Apaiser les peurs du réchauffement climatique
Discussion fermée
Affichage des résultats 1 à 30 sur 178

Apaiser les peurs du réchauffement climatique



Vue hybride

  1. #1
    Ricquet

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par yves25 Voir le message
    Pour ce qui concerne la rétroaction par déplacement du maximum d'émission CM t'a répondu correctement. Ca marche pas du tout .
    Dommage !!!
    Je voyais déjà les titres au 20h00 : "La théorie de Ricquet rend le RC impossible !!"

    Encore une question : Il y a un gros débat là-dessus, mais il semble acquis que les banquises polaires fondent et que, RC oblige, elles fondent de plus en plus dans le futur.

    Si c'est le cas, et toujours dans mon idée de système "auto-régulateur", toute cette glace va devenir de l'eau ... très froide ... du moins au début.
    C'est-à-dire un gros puit naturel à CO2, non ??

    J'avoue que j'appréhende la réponse : c'est trop lent ... c'est ça ... ??

    Merci.

  2. #2
    invite78d2ef62

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par Ricquet Voir le message
    Dommage !!!
    (...)
    Encore une question : Il y a un gros débat là-dessus, mais il semble acquis que les banquises polaires fondent et que, RC oblige, elles fondent de plus en plus dans le futur.

    Si c'est le cas, et toujours dans mon idée de système "auto-régulateur", toute cette glace va devenir de l'eau ... très froide ... du moins au début.
    C'est-à-dire un gros puit naturel à CO2, non ??

    J'avoue que j'appréhende la réponse : c'est trop lent ... c'est ça ... ??

    Merci.
    Cela a été envisagé, notamment par Nick Bates :
    http://www.bbsr.edu/About_BBSR/faculty/bates/bates.html

    Son dernier papier :
    GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 33, L23609, doi:10.1029/2006GL027028, 2006

    An increasing CO2 sink in the Arctic Ocean due to sea-ice loss

    Nicholas R. Bates, S. Bradley Moran, Dennis A. Hansell, Jeremy T. Mathis

    Abstract - The Arctic Ocean and adjacent continental shelf seas such as the Chukchi and Beaufort Seas are particularly sensitive to long-term change and low-frequency modes of atmosphere-ocean-sea-ice forcing. The cold, low salinity surface waters of the Canada Basin of the Arctic Ocean are undersaturated with respect to CO2 in the atmosphere and the region has the potential to take up atmospheric CO2, although presently suppressed by sea-ice cover. Undersaturated seawater CO2 conditions of the Arctic Ocean are maintained by export of water with low dissolved inorganic carbon content and modified by intense seasonal shelf primary production. Sea-ice extent and volume in the Arctic Ocean has decreased over the last few decades, and we estimate that the Arctic Ocean sink for CO2 has tripled over the last 3 decades (24 Tg yr−1 to 66 Tg yr−1) due to sea-ice retreat with future sea-ice melting enhancing air-to-sea CO2 flux by ∼28% per decade.


    Dans les modèles du cycle du carbone, la croissance du puits arctique est prise en considération. Le compte n'y est pas pour un effet significatif (l'Arctique pourrait peut-être absorber jusqu'à 100 ou 150 millions de tonnes CO2 par an, mais les émissions humaines sont estimées à 30 milliards de tonnes par an aujourd'hui).

    *

    Sur l'évolution de la banquise arctique, je reste tout aussi dubitatif que miniTAX. Une fonte estivale complète est prévue "au pire" pour 2040, mais les modèles divergent encore beaucoup (cela peut aussi bien être pour le prochain siècle). Et surtout, nous n'avons que des données fiables depuis 30 ans, j'aurais bien aimé connaître l'étendue précise de la banquise dans les étés des années 1930 et 1940, à l'époque où le réchauffement de la zone était très prononcé...

    *

    Pour divertissement, cette amusante référence du New York Times où certains "experts" repris en gros titre par le journal annonçent que l'océan arctique sera ouvert à la navigation dans une ou deux décennies. C'était... en 1969 !

    Expert Says Arctic Ocean Will Soon Be an Open Sea

    Catastrophic Shifts in Climate Feared if Change Occurs
    Other Specialists See No Thinning of Polar Ice Cap


    February 20, 1969, Thursday
    By WALTER SULLIVAN
    Page 20, 1691 words

    Col. Bernt Balchen, polar explorer and flier, is circulating a paper among polar specialists proposing that the Arctic pack ice is thinning and that the ocean at the North Pole may become an open sea within a decade or two....

    *

    Mais ce n'est pas tout. En 1947, toujours dans les archives du même journal, on annonce que le réchauffement de l'Arctique pose un "sérieux problème international" et l'on évoque bien sûr la hausse du niveau des mers.

    Warming Arctic Climate Melting Glaciers Faster, Raising Ocean Level, Scientist Says

    May 30, 1947, Friday
    By GLADWIN HILL
    Page 23, 366 words

    LOS ANGELES, May 29 -- A mysterious warming of the climate is slowly manifesting itself in the Arctic, engendering a "serious international problem," Dr. Hans Ahlmann, noted Swedish geophysicist, said today...

    *

    Attendez la suite ! En 1923 déjà, l'honorable journal fait état de craintes sur l'Arctique. On retrouve les ingrédients: témoignages locaux, changement de faune et de flore, disparition de glaciers, tout cela montrant un "changement radical des conditions climatiques"

    REPORT THE ARCTIC IS GETTING WARMER
    Explorers and Fishermen Find Climate Moderating About Spitzbergen. FIRST NOTED ABOUT 1918 Old Glaciers Have Disappeared -- Changes in Flora and Fauna.
    EDITORIAL
    February 25, 1923, Sunday
    Page E6, 696 words

    The Arctic seems to be warming up. Reports from fishermen, seal hunters and explorers who sail the seas about Spitzbergen and the Eastern Arctic, all point to a radical change in climatic conditions, and hitherto unheard of temperatures in that part of the earth. Old glaciers have disappeared and land once covered with field ice is bare...

    *

    Bref, les modèles ont certainement progressé depuis 80 ans, mais pas les médias

  3. #3
    invitec8546582

    Thumbs up Re : Apaiser les peurs du réchauffement climatique

    Sur l'évolution de la banquise arctique, je reste tout aussi dubitatif que miniTAX. Une fonte estivale complète est prévue "au pire" pour 2040, mais les modèles divergent encore beaucoup (cela peut aussi bien être pour le prochain siècle). Et surtout, nous n'avons que des données fiables depuis 30 ans, j'aurais bien aimé connaître l'étendue précise de la banquise dans les étés des années 1930 et 1940, à l'époque où le réchauffement de la zone était très prononcé...
    Sur ces 30 années de données fiables quelle est la tendance à court terme de la banquise ? Je pensais qu'on observer quand même une régression de celle-ci non ?

  4. #4
    invite78d2ef62

    Re : Apaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par Boooyaka Voir le message
    Sur ces 30 années de données fiables quelle est la tendance à court terme de la banquise ? Je pensais qu'on observer quand même une régression de celle-ci non ?
    Oui bien sûr. Mais selon divers indices, il semble que les réchauffements arctiques / groenlandais ne soient pas rares dans l'histoire récente du climat, et parfois aussi ou plus poussés que ces trente dernières années (début du XXe siècle, Optimum médiéval, Optimum du Holocène...).

    Si tu prends la seule période récente 1910-40 (base Nasa Gistemp), tu vois déjà une tache rouge foncée sur l'océan Arctique, indiquant +4 à +8°C. Donc 1979-2006 (période satellite), cela reste pour l'instant une variation dans la "normale" de la région.


  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    invite78d2ef62

    Re : Apaiser les peurs du réchauffement climatique

    Une autre illustration, ce graphe des anomalies arctiques et antarctiques 1904-2005 selon la base HadCru2 (Hadley Center). Tu constates que les pôles ont déjà connu des T similaires (voire plus élevées en Antarctique) au cours de ce siècle. L'idée qu'une "canicule" exceptionnelle y règne aujourd'hui est sans grand fondement, les anomalies se jouent à peu de choses, surtout comparées aux T annuelles moyennes qui sont très largement négatives et qui le resteront dans la période sans insolation.

    PS : on peut aussi observer que, peut-être pour des raisons de circulation générale, les pôles tendent à évoluer en sens contraire, l'un se réchauffant quand l'autre se refroidit.


  7. #6
    invite0dd4f252

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par Ricquet Voir le message
    Dommage !!!
    Je voyais déjà les titres au 20h00 : "La théorie de Ricquet rend le RC impossible !!"
    (...)
    J'avoue que j'appréhende la réponse : c'est trop lent ... c'est ça ... ??
    Merci.

    Je sais pas mais ce que l'on dira peut-être, c'est Ricquet " l'as de la rétroaction négative peanuts ".

    Plus sérieusement si l'on envisage des fontes d'inlandsis de l'ordre de 1000 km3/an soit 1000 Gt/an, on peut tout au mieux espérer une dissolution de 2 Mt de CO2/an dans ces eaux à 0°C.
    C'est vraiment dérisoire.
    Enfin si je n'ai pas fait d'erreur.
    Dernière modification par Yoghourt ; 11/04/2007 à 13h51.

  8. #7
    yves25
    Modérateur

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par Ricquet Voir le message
    (...)
    J'avoue que j'appréhende la réponse : c'est trop lent ... c'est ça ... ??

    Merci.
    Je m'en vais donc confirmer ce que CM et meteor t'ont déjà dit, c'est effectivement peanuts.
    C'est souvent le gros pb avec les rétroactions: estimer leur amplitude à peu près correctement.

    Sinon, tu peux certainement en trouver une par jour , l'exercide est intéressant du point de vue pédagogique, là où ça se complique, je le répète , c'est au moment de quantifier.

    Si tu veux continuer l'exercice, le premier candidat parce que le plus puissant, c'est la rétroaction nuageuse. Le pb a été abordé un peu au cours d'une discussion et un dossier est disponible sur Futura (incertitudes etc).
    Le deuxième candidat est la convection tropicale, elle est associée à la rétroaction nuageuse mais s'en différencie assez pour que l'on puisse considérer les deuix indépendamment.

    Ensuite, il faudrait regarder côté rétroactions de la biosphère: l'idée la plus amusante a été formulée dans les années 90 par Lovelock, Charlson et al avec intervention du phytoplancton, des aérosols et des nuages. C'était beau comme tout..........mais c'était faux ou plus exactement ça marche à la marge.

    De façon générale, si tu veux chercher une rétroaction négative (on pourrait d'ailleurs ouvrir un sujet là dessus et élucubrer à tour de bras), il te faut en chercher une dont la constante de temps soit assez courte pour être efficace, sinon, pas de pb, il y aura bien les rétroactions à l'échelle géologique mais on s'en tape parce que ça sera noyé dans d'autres forçages et surtout parce qu'on sera plus là pour en profiter.

    Pour que ça marche , il faut une constante de temps de l'ordre de la décennie ou moins.

    Pas beaucoup de candidats:
    l'atmosphère et donc nuages, convection, lapse rate mais tout ça , c'est lié
    l'océan superficiel et donc les El Nino et leur fréquence, l'oscillation Nord Atlantique
    la biosphère marine et continentale mais surtout marine en fait

    Je parle bien des rétroactions négatives parce que pour les positives, il a le fluage des glaciers, la fonte du permafrost etc... les candiats sont beaucoup plus nombreux et, potentiellement, les amplitudes pourraient être beaucoup plus importantes surtout si l'on inclue les clathrates.

    En ce qui concerne les banquises et quoi qu'en disent nos sceptiques de service, leur disparition est programmée ....évidemment dans l'hypothèse d'un enrichissement continu de l'atmosphère en GES . Si on change d'hypothèse, la question n'est plus la même mais se rappeler que le réchauffement perçu aujourd'hui n'est qu'une partie du réchauffement en cours: meêm en arrêtant les émissions de CO2, l'effet de l'augmentation des derniers siècles continuera à se faire sentir qq décennies , cad, la température continuera d'augmenter sauf évènement extérieur.

    Le pb de l'Antartique est différent et d'abord ce n'est pas une banquise. L'accumulation de neige correspondrait bien au mécanisme lié à l'augmentation des précipitations avec la température mais ce n'est pas si simple parce que
    1 les températures ne semblent pas y avoir augmenté (CM me confirmera ou m'infirmera, je n'en doute pas)
    2 la circulation atmosphérique autour de l'Antartique a subi des modifications apparemment sensibles. Ces modifs peuvent éventuellemnt être reliées aux GES et à l'ozone mais c'est pas bien clair me semble t il.
    3 enfin, ce bilan du Professeur X n'est peut être pas à prendre sans précautions
    Dernière modification par Yoghourt ; 11/04/2007 à 13h52.
    Dix secondes pour écrire une bêtise, parfois des heures pour montrer à tous que c'en est une...

  9. #8
    invitea65d3c27

    Bonjour,
    Il y a une étude de Beck qui met en doute la faible concentration de CO2 atmosphérique pré-industrielle. Cette étude fait suite aux doutes soulevées par Jaworowski sur le problème de divergence, donc de la fiabilité des carottes glaciaires en tant que proxies de CO2, en tout cas avec une résolution de l'ordre de quelques décennies. Il faut se rappeler que les mesures directes de CO2 n'existent que depuis les années 1950. Pour les dates plus anciennes, le GIEC se réfère aux carottes glaciaires en tant qu'indicateur indirect du CO2.

    L'étude de Beck qui fait la synthèse de plus de 90.000 mesures directes de CO2 avant 1950, dont certaines faites par des prix Nobels montre des concentrations supérieures à maintenant ! (cf graphique du lien).

    C'est une affaire à suivre mais si cela se confirme, les discussions précédentes sur les rétroactions négatives n'auraient même pas lieu puisque l'effet radiatif du CO2 et sa traduction en élévation en température (la sensibilité) serait totalement à revoir. Tout cela au conditionnel bien entendu, pour l'instant.
    J'aimerais bien connaître vos avis là-dessus parce que j'ai l'impression que ce problème de divergence ressemble furieusement à celui de crosse de hockey pour les température.

    Citation Envoyé par muller.charles Voir le message
    Non, je crois quand même que cette métaphore est mal choisie dès le départ. Ce qui chauffe le contenu de la serre, c'est essentiellement la suppression de la convection par les parois.
    Bah disons que l'effet de serre au sens réchauffement climatique existe quand même dans la mesure où l'humidité atteint très vite la saturation dans une serre et le gaz à effet de serre est ici ... de la vapeur d'eau. Il doit y avoir un sacré emballement: plus de chaleur => plus de vapeur d'eau => plus de chaleur. Mais bon, il faudrait connaître la part du convectif et la part du radiatif EN PRESENCE d'une source d'humidité ce que ne dit pas ton lien.
    Pour donner un ordre de grandeur, la chaleur apportée par un chauffage radiant à 60°C (et non pas les convecteurs HT bon marché hein) dans une pièce, c'est 50% de radiatif, 50% de convectif. La part radiative est donc loin d'être négligeable, même si à 30°C elle est moindre (proportionnelle à T^4).
    Dernière modification par Yoghourt ; 11/04/2007 à 13h53. Motif: Fusion de 2 msgs d'affilée du même auteur

  10. #9
    invite78d2ef62

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par yves25 Voir le message
    (...)
    Ensuite, il faudrait regarder côté rétroactions de la biosphère: l'idée la plus amusante a été formulée dans les années 90 par Lovelock, Charlson et al avec intervention du phytoplancton, des aérosols et des nuages. C'était beau comme tout..........mais c'était faux ou plus exactement ça marche à la marge.
    Tu es un peu sévère avec cette hypothèse dite CLAW, du nom (initiales) des auteurs, dont James Lovelock est bien sûr le plus connu (le père de Gaïa). J'avais signalé un papier récent de Meskhidze et Nenes (Science 2006) ayant quantifié les effets de la floraison du plancton sur les aérosols secondaires et derrière sur le bilan radiatif. Ils ont obtenu un effet non négligeable, comparable aux aérosols anthropiques sur les zones industrielles (ci-après lien, et lien vers le papier des auteurs)
    http://forums.futura-sciences.com/post835070-17.html

    Mais je ne pense pas en revanche que l'on puisse appeler cela une rétroaction au réchauffement proprement dit. J'ai l'impression que c'est surtout une boucle locale insolation/nébulosité (moins de lumière > moins de photosynthèse > moins de DMS et isoprène > moins de nuage > plus de lumière > plus de photosynthèse, etc.)


    Pour que ça marche , il faut une constante de temps de l'ordre de la décennie ou moins.
    Pas beaucoup de candidats:
    l'atmosphère et donc nuages, convection, lapse rate mais tout ça , c'est lié
    l'océan superficiel et donc les El Nino et leur fréquence, l'oscillation Nord Atlantique
    la biosphère marine et continentale mais surtout marine en fait
    Je parle bien des rétroactions négatives parce que pour les positives, il a le fluage des glaciers, la fonte du permafrost etc... les candiats sont beaucoup plus nombreux et, potentiellement, les amplitudes pourraient être beaucoup plus importantes surtout si l'on inclue les clathrates.
    Comme tu le dis toi-même, le problème est la quantification et la constante de temps. Pour le permafrost ou les clathrates (du côté des RA positives), ce n'est pas très clair. Pour les réponses des pôles non plus, si l'on raisonne en global c'est-à-dire si l'on fait le bilan de masse et extension Arctique-Antarctique.

    Je veux bien que l'on dise que plein de RA négatives sont farfelues ou quasi-inconnues. Mais quand on examine en détail, certaines RA positives ne sont guère mieux évaluées pour le moment, quoique très médiatisées car allant dans le sens d'une catastrophe.

    Il est d'ailleurs notable que le couplage avec des cycles du carbone a élargi les fourchettes à la hausse comme à la baisse, ce qui indique qu'en l'état des connaissances, on ne peut exclure que le cycle du carbone soit une rétroaction négative sur 2000-2100.

    En ce qui concerne les banquises et quoi qu'en disent nos sceptiques de service, leur disparition est programmée ....évidemment dans l'hypothèse d'un enrichissement continu de l'atmosphère en GES . Si on change d'hypothèse, la question n'est plus la même mais se rappeler que le réchauffement perçu aujourd'hui n'est qu'une partie du réchauffement en cours: meêm en arrêtant les émissions de CO2, l'effet de l'augmentation des derniers siècles continuera à se faire sentir qq décennies , cad, la température continuera d'augmenter sauf évènement extérieur.
    (...)
    Leur disparition estivale en Arctique, c'est tout à fait possible, et l'on ne peut exclure aucun scénario (même les runs pessimistes à horizon 2040, donc). Je ne vois pas bien en revanche comment les GES pourraient réchauffer pendant l'hiver boréal privé de soleil au pôle, et empêcher le réengclacement quand les T chutent entre -20 et -40 °C.
    Une question que je pose et dont je n'ai pas la réponse en paléo. : sait-on si et combien de fois la banquise estivale a disparu au cours du Holocène ou au cours du précédent interglaciaire, l'Eemien?
    Une autre question : le SPM de l'AR4 dit que les modèles prévoient en moyenne une réduction de la THC (de la MOC) de 25 % (0 à 50%) d'ici 2100, ce qui est présenté comme "très vraisemblable". Sait-on aujourd'hui quantifier l'effet sur les pôles et la dynamique des glaces (les transports de chaleurs, les vents, la salinité, etc.) ?

  11. #10
    yves25
    Modérateur

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Bon, je précise donc: la disparition de la glace de mer Arctique en été boréal est programmée. Il me semblait bien évident pour tout le monde qu'en hiver, elle se reformerait avec une extension plus ou moins grande.

    Pour CLAW; l'idée de départ était que le réchauffement induirait cette boucle de rétroaction négarive. Or, le phytoplancton se moque un peu de la température, ce qui lui importe, c'est d'abord les nutrients, ensuite la lumière. Sinon, c'est la spéciation qui peut être dépendante de la température pas la production primaire. En outre, cette hypothèse repose sur la suscpetibilité des nuages, cad de leur sensibilité à la présence des aérosols et celle ci est plutôt revue à la baisse.
    Dix secondes pour écrire une bêtise, parfois des heures pour montrer à tous que c'en est une...

  12. #11
    Ricquet

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par yves25 Voir le message
    Je parle bien des rétroactions négatives parce que pour les positives, il a le fluage des glaciers, la fonte du permafrost etc... les candiats sont beaucoup plus nombreux et, potentiellement, les amplitudes pourraient être beaucoup plus importantes surtout si l'on inclue les clathrates.
    Oui ... mais le titre c'est "appaiser les peurs du RC", pas amplifier ...
    Je cherche à me rassurer, pas à me faire peur. C'est dans ma nature ...

    Pourquoi le fluage des glaciers ?
    Le reste je comprends, mais pas ça. En quoi serait-ce une rétroaction positive ?

    Merci.

  13. #12
    JPL

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par Ricquet Voir le message
    Oui ... mais le titre c'est "appaiser les peurs du RC", pas amplifier ...
    Je cherche à me rassurer, pas à me faire peur. C'est dans ma nature ...
    Oui, mais la vraie question est : faut-il apaiser ces peur ? Écarter des scénarios invraisemblables provenant de compréhensions superficielles, oui ; donner la parole aux quelques sceptiques qui ont de réels arguments et discuter avec eux de la valeur de ces arguments, oui ; mais apaiser ???
    Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant - Pierre Dac

  14. #13
    Ricquet

    Citation Envoyé par JPL Voir le message
    Oui, mais la vraie question est : faut-il apaiser ces peur ? Écarter des scénarios invraisemblables provenant de compréhensions superficielles, oui ; donner la parole aux quelques sceptiques qui ont de réels arguments et discuter avec eux de la valeur de ces arguments, oui ; mais apaiser ???
    Bon, on quitte un peu la science pour la philosophie, mais en quelques mots :

    Je pense sincèrement que la peur est mauvaise conseillère, voilà. Donc, responsabiliser les gens, les éduquer, les instruire, les mettre face à leurs contradictions, etc, etc, ... OK.
    Mais faire peur, voir paniquer, non.

    Il y a un modérateur, ici, qui a comme "signature" : les Dieux aveuglent ceux qu'ils veulent perdre.
    L'histoire m'a appris que "Les prophètes de Malheur aveuglent ceux qu'ils veulent dominer".
    Proverbe Ricquetien ... à défaut de théorie.

    Merci.

    Citation Envoyé par miniTAX Voir le message
    Acquis par qui ?
    La banquise est le bilan de l'équilibre entre la neige et la fonte (...)
    Ce n'est certainement pas avec une série de mesures de qualité de seulement une trentaine d'année qu'on va pouvoir dire grande chose.
    Citation Envoyé par yves25 Voir le message
    En ce qui concerne les banquises et quoi qu'en disent nos sceptiques de service, leur disparition est programmée... (...)
    J'avais bien commencé par : "Il y a un gros débat là-dessus, ..." ... la preuve ...
    Je ne tranche pas (je n'en sais rien), je partais de l'hypothèse que ...

    Merci.
    Dernière modification par Yoghourt ; 11/04/2007 à 13h58. Motif: Fusion de 2 msgs d'affilée du même auteur

  15. #14
    invite78d2ef62

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par JPL Voir le message
    Oui, mais la vraie question est : faut-il apaiser ces peur ? Écarter des scénarios invraisemblables provenant de compréhensions superficielles, oui ; donner la parole aux quelques sceptiques qui ont de réels arguments et discuter avec eux de la valeur de ces arguments, oui ; mais apaiser ???
    Citation Envoyé par Ricquet Voir le message
    Bon, on quitte un peu la science pour la philosophie, mais en quelques mots :
    Je pense sincèrement que la peur est mauvaise conseillère, voilà. Donc, responsabiliser les gens, les éduquer, les instruire, les mettre face à leurs contradictions, etc, etc, ... OK.
    Mais faire peur, voir paniquer, non.
    (...)
    Je suis Ricquet de ce point de vue, quoique je comprenne JPL. C'est un problème assez profond des démocraties contemporaines, à mon sens ou à mon goût. Le premier idéal démocratique (classique, puis repris par les modernes) était le citoyen éclairé par sa raison. L'idéal actuel, en tendance et à cause de la représentation médiatique dominante, c'est le citoyen guidé par ses passions (ses émotions, ses instincts, son feeling, etc.). On a besoin aujourd'hui d'émotions fortes pour considérer qu'un problème est un problème, de même que l'on justifie ses actes (ses lois dans le cas des politiques) sur le même registre émotif. C'est très déplaisant, infantilisant... et dangereux, car les émotions ne sont pas bonnes conseillères en général, les émotions collectives encore moins.

    Pour revenir au climat, je n'ai aucune objection de principe à une discussion rationnelle visant à minimiser les émissions GES (même fortement) tout en prenant en compte à la fois les incertitudes (donc la méthode la plus souple et la plus modifiable de transition) et les réalités (donc, ne pas oublier les malheurs réels du présent pour ceux hypothétiques du futur, et voir où l'énergie est la plus indispensable). En revanche, je pense qu'un tel débat rationnel n'est pas possible si l'on met de côté les conditions mêmes de ce débat, à savoir ce que nous savons vraiment de la situation, donc l'incertitude persistante entre des scénarios très peu et très catastrophiques. Bref, je refuse le "coup de force" actuel consistant à dire que s'il existe une seule hypothèse alarmante, il faut insister uniquement sur elle et prendre en conséquence le plus vite la décision la plus contraignante. Car un tel raisonnement n'est pas lucide. Ni honnête, dirai-je, vis-à-vis de nos contemporains qui réfléchissent encore autrement qu'en regardant les titres du journal de 20 heures sur TF1.

  16. #15
    invitea65d3c27

    Citation Envoyé par Ricquet Voir le message
    Pourquoi le fluage des glaciers ?
    Le reste je comprends, mais pas ça. En quoi serait-ce une rétroaction positive ?
    Le recul des glaciers est une rétroaction positive car
    recul => diminution de la surface blanche => diminution de la réflexion (albédo) => plus d'absorption de l'énergie solaire => plus de chaleur => plus de recul =>...
    On peut faire le même raisonnement mais pour l'avance des glaciers. Mais le problème est toujours le même: tant qu'on ne sait pas prévoir les précipitations qui jouent et pas qu'un peu sur la santé des glaciers, on ne raconte qu'une moitié de l'histoire.

    Citation Envoyé par mary.shostakov Voir le message
    Oui mais justement les nuages sont des amas de vapeur d'eau condensée en fines gouttelettes maintenues en suspension dans l'atmosphère par les courants ascendants
    OK mais il vaut mieux ne pas confondre vapeur d'eau et nuage. Les nuages jouent un rôle plus complexe qu'un simple obscurcissement (refroidissement) : ils peuvent aussi jouer le rôle de couvercle (réchauffement). Une nuit sans nuage par exemple est très vite glaciale car la chaleur s'échappe plus vite vers l'espace. Et le comportement du couvert nuageux avec un réchauffement est le grand inconnu. Même son évolution lors des 3 dernières décennies où l'on croyait avoir de bonnes mesures satellites par l'ISCPP vient d'être remise en cause par Evan et Al.
    Et quelle aurait été la tendance de la nébulosité avec la hausse de 0,4°C sur les trois dernières décennies ? Aucune tendance dixit l'étude
    Dernière modification par Yoghourt ; 11/04/2007 à 14h00. Motif: Fusion de 2 msgs d'affilée du même auteur

  17. #16
    Ricquet

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par miniTAX Voir le message
    Le recul des glaciers est une rétroaction positive car
    recul => diminution de la surface blanche => diminution de la réflexion (albédo) => plus d'absorption de l'énergie solaire => plus de chaleur => plus de recul =>...
    On peut faire le même raisonnement mais pour l'avance des glaciers. Mais le problème est toujours le même: tant qu'on ne sait pas prévoir les précipitations qui jouent et pas qu'un peu sur la santé des glaciers, on ne raconte qu'une moitié de l'histoire.
    Merci et merci,

    Le premier pour l'explication et le deuxième pour me faire penser à une autre rétro négative, toujours avec mon eau et ma glace :

    Si je me souviens bien, la chaleur massique de l'eau est environ deux fois plus grande que celle de la glace. Donc, quand la glace devient de l'eau, il faut deux fois plus d'énergie pour l'élever de la même température.
    Ca doit être un peu compensé par une diminution de l'albédo, mais ... non ... ??

    Pour Météor : un peanut + un peanut + un peanut ... ça finit par faire un sachet de peanuts !!
    Je ne suis pas faché, sais-tu ... J'ai trouvé ça très drôle.

    Je m'en ferai peut-être des cartes de visite ...... Consultant en rétroaction négative peanuts ...... mouais

  18. #17
    invite0dd4f252

    Re : appaiser les peurs du réchauffement climatique

    Citation Envoyé par Ricquet Voir le message
    Merci et merci,

    Le premier pour l'explication et le deuxième pour me faire penser à une autre rétro négative, toujours avec mon eau et ma glace :

    Si je me souviens bien, la chaleur massique de l'eau est environ deux fois plus grande que celle de la glace. Donc, quand la glace devient de l'eau, il faut deux fois plus d'énergie pour l'élever de la même température.
    Ca doit être un peu compensé par une diminution de l'albédo, mais ... non ... ??

    Pour Météor : un peanut + un peanut + un peanut ... ça finit par faire un sachet de peanuts !!
    Je ne suis pas faché, sais-tu ... J'ai trouvé ça très drôle.

    Je m'en ferai peut-être des cartes de visite ...... Consultant en rétroaction négative peanuts ...... mouais

    voyons voyons Ricquet, tu es à côté d'un gros truc et tu ne le vois pas.
    Si le fluage précipite de grosses quantités de glace continentale dans l'océan, c'est, par définition, que cette glace n'a pas encore fondu, non?
    En conséquence la fusion, accélérée, de la glace au contact de l'eau, qui consomme au passage 80 cal/g au lieu de 1 cal/g°C pour le réchauffage proprement dit, est bien ce qu'on pourrait appeler une rétroaction négative.
    exemple: si on imagine un rejet de 1000 km3/an de glace dans l'océan ceci constituerait une rétroaction de -0.02W/m2.
    100 fois plus -2W/m2.
    200 fois plus absorberait tout le forçage radiatif qu'on prévoit en supplément pour 2100, sans monter la température donc.
    Ceci ferait une disparition de 200000 km3/an de glace continentale, soit une élévation du niveau de la mer d'environ 0.6m/an et la disparition du Groenland, si tout était concentré sur lui, en 10 à 12 ans.
    Bien sûr ceci n'est qu'une hypothèse d'école, mais si on prolonge cette hypothèse on s'aperçoit que toutes les glaces continentales auraient fondu en 120 ans environ et que le niveau serait monté de 72 m.
    Et à partir de ce moment là la température se mettrait à évoluer avec les GES restants.
    Cette hypothèse n'est pas destinée à faire peur mais à montrer les ordres de grandeur.
    Enfin, comme d'habitude, si je n'ai pas fait d'erreur.

    Pour l'albédo je ne crois pas à une influence immédiate concernant les glaces continentales.
    Lorsque les glaciers continentaux se déversent dans les flots on conçoit mal qu'ils libèrent de la terre nue tout de suite.
    Par contre c'est bp plus valable pour la banquise de mer, estivale bien sûr.