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Bonjour,
Vous vous demandez en quoi la biodiversité est importante pour le futur.
C‚est une question que l‚on se pose en permanence et à laquelle in est difficile de répondre.
On sait que l‚histoire de la vie a conduit à l‚émergence de nombreuses espèces dont certaines, en évoluant ont survécu, et d‚autres, très nombreuses, ont disparu.
A l‚échelle de l‚histoire de la planète, on sait qu‚il y a eu des phases d‚extinction dues vraisemblablement à des chocs de météorites et/ou de gigantesques éruptions volcaniques, ceci au moins 5 fois. Toujours, la vie a repris à partir d‚un plus petit nombre d‚espèces, puis a évolué et prospéré. Aujourd‚hui, nous serions dans la sixième extinction ; celle-ci serait la conséquence de l‚existence de nos sociétés humaines et de la transformation de la planète qu‚elles entraînent. Quand on se situe à cette échelle de temps, on ne peut que conclure qu‚il faut avoir un raisonnement de grande prudence en préservant tout ce qui vit et qui peut être utile pour la perpétuation de la vie. C‚est finalement le réflexe « arche de Noé »
Si l‚on sort de ce raisonnement à l‚échelle des temps géologiques pour passer aux temps « historiques », on peut avoir un raisonnement « utilitariste » : en quoi la biodiversité nous est elle utile en tant qu‚espèce humaine ?
On ne sait répondre que par des exemples. Il y a comme vous le dites les molécules issues de plantes ayant des vertus pharmaceutique que connaissent les populations qui n‚ont pas encore connu les médicaments industriels. Mais il y a aussi toutes les molécules issues de plantes, microbes et animaux que les sociétés humaines n‚ont jamais identifiées, dont on ignore le nombre et les vertus, et dont on ne s‚interdit pas de croire qu‚elles peuvent avoir de grandes vertus. Cette hypothèse optimiste est justifiée par l‚idée que nos ancêtres n‚ont utilisé que les vertus qu‚ils ont trouvé (dans des espaces sans doute plus réduits que ceux que nous occupons), et que ces vertus ne correspondaient qu‚à un spectre de besoins bien plus étroit que celui de nos besoins actuels.
On ne peut donc s‚interdire par exemple d‚espérer guérir des maladies, réduire des pollutions des sols et des eaux, digérer des déchets, créer de nouveaux matériaux non polluants (tissus, emballages, conducteurs, thermorégulateurs,∑) imaginer de nouveaux carburants non polluants,∑ Chaque plante, animal, micro organisme est le siège d‚une information génétique qui contrôle un très grand nombre de réactions physico chimiques faisant intervenir un très grand nombre de protéines. Tout cela a été constitué lors de l‚histoire de l‚évolution du vivant et constitue un gisement de phénomènes naturels dont certains pourraient être d‚une très grande utilité. Le problème est que l‚on ne sait pas encore précisément ce que l‚on va trouver, donc la valeur de ce que l‚on va trouver. Mais c‚est incontestablement un patrimoine.
Aussi, on voit bien que le problème n‚est pas celui de la « valeur ». On sent bien que l‚on ne décide pas de conserver la biodiversité en vertu de sa valeur monétaire sonnante et trébuchante (combien de $ pour conserver telle espèce ?), mais en fonction de « valeurs » supérieures. Pour certains ce sont des valeurs philosophiques, pour d‚autres des valeurs religieuses, donc des valeurs qui se situent au delà de l‚utilité. Mais si l‚on veut rester dans des raisonnements utilitaristes, le devoir des pouvoirs publics est d‚accroître rapidement les savoirs et les méthodes de conservation et de réviser en permanence les stratégies d‚action en fonction de la progression des connaissances. C‚est un raisonnement du type « développement durable » car on préserve ainsi des potentialités pour nos descendants.
Michel Griffon
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