Bonjour. Je m'appelle Chantal et je suis Docteur en Chimie.
Le virus EBOLA a été détecté en Afrique lors de la tragédie si médiatisée (à juste titre...terrifiant) d'il y a une quinzaine d'années. Le mari d'une de mes collègues scientifiques se trouvait sur place en Afrique à ce moment et a du rester en quarantaine. Non ce n'est pas un virus fabriqué. On a d'ailleurs fait pas mal d'expéditions pour en trouver la source et le ou les animaux vecteurs (on a fouillé la jungle, les marais, les grottes,...). En vain. Pas trouvé ni le virus, ni l'animal vecteur et l'épidémie s'est éteinte. Ce virus n'a pas l'air de se répandre vite et se manifeste probablement périodiquement (il peut ne pas se manifester pendant des années). Il ne faut donc pas paniquer. En connaît-on des cas récemment dans le monde ? Je ne sais pas. Mais on en aurait certainement fait un battage médiatique, comme pour la vache folle (beaucoup trop de bruit pour quelques rarissimes cas) et la peste aviaire. Il y a eu le cas d'une personne en mission en Afrique et revenue dans mon pays porteuse du virus. Ne vous inquiétez pas : l'affaire a été parfaitement gérée et c'est du passé. La personne vit toujours. En ce qui me concerne, je ne colporte pas de faux bruits. Un de mes collègues scientifiques a d'ailleurs isolé le virus...et l'a désactivé (...pas de chance pour les terroristes).
Possède-t-on le virus EBOLA ? Quelques rares institutions en ont, je pense (CDC d'Atlanta,...). D'où vient-il ? De prélèvements qui ont été fait sur les victimes lors de la tragédie en Afrique (sang et organes prélevés et gardés probablement dans de l'azote liquide). Il fallait bien identifier le "monstre" et essayer de trouver un vaccin. Eventuellement aussi les anticorps des survivants de la tragédie (il y en a eus).
Pour les "scénarios terroristes" ou "techno-militaires", il y en a assez dans la littérature (j'en soupçonne certains d'avoir lu un certain roman de Robert Ludlum...qui se passe justement à Fort Detrick...hmmm). Ce n'est pas simple de fabriquer un "porteur de guerre". Ca a été essayé dans un métro japonnais et il n'y a eu que quelques victimes. Le "meilleur" aurait été la peste du Moyen-Âge...si on avait pu "retrouver" cette souche de la peste. Dieu merci, cette souche n'existe plus et le peste actuelle se soigne.
Quant au SIDA, il provient bien aussi d'Afrique. Et il n'y a pas de "noir complot" autour de ce monstre. S'il se répand aussi vite en Afrique, c'est pour plusieurs raisons : d'abord, il vient du Soudan (Ebola-Soudan) et du Zaïre (Ebola-Zaïre; le plus dangereux) et existe peut-être depuis bien longtemps; ensuite, il y a eu (et il y a toujours) beaucoup de dispensaires africains où on a utilisé la même seringue pour pas mal de gens...transmission directe; et la plupart des africains atteints ne prennent aucune précaution sexuelle. Quant au fait de faire des tas d'enfants quand on a le SIDA...sans commentaires.
Le SIDA est difficile a transmettre, comme me le confirment des collègues d'une cellule de lutte contre le SIDA.
J'ai moi-même passé un an dans un labo d'hôpital à faire des analyses de sang de sidéens. Les main nues ou juste avec une dérisoire paire de gants de chirurgie. Je me suis d'ailleurs griffée à une des machines à prélever des échantillons...rien...j'ai eu quand même peur. C'est un mauvais virus pour la guerre, car il ne se transmet que par contact direct et à 37 degrés...enfin...sauf si le virus fait une mutation et devient résistant en dehors de 37 degrés. C'est déjà arrivé ?...Je ne suis pas certaine de la réponse et je m'abstiens donc.
Il n'est d'ailleurs pas besoin de dépenser des milliards à "fabriquer" des virus dangereux : la nature nous apporte actuellement tout un lot de virus, prions, bactéries (pneumonie atypique, grippe aviaire, vache folle,...et certains qui n'ont pas encore reçu de noms).
Comme disait Shakespeare : "il y a plus de mystère sous le ciel, Oratio, que ne pourrait en rêver votre philosophie".
De tels virus sont d'ailleurs peut-être une réponse de la nature contre la surpopulation...et son arme contre son plus grand parasite : l'Homme.