Salut à tous. C'est mon premier post ici. Je m'intéresse aux sciences et aux technologies en général, et depuis 1996 à la MHD à titre personnel. J'arrive un peu tard sur ce fil de discussion mais bon...
Le Yamato-1 n'était pas du tout un sous-marin et pas vraiment une "péniche"

C'est un bateau, un démonstrateur technologique de propulsion MHD maritime, civil, conçu par la firme japonaise Ship & Ocean Foundation, la partie propulsion étant fabriquée par Mitsubishi Heavy Industries (propulseur 1) en coopération avec Kobe Steel (système de refroidissement cryogénique des supras) et Toshiba (propulseur 2).
Il mesure 30 mètres de long pour 14 de large, pèse 280 tonnes à pleine charge et peut embarquer 10 personnes.
Il possède sous son fond plat deux longues tuyères de chaque côté, chacune disposant en son sein d'un groupe propulseur en forme de "barillet de revolver" (6 accélérateurs de Faraday par tuyère) équipé d'aimants supraconducteurs à hélium liquide produisant un champ magnétique de 4 à 6 teslas, recevant un courant transversal de 2000 A, le tout produisant une poussée totale combinée de 16000 newtons.
Il a navigué pour la première fois dans la baie de Kobe le 19 juin 1992, où il a atteint une vitesse de croisière de 6 noeuds (11 km/h).
Ça peut paraître peu, et ça l'est en effet car le rendement était très faible. Mais sachez que le rendement MHD croît comme le carré du champ magnétique. Pour un fort rendement on agirait donc de préférence sur un champ B puissant (> 10 teslas) plutôt que sur l'intensité du courant électrique sinon on aboutit à des régimes d'arcs électriques instables dans le cas d'un plasma ou de forte électrolyse dans le cas d'un liquide. tout passe donc par des supraconducteurs meilleurs.
Quelques photos du Yamato 1 :
> papier technique sur le Yamato 1 ici (PDF)<
Voilà pour le Yamato-1.
En ce qui concerne Jean-Pierre Petit et le "B2 MHD", c'est effectivement de la supposition de sa part, mais il précise bien qu'un éventuel système MHD sur le B2 ne servirait pas "directement" à la propulsion. Celle-ci serait bien assurée par des turboréacteurs classiques ; Le système MHD ne serait présent qu'en tant que générateur, en système "pontage". A cet effet il assurerait plus "simplement" une conversion de l'énergie cinétique de l'air ionisé en engendrant 1) un ralentissement de l'air jusqu'à l'entrée subsonique des turboréacteurs et 2) de l'énergie électrique réinjectée en bord d'attaque sous forme de plasma protecteur et éventuellement à l'arrière, sous forme d'accélération MHD des gaz de sortie des réacteurs.
Pure supputation je te l'accorde. A mon sens ce système est plus viable sur un engin de 10 à 30 mètres de long disposant d'une grande longueur d'interaction (de type Aurora), que sur un engin relativement court comme le B2 mais là c'est juste un vague sentiment personnel car je ne suis pas spécialiste.
En ce qui concerne la bibliographie "dure" sur la MHD.
Le meilleur bouquin pour les scientifiques (avec équations) de tous les temps sur la MHD :
"Engineering Magnetohydrodynamics"
de
George Walter SUTTON et Arthur SHERMAN
chez
McGraw-Hill Book Company, New York, 1965
(quasiment impossible à trouver, c'est pourtant LE bouquin pour celui qui veut travailler dans la propulsion MHD. Essaye les grandes BU, il y en a qui l'ont peut-être encore)
On peut se demander pourquoi c'est toujours le meilleur ouvrage sur le sujet alors qu'il date de 1965 et que les techniques ont progressé depuis... Tout simplement parce qu'il n'y a plus de recherche civile de grande ampleur sur la propulsion MHD depuis la fin des 70's. Conséquences militaires trop forte.
Tu as aussi un autre bouquin, qui s'il n'atteint pas la valeur du premier, a le mérite d'exister et d'être en français (il y a une partie sur la propulsion) :
"Magnétohydrodynamique"
de
Roland BERTON
chez
Masson
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