Je me permets de rajouter quelque chose à propos du terme "conditionnement". Pour ma part, je préfère l'éviter, et utiliser le terme "apprentissage associatif" afin de ne pas provoquer de confusion.

En effet, qui dit "conditionnement" dit "réflexe conditionné", or un réflexe est pour moi un comportement inné (par exemple, le mouvement de retrait de la main quand on touche une flamme, avant d'avoir senti la douleur, est un réflexe).
Or, si un comportement est inné, il n'est pas plastique, ne peut être optimisé par un apprentissage. Quoi que l'on fasse, on retirera toujours la main aussi vite d'une flamme, on ne peut pas aller "plus vite" par ce système (et pour cause, l'information est traitée dnas la moelle épinière, et pas le cerveau). D'un point de vue évolutif, l'apprentissage ne sert à rien dans ce cas, car le mouvement est déjà à sa vitesse maximale dès la naissance (ou environ, en tous cas, il se met en place quoi qu'il arrive, indépendemment de l'environnement).

Or dans le cas d'un "conditionnement", on parle bien d'apprentissage, de comportement plastique, qui laisse une bonne part à l'acquis.
D'un point de vue évolutif, l'apprentissage permet d'améliorer la réponse de l'individu à l'environnement, par exemple d'éviter plus rapidement un stimulus négatif, en l'anticipant.

Mon hypothèse est donc que a douleur serait d'un point de vue évolutif peu utile dans le cadre d'un mouvement inné, "par réflexe", puisque justement il n'est pas possible de l'améliorer. Par contre, elle serait un élément permettant l'apprentissage associatif, qui augmenterait ainsi la vitesse de réaction de l'organisme aux stimuli nociceptifs.
C'est pour cela qu'à mon avis, une capacité d'apprentissage associatif pourrait être un indice sur la capacité d'un organisme à ressentir de la douleur (sachant que même le petit C. elegans est capable d'un tel apprentissage...).

Bien sûr, la discussion est ouverte.