Une récente étude qui a mis en ébullition le monde viticole affirme que la consommation d'un seul verre de vin par jour augmente de 168 % les risques de cancer (bouche, appareil digestif...)
Est-ce vraiment sérieux et comment peut-on le démontrer ?
168 % par rapport à quoi ? Tous les buveurs de vin et d'alcool en général, depuis les origines, sont-ils morts de cela sans le savoir ?
Quel crédit accorder au fait, également constaté, qu'une consommation très minime d'alcool peut être bénéfique pour la santé ?
Bonsoir,
Je n'ai pas (encore) lu ce rapport mais celui-ci ne parle que du risque de cancer.
Il peut y avoir un bénéfice cardio-vasculaire a certaines doses modérées. Suivant les habitudes et les risques intrinsèques de chacun, telle ou telle pathologie serait le plus a craindre et la consommation d'alcool influera dessus.
Ensuite il faut reprendre les chiffres, 168% d'un petit risque est différent de 168% d'un gros risque.
Merci pour le lien, mais un peu complexe pour un simple curieux. Seule chose à retenir: l'abus est condamnable et la constitution de chacun détermine le risque zéro. Mais ça on le savait déjà.
20/02/2009 - 11h26
Cécile
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Re : Vin et santé
Le fait que l'abus d'alcool soit mauvais, on le sait depuis longtemps. Ce qui est nouveau dans cette étude, me semble-t-il, c'est qu'on s'aperçoit que même à faible dose, l'alcool augmente les risques de cancer.
20/02/2009 - 11h49
GEJI
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Re : Vin et santé
Oui bien sûr, mais comme le dit fort justement Myoper 168 % du risque zéro d'un non buveur ça ne fait pas grand chose et ne mérite même pas d'être mentionné. Et puis risque ne veut pas dire fatalité. Tous nos centenaires actuels ont bu de l'alcool dans leur vie (modérement sans doute).
20/02/2009 - 12h03
invité576543
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Re : Vin et santé
Envoyé par GEJI
le risque zéro.
La notion de risque 0 pour la mortalité humaine n'a pas de sens. Pour le moment, le risque de décès avant 130 ans est très exactement de 100%, donc il y a nécessairement des "causes" de mortalité strictement supérieure à 0%, quoi qu'on fasse.
Les statistiques de risque telles celle citée sont à prendre avec d'énormes pincettes; il faut éplucher très en détail ce que veut dire le chiffre avant d'en tirer une quelconque conclusion.
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Compter des décès est assez idiot quand on y pense un peu. Compter en "années de bonne santé" est bien plus pertinent. Ce qu'on devrait faire c'est dire "tel comportement fait perdre, toutes choses égales par ailleurs, tant d'années de bonne santé par rapport à tel autre comportement". Très rarement fait en France.
J'ai parcouru rapidement cette étude ; ( merci Myoper pour le lien! )
Ce que fait cette étude, c'est informer, pas plus.
Elle démontre que même une consommation faible ( faible pour l'OMS signifie moins de 21 verres par semaine pour un homme et moins de 14 verres par semaine pour une femme) augmente le risque de cancer. Faiblement, mais elle l'augmente.
Comme le dit Michel, le risque zéro n'existe pas.
Après, à chacun de choisir ce qu'il considère comme un risque acceptable pour lui.
Au moins, le choix se fera en connaissance de cause.
20/02/2009 - 20h39
myoper
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Re : Vin et santé
Envoyé par Michel (mmy)
Compter des décès est assez idiot quand on y pense un peu. Compter en "années de bonne santé" est bien plus pertinent. Ce qu'on devrait faire c'est dire "tel comportement fait perdre, toutes choses égales par ailleurs, tant d'années de bonne santé par rapport à tel autre comportement". Très rarement fait en France.
Ni ailleur, on ne sait pas faire, c'est trop complexe. Les facteurs individuels (endogènes et exogènes) qui vont également intervenir sont trop nombreux et souvent non connus a l'avance.
Mais comme on connait les médianes de survie des différent cancers (suivant le stade ou ils sont pris), on peut extrapoler un modèle (de population) avec le risque nouvellement calculé.
Mis a part pour les assurances, je doute que ce serait utile pour l'individu. En effet, on développe, ou pas un cancer (ou telle maladie).
20/02/2009 - 20h47
invité576543
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Re : Vin et santé
Envoyé par myoper
Ni ailleur, on ne sait pas faire, c'est trop complexe.
Il y a des tentatives dans ce sens, d'application encore limitée :
A mon avis de profane, une consommation minime ou même simplement modérée n'est peut-être pas un facteur déclanchant malgré ce taux élevé mais simplement un facteur aggravant en fonction d'autres paramètres (constitution génétique, nourriture, pollution, mauvaise hygiène de vie etc...)
C'est le cas pour tous les facteurs connus, ou presque ; seuls quelques très rares cancers sont d'origine monofactorielle.
Le problème est qu'il y a des facteurs qu'on ne peut pas maitriser au niveau individuel ; génétique, pollution de son environnement, etc...
La consommation d'alcool, chacun peut la maitriser pour soi. Ce qui rend d'autant plus intéressante cette étude d'un point de vue de la santé publique ; elle a des applications pratiques immédiates pour chacun de nous.
21/02/2009 - 09h31
GEJI
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Re : Vin et santé
Ce qui serait intéressant pour son efficacité c'est qu'elle soit comprise dans ce sens, celui dont on vient de discuter. Car à la façon dont les media l'ont présentée j'ai cru moi-même à une blague et des amis viticulteurs y ont carrément vu une nouvelle attaque d'idéologues douteux s'acharnant à les faire disparaitre.
... docteur Michel de Lorgeril, chercheur spécialiste de l'étude des interactions entre la consommation d'alcool et la santé. Celui-ci avait expliqué que « les effets de l'alcool sur la santé sont un sujet extrêmement délicat et complexe qui nécessite beaucoup de compétence et de prudence. Il n'existe pas à ce jour de démonstrations scientifiques absolument intangibles dans un sens positif ou négatif...
Envoyé par Citation
...que l'Inca ait négligé, avec ce nouvel avis très médiatisé, de présenter une analyse globale des relations entre consommation d'alcool et santé, éludant notamment l'impact sur la mortalité et ne distinguant pas le cas spécifique du vin, ses antioxydants et son mode de consommation (consommation quotidienne, aux repas, dans le cadre d'un régime équilibré et riche en folates).
Autant ceci mérite démonstration:
Envoyé par Citation
les personnes qui boivent peuvent continuer à le faire de manière régulière et modérée (0 à 1 verre par jour pour les femmes, 0 à 2 verres pour les hommes), en consommant fruits et légumes quotidiennement. Ce type de consommation n'élève pas le risque global de cancer et apporte un bénéfice net en termes d'espérance de vie.
Les études réalisées n'étant pas toutes concordantes, certaines n'avaient relevées aucun bénéfices et une avait trouvé le même action entre bière et vin (a plus de trois verres...si je me souviens bien).
Ce bénéfice net est très nettement plus sujet a caution que l'augmentation relative du risque de cancer.
Compter des décès est assez idiot quand on y pense un peu. Compter en "années de bonne santé" est bien plus pertinent. Ce qu'on devrait faire c'est dire "tel comportement fait perdre, toutes choses égales par ailleurs, tant d'années de bonne santé par rapport à tel autre comportement". Très rarement fait en France.
Cordialement,
Bonjour,
Ca fait un moment que les "analyses de survie" sont utilisées en épidémiologie...
D'ailleurs il suffit d'utiliser le terme "analyse de survie" avec différents facteurs pour voir ce qui a été fait comme études (ou encore "survival analysis").
L'avantage des analyse de survie (dont le modèle de Cox est un outil) c'est justement qu'elles permettent de prendre en compte les personnes qui arrêtent un suivi pour une autre raison qu'un décès, ou meurent de tout autre chose que ce qu'on étudie.