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Jean Pierre Petit et les trous noirs

  1. aiolia

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    novembre 2004
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    Jean Pierre Petit et les trous noirs

    J'ai lu récemment un livre écrit par Jean Pierre Petit (versants obscures) dans lequel il réfute la théorie des trous noirs telle qu'elle est admise à l'heure actuelle. Je n'ai pas l'ouvrage sous les yeux (je l'emmenerais demain si besoin est) mais d'après lui, les astrophysiciens qui ont élaborés le modèle du trous noir l'ont fait de façon imparfaite, c'est à dire en gros (je n'ai plus le truc en tête) qu'il ont réalisés des approximations très grossières (une histoire de tenseur, j'en dirais d'avantage demain, promis).

    Il avance notamment le fait que les quasars seraient des régions de l'univers dans lesquelles se produiraient de gigantesques anhihilations matière/antimatière (et non pas de grosses concentrations de matières abritant un TN en leur centre). Il se base d'ailleurs, il me semble, sur une hypothèse de Souriau pour affirmer celà.

    Ayant souvent entendu ici ou ailleurs des contradicteurs de JPP, notamment concernant le sujet des TN, j'aurais voulu savoir ce qu'en pensent ici les spécialistes ?

    -----

    Dernière modification par aiolia ; 11/07/2006 à 21h04.
     


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  2. Gilgamesh

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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par aiolia
    J'ai lu récemment un livre écrit par Jean Pierre Petit (versants obscures)
    Hum, ça résume bien la position de jpp actuellement en terme de géographie épistémologique...



    a+
     

  3. mtheory

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    août 2004
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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par aiolia
    J'ai lu récemment un livre écrit par Jean Pierre Petit (versants obscures) dans lequel il réfute la théorie des trous noirs telle qu'elle est admise à l'heure actuelle. Je n'ai pas l'ouvrage sous les yeux (je l'emmenerais demain si besoin est) mais d'après lui, les astrophysiciens qui ont élaborés le modèle du trous noir l'ont fait de façon imparfaite, c'est à dire en gros (je n'ai plus le truc en tête) qu'il ont réalisés des approximations très grossières (une histoire de tenseur, j'en dirais d'avantage demain, promis).

    Il avance notamment le fait que les quasars seraient des régions de l'univers dans lesquelles se produiraient de gigantesques anhihilations matière/antimatière (et non pas de grosses concentrations de matières abritant un TN en leur centre). Il se base d'ailleurs, il me semble, sur une hypothèse de Souriau pour affirmer celà.

    Ayant souvent entendu ici ou ailleurs des contradicteurs de JPP, notamment concernant le sujet des TN, j'aurais voulu savoir ce qu'en pensent ici les spécialistes ?
    Que tu dois te précipiter à toute vitesse sur les livres de Kip Thorne et Jean Pierre Luminet !!

    http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASI...609926-0414824
    http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASI...609926-0414824
    Dernière modification par mtheory ; 12/07/2006 à 15h33.
    “I'm smart enough to know that I'm dumb.” Richard Feynman
     

  4. aiolia

    Date d'inscription
    novembre 2004
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    87

    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par mtheory
    Que tu dois te précipiter à toute vitesse sur les livres de Kip Thorne et Jean Pierre Luminet !!

    http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASI...609926-0414824
    http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASI...609926-0414824
    J'ai lu celui de JPL, mais je ne m'y connais malheureusmeent pas suffisamment pour porter un jugment critique sur ce dernier ainsi que sur JPP.

    Pour que les spécialistes puissent se faire une idée, voici quelques extraits de la partie où il évoque les trous noirs :

    [...]différents phénomènes peuvent accroître la masse d'une étoile à neutrons.[...]


    (ensuite, jpp évoque les collisions d'étoiles à neutron ainsi que les couples d'étoiles dont
    l'une d'entre elle capture le gaz de l'autre par accrétion et le destin final d'une géante bleue dont la masse
    est supérieure à 20 masses solaires )


    Nous avons recensé trois cas où la criticité peut être atteinte. Comment alors les théoriciens gèrent-ils un tel problème? Mal, à dire vrai.
    Nous allons évoquer les tenants et aboutissants de cette situation (comportement d'une masse de neutrons ayant dépassé sa masse critique de deux masses solaires et demie) sous forme d'un dialogue imaginaire entre deux scientifiques, un dialogue qui aurait pu se situer autour des années cinquante-soixante. .

    - Dis-donc, John A. , les astronomes râlent. Ils voudraient un modèle théorique d'implosion d'une étoile à neutrons déstabilisée.
    - C'est un problème relativiste, avec de telles densités.
    - Je sais, ça ne peut pas se gérer avec des équations de mécanique des fluides classique, comme pour les étoiles normales.
    - Ouais, alors ça relève de l'équation d'Einstein : S = XT
    A ma gauche un tenseur décrivant la géométrie de l'espace temps, localement. A ma droite un autre tenseur décrivant le contenu en énergie-matière.
    Au milieu la constante d'Einstein.
    - C'est magnifique de simplicité et d'élégance. Peux-tu me dire par quel bout tu comptes aborder le problème ?
    - D'abord il est évident que nous devons construire une solution instationnaire, pour décrire ce phénomène de chûte libre.
    - Tu connais, toi, des solutions instationnaires de cette fichue équation d'Einstein ?
    - A part celle de Friedmann, qui donne la théorie du Big Bang et le modèle standard, non, on n'en connait aucune.
    - Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On leur répond qu'on n'a rien à leur fournir.
    - Ecoute John A. , si on répond cela, on va perdre toute crédibilité. Un théoricien, c'est comme Dieu. Ca doit avoir réponse à tout.
    - Je vois bien une solution.
    - Laquelle ?
    - On a construit un ensemble de deux solutions qui se raccordent, pour décrire la géométrie au voisinage d'une masse isolée, d'une étoile, par exemple.
    - Oui, je sais, on considère deux équations. La première est : S = O . Elle décrit la géométrie d'un espace vide. La solution a été trouvée par Schwarzschild en 1917. On l'appelle la solution de Schwarzschild extérieure.
    Le second membre de l'équation, le tenseur énergie matière, est nul.
    - Ce qui signifie qu'on est dans le vide, qu'il n'y a là ni énergie, ni matière.
    - Ensuite, on construit une seconde solution géométrique en considérant l'équation complête S = XT quand le tenseur T n'est pas nul, c'est correspondant à une portion de l'univers qui n'est pas vide.
    En résumé :
    extérieur de l'étoile : densité nulle, S = O
    intérieur de l'étoile : densité non nulle, S = XT

    - Ok, et tu as l'image didactique du cône émoussé, évoquée plus haut. La calote sphérique suggère la solution de Schwarzschild intérieure. Le tronc ce cône évoque la solution extérieure. Et on opère un raccord, mathématiquement. Mais je ne vois pas où tu veux en venir....
    - Cette solution de Schwarzschild extérieure, on n'en utilise qu'une partie.
    - Oui, celle qui se réfère à l'extérieur de l'étoile, pour une valeur du rayon supérieure au rayon de l'astre.
    - Est-ce que tu as regardé à quoi ressemblait cette solution vers le centre ?
    - Mais c'est absurde, c'est une solution qui ne peut décrire qu'une portion d'espace vide. Or, à l'intérieur de l'étoile, il y a de la matière, que je sache !
    - Ne t'énerve pas. Examinons cette géométrie sous un angle purement mathématique.
    - Si tu veux.....
    - Quand on en donne un modèle didiactique, sous forme d'une analogie 2d, cette géométrie ressemble à un tronc de cône qui se raccorde à une sorte de trompette
    - Et quand on construit la géométrie autour de l'étoile, on enlève la partie centrale et on ne garde que cette sorte de tronc de cône, grisé.
    - Puis on remplace la "trompette" par une calote sphérique. Bon, et alors ?
    - Regarde ce que deviennent les géodésiques au voisinage de la trompette.
    - C'est un problème qui est mathématiquement intéressant et tu pourrais en faire un sujet d'examen pour tes étudiants. On voit qu'il y a différents types de géodésiques possibles. Il y a une ligne critique qui représente le raccord entre le tube de la trompette et son pavillon. Ce tube est cylindrique. Or les géodésiques d'un cylindre sont des spirales. Cela veut dire que ces lignes géodésiques filent à l'infini sur ce cylindre et ne rebroussent jamais chemin. Si une ligne géodésiques coupe ce cercle, crac, elle part et ne revient plus en arrière. Les autres géodésiques sont voisines de celles d'un tronc de cône. Mais comme vers le centre la courbure change on peut obtenir des géodésiques qui se recoupent
    - Cela fait penser à une encolure et à quelqu'un qui noue une cravate.
    - Bon, cette géométrie est effectivement assez singulière. Et alors ?
    - Attends, le tube de la trompette n'est pas un cylindre parfait. Sa section tend vers zéro à l'infini. Ce qui fait que si tu regardes les projections planes des géodésiques qui
    franchissent le cercle (ou qu'on observe cet objet selon l'axe, en regardant par la
    pavillon de la trompette ) elles tendent vers un point central en spiralant.
    - C'est très joli, mais où veux-tu en venir ?
    - Imagine que cette solution géométrique de l'équation de champ représente une étoile à neutrons en implosion.
    - Je ne vois pas l'étoile à neutrons. Où est-elle ? Et puis c'est une solution d'une équation qui est censée décrire une région de l'espace temps parfaitement vide, où il
    n'y a ni matière, ni énergie. De plus, c'est une solution stationnaire. Comment veux tu décrire l'implosion d'un objet avec une solution stationnaire, c'est aberrant !
    - Regarde le dessin ci-dessus. Cela peut représenter la trajectoire d'une particule qui tombe vers la région centrale. Avec cette façon de présenter la solution, à la fois
    selon ce dessin, et mathématiquement, on trouve que la particule atteint ce centre en un temps infini, ceci par rapport à un observateur extérieur.
    - Et alors ?
    - Et alors cela débouche sur une description, un peu déconcertante, j'en conviens, de cette implosion. Elle a bien lieu. Au bout du compte ces deux masses solaires et
    demie finiront par se retrouver à l'intérieur d'une tête d'épingle. Mais, dans cette façon d'approcher le problème, pour un observateur extérieur, tout semblera se dérouler en
    un temps infini. Le phénomène sera "en arrêt sur image". Alors je dis :
    Je ne me sens pas tenu de décrire le résultat d'un process qui dure, pour moi,
    observateur extérieur, un temps infini.
    - Quelle acrobatie ! Grâce à cela tu te débrouilles pour décrire un phénomène instationnaire avec une solution stationnaire qui, de plus, décrit un univers totalement
    vide, ce qui est assez singulier vu qu'il s'agit du comportement d'un objet hyperdense!
    - Ecoute, John A. , on n'a rien d'autre. Il faut bien donner quelque chose à manger aux astronomes, sinon ils n'arrèteront pas de nous ennuyer avec ce problème.
    - Mais comment vas-tu appeler cela ? Il faut donner un nom aux découvertes, sinon les gens ne les remarquent pas.
    - Comme c'est quelque chose qu'on construit à partir de la solution de Schwarzschild on pourrait appeler cela un "corps de Schwarzschild" ? (c'est effectivement le premier
    nom qui fut proposé).
    - Hmmm, ça n'est pas très vendeur. Ca n'aura pas de succès.
    - Pourquoi pas "Collapsar" ? (historique).
    - Ca c'est déjà mieux. Mais j'ai une meilleure idée . Si on regarde le dessin précédent, où la chose est vue par le dessus, quand un objet pénètre à l'intérieur de ce
    cercle, dans la représentation à deux dimensions, il ne peut plus ressortir, d'accord?
    - Et en trois dimensions ce cercle devient une sphère, que j'ai appelé la sphère horizon, et dont le rayon est égal au rayon de Schwarzschild (voir annexe 3). Tout ce
    qui pénètre à l'intérieur de cette sphère ne peut plus ressortir.
    - Alors j'ai une idée. On va appeler cela un trou noir.
    - Joli nom. Cela risque même de plaire au grand public, qui sait ?
    - Mais est-ce que tu n'as pas peur qu'un jour quelqu'un découvre la supercherie, que c'est une solution de l'équation d'Einstein à second membre nul, stationnaire, qui est
    censée décrire une région de l'univers où il n'y a ni énergie, ni matière ?
    - Penses-tu ! Ces calculs sont affreusement compliqués. Personne n'ira y mettre son nez, sauf les spécialistes, nos collègues. Et même, parmi ceux-ci, combien seront
    assez malins pour y voir clair. J'ai l'impression qu'un tel objet va faire mille fois le tour de la Terre. Rappelle-toi Bikini....
    - Le nom de l'atoll où on a fait exploser une bombe atomique? Mais on en a fait une marque de costumes de bain.
    - Je ne sais pas, mais, intuitivement, je pense que ce trou noirs est appelé à avoir un brillante carrière. On peut en imaginer des grands, des petits, des géants, des
    minuscules.
    - Mais à quoi cela peut-il servir, en dehors d'expliquer ce qui arrive aux étoiles à neutrons quand leur masse dépasse la valeur critique ?
    - Le trou noir est attractif, puisqu'il courbe les trajectoires géodésiques des
    particules qui passent à proximité. Donc il contribue au champ de gravitation. C'est
    de la masse invisible, puisque les photons eux-mêmes ne peuvent pas en sortir. Or tu
    sais qu'on a des tas d'ennuis dans tous les domaines. On ne trouve pas assez de masse
    dans les galaxies, ou dans les amas de galaxies. On se demande, depuis que Fritz
    Zwicky a mis le doigt sur ce problème, pourquoi tout cela n'explose pas. On n'aura
    qu'à peupler les galaxies de trous noirs de toutes sortes et de toutes tailles. On peut
    même mettre des trous noirs géants au centre de galaxies.
    - En somme, les trous noirs pourraient constituer une sorte de matière sombre?
    - Une idée formidable, non ?
    - Mais ce qui m'embête, quand même, c'est la masse. Où est-elle? Comment arriver
    à faire émerger une masse d'un solution qui décrit un univers vide.
    - On a qu'à mettre une singularité centrale.
    - Quelle allure mathématique lui donneras-tu?
    - Aucune, je ne la décrirai pas. Je me contenterai de dire qu'il y a une singularité au
    centre, c'est tout. Et personne n'ira y voir de plus près. De toute façon, toute personne
    qui rentre dans un trou noir ne peut plus en ressortir. Il y a une façon géométrique
    d'illustrer cette idée, selon un modèle didactique à deux dimensions :
    Fig.19
    - On voit bien qu'il y a des trajectoires qui convergent vers cette singularité et
    d'autres, non.
    - Si je comprends bien, cela revient à concentrer toute la masse de l'objet en son
    centre.
    - En quelque sorte, oui. C'est comme pour un cône. En dehors de son point
    singulier, de son sommet, c'est une surface euclidienne, plane (voir Geometrical
    Physics A). La courbure locale est nulle, sauf au sommet du cône, qui est un point de
    concentration de courbure. Si on assimile masse et courbure, le sommet du cône est
    l'analogue d'une masse ponctuelle.
    - Bref, tu repousses le problème au centre de ton objet. Tu dis que la géométrie est
    solution de l'équation S=O partout, sauf au voisinage du centre.


    (Suite au prochain post)
    Dernière modification par aiolia ; 12/07/2006 à 17h15. Motif: erreur
     

  5. aiolia

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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    (suite)



    A travers cette conversation imaginaire entre John Archibald et son ami, nous avons
    essayé, en utilisant quelques images didactiques, de faire comprendre au lecteur les
    problèmes liés à la théorie du trou noir. Mais il y en a de beaucoup plus graves. Dans
    le début de la partie du site intitulée Geometrical Physics, qui est une initiation aux
    applications de la géométrie à la physique, on évoque le concept de métrique . Nous
    renvoyons à cette partie ceux qui auront des notions suffisantes en mathématiques
    pour la comprendre. La métrique est un objet mathématique qui concentre en luimême
    tous les éléments de la solution d'une équation de champ, comme l'équation
    d'Einstein, que cette équation possède ou non un second membre, qu'elle se réfère un
    univers plein ou vide.
    Pour construire le modèle du trou noir, véritable chimère mathématique, les
    théoriciens ont donc tenté d'utiliser une solution particulière, correspondant à une
    situation stationnaire se référant à un univers vide, solution qu'on appelle la "métrique
    extérieure de Schwarzschild", et qui fut découverte par ce chercheur en 1917.
    A partir d'une métrique, on peut calculer les trajectoires géodésiques (qu'empruntent
    aussi bien les masses que les photons). C'est cette métrique de Schwarzschild qui
    décrit la trajectoire des objets autour du soleil (région où est censée régner un vide
    absolu). C'est avec cette métrique qu'on a pu prévoir des phénomènes comme
    l'avance du périhélie de Mercure, ou la déviation des rayons lumineux issus d'étoiles
    lointaines, lorsqu'ils passent très près du soleil (mais qu'on peut quand même les
    observer, au moment d'une éclipse).

    L'éclipse totale empêche l'observateur d'être totalement ébloui. La présence de la
    masse du soleil entraîne une "faible" courbure du rayon lumineux issu d'une étoile
    lointaine. Par rapport au fond du ciel, celle-ci ne sera ainsi pas à sa place habituelle.
    Lorsqu'on étudie cette métrique plus près du "centre du système", de "l'origine des
    coordonnées" on tombe sur une sphère, dite sphère de Schwarzschild, à l'intérieur de
    laquelle la métrique devient pathologique. Le rayon de la sphère de Schwarzschild du
    Soleil est ainsi de 2.7 km. La formule donnant ce rayon caractéristique en fonction de
    la masse d'un objet est extrêmement simple : Rs = 2GM/c² [...]

    Mais comme ce rayon est à l'intérieur du soleil (région de l'espace qui se trouve
    décrite par une autre "métrique", dite "métrique de Schwarzschild extérieure", cela ne
    pose pas de problème. Vis à vis de cet ensemble : extérieur plus intérieur du soleil,
    cette sphère de Schwarzschild n'a aucune signification physique.
    En construisant le modèle du trou noir les astrophysiciens ont cherché à donner une
    signification physique à cet objet, à tout prix, quoi qu'il en coûte. On a donc été
    conduit à accepter des aberrations mathématiques.
    Dans la section de Geometrical Physics A mentionnée on parle donc assez
    brièvement de cet objet mathématique appelé métrique, dont une des caractéristiques
    est sa signature . C'est une suite de quatre signes (autant que notre espace-temps
    possède dimensions). La métrique de l'espace où nous vivons, pour cadrer avec la
    Relativité Restreinte, est la suite des quatre signes (+ - - - ). C'est une des
    caractéristiques fondamentales de l'hypersurface à quatre dimensions où nous
    sommes censés évoluer. Si la signature de la métrique était différente, alors les lois
    de la Relativité Restreinte ne s'appliqueraient plus !
    Or lorsqu'on pénètre à l'intérieur de la sphère de Schwarzschild, donc à l'intérieur du
    trou noir, si celui-ci existe, cette signature se trouve modifiée et devient ( - + - - ).
    Tous les mathématiciens dignes de ce nom lèvent les yeux au ciel. Le corollaire est
    qu'à l'intérieur de cette sphère horizon la vitesse de la particule, c'est à dire le rapport :
    dr/dt devient supérieure à c .
    L'intérieure d'un trou noir, si trou noir il y a, est empli de
    tachyons, de particules qui cheminent à une vitesse supérieure à la vitesse de la
    lumière.
    L'énergie relativiste d'une particule est :
    E = mc²/sqrt(1-v²/c²)

    si v est supérieur à c , la quantité sous le radical devient négative. La racine carrée
    devient alors un nombre imaginaire pur. Si on veut que l'énergie reste positive et
    réelle il faut que la masse devienne une ... masse imaginaire (la masse des tachyons
    est imaginaire pure).
    - Qu'à cela ne tienne, décrèta un jour John Archibald Wheeler. Nous n'avons qu'à
    décider que lorsqu'on pénètre à l'intérieur de la sphère horizon, la variable t, qui
    était à extérieur le temps, se transforme en distance radiale et la variable r, qui
    était à l'extérieur la distance radiale, se transforme en temps. Et tout rentrera dans
    l'ordre.


    Par la suite la métrique de Schwarzschild fut "perfectionnée" ( tout en restant
    solution stationnaire d'une équation se référant à un univers strictement vide ). En
    1963 Kerr inventa une nouvelle métrique décrivant "trou noir en rotation". C'est
    simplement plus compliqué, mais toutes les pathologies subsistent, à l'intérieur d'une
    surface-horizon.
    Ce qui est extraordinaire c'est d'entendre, ou de lire, sous la plume de spécialistes,
    des phrases comme :
    - Bien qu'on ait pas encore de preuve formelle de leur existence, aucun scientifique
    ne doute plus aujourd'hui de l'existence des trou noirs.




    OUf ! Désolé pour ce post aussi long mais j'aimerais bien avoir l'avis de spécialistes parce que j'avoue que cette histoire m'a un peu embrouillé et je ne sais plus qui a raison. Si on en crois JPP, le modèle actuel des trous noirs semble en effet avoir été bricolé un peu à la va vite, mais peut-être y'a t'il des choses que j'ignore et qu'il omet de préciser.

    Merci d'avance !
     


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  6. Gwyddon

    Date d'inscription
    octobre 2004
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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Bon, déjà voilà un truc qui sent le moisi

    - Tu connais, toi, des solutions instationnaires de cette fichue équation d'Einstein ?
    - A part celle de Friedmann, qui donne la théorie du Big Bang et le modèle standard, non, on n'en connait aucune.
    - Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On leur répond qu'on n'a rien à leur fournir.
    - Ecoute John A. , si on répond cela, on va perdre toute crédibilité. Un théoricien, c'est comme Dieu. Ca doit avoir réponse à tout.
    - Je vois bien une solution.
    D'abord il y a d'autres solutions, ensuite, dire que Théoricien=Dieu, et a réponse à tout, c'est du grand n'importe quoi...
    A quitté FuturaSciences. Merci de ne PAS me contacter par MP.
     

  7. aiolia

    Date d'inscription
    novembre 2004
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    39
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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par Gwyddon
    Bon, déjà voilà un truc qui sent le moisi



    D'abord il y a d'autres solutions, ensuite, dire que Théoricien=Dieu, et a réponse à tout, c'est du grand n'importe quoi...

    Oui ok je suis d'accord sur la forme mais pour en revenir au sujet : ces autres solutions, donnent-elles satisfaction ?
     

  8. JPL

    Date d'inscription
    septembre 2003
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    68 042

    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par aiolia
    J'ai lu celui de JPL,
    Non, je ne suis pas JP Luminet ! Il va falloir décidément que je change de pseudo : entre Luminet, le Jet Propulsion Laboratory et moi, il y a trop de confusions possibles !
    Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant - Pierre Dac
     

  9. aiolia

    Date d'inscription
    novembre 2004
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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par JPL
    Non, je ne suis pas JP Luminet ! Il va falloir décidément que je change de pseudo : entre Luminet, le Jet Propulsion Laboratory et moi, il y a trop de confusions possibles !

    J'avoue que je me suis moi-même posé la question. Dommage, ça aurait été l'occasion de confronter ces deux hypothèses concernant les trous noirs.
     

  10. Gilgamesh

    Date d'inscription
    janvier 2003
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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par aiolia
    J'avoue que je me suis moi-même posé la question.
    C'est pas faire injure à not'JPL que de dire que JP Luminet a autre chose à faire que de modérer un forum de vulgarisation .

    a+
     

  11. aiolia

    Date d'inscription
    novembre 2004
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    87

    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par Gilgamesh
    C'est pas faire injure à not'JPL que de dire que JP Luminet a autre chose à faire que de modérer un forum de vulgarisation .

    a+


    ...et son livre sur les trous noirs était passionnant. C'est la raison pour laquelle j'aimerais bien avoir une réponse à ma question car j'avoue que le bouquin de JPP m'a provoqué quelques sueurs froides. Je me suis demandé du coup si les théories concernant les TN (dont je lis
    des articles vulgarisés depuis pas mal d'années) étaient fondées sur quelque chose de valide ou sur un modèle bancal et incomplet.
     

  12. alain_r

    Date d'inscription
    août 2005
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    446

    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Élément de réflexion :
    1) chercher le nombre d'articles théoriques parlant des trous noirs.
    2) chercher le nombre de publications dans des revues à comité de lecture de JPP sur le sujet.
    3) conclure.
     

  13. alain_r

    Date d'inscription
    août 2005
    Messages
    446

    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Pour résumer, JPP ne comprend même pas que dire que dr/dt représente forcément une vitesse est absurde. Il croit que parce que la coordonnée s'appelle "t", alors cela correspond nécessairement à un temps, de même qu'il croit que parce que une coordonnée s'appelle "r" c'est forcément une distance. C'est faux. Comme il le fait lui-même remarquer, le fait que la signature de la métrique passe de +--- à -+-- indique que dans l'e trou noir, le coordonnée r est de genre temps, et la coordonnée t est de genre distance.
     

  14. aiolia

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    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Citation Envoyé par alain_r
    Élément de réflexion :
    1) chercher le nombre d'articles théoriques parlant des trous noirs.
    2) chercher le nombre de publications dans des revues à comité de lecture de JPP sur le sujet.
    3) conclure.
    Je ne demande qu'à vous croire, mais à vrai dire ce sont plutôt des arguments convaincants que j'attends.
    Si nous vivions dans un monde simple, on pourrait postuler que la majorité a toujours raison, mais le passé nous a prouvé que ce n'était pas toujours vrai. D'où ma méfiance.
    JPP n'en connait apparemment pas plus que les autres chercheurs sur la question, mais il affirme avoir mis le doigt sur une incohérence apparemment grave (d'après ce qu'il affirme) concernant le modèle des TN.
    La question de connaitre le nombre de ses publications dans des revues à comité de lecture n'apporte donc aucune piste concernant les questions que l'on est alors en droit de se poser.
     

  15. alain_r

    Date d'inscription
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    446

    Re : Jean Pierre Petit et les trous noirs

    Elle en apporte au sens où s'il a raison, il n'aura aucune difficulté à publier ce résultat. Le fait qu'il ne l'a pas publié laisse essentiellement trois possibilités :
    1) C'est faux (JPP ne comprend rien)
    2) C'est trivial (JPP a réinventé la roue)
    3) JPP est débile, il pourrait avoir le Prix Nobel en publiant mais il préfère ne pas publier.

    J'essaie de préparer plus de détails pour demain, mais ne vous faites aucune illusion sur l'issue du problème.
     


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