Re bonjour Françoise,
La logique formelle et la linguistique générale (Saussure, Benveniste, Jakobson) font partie de mes centres d'intérêt, sans que je sois pour le moins spécialiste
Le lien que j'entrevoie entre les deux est le suivant:
la logique formelle et la théorie des ensembles ont débouché sur des paradoxes qui ont inspiré le programme de Hilbert, lequel a débouché sur cette entreprise d'élimination de tout signifié intuitif dans le calcul... pour se casser les dents sur les théorèmes d'incomplétude...
A tout le moins cette épopée suggère t'elle que l'algorithme de Saussure doit être renversé (signifiant en haut et non en bas), avec les implications qu'en tire la psychanalyse...
Le langage habituel n'est pas susceptible d'être soumis à un traitement logicien comme en témoigne l'echec de la recherche d'une structure universelle sous jacente à tout langage (cf Umberto Eco "la structure absente")
La mise en évidence des paradoxes et incomplétudes liées à l'autoréférence montre que tout langage capable d'autoréférence est soit paradoxal soit incomplet... soit repose sur un artifice logique (cf Hegel pour faire rire ceux qui en ont bien besoin)
Les effets subjectifs observés chez les spécialistes en langages formels montrent que si c'est dans le signifié que le "moi" croit se reconnaître, il n'en est pas moins pris dans les méandres du signifiant (lequel on le sait n'est pas qu'une étiquette collée sur le signifié, moins encore sur le référent), ce par quoi le "moi" est caractérisé par la méconnaissance ... le signifié serait alors l'effet du signifiant sur un sujet...
L'autonomie du symbolique en sciences formelles n'est pas différente de cette autonomie du signifiant..
Ce qui empêche un système formel de devenir délirant, ce sont les axiomes...
Les axiomes sont l'équivalent de la fonction paternelle en ce qu'elle délimite les impossible du discours du sujet

