"Faire" de la science : Est-ce éthique ?
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"Faire" de la science : Est-ce éthique ?



Vue hybride

  1. #1
    invite1ab59cc3

    "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Nous parlons beaucoup de l' éthique de la science, en partant du principe que l'activité scientifique est légitime...
    C'est un présupposé qui à d'autre époque, n'était pas recevable...
    Qu'en est-il aujourd'hui ?
    Quels sont les motivations de la science, ses présupposés, son utilité ?
    Avons nous besoin de la science ? L'activité scientifique répond-elle à un idéal ?

  2. #2
    invite309928d4

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Les sciences répondent déjà à un objectif utilitariste : assurer la survie et le confort des humains.

    Elles sont aussi le prolongement naturel de l'activité intellectuelle qui nous conduit à explorer le monde dès l'enfance. Sur ce plan, elles n'ont pas d'autre justificatif que le goût de l'humain (en tout cas de certains...) pour la connaissance.

  3. #3
    invite1ab59cc3

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Les sciences répondent déjà à un objectif utilitariste : Assurer la survie et le confort des humains.
    Si l’on considère les risques inhérents au développement exponentiel de l’activité humaine :
    - Réchauffement planétaire.
    - Appauvrissement de la biodiversité et problèmes écologiques, pollutions.
    - Risque de prolifération nucléaire et risques industriels et écologiques associés à l’activité nucléaire…
    - Risque de manipulation inconsidérée du génome (végétal, animal et humain)
    - Trou dans la couche d’Ozone…
    - Industrialisation sauvage, sur fond de mondialisation...
    - Creusement des inégalités & autres problèmes liés à la mondialisation des échanges…
    N’y a-t-il pas lieu de douter du bien fondé du projet initial ?

    Sur ce plan, elles n'ont pas d'autre justificatif que le goût de l'humain (en tout cas de certains...) pour la connaissance.
    Ce que vous exprimez ici est que l’activité scientifique prend son énergie dans une pulsion exploratoire propre à l’être humain…Ce qui peut-être proprement désigné
    comme « désir » de connaissance…la partie hédoniste du rapport que l’humain entretient avec l’activité exploratoire…
    Cette synergie entre nécessité de survie et désirs associés (confort + connaissance) n’est-elle pas un danger pour l’humanité si l’on considère :

    - Les conséquences néfastes relevants du premier point évoqué.
    - Le fait que la science soit institutionnalisée, et soit en partie dévolue au service d’hommes politiques dont l’activité est vouée à la quête du pouvoir…( Exploitation de la science au service de…)
    - Le fait que la science soit financée en partie par des groupes industriels dont l’activité est vouée à la quête du profit… …( Exploitation de la science au service de…)
    - Le fait que l’activité industrielle et ses développements économiques associés soient pour une très large part découplés du pouvoir politique...
    Tout cela est-il gage de progrès futurs et de développements durables pour l’humanité ?
    Comment dés lors considérer l’idée d’éthique et de responsabilité ? Que maîtrisons-nous dans ce processus ? Cette pulsion exploratoire n’est-elle pas de l’ordre de l’addiction ? Le bien commun est-il le « centre de gravité » de l’activité de ce système complexe ?

    Voulez-vous mon avis ? Je doute…

    Mon opinion est que l’humanité n’est pas maître de son destin, mais « fait face » à son destin qui se révèle au fur et à mesure et révèle le visage de l’humanité…La spécialité humaine c’est de s’adapter…
    Celle-ci s’adapte…Le cloisonnement des activités est la règle, avec les disjonctions ethiques qui en découlent...
    L’intelligence machiavélique des uns exploitant l’intelligence modélisatrice des autres…
    Les produits de la science : Connaissances, technologies, etc.… sont des déterminants de l’histoire humaine, par nature imprévisible…Si prévisions il y a , elle sont partielles, et dans des champs d’application bien spécifiques…

    Voilà...pour l'éthique...d'avantage reflet des modes et des cultures que d'une vision profonde et consciente de l' espèce humaine...

  4. #4
    invitedb5bdc8a

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Mumyo, les risques que tu cites ne sont pas liés à la science.
    Et le risque de ne rien faire ?
    Le risque de se reprendre une épidémie de peste efficace à 70% ?
    Le risque de se retrouver face à une nouvelle maladie parfaitement naturelle mais efficace à 100 %?
    Le risque de se faire pulvériser par un astéroïde ?
    Le risque de refroidissement planétaire ?

    La non industrialisation sauvage pour nourrir une population exponentielle avec de l'agriculture classique ? ...

    Je ne comprends pas ton point de vue.

  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    invite333943ff

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Citation Envoyé par Mumyo
    Voilà...pour l'éthique...d'avantage reflet des modes et des cultures que d'une vision profonde et consciente de l' espèce humaine...
    S'il n'y avait qu'une seule culture pour l'ensemble de l'humanité, la question éthique serait sans doute plus simple à gérer.

    Mais faut faire avec la diversité culturelle. Nous avons besoins d'appliquer notre jugement éthique pour déterminer ce qu'il nous est permit de faire avec nos connaissances; ce qui est permissible dans une culture ne le sera peut-être pas dans une autre culture.

    Mais enfin, l'éthique des sciences n'est-ce-pas aussi, en partie, de rechercher l'action bonne pour le bien du plus grand nombre ?

  7. #6
    invitea6b29f44

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Bonsoir,
    Je tiens aussi à ajouter que la science est neutre, elle n'est ni bonne ni mauvaise : c'est ce que l'on fait de la science qui est bon ou mauvais.
    Le problème est que l'on voue un culte à la science, on veut de l'utilité immédiate, on s'imagine que la réponse à nos problèmes se trouve uniquement dans la science.
    Il y a donc à mon sens deux écueils à éviter. Le premier, comme l'a très bien souligné pi-r2 est de ne rien faire. La seconde est d'accorder trop de pouvoir en la science, de penser uniquement utile et de ne considérer l'éthique que comme secondaire. Pi-r2 montre bien que l'abscence de science peut mener à l'extinction de notre espèce mais une science trop puissante et sans considérations éthiques peut tout aussi mener à notre disparition. Il s'agit de trouver un juste milieu en renforçant les institutions éthiques au sein de la société.
    l'éthique des sciences n'est-ce-pas aussi, en partie, de rechercher l'action bonne pour le bien du plus grand nombre ?
    Je dirais plutôt que l'éthique des sciences est la recherche de l'action la plus juste. Le juste n'étant pas forcemment le bon (encore faut il s'entendre sur les mots).

    ++

  8. #7
    invite1ab59cc3

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    PI-R2,

    Je comprends ton point de vue...Je ne condamne pas la science en tant qu'activité, mais j'évoque les déterminants d'un système dans lequel la science est partie prenante...
    La science de ce point de vue ne peut être considérée comme neutre de mon point de vue...
    J'évoque 3 déterminants formants un systèmes complexe...
    La science, le politique , et l'économique...et des disjonctions éthiques évidentes dans ce triangle...
    Ce qui m'amène à un constat mitigé...

    La non industrialisation sauvage pour nourrir une population exponentielle avec de l'agriculture classique ? ...
    Ton exemple peut aussi donner cela : Dans le cadre de mon triangle incontrôlable :

    Croissance de la population ----> Recherche scientifique pour nourrir cette population croissante ---> Croissance de la population ...etc...au détriment de l'environnement...jusqu'au point de rupture...

  9. #8
    invitedb5bdc8a

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Ce qui me pose problème est de laisser entendre que c'est la recherche scientifique qui serait directement responsable de certaines conséquences que tu évoques.
    L'exemple de ton triangle n'est que la transcription du fait que nous sommes tous dans une seule réalité et que chacun de nos actes a des conséquences dont certaines sont imprévisibles, pouvant aller jusqu'à obtenir un résultat contraire à l'intention (l'enfer est pavé de bonnes intentions).
    Il n'y a pour moi aucune contradiction entre l'économique, le politique, le scientifique. Quand nous avons affaire à des gens cartésiens et honnêtes, il n'y a jamais aucun problème autre que l'imprévisibilité (et encore la compréhension de l'intérêt de la diversité en ce cas est une arme redoutable).
    Il est clair que la science ouvre de nouvelles possibilités. Ces possibilités en tant que telles ne sont pas classables en terme d'éthique. Seule leur éventuelle réalisation est une question d'éthique, mais là ce n'est pas de la science. La science peut encore intervenir pour prévoir les conséquences d'une décision ou de l'autre, mais la décision d'utiliser ou non cette possibilité n'est pas de la science.

  10. #9
    invite2ca586bb

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Citation Envoyé par pi-r2
    Il est clair que la science ouvre de nouvelles possibilités. Ces possibilités en tant que telles ne sont pas classables en terme d'éthique. Seule leur éventuelle réalisation est une question d'éthique, mais là ce n'est pas de la science. La science peut encore intervenir pour prévoir les conséquences d'une décision ou de l'autre, mais la décision d'utiliser ou non cette possibilité n'est pas de la science.
    J'ai une seule question : Pourquoi ?
    Quels sont exactement tes arguments pour dire : "Voila, il existe une limite très claire entre l'éthique et la science, elle passe ici." Qui l'a décidé, cela ? Existe-t-il des Tables de la Loi qui effectuent ce partage ?
    Je ne veux pas paraitre ironique, mais "la science est neutre, ce qui compte c'est l'utilisation de la science", on l'entend tellement, sur tous les tons, j'aimerais bien comprendre une bonne fois d'où ça vient.

    Si moi, par exemple, je te dis : "Mais si, les possibilités que la science ouvre concernent l'éthique, absolument, heureusement ! et on ne voit pas pourquoi elles ne les concerneraient pas", que réponds-tu ?

  11. #10
    invite6c250b59

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Citation Envoyé par actae
    Si moi, par exemple, je te dis : "Mais si, les possibilités que la science ouvre concernent l'éthique, absolument, heureusement ! et on ne voit pas pourquoi elles ne les concerneraient pas", que réponds-tu ?
    Tu te réponds toi-même actae: tu parles des "possibilités que la science ouvre" ce qui est strictement équivalent à "l'utilisation de la science".

    Tu dis donc exactement ce que tu prétends ne pas comprendre: c'est l'utilisation de (les possibilités ouvertes par) la science qui "concernent l'éthique, absolument, heureusement ! et on ne voit pas pourquoi elles ne les concerneraient pas"... et non la science en elle-même.

  12. #11
    invite2ca586bb

    Re : "Faire" de la science : Est-ce éthique ?

    Peut-être faudrait-il alors commencer par dire quelles définitions vous donnez à "la science" et "les applications de la science" ? comment distinguez-vous les deux ?

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