En fait, la corruption est certainement infime chez les scientifiques par rapport au monde de l'économie.
Parce que chacun y met généralement toutes ses compétences, en songeant au bien du plus grand nombre.
Par contre, à cause de la somme des connaissances qu'il faut accumuler pour obtenir un point de vue impartial, leur objectivité est sans doute plus limitée.
Je vous donne un exemple provenant de ce que j'ai expérimenté.
La commission européenne a depuis longtemps légiféré sur l'aspect sanitaire des élevages de bovins, et en particulier a insisté à juste titre sur l'asepsie à entretenir sur le matériel de traite.
Pour éviter la pollution des nappes phréatiques, elle a, objectivement, demandé à ce que ces eaux de lavage chlorées (ou acides et nitratées) soient déversées dans le lisier pour être ensuite évacuées.
Puis il a été proposé aux éleveurs de faire paître leur troupeau sur le lisier, dans un système appelé caillebotis-logettes.

Il se trouve que dans certaines fermes, les animaux ont commencé à dépérir. Après plusieurs hypothèses infructueuses, nous nous sommes posé la question de savoir si les lessives n'avaient pas une part de responsabilité dans ce dépérissement.

Eh bien, le remplacement des lessives au chlore le soir (eau de javel bien sûr) et à l'acide nitrique le matin par de l'acide peracétique le soir et de l'hydroxyde de potassium le matin a pratiquement sorti le troupeau d'affaire.

Voilà donc un exemple où la bonne volonté de tous n'est pas en cause, mais où la réglementation péchait par manque de connaissances en chimie.

Ce qu'il nous faut donc, c'est une pluridisciplinarité étendue, mais qui permet l'exploration de toutes les voies, même celles qui paraissent déroger à certains principes, surtout si ces principes sont le fait de disciplines très complexes comme la biologie, le principes de la physique étant par exemple beaucoup plus assurés.