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Vieux 17/05/2007, 18h53   Sujet TCC et psychanalyse - Message #1
Magouille
 
Date d'inscription: mars 2007
Messages: 18
TCC et psychanalyse
Bonjour, j’entends souvent parler d’une polémique entre les tenants des TCC et ceux de la psychanalyse. Cette polémique repose-t-elle sur des intérêts économiques, des divergences idéologiques, scientifiques… ? Quelqu’un aurait-il l’amabilité de m’informer clairement et en détail de la nature de cette polémique.

Merci d’avance.
Magouille est déconnecté   Réponse avec citation
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Vieux 17/05/2007, 22h05   Sujet TCC et psychanalyse - Message #2
caribou.volant
 
Date d'inscription: janvier 2007
Âge: 22
Messages: 91
Re : TCC et psychanalyse
Citation:
Posté par Magouille Voir le message
Bonjour, j’entends souvent parler d’une polémique entre les tenants des TCC et ceux de la psychanalyse. Cette polémique repose-t-elle sur des intérêts économiques, des divergences idéologiques, scientifiques… ? Quelqu’un aurait-il l’amabilité de m’informer clairement et en détail de la nature de cette polémique.

Merci d’avance.

Salut, je ne sais pas vraiment , disons que les divergences résultent dans la méthode et dans l'intervention du medecin dans la relation avec son patient. Et puis la psychanalyse c'est un domaine particulier "instance, topique" tandis que les tcc est une spécialité de la psychologie qui est basé sur un raisonnement scientifique..
caribou.volant est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 18/05/2007, 16h00   Sujet TCC et psychanalyse - Message #3
Résilient
 
Date d'inscription: décembre 2006
Localisation: Entre l'étoile et l'utopie
Âge: 27
Messages: 217
Re : TCC et psychanalyse
Salut,
Pour te répondre brièvement parce qu'on pourrais discourir des heures la dessus.

Les TCC sont une méthode inspirée de la théorie de l'apprentissage, le but des TCC est de guérir, non pas en traitant les causes de la maladie mais en apprenant au patient à les vaincre, en le "rééduquant" en quelque sorte.

A contrario l'objectif de la psychanalyse n'est pas de guérir mais de soigner et la discipline se fonde sur les causes des maladies, elle en cherche les sous-bassements inconscients qui seraient à même de venir expliquer l'état actuel du patient.

Les TCC sont en adéquation avec la demande sociale du monde en perpétuelle mutation dans lequel on vit, il faut être performant et ce rapidement, et les TCC sont en quelque sorte la pour cà.
Ils sont particulièrement indiqués dans les phobies simples, le syndrome de stress post traumatique etc.

Ils ne fonctionnent que très peu dans les pathologies plus lourdes telles que les psychoses et autres troubles sévères de la personnalité.

Les dissensions qui existent entre les deux méthodes viennent du fait essentiel que pour la psychanalyse, guérir le symptôme n'a pas de sens , car celui ci se déplacera sur autre chose et reviendra gêner la vie du patient.
Tandis que la TCC sert à guérir le symptôme, elle ne cherche pas la cause, mais à modifier l'état actuel du patient.
__________________
L'enfer est vide, tous les démons sont ici.
Résilient est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 18/05/2007, 17h16   Sujet TCC et psychanalyse - Message #4
[PSO]Fabrice.g
 
Date d'inscription: septembre 2004
Localisation: Chambéry
Âge: 30
Messages: 406
Re : TCC et psychanalyse
J'aime bien la réponse de Résilient. Cette dernière est typique des psychanalystes.

Les points de cette réponse sur lesquels je ne suis pas d'accord, c'est sur le fait que les TCC guérissent uniquement les symptômes, alors que la psychanalyse, elle, guérit les causes. En fait, la plus grande différence réside dans le fait que la psychanalyse repose sur l'idée que toute maladie (voire tout comportement) a des causes inconscientes issues de la vie du sujet. Les TCC considèrent que, n'ayant pas la preuve de l'existence de cet inconscient comme réservoir pulsionnel, il est possible de se passer de ces considérations théoriques. Etant donné l'état des connaissances actuelles, personne n'a été en mesure aujourd'hui de prouver l'existence de l'inconscient (tel que défini par la psychanalyse). Ce concept d'inconscient est d'ailleurs complètement infalsifiable, ce qui fait que la psychanalyse ne peut pas être considérée comme une théorie scientifique (cf. les travaux de Karl Popper sur le sujet). Donc, selon ce point de vue, la psychanalyse cherche a guérir en s'attaquant à des causes dont on ne peut même pas avérer l'existence.

L'évaluation des pratiques thérapeutiques en psychologie faite par l'INSERM à la demande du ministère de la santé (parce que, même si la dictature des psychanalystes en France a amener le ministère à retirer ce rapport, il faut quand même se rappeler qu'il existe) montre qu'il est tout à fait possible guérir un certain nombre de pathologies avec les TCC, de façon plus efficace qu'avec la psychanalyse(1). Les TCC ont une meilleure efficacité, selon cette évaluation, que la psychanalyse pour l'ensemble des troubles étudiés, exceptés les troubles de la personnalité. D'ailleurs, la psychanalyse a disparu des pratiques thérapeutiques dans la plupart des pays du monde. Restent fidèles à la psychanalyse, la France, et certains pays d'Amérique du Sud.

Donc, d'un coté, on a une approche des troubles psychologiques qui se fonde sur l'existence de pulsions, le mythe de l'inconscient, et l'idée de topiques, et, d'un autre coté, une approche plus parcimonieuse, qui ne se fonde pas sur un concept d'inconscient indémontrable et infalsifiable, et qui s'avère d'une efficacité supérieure dans le traitement de la plupart des pathologies.

Comme quoi, il est possible de donner une vision "un peu" biaisée de la différence entre psychanalyse et TCC, dans les deux sens.

(1) A noter ici que les psychanalystes s'opposent à ce rapport pour une raison assez drôle. D'après les psychanalystes, on ne peut pas évaluer l'efficacité d'une thérapie en "mesurant" la disparition des symptômes d'une maladie. Résilient le dit d'ailleurs, puisque la psychanalyse suppose que "guérir le symptôme n'a pas de sens , car celui ci se déplacera sur autre chose et reviendra gêner la vie du patient", ce qui n'a pas non plus été avéré. Il est donc facile de dire qu'une thérapie (la psychanalyse) est meilleure qu'une autre (les TCC) si on suppose également qu'il est impossible d'évaluer objectivement les résultats de cette thérapie. D'ailleurs pourquoi la psychanalyse pourrait s'émanciper d'une évaluation qui pourtant fonctionne avec les pathologies qui ne sont pas des pathologies mentales.
[PSO]Fabrice.g est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 18/05/2007, 17h37   Sujet TCC et psychanalyse - Message #5
(PSO)Clémentine
 
Date d'inscription: septembre 2005
Âge: 26
Messages: 336
Re : TCC et psychanalyse
Pour faire le médiateur des 2 derniers messages, je dirais ceci:

les TCC et la psychanalyse se battent pour des raisons théoriques d'abord. Ces thérapies sont fondées sur des conceptions opposés de l'inconscient, l'un étant dynamique, l'autre étant cognitif, l'un difficilement modifiable si ce n'est par un long travail de connaissance de soi, l'autre facilement reconfigurable par un travail méthodique.
La seconde divergence théorique découlant de ces conceptions opposées de l'inconscient concerne le symptôme. Le symptôme en psychanalyse est l'expression maquillée d'un refoulement sur le retour. La symptôme en TCC est l'expression d'une association indésirable entre une situation anxiogène/traumatique et un comportement/pensée/affect.
Il y a donc des points de vue différents sur la façon de soigner. Il faut dans les 2 cas agir sur la cause: le contenu refoulé pour la psychanalyse, l'association indésirable pour les TCC. Mais les moyens mis en oeuvre sont différents.
L'une passera par une longue introspection, l'autre par une "déprogrammation et reprogrammation".

La psychanalyse reproche aux TCC de ne faire que soigner le symptôme sans en traiter la cause, ce qui n'est pas vrai, selon ce que l'on considère comme la cause... De plus, la TCC ne se cantonne pas au symptôme "explicite". Afin de faire un travail correct, le thérapeute devra investiguer au delà du symptôme explicite afin de dresser un tableau clinique complet, ce qui permettra d'aller assez loin dans le travail thérapeutique.
La psychanalyse reproche donc aux TCC de favoriser un déplacement du symptôme, si la cause est toujours présente. Mais il n'a pas été clairement mis en évidence aucun déplacement de symptôme...

Les TCC reprochent à la psychanalyse d'être non-scientifique, longue, onéreuse, et à l'efficacité douteuse...

Mais j'ai un parti-pris et ne suis pas experte en la matière... Certains pourraient surement mieux expliquer tout ça...

Voir par exemple les livres de Jean Cottraux, spécialiste des TCC en France:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cottraux
__________________
Quoi!? Z'avez plus de jus de goyave!? Bah euh, chais pas... papaye alors?
(PSO)Clémentine est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 18/05/2007, 20h42   Sujet TCC et psychanalyse - Message #6
Magouille
 
Date d'inscription: mars 2007
Messages: 18
Re : TCC et psychanalyse
Bonjour, j’ai entendu parler du retrait du rapport de l’INSERM sur l’évaluation des pratiques thérapeutiques en psychologie, pourquoi et comment a-t-il donc été retiré ? Est-il accessible quelque part ?
Quelqu’un a-t-il réussi à le lire et pourrait nous parler de son contenu plus en détail (les informations sur l’efficacité d’éventuelles autres méthodes que TCC et psychanalyse m’intéressent également) ?

En outre où puis-je trouver une étude sérieuse qui valide ou invalide l’existence du déplacement de symptôme ?

Merci.
Magouille est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 18/05/2007, 22h56   Sujet TCC et psychanalyse - Message #7
romainpsycho
 
Date d'inscription: janvier 2007
Âge: 22
Messages: 79
Re : TCC et psychanalyse
Ola il ne faut pas etre naif dans cette forte polémique.. pour dire vrai les enjeux sont assé énorme , économique idéologique et meme éthique...

Il est vrai que la Psychanalyse connait un vrai succés en France, la ou dans d'autre pays il a disparut, les forte personnalités de Lacan ou encore Dolto la font survivre..

IL faut savoir que le fameux rapport de l'Inserm si il aurait été sortie aurait mené à la perte tous les psychanalyste à la faillite, car sur un certain nombre de thérapies elle est considérée comme une des moins efficaces quel que soit les pathologies.. (les pathologies lourdes à vrai dire , donnant peu de bon résultats quel que soit l'approche)
Les TCC ont du mal à contrario à s"imposer dans le monde des soins psychologiques, peu de gens la connaisse, et le fameux Rapport lui donnant de bon résultat l'aurait beaucoup aidé sur ce point.

De plus sur le plan méthodologique, les TCC sont scientifiquement reconnu tandis que la psychanalyse repose plus sur des croyances ....


Malheuresement dans cette confrontation si dur, il y aurait du bon a chercher à associer ces 2 méthodes, donner plus d'humain au TCC, et faire évoluer la psychanalyse...

Des courants tel que la neuropsychanalyse cherche à moderniser ... à voir !
romainpsycho est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 19/05/2007, 09h51   Sujet TCC et psychanalyse - Message #8
fredj
 
Date d'inscription: juin 2004
Messages: 63
Re : TCC et psychanalyse
Bonjour.
Je crois qu'on peut voir ce conflit à plusieurs niveaux, avec leurs propres logiques. Il y a d'abord une lutte pour la reconnaissance institutionnelle : au niveau de l'enseignement universitaire, parce qu'il semble que selon la fac de psycho considérée, le discours dominant ne sera pas le même (scientifique ou psychanalytique), et au niveau des pouvoirs publics de la santé. L'évolution de la législation pourrait fragiliser le statut des psychanalystes qui, pour beaucoup, ne sont ni psychologues ni medecins. Les lobbys s'exercent à de haut niveaux, et les médias jouent leur plein rôle de relais, les psychanalystes ayant meilleure presse. D'où les attaques virulentes des partisans d'une psychologie scientifique (cf Le livre noir...)

Au niveau de la pratique, je suis d'accord avec certains sur la complémentarité possible entre TCC et psychanalyse. Les approches dites "intégratives" prennent cela en compte. Mais il y a néanmoins des désaccords profonds, pas seulement théoriques parce que même la psychologie scientifique en est à ses balbutiements, mais avant tout philosophiques.

Il est question là de la vision de l'être humain et de la place accordée au symptôme. Pour la psychologie scientifique, le symptôme est un dysfonctionnement, que l'on peut réparer. Cela rejoint la vision qui prévalait avant Freud, à l'époque du "traitement moral de la folie".
Dans la vison psychodynamique, on considère avant tout le symptôme comme une tentative (plus ou moins réussie) de guérison du sujet par lui-même. C'est à dire que dans cette forme d'adaptation, il y a une réelle richesse, et que l'expression de cette richesse (le difficie travail d'adaptation de la personne à la réalité) a aussi à voir avec bien des activités "normales" comme la créativité.
Donner une place pour que la personne puisse prendre du recul sur son symptôme, c'est à dire non pas le "guérir" mais le transformer, c'est l'ambition de la psychanalyse.

Ensuite, on peut se poser la question des moyens, ce qu'on appelle le cadre thérapeuthique. On se focalise ici sur la psychanalyse parce qu'en France, c'est une institution très visible, mais d'autres courants thérapeuthiques se sont inspirés de cette vision de l'homme, notamment la psychologie humaniste, avec des variantes notables.

Dernière modification par fredj 19/05/2007 à 09h55.
fredj est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 12/06/2007, 07h31   Sujet TCC et psychanalyse - Message #9
Aguillon
 
Date d'inscription: mai 2007
Localisation: Provence
Âge: 60
Messages: 21
Re : TCC et psychanalyse
Bonjour !
J'aimerais savoir si les tenants des TCC sont arrivés à une conception générale sur la nature et le fonctionnement de l'esprit humain, susceptible de remplacer (ou de compléter ?)celle de la psychanalyse (topiques, refoulement, conscientisation...etc)...

Ainsi que leur avis sur :
-L'inconscient (s'il est une réalité "scientifique" ou pas, son rôle pathogène, le sens et rôle du refoulement -et déjà s'il est réel-... ).
-Si une interaction des données psychiques (au niveau du symbolique -des pensées en tant que pensées-) est reconnue (ou est-ce qu'on n'y reconnaît-on qu'une interaction à un niveau physico-chimique.)
-Considère-t-on que les différentes instances psychiques (moi, surmoi, ça...) correspondent à une "certaine" réalité ?
-Qu'y pense-t-on de la prééminence accordée par la psychanalyse au "sexuel" dans l'ensemble de la psyché et des comportements humains ?
D'avance merci, si quelqu'un peut m'éclairer.
Cordialement.
Aguillon est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 12/06/2007, 20h28   Sujet TCC et psychanalyse - Message #10
Cyrille999
 
Date d'inscription: novembre 2004
Localisation: Puteaux
Messages: 236
Re : TCC et psychanalyse
Citation:
Posté par Aguillon Voir le message
Bonjour !
J'aimerais savoir si les tenants des TCC sont arrivés à une conception générale sur la nature et le fonctionnement de l'esprit humain, susceptible de remplacer (ou de compléter ?)celle de la psychanalyse (topiques, refoulement, conscientisation...etc)...

Ainsi que leur avis sur :

Des modèles, oui, mais très différents du modèle psychodynamique de Freud.

Citation:
Posté par Aguillon Voir le message
-L'inconscient (s'il est une réalité "scientifique" ou pas, son rôle pathogène, le sens et rôle du refoulement -et déjà s'il est réel-... ).

L'inconscient est une réalité scientifique...Mais plutôt du point de vue cognitif (informations détectées en dessous du seuil de vigilance par exemple)
- Refoulement inconnu...

Citation:
Posté par Aguillon Voir le message
-Si une interaction des données psychiques (au niveau du symbolique -des pensées en tant que pensées-) est reconnue (ou est-ce qu'on n'y reconnaît-on qu'une interaction à un niveau physico-chimique.)

Les modèles TCC ne s'occupent pas de ces niveaux, même si il est implicite pour eux (beaucoup sont médecins....)

Citation:
Posté par Aguillon Voir le message
-Considère-t-on que les différentes instances psychiques (moi, surmoi, ça...) correspondent à une "certaine" réalité ?

Aucune réalité, du point de vue scientifique...

Citation:
Posté par Aguillon Voir le message
-Qu'y pense-t-on de la prééminence accordée par la psychanalyse au "sexuel" dans l'ensemble de la psyché et des comportements humains ?
D'avance merci, si quelqu'un peut m'éclairer.
Cordialement.

Je pense que c'est "la grande erreur" de Freud; Beaucoup de "disciples" d'ailleurs ne lui accordaient pas l'importance que celui-ci attribuait à la libido...

Maintenant, pour se faire une idée, il faut replonger dans Freud dans le texte, beaucoup de concepts ont été vulgarisés, donc simplifiés, alors que Freud a fait évolué sa pensée, mais, pour certains thèmes, ne les a pas réorganisé...

Il faut savoir, que pour la psychanalyse, aucun psychanalyse (à ma connaissance actuelle, n'hésitez pas à me corriger et donner des sources !) n'a modélisé un lien entre instances topologiques (ça et cie) et le cerveau ou des liens entre le fonctionnement des modes de défense et d'éventuels structures.

Dans ce cas là, il n'est pas possible de tester scientifiquement la psychanalyse; On peut le regretter, mais c'est ainsi.

Cyrille
Cyrille999 est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 06/07/2007, 08h59   Sujet TCC et psychanalyse - Message #11
Aguillon
 
Date d'inscription: mai 2007
Localisation: Provence
Âge: 60
Messages: 21
Re : TCC et psychanalyse
Il y a près d'un mois, dès la réception de votre réponse, je vous faisais une longue réponse à mon tour, et paff ! une saute de courant et tout partait au oubliettes !
Depuis : hésitations...
Mais je me décide ce matin.
Petite précision : en psychanalyse, je ne suis rien ! ni psychanalyste ni …psychanalysé !

Et je dois pourtant vous dire que c’est la lecture de ces théories qui m'a permis de comprendre (je crois) bien de choses sur nos comportements –humains- (qui auparavant m’échappaient totalement).
Peut-être est-ce aussi une question d'âge ? Je me souviens, (alors étudiant en philosophie ds les années 60 ) d'avoir pensé (naïvement ?) ne pas avoir d'inconscient !... (MOI !!!)
Il aura suffit d'un choc ? D'une lecture ? A un certain moment favorable ? Pour comprendre que sans aller jusqu'à dire que nous ne maîtrisons absolument rien, bien souvent nos (vraies ?) motivations nous échappent.
Certes, on peut tout justifier (et son contraire) par l’inconscient !
(Qui veut trop prouver prouve rien, et trop de sens tue le sens...)
Mais faut-il tout balayer d’un revers de manche (géométriquement) ou tenter d’aller vers plus de subtilité dans ses réflexions (finement) ?
Il se pourrait bien que d’un point de vue thérapeutique la psychanalyse soit peu efficace. Des dizaines d’années de cure, c’est en soi aberrant.
Inefficacité peut-être parce que tout repose sur le principe que le retour dans le conscient des événements traumatiques est guérison. Alors qu’il pourrait n’être qu’un premier élément, (la prise de conscience d’un traumatisme ne pouvant faire que ce traumatisme n’ait pas eu lieu, et que donc, des hypothétiques « structures de réponse » n’aient pas été mises en place et même profondément ancrées (physiologiquement) dans notre esprit).
Les TCC peuvent alors prendre le relai !
Il n’empêche que l’inconscient n’est pas simplement ce qui n’est pas conscient (Freud parle je crois dans ce cas de préconscient) et qu’une certaine « volonté » de l’inconscient est à l’œuvre. Le sens commun dit bien de ce qui gène qu’« on ne veut pas le savoir »...
On pourrait parler de deux inconscients : le premier, structurel, centre des « pulsions » instinctives, (cerveau reptilien ? ca ?), et le second plus événementiel (le refoulé ?).
Les maladies psychosomatiques tendraient à prouver surtout les effets du second ( ?)… Pour le premier, les seuls instincts (ou désirs) sexuels dont la « finalité » est à l’évidence la reproduction, alors que les deux n’ont aucun lien objectifs constituent une bonne preuve. (Je veux dire que les désirs sexuels tels que nous les ressentons n’ont aucun rapport de sens avec la reproduction biologique.)
Ce qui me permet d’en venir à ce que vous appelez la grande erreur de Freud, à savoir « le tout sexuel »…
Je pense que la grande erreur est plutôt du côté de ceux qui nient ce « tout sexuel ».
Je sais : c’est difficile à admettre ! Et l’on ressent comme une espèce de réduction de notre condition à accepter cette hégémonie. Sans doute Freud a-t-il joué sur l’aspect scandaleux de la sexualité.
Effaçons-le donc ! Et ne parlons plus de sexualité mais de reproduction ! C’est la même chose et ça nous choquera moins !
Les biologistes (très scientifiquement) en sont bien arrivés à cette conclusion que « la vie, c’est la reproduction ». Pas de reproduction, pas de vie, plus de reproduction, plus de vie. Même si nous devons nous faire à l’idée que n’étant plus des amibes (parthénogénèse) notre reproduction à nous passe nécessairement par la sexualité…. Mais encore, c’est un détail : pensons reproduction et pas plus !

Représentez vous donc ce tableau panoramique : si la vie est apparue voici quelques 4 milliards d’années, dites-vous bien que chacun de nous est le dernier maillon (momentané) d’une chaîne ininterrompue de reproductions pendant ces 4 milliards d’années ! Et vous voudriez que ce principe de reproduction -- cette prédominance du sexuel -- soit peu de chose ?

Il me semble au contraire que pour que cette affaire ait marché si bien et marche encore, il est indispensable qu’une préférence absolue ait été donnée et le soit encore systématiquement (au cours de l’évolution) non seulement à tout comportements et toute activités qui n’empêche pas cette reproduction, mais qui la favorise.
Pour appuyer cette idée je ne citerai que le domaine du sport, ou il n’est question le plus souvent que de mettre une balle dans un panier, une cage, etc. ou encore le principe des courses où il faut arriver le premier (ça c’est le QI du spermatozoïde !) : tout se passe comme si notre esprit était « formaté » de telle sorte qu’il ne puisse guère sortir de ce principe de la reproduction, quand ce ne serait que sous forme parodique, ou symbolique.

Le résultat certain de l’apparition de l’esprit ou de l’intelligence humaine, serait en premier lieu d’avoir « boosté » notre reproduction. Puisque nous sommes passés de quelques milliers d’individus voici quelques millions d’années dans un petit coin de l’Afrique, à plusieurs milliards sur toute la surface de la planète…
Il n’y a rien de grivois là dedans ni d’obsessionnel, de la simple logique.

Ceci étant dit, si les TCC sont plus efficaces pour éliminer ou amoindrir les souffrances, faut y’aller à fond. !
Reste posé cependant l’aspect philosophique d’une prééminence morale de l’individu sur le social (ou l’inverse ?)...
Aguillon est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 08/07/2007, 08h44   Sujet TCC et psychanalyse - Message #12
Aigoual
 
Date d'inscription: septembre 2005
Messages: 646
Re : TCC et psychanalyse
Citation:
Posté par Cyrille999 Voir le message
L'inconscient est une réalité scientifique...

Non, c’est un modèle.
C’est l’outil pour observer, pas l’observation elle-même.

Citation:
Posté par Cyrille999 Voir le message
Les modèles TCC ne s'occupent pas de ces niveaux, même si il est implicite pour eux (beaucoup sont médecins....)

Parce que l’outil, le modèle et les buts sont différents.

Citation:
Posté par Cyrille999 Voir le message
… alors que Freud a fait évolué sa pensée, mais, pour certains thèmes, ne les a pas réorganisé...

Ca, c’est sûr.
A sa décharge, tout était à créer, l’entreprise n’était pas mince et l’époque peu réceptive…

Citation:
Posté par Cyrille999 Voir le message
… aucun psychanalyste […] n'a modélisé un lien entre instances topologiques (ça et cie) et le cerveau…

C’est normal, il n’y a pas de lien.
Exactement de la même manière que les mots « tortue, » « tortoise » ou « schildkröte » ne sont pas écrits sur la carapace de la tortue qui pourtant la désigne sans ambigüité.

Citation:
Posté par Cyrille999 Voir le message
Dans ce cas là, il n'est pas possible de tester scientifiquement la psychanalyse

Exact.
La science décrit l’objet inerte.
Ses observations sont donc reproductibles et peuvent être figées dans des lois stables.

De son coté, la psychanalyse décrit le sujet dynamique, dans l’instant unique où celui-ci s’exprime.
Ses observations sont strictement attachées au seul individu observé, non reproductibles d’un sujet à l’autre, même lorsque l’on observe des corrélations statistiques sur des populations plus ou moins larges.
Mais ce ne sont précisément que des corrélations qui ne font ni preuves ni lois.

D’une certaine manière, la psychanalyse est une épistémologie individuelle.
Au sens strict, ce n’est pas une science, même si, bien conduite, sa démarche devrait observer une rigueur équivalente.
En gros, le même type de rigueur d’analyse que l’on attend du philosophe.

Aigoual.
Aigoual est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 09/07/2007, 13h50   Sujet TCC et psychanalyse - Message #13
Kaps
 
Date d'inscription: février 2007
Messages: 20
Re : TCC et psychanalyse
Citation:
Posté par (PSO)Clémentine Voir le message
La psychanalyse reproche aux TCC de ne faire que soigner le symptôme sans en traiter la cause, ce qui n'est pas vrai, selon ce que l'on considère comme la cause...

J'invite a ecouter la conference de Yves Agid (directeur du labo des neurosciences de la Salepetriere) http://www.lemonde.fr/web/article/0,...-347576,0.html

qui fait le constat suivant : 'La medecine guerit peu finalement, elle traite surtout les symptomes .. Qu'est-ce qui guerit ? Les antibiotiques .. et la chirurgie, autrement ? Les vaccins ?? Ah c'est autre chose, cela previent !'
Kaps est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 10/07/2007, 08h13   Sujet TCC et psychanalyse - Message #14
Aigoual
 
Date d'inscription: septembre 2005
Messages: 646
Re : TCC et psychanalyse
Citation:
Posté par Kaps Voir le message
J'invite a écouter la conférence de Yves Agid (directeur du labo des neurosciences de la Salpetrière) http://www.lemonde.fr/web/article/0,...-347576,0.html

qui fait le constat suivant : 'La médecine guérit peu finalement, elle traite surtout les symptômes... Qu'est-ce qui guérit ? Les antibiotiques... et la chirurgie, autrement ? Les vaccins ?? Ah c'est autre chose, cela prévient !'

Merci Kaps, pour ce lien passionnant.

Avec deux constats :

Le premier, c’est que nous n’avons que l’espace de notre courte vie pour traiter, organiser, gérer, non seulement cette incommensurable complexité interne mise en avant par Agid, mais également tous ses liens avec l’externe, le matériel, le phénoménologique, le social, …
Nous n’avons pas l’éternité devant nous pour résoudre le monde.
Nous sommes seuls, dans l’urgence.

Juste le temps d’une vie, avec cet unique outil qui semble si faible, si impalpable : le verbe.
Si je dis « unique, » ce n’est parce qu’il n’y a pas d’autres outils.
Il y en a de quantité d’autres, dont ceux exposés par Agid.
Mais c’est le seul qui ne puisse pas se déléguer.

Le second, c’est qu’effectivement, la question de la guérison est toute relative au regard du fait qu’on ne guérit pas de la vie…

Pour en revenir à la psychanalyse, son travail est de s’occuper du verbe.
C’est la raison pour laquelle je parlais d’épistémologie individuelle.

Il n’y a pas d’opposition avec les propos d’Agid, bien au contraire.
Parfois le verbe s’effondre, bien avant que la vie ne cesse.
Et là, sans même savoir ce que devient l’humain hors du verbe, il nous faut agir comme si l’humain était toujours là, avec les outils dont nous disposons, même sans savoir ce que signifie réellement guérison…

Aigoual.
Aigoual est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 18/07/2007, 22h31   Sujet TCC et psychanalyse - Message #15
Chou marin
 
Date d'inscription: juillet 2007
Âge: 33
Messages: 1
Re : TCC et psychanalyse
Bonjour, quand je lis de telles opinions, je ne peux m'empecher d'y repondre, car cela me fend le coeur.

Citation:
Posté par Aigoual Voir le message
Merci Kaps, pour ce lien passionnant.

Avec deux constats :

Le premier, c’est que nous n’avons que l’espace de notre courte vie pour traiter, organiser, gérer, non seulement cette incommensurable complexité interne mise en avant par Agid, mais également tous ses liens avec l’externe, le matériel, le phénoménologique, le social, …
Nous n’avons pas l’éternité devant nous pour résoudre le monde.

- Pourquoi le monde? TCC et psychanalyse c'est deja pas mal non?

Citation:
Posté par Aigoual Voir le message
Nous sommes seuls, dans l’urgence.

- parlez-vous des psychanalystes?

Citation:
Posté par Aigoual Voir le message
Juste le temps d’une vie, avec cet unique outil qui semble si faible, si impalpable : le verbe.

- Faible en quoi, par-rapport a quoi, dans quel contexte? Personnellement je trouve qu'on se debrouille bien avec "le verbe", bon j'admets qu'on a parcouru du chemin depuis l'epoque de Freud, mais pas tout le monde a suivi.

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Si je dis « unique, » ce n’est parce qu’il n’y a pas d’autres outils.
Il y en a de quantité d’autres, dont ceux exposés par Agid.
Mais c’est le seul qui ne puisse pas se déléguer.

- A moins de vouloit bavarder, ou de preter ses mots, enfin, a dire tout et n'importe quoi, histoire de glisser des idees qui ne sont pas les siennes. Enfin bref, moi pas comprendre deleguer verbe, et vous pouvoir comprendre?

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Le second, c’est qu’effectivement, la question de la guérison est toute relative au regard du fait qu’on ne guérit pas de la vie…

- Qui est ce on? Quel dommage, j'espere ne pas etre le seul a ne pas considerer la vie comme quelque chose de pathogene, ca fait froid dans le dos cette philosophie...

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Pour en revenir à la psychanalyse, son travail est de s’occuper du verbe.
C’est la raison pour laquelle je parlais d’épistémologie individuelle.

Il n’y a pas d’opposition avec les propos d’Agid, bien au contraire.
Parfois le verbe s’effondre, bien avant que la vie ne cesse.
Et là, sans même savoir ce que devient l’humain hors du verbe, il nous faut agir comme si l’humain était toujours là, avec les outils dont nous disposons, même sans savoir ce que signifie réellement guérison…

Aigoual.

- Christophe ANDRE a bien résumé la situation :

"Si la psychanalyse n'est pas un soin, il faut le dire ! Si elle en est un, elle doit être évaluée."