Bonjour,
Il est clair en effet que les fossiles se présentent souvent sous la forme d'accumulations, que l'on peut appeler des sites ou des gisements. Ces concentrations correspondent à des lieux qui ont permis à la fois l'accumulation et la conservation de restes de plantes ou d'animaux. Cela ne correspond pas particulièrement à des différences de densité de population (qui existaient néanmoins). Pourqu'un reste d'organisme soit préservé, il faut des conditions particulières d'enfouissement (rapide de préférence) puis de conservation. Par exemple les anciens bords de fleuves ont souvent conservé des restes de vertébrés fossiles en abondance, parce que lors des crues les sédiments y enfouissaient de nombreux cadavres plus ou moins complets. Toute une branche de la paléontologie (la taphonomie) s'occupe de la fossilisation et de la formation des gisements fossilifères.
Il est difficile de dire quels sont les endroits les plus "riches" en fossiles. On peut en principe trouver des fossiles partout où il y a des roches sédimentaires (ce qui exclut certaines régions du monde, où il n'y en a guère, comme la Finlande, faite surtout de granite). Un point à ne pas perdre de vue est qu'il faut aussi que ces roches soient visibles. D'où la richesse de certains déserts (Gobi, Sahara, etc.): quand il n'y a pas de végétation, on voit évidemment bien les couches géologiques et ce qu'elles contiennent. De ce point de vue, la disparition de beaucoup de carrières de pierre, de sable ou d'argile dans de nombreux pays (dont la France) est très fâcheuse pour la paléontologie, parce qu'elle réduit énormément les chances de découvrir des fossiles.
Eric Buffetaut


