Bonjour,
Je pense en effet que les animaux qui ont survécu sont ceux qui
appartenaient à des chaînes alimentaires peu affectées par l'arrêt ou la
réduction de la photosynthèse,causé lui-même par la "poussière" injectée
dans l'atmosphère par l'impact de Chicxulub. Cela veut dire surtout les
chaînes alimentaires fondées sur de la matière organique contenue dans
l'humus et les sols, ou en suspension dans les eaux douces, ou dans la vase
au fond des mers (d'où la survie des petits reptiles et mammifères
terrestres, des vertébrés d'eau douce, des animaux fouisseurs des fonds
marins). En revanche, ceux qui avaient besoin de grandes quantités de
plantes fraîches (dinosaures herbivores) ont dû avoir du mal à subsister (et
ceux qui les mangeaient aussi).
Cela dit, ce scénario rend assez bien compte de ce que l'on observe
quand on examine ce qui subsiste et ce qui disparaît, mais il y a des
"anomalies", plus difficiles à expliquer (disparition des petits dinosaures
théropodes et survie des oiseaux, etc.).
Le monde vivant du Crétacé terminal était aussi complexe que celui
d'aujourd'hui, avec des relations entre espèces qui sont très difficiles à
reconstituer 65 millions d'années plus tard. Il est plus que probable que la
disparition de certaines espèces a provoqué celle d'autres espèces sans que
l'on puisse clairement clairement reconstituer le lien de causalité (il y a
beaucoup d'exemples récents et actuels de telles disparitions en chaîne
plutôt inattendues). Et il y a aussi le rôle du hasard, qui a pu faire
qu'une espèce s'est trouvée plus affectée qu'une autre pour des raisons
géographiques ou autres.
Il faut voir enfin que certains groupes animaux ont peut-être échappé de
très peu à l'extinction totale, et n'ont survécu qu'à partir d'un petit
nombre d'espèces, voire d'individus (cela a été suggéré pour les oiseaux).
Eric buffetaut


