Posté par
Thibault57
Bonjour à tous, je rentre mercredi en L3 Physique Chimie parcours chimie à l'université de Metz ! Je suis titulaire du BAC STL CLPI et d'un BTS Chimiste . Je me soucie beaucoup depuis quelque temps de ce que je pourrais faire comme poursuites d'études apres cette licence et quels en seraient les débouchés.
Si qqn pouvait m'aider en proposant des idées ou meme en parlant de son vécu propre cela me ferait du bien
Merci
Thibault
Bonjour,
L3 Chimie-Physique et pas Physique Chimie je suppose, car la troisième année Physique Chimie est dédiée spécialement à ceux qui veulent entrer en IUFM pour préparer le CAPES (enseignement jusqu'en Terminale, très exceptionnellement dans l'enseignement supérieur).
Chimie-Physique, ça n'a rien à voir, ça désigne le cursus des (futurs) physico-chimistes, à distinguer du cursus Chimie. Une Université donnée offre en général soit un cursus de Chimie-Physique soit un cursus de Chimie.
Une année L3, surtout sans aller au-delà, est avant toute chose un plus pour un BTS qui veut être technicien aussi bien dans le privé que le public, la rémunération étant évidemment bien plus importante dans le privé.
Au-delà (et ça vaut pour tous), il faut y réfléchir à deux fois, il existe une passerelle au niveau M1 (ex-maîtrise, l'année après L3) pour intégrer sur dossier et avec entretien une école d'ingénieur (ne rêve pas: mention B strict minimum, mention TB pour les plus prestigieuses). Sinon tu peux continuer: M2 (ex-DEA), thèse de doctorat, et envisager, en général après quelques années en tant qu'ATER (Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche, plutôt en vue d'un poste d'enseignant-chercheur) ou post-doc (en général à l'étranger, souvent aux USA mais il faut de plus en plus compter avec l'Europe), un recrutement comme enseignant-chercheur (maître de conférence) ou chercheur CNRS (ou INSERM). Il y avait dans le labo où j'ai fait ma thèse un BTS devenu maître de conférence.
En clair tout reste ouvert puisque tu peux devenir ingénieur.
Je reste dans le supérieur. Plus abordable:
Pour ce qui est des postes techniques du supérieur (public donc, dits ITRF çàd Ingénieurs et Personnels Techniques de Recherche et Formation pour les postes universitaires, IT pour les postes techniques du CNRS car pas de mission de formation des étudiants autres que les étudiants-chercheurs çàd ceux qui préparent une thèse de doctorat), les BTS, au moins les meilleurs, ne se contentant pas de la catégorie B çàd technicien tout simplement, peuvent prétendre aux postes techniques de catégorie A, la plus élevée de la fonction publique, moyennant qu'il aient un diplôme universitaire adéquat. Il y a trois postes techniques de catégorie A (sans compter les classes: 2ème classe, 1ère classe et classe exceptionelle pour chaque, sachant qu'on est toujours titularisé 2ème classe):
-poste d'Assistant Ingénieur (AI): le BTS te donne plein droit d'y accéder (et c'est en général un BTS qui est pris) mais lis très attentivement la suite
-poste d'Ingénieur d'Etudes (IE): les niveaux L3, M1 ou M2 sont requis mais là encore lis attentivement la suite
-poste d'Ingénieur de Recherche (IR): une thèse de doctorat ou/et (bien sûr) un diplôme d'ingénieur est requis, mais lorsqu'on est ingénieur, à moins d'avoir un goût prononcé pour la recherche, il vaut mieux aller dans le privé
Si, pour ne parler que du public, les concours de catégorie B, technicien en clair, sont nationaux et les postes attribués d'abord au classement et ensuite d'après les voeux des lauréats, par contre un poste de catégorie A= un concours (ça implique un dossier entier à constituer pour chaque poste convoité) et est entièrement prédéfini à l'avance (lieu géographique, laboratoire, fonctions). De plus, sans vouloir te faire peur, tu peux t'attendre à 100 candidatures pour chaque poste (sachant quand même que les candidats postulent toujours pour pusieurs postes, en général un grand nombre).
Quelqu'un (je ne pense pas qu'à toi) qui a un cursus purement universitaire et va mettons jusqu'au diplôme de docteur a très souvent du mal à se caser dans son domaine de compétence et à son niveau (que ce soit dans le privé ou le public on est extrêmement réticent à attribuer à quelqu'un un poste pour lequel il est surcompétent). Par contre quelqu'un qui a un BTS peut toujours se rabattre sur un poste de technicien du privé (le privé s'arrache les BTS) ou du public.
Je suis bien placé pour savoir ce qu'on considère en tout cas comme un bon BTS (je ne donnerai pas mon avis sur la question...): c'est quelqu'un qui effectue les manipulations les plus complexes, un bandeau sur les yeux, au mm près, sans jamais commettre d'erreur, et en général ... sans rien comprendre à ce qu'il est en train de faire, pour caricaturer.
Si un BTS reçoit bien sûr un enseignement théorique, le niveau de cet enseignement est très en dessous du niveau nécessaire à une compréhension on va dire convenable des phénomènes.
En résumé, si tu veux continuer, tu n'as plus qu'à t'accrocher très sérieusement parce que tu as
a priori un sérieux retard théorique sur ceux qui ont fait L1 et L2, à moins que tu sois très doué, mais il ne faut pas se leurrer, quelqu'un qui est très doué assiste aux cours, prend quelques fois des notes, et passe son temps à... apprendre seul ce qui n'est pas dans le cours... Je parle d'expérience et c'est la clé de la mention TB et de la première place.
Pour finir (et je ne m'adresse pas qu'à toi), afin que malgré ton BTS tu saches où tu mets les pieds, si tu t'orientes vers le supérieur, la recherche publique française est tellement délabrée (tel type de poste précis et pas un autre est ouvert dans un labo sans que le labo ait son mot à dire) qu'on peut demander à un agent technique, le poste le plus bas de la catégorie C rémunéré guère plus que le SMIC, un travail de technicien+AI+IE à partir du moment où on sent qu'il en est capable et qu'il se laisse faire (non sans arrière-pensées sans doute): il y a quelqu'un comme ça dans mon labo actuel. On peut aussi demander à un IE un travail de technicien: il y avait quelqu'un comme ça dans le labo où j'ai fait ma thèse. Dans ce même labo où j'ai fait ma thèse, il y avait une technicienne chimiste qui s'occupait uniquement de réaliser les figures pour les publications, et un chercheur en Chimie qui s'ocupait exclusivement de l'informatique du laboratoire.
Typiquement dans un labo, en gros ce sont les doctorants qui entretiennent la recherche: ils effectuent les manipulations et font un apport théorique plus ou moins important. Ceux qui sont en place (enseignants-chercheurs et chercheurs) suppléent en tout ou partie pour ce qui est de la théorie, sans que le directeur de thèse fasse publiquement état de l'apport théorique du doctorant au cours de la soutenance de la thèse. Il ne le fait d'ailleurs pas non plus au cours des délibérations du jury. De plus ce sont ceux qui sont en place dans le labo qui écrivent les articles.
Un doctorant (sauf éventuelelment issu d'une Grande Ecole, sans préciser) n'a pas tellement intérêt à montrer son intelligence, et surtout pas à se montrer plus intelligent que son directeur de thèse, auquel cas ça peut très mal se terminer.
En clair le titulaire d'un doctorat dont le cursus est purement universitaire est considéré comme une sorte de super-technicien, entièrement jetable pour le laboratoire, dont par la suite personne ne veut, les places d'enseignant-chercheur et de chercheur étant rares, dans son domaine de compétence quel que soit le niveau du poste, public ou privé. Dans le privé, il pourrait toujours prétendre à un poste de technicien surqualifié, la recherche étant effectuée par les ingénieurs et ingénieurs-docteurs mais c'est sans compter, entre autre, sur la rivalité Université/Grandes (et moins grandes) Ecoles. Le doctorat d'un universitaire pur, c'est à dire BAC+8 plus une, deux voire trois années d'ATER ou de post-doc, soit jusqu'à 10 voire 11 années d'études après le BAC, n'a finalement en France que peu de valeur.
Voir aussi les postes publics dépendant d'autres ministères que celui de l'enseignement supérieur et de la recherche dont certains offrent également des postes techniques, restant dans le domaine de la Chimie, de catégorie A: police scientifique (ministère de la justice), etc.
Bien à toi.