| Re : Effondrement de la plate-forme glaciaire Larsen et réchauffement anthropique
Garteh Marshall vient de me faire parvenir le papier, que je vais imprimer et lire en détail. Pour l'avoir survolé, je suis un peu surpris. L'essentiel de la recherche consiste à rapporter l'évolution de la Péninsule (côte ouest et est) au mode annulaire austral (SAM) surtout en période estivale et automnale. Les auteurs trouvent de bonnes corrélations sur certaines zones, notamment pour les températures et les vents en été (je détaillerai cela, car l'un des points importants, si j'ai bien compris, est que les vents chauds d'ouest parviennent à franchir les barrières montagneuses pour réchauffer les deux côtes).
Mais ce qui est étonnant, c'est qu'il n'y a en fait presque rien dans l'article sur le rapport à l'activité humaine. En tout et pour tout ce paragraphe, qui rappelle que le mode annulaire austral connaît une variabilité naturelle, mais que certains modèles considèrent qu'elle a été forcée par l'activité humaine :
The atmospheric circulation of the Peninsula region has also changed significantly during the last few decades. The principal mode of variability in the Southern Hemisphere (SH) circulation, the SH annular mode (SAM), began a positive phase shift in the mid-1960s (Marshall 2003), which has resulted in increased (reduced) pressures in the SH mid-latitudes (the Antarctic region). The trends in the SAM are statistically significant annually, in autumn and especially in summer (cf. Table 1). Observation-based time series of the SAM indicate similarly high summer values in the early 1960s (Marshall et al. 2004; Jones and Widmann 2004), signifying that natural variability may have played a role in driving these trends. Indeed, recent studies have linked ENSO and SAM variability during the austral summer (Carvalho et al. 2005; L’Heureux and Thompson in press). However, several model studies agree in suggesting that anthropogenic change — through a combination of greenhouse gas increases and ozone depletion — is primarily responsible for this climatic shift (e.g. Kushner et al. 2001; Gillet and Thompson 2003; Marshall et al. 2004; Shindell and Schmidt 2004).
Il semble donc que l'on notait déjà des valeurs estivales aussi hautes (pour les amplitudes SAM) dans les années 1960 (l'anomalie positive dure depuis cette période), mais que les modèles suggèrent une influence anthropogénique sur les tendances plus récentes, à travers le trou dans la couche d'ozone et l'effet de serre. Pourquoi pas, mais l'effet d'annonce du papier paraît un peu disproportionné, car on s'attend à ce que les développements soient centrés sur cette question. Mais l'analyse détaillée est en soi intéressante, je tacherai d'y revenir dès que j'en ai le temps.
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Réchauffement : la science ou le mythe ?
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