucléaires alimentant l'émetteur.
Je ne vois pas une civilisation consacrer autant de ressources énergétiques à un projet aussi fumeux...
Dernière modification par alaink ; 31/08/2012 à 09h55.
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31/08/2012 - 10h03 Deedee81
Re : Seti
Salut,  Envoyé par alaink Il existe des lasers "micro-onde" non? Sans entrer plus avant dans la discussion, je confirme juste ceci. Oui : les maser. Le tout premier m/laser fut d'ailleurs un maser (à ammoniac) (et le premier laser dans le visible fut un laser à rubis si je ne me trompe).
Tout est relatif, et cela seul est absolu. (Auguste Comte) -
31/08/2012 - 10h27 ansset
Re : Seti
 Envoyé par Deedee81 Salut,
Sans entrer plus avant dans la discussion, je confirme juste ceci. Oui : les maser. Le tout premier m/laser fut d'ailleurs un maser (à ammoniac) (et le premier laser dans le visible fut un laser à rubis si je ne me trompe). bjr Deedee,
dans ton message précedent tu signalais la différence essentielle entre emission "ciblée" et "omnidirectionnelle".
celà change tout , évidement.
pour l'ecoute, c'est un peu différent, car elles sont obligatoirement directionnelles.
je suis curieux comme tous de savoir ce que sait faire SETI.
celà m'inspire une reflexion.
les sondes voyagers ont environ 35 ans !
c'est peut être long, mais c'est hier aussi.
donc par comparaison , cibler des systèmes jusqu'à +/- 20 AL ( il y en a pas mal ) , c'est déja beaucoup.
à condition que le signal emis soit détectable à cette distance.
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19/09/2012 - 16h38 pseudo*
Re : Seti
bonjour,
Seti peut capter les signaux intérieurs au système solaire et un peu au-delà, en dehors du système le bruit galactique devient trop fort et les signaux se désagrègent en quelques AL. Il serait plus efficace d'apprendre à décrypter les signaux subspatiaux comme ceux produits involontairement au CERN, qui ne sont affectés ni par les distances, principe d'incertitude quantique oblige, ni par le bruit galactique.
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21/09/2012 - 01h51 Tawahi-Kiwi
Re : Seti
 Envoyé par pseudo* Il serait plus efficace d'apprendre à décrypter les signaux subspatiaux comme ceux produits involontairement au CERN, qui ne sont affectés ni par les distances, principe d'incertitude quantique oblige, ni par le bruit galactique.
Salut,
Il serait d'abord sans doute efficace de prouver leur existence, ensuite leur detection et puis apres les decrypter.  Envoyé par Rappel de la charte 6. Ayez une démarche scientifique. Ce forum n'est pas un lieu de discussion sur de soi-disant phénomènes paranormaux ou "sciences" parallèles. Pour la moderation,
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