| Re : Enjeux des études métallurgique en archéologie
Ce message, rédigé hier soir, va dans le même sens que celui de Fylgia :
Quand on parle d'études métallurgiques il s'agit moins, à mon sens, de l'étude des matériels métalliques (typologie, répartition etc.) que de la composition des alliages, de leur provenance, de celle des minerais, et des processus d'élaboration de ces alliages, de fabrication des objets eux-mêmes et de la circulation de l'ensemble de ces produits, semi-finis ou finis.
Les problèmes sont assez différents pour le bronze et pour le fer.
On le sait la diffusion de la métallurgie du bronze a entrainé la création de vastes circuits commerciaux entre les sources d'approvisionnement en minerais, étain et cuivre, et les zones de transformation et d'utilisation. Ces circuits aux longs cours se substituaient à ceux du silex et de l'obsidienne par exemple et ont profondément transformé la géographie politique et culturelle de l'Europe et de la Méditerrannée.
Par ailleurs nombre d'objets en bronze proviennent de la refonte de matériels antérieurs comme en témoignent les nombreuses cachettes ou dépots de fondeurs. il est dès lors hasardeux de tirer de la composition des alliages des conclusions sur leur provenance surtout lorsqu'il s'agit de petits matériels.
Ainsi l'importance du bronze tient autant aux conditions de son apparition et de sa diffusion qu'à la qualité des outils ou des armes qu'il permetttait de fabriquer.
Il en est de même du fer.
Les sources de minerais en sont beaucoup plus importantes et moins rares. On assiste donc, dès lors que les températures nécessaires sont maîtrisées, à l'apparition d'une sidérurgie largement répartie et que nous dirions "décentralisée". Par ailleurs, si les circuits liés au commerce du bronze ne disparaissent pas, ils n'ont plus la même importance, vitale, que par le passé. Avec une mise en oeuvre plus aisée, nécessitant plus de force et d'habileté que de savoir faire, le forgeron,fabricant le soc, la hache ou l'épée, s'installe définitivement au milieu du village, tel que nous le présente les gravures du Val Camonica. Partout on trouve ces scories, de forge plus que de fonte de minerais, qui témoignent de son activité. Si les objets usagés ou brisés sont récupérés, ils le sont vraisemblablement sur place pour la fabrication d'objets plus petits ou plus minces.
La matière première, le fer, provenant de centres de production plus importants, circule également sur des longues distances sous la forme de lingots-barres.
Ce sont tous ces changements, plus encore que la proximité de l'écriture, que l'on appelle la protohistoire et qui en font tout l'intérêt.
A bientôt
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