Bonjour et merci pour votre réaction à mon propos

Je vais essayer de clarifier ma position au cas où vous seriez tenté de poursuivre ce dialogue. Pour ce qui de la note introductive au forum, je reconnais que c’est un peu bâclé, avec quelques éléments de ma propre réflexion associés à des commentaires piochés dans un texte de vulgarisation de Penrose. C’est lui qui a lancé la boutade sur Einstein à la pêche. Quant à la comparaison avec Bohr et Einstein, elle relève du constat épistémologique. Et sur ce point, je trouvais assez intéressant ces positionnements, réalisme versus positivisme, quoique ce ne soit pas un domaine réservé au débat Penrose-Hawking vu que Bohm, d’Espagnat, Stapp, Wigner et bien d’autres se sont prononcés sur ces questions.

Ma quête, et je pense que vous l’avez comprise, est métaphysique dans le sens le plus noble du terme, c’est-à-dire visant l’explication du Réel. Juste une remarque, ma présentation de la MQ n’a rien du blabla ou du roman mais, et j’en conviens tout à fait, elle est approximative et ma foi, je dirais qu’il s’agit d’un brouillon de notes épistémologiques. L’enjeu n’est pas insignifiant. La MQ permet d’accéder à une théorie de la Matière et de la Sensibilité et je pense qu’elle servira aussi à élucider les processus fondamentaux de la Vie, celle-ci n’ayant été comprise que superficiellement, selon un paradigme mécaniste-réductionniste. A mon avis, il faut rééditer le geste de Kant et oser une nouvelle esthétique transcendantale. Pour quoi faire ? Pour faire sens je dirais, car la physique a tant donné au savoir qu’elle mérite d’être triturée pour livrer encore plus que ce que la science a pu écrire actuellement.

Donc votre opinion est que la cosmologie quantique et la cosmologie en général n’ont rien à voir avec la question de la conscience. Mon positionnement, autant épistémologique qu’ontologique propose le contraire. L’enjeu et la quête de ma recherche (et je ne suis pas le seul) seraient d’obtenir comme résultat une évidence de la raison qui permette de trancher et de faire que ma position sorte de l’opinion pour devenir un résultat de la pensée. Comment l’argumenter ? Je dirais que la conscience humaine dépend d’un cerveau composé d’éléments cellulaires eux-même composés d’éléments matériels. Il y a la Vie et la Conscience. Pour moi, la théorie de la matière telle qu’elle émerge de la MQ et de la cosmologie (j’ajoute pour être complet la physique statistique) doit être convoquée pour éclaircir, voire expliquer la Vie et la conscience ainsi que la sensibilité (interaction du sujet et de l’objet). Pour ma part, je ne pense pas que des « effets quantiques » puissent expliquer la conscience. La sensibilité oui. D’où la nécessité de clarifier les choses avec une Esthétique.

Après, tout est question de décision. On peu très bien dire que la physique n’a pas à participer à une théorie de la conscience et la restreindre à l’étude des objets matériels, microphysiques pour la MQ, l’univers pour la cosmologie. C’est un choix épistémologique parmi d’autres. On peut très bien enseigner l’Histoire sans aucune référence à la philosophie ou étudier le vivant en ignorant la matière (ce que font 99 % des biologistes).

Pour moi, le réel est fait d’au moins deux champ sinon plus. La partie expérimentale et sensible relève du champ d’expression avec ses événements exprimés. Ensuite, dessous, le véritable champ causal est un champ du Procès, il est le lieu de formation de tous les êtres et de l’Univers. C’est si on veut l’âme des anciens mais revisitée. En fait, je pense qu’il y a quatre champs, en correspondance avec les quatre hypostases de Plotin et les quatre monde de la kaballe (expression, formation, création, ain soph). Bon… je ne veux pas vous embrouiller avec ces considérations métaphysiques, bien que la cosmologie puisse avoir quelques liens avec l’Ame de l’Univers. Une Ame qui je n’en doute pas peut faire l’objet d’une mathématisation mais jusqu’ou ? L’Univers serait substance voire miroir du Sujet.

C’est un peu une question qui m’intrigue, le fait que parmi les trois physiciens candidats à la postérité, les trois soient plus mathématiciens que physiciens au sens où on l’entend. Je me demande, mathématiques : éclaircissement de l’univers ou bien brouillage. Il y a quelque chose que je trouve étrange, sans doute des abus de langages, mais le fait est qu’on peut lire que la mécanique quantique produit le rayonnement du trou noir : «la théorie quantique oblige les trous noir à rayonner et perdre de la masse » dit explicitement Hawking. J’ignorais qu’une théorie purement formelle puisse avoir une influence sur un objet aussi massique qu’un trou noir. C’est certes un abus de langage qui cependant, traduit l’importance des mathématiques pour « visualiser » les objets physiques. Vision claire, brouillée, voilée ?



Maintenant, j’ai deux questions auxquelles vous pouvez répondre.

Quelle est la signification de la perte d’information liée au rayonnement du trou noir ? Est-ce de l’information qui est détruite ou bien qui part dans un autre domaine qui nous est inaccessible ? Et quelle est la nature de l’information ? Est-elle matérielle, liée à l’univers objectif, voire à notre connaissance de l’univers ?

Hawking (La nature de l’espace et du temps, co-écrit avec Penrose, p. 1004, Folio) dit qu’un système quantique « ordinaire » dans un état pur, évolue de manière unitaire vers une successions d’état purs mais que si on considère des trous noirs microscopiques provenant des fluctuations de la métrique, alors il y a perte d’information et apparition d’un mélange statistique d’états. Il y a-t-il alors un lien entre ce phénomène et celui de la décohérence ? Je veux dire la trace d’un lien entre monde quantique et macroscopique, un lien supplémentaire vu que dans la décohérence, il n’y a pas « d’effet métrique »




Merci d’avance et pardon pour ce nouveau texte qui occupera votre temps de cerveau, quoique, ce soit pour une noble cause (clin d’œil à la polémique liée à P Le Lay)