Citation Envoyé par FransVing Voir le message
"J'ai lu, dans un numéro déjà ancien de La Recherche, que l'on avait pu localiser, chez l’homme, la zone cérébrale correspondant à la conscience. Par conscience, on entend ici le fait de savoir que l'on existe. Etre conscient de son existence n'empêche nullement de ne pas se rappeler son nom ou ceux des autres, pas plus que d’être handicapé de certaines fonctions cérébrales.
D’autres zones sont depuis un certain temps bien connues : le visuel, l’auditif, mémoires à différents termes, etc. Il sera intéressant, dans le futur, de voir si on retrouve une zone semblable (conscience) chez certains animaux, et les conclusions que l’on pourra en retirer."
Ainsi, le phénomène de conscience correspond bien à l'activité du zone particulière du cerveau.
La chose est bien plus complexe que ce que nous présentent les journaux de vulgarisation.

1)
Concernant les corrélats neuraux de la conscience: une des questions qui se posent maintenant c'est de savoir si il y a des mécanismes dédiés ou bien s'il s'agit de mécanismes distribués.

Concernant la "conscience", les scientifiques se réfèrent aux distinctions de Block.
1-La conscience d'accès (A-consciouseness)
2-La conscience phénoménale (P-conscipuseness)
3-La conscience de monitorage (M-consciouseness)
4-La conscience de soi (S-consciouseness)

La plupart du temps nous nous référons à la 3e définition (P-consciouseness). Or ces distinctions sont essentiellement d'ordre pratique, afin de définir des pistes pour des programmes de recherche, mais il ne s'agit pas en soi d'une définition de la conscience répondant à des résultats expérimentaux. De sorte qu'il n'y a déjà pas réellement de consensus sur ce qu'est la conscience, ni le rapport qu'il y a entre ces différentes distinctions.

3)
Nous n'avons pas encore répondu à la question sur la modélisation computationnelle : est-ce qu'un certaine configuration neuronale peut compter comme une représentation cognitive sans qu'il y ait conscience?

4)
Il y a toutes sortes de phénomènes de dissociation qui entrent en jeux entre:

A. d'un côté:
1- la perception
2- la mémoire
3- l'action

B. de l'autre:
1- l'expérience subjective du sujet de l'expérience
2- les changement dans les stimuli
3- les changements neuraux relatifs au comportement...

Au croisement de chaque élément du groupe A avec un élément du groupe B, il y a un corrélat neural qui nous fait poser des questions sur la véracité des données de l'expérience. Par exemple : la dissociation entre le comportement et ce que dit le sujet, entre ce qui est perçu par le sujet et son comportement, entre le stimuli et la perception,...

Bref, les choses sont beaucoup plus complexe que ce que nous présentent les journaux. Dans la réalité des faits, le fameux "explanatory gap" entre "conscience" (laquelle?) et son corrélat neural reste béant... Ne prenons pas d'emblée pour acquis ce que nous ne faisons encore que découvrir timidement. Concernant la conscience, nous savons que c'est dans le cerveau qu'il faut trouver les réponses mais les réponses, nous sommes encore entrain de le chercher.