voila j'ai une question a propos de la resistance developpée par certains germes aux antibiotiques.
1)est ce que les germes ont des mutations genetiques aleatoires qui les rendent plus fort?
2)ou bien et la je vais prendre une image: supposons que l'on aligne les 3 milliards d'humains adultes debout cote a cote et qu'on passe une faux geante a 1m60 du sol.
tous les humains qui mesurent plus d'1m60 meurent decapités mais qqns survivent du fait de leur petite taille et parviennent a se reproduiren peut dire qu'ils "deviennent resistants"?
en fait ma question resumée!
est ce que les germes resistants aux antibiotiques sont reellement "nouveaux" ou bien est ce simplement une petite partie des anciens qui pris leur place?
je suis pas biologiste (tout juste un bac c vieux de 10ans en poche) alors merci de pas trop compliquer les reponses!
Bonjour,
Les bactéries sont sensibles à certains antibiotiques qui inhibent leur développement...
Mais comme tous les êtres vivants, leur génome subi des mutations aléatoires, d'autant plus d'ailleurs, que leur multiplication est rapide, et des erreurs se glissent plus facilement dans leur génome...
Certaines de ces mutations peuvent les rendre résistantes aux antibiotiques...
2 cas:
- En l'absence d'antibiotique, cette mutation passe inaperçue, car peu de bactéries sont concernées ... la mutation est rare..
- En présence d'antibiotique, toutes les bactéries sensibles seront tuées, seules les bactéries mutées, résistantes, prolifèreront, donnant ainsi de nombreux individus, une nouvelle souche de bactéries résistantes... Il s'agit d'une sélection naturelle.
18/07/2004 - 15h48
Neutrino
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
Au risque de dire une bêtise, les bactéries deviennent resistantes en quatre temps:
1) Une bactérie d'une certaine espèce a une résistance millénaire à un antibiotique naturel comme la pénicilline
2) Elle la transmet à une autre espèce par un plasmide (pour reprendre votre exemple, nous ne pourrions pas survivre à la faux géante en volant le gène d'hormone de croissance à une souris pour devenir plus petit), cf infra
3) Les bactéries transformées ont un avantage énorme par rapport à leur congénères (celles de la même espèce) et deviennent donc majoritaires
4) Une résistance pour un antibiotique peut dériver en une résistance envers un autre par mutation/sélection
C'est ça le gros truc à comprendre : les bactéries ne jouent pas au jeu de la sélection naturelle comme nous. Nous (= les eucaryotes pluricellulaires) sommes isolés génétiquement, nos gènes ne proviennent que de la copie/dérive/sélection des gènes de gènes ancestraux. Mais les bactéries elles échangent encore des gènes même entre espèces.
Un plasmide est un morceau d'ADN cyclique qui se comporte un peu comme un virus (sauf que lui n'est pas du tout pathologique) : il s'insère dans une bactérie et se fait dupliquer par la bactérie à ses frais, comme un parasite réduit à la plus simple expression.
Mais des fois, le plasmide incorpore en lui des gènes portés par le chromosome (lui aussi ADN cyclique) de la bactérie, notamment parce qu'il est capable de fusionner avec lui un temps.
Par exemple nous avons une bactérie résistante à la pénicilline. Un plasmide va incorporer le gène de résistance de la bactérie, puis va "infecter" une autre bactérie qui n'est pas de la même espèce que la première.
Si dans cette nouvelle bactérie le gène peut être exprimé (il faut que les "consensus" de lecture du gène soit assez respectés), eh bien la nouvelle bactérie hôte sera immunisée contre l'antibiotique. La bactérie y gagne, et le plasmide aussi puisque seules les bactéries l'ayant accepté en elles survivront dans le corps d'un malade sous traitement antibiotique...
Pire, le plasmide peut fusionner avec le chromosome de la bactérie, et y laisser le gène. Dans ce cas là, l'espèce possède définitivement la résistance à l'antibiotique, elle sera transmise avec tout le patrimoine génétique de la bactérie quand bien-même elle se serait débarassée du plasmide. Encore pire, les bactéries d'une même espèce ou de deux espèces très proches peuvent échanger des gènes par "conjugaison", sans le truchement d'un plasmide.
18/07/2004 - 16h15
fluff
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
Envoyé par Neutrino
C'est ça le gros truc à comprendre : les bactéries ne jouent pas au jeu de la sélection naturelle comme nous. Nous (= les eucaryotes pluricellulaires) sommes isolés génétiquement, nos gènes ne proviennent que de la copie/dérive/sélection des gènes de gènes ancestraux. Mais les bactéries elles échangent encore des gènes même entre espèces.
ok je comprends mieux mais est ce une theorie ou bien un fait prouvé scientifiquement?
18/07/2004 - 16h24
Neutrino
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
L'existence des plasmides et leur rôle dans l'échange de gènes est non seulement démontrée, mais en plus ce fait est utilisé avec succès dans la réalisation de bactéries OGM. En effet les plasmides sont un des trois moyens en biotechnologies pour transformer une bactérie.
En plus, pour sélectionner les bactéries qui ont incorporé le plasmide avec le gène d'intérêt, on met sur ce même plasmide un gène de résistance à un antibiotique. On met en culture les bactéries dans un milieu avec l'antiobiotique en question (sélection artificielle) pendant une nuit : celles qui ont incorporé le plasmide peuvent se développer et former des colonies. Et hop, on est certain à 100% que les bactéries qu'on prélève ont le plasmide en elles.
Cette pratique est fortement critiquée parce qu'on donne sciemment la résistance à l'antibiotique à une bactérie. Mais d'autres marqueurs de sélection sont en cours de conception (par exemple, mettre dans le plasmide un gène permettant à la bactérie d'utiliser un sucre inédit, comme le xylulose). Et avant de s'attaquer à cette pratique il faudrait surtout rationnaliser la prise des antibiotiques... Quel mal a causé la fabrication des OGM comparée à des dizaines d'années de prescription d'antiobio pour des rhynopharyngites?
18/07/2004 - 16h32
fluff
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
et bien merci pour ces reponses!
je crois que je vais ouvrir un nouveau post pour en savoir plus la "resistance des chercheurs a trouvé des nouveaux antibiotiques"!
en parlant de nouveaux antibiotiques, une nouvelle voie de recherche a été ouverte : en comprenant comment les champignons arrivent à faire des antibiotiques, on pourra peut-être un jour composer une multitude d'antibiotiques de formule chimique différente, c'est-à-dire inventer des antibio 100 fois plus vite que les bactéries ne peuvent s'adapter... là le problèmes des résistances ne se poserait plus.
Mais en attendant il faut économiser ceux qu'on a...
18/07/2004 - 17h18
m2003
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
Pour ma part je pense que temps qu'on peut se passer des antibiotiques, il faut le faire.
18/07/2004 - 18h41
Guillmot
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
Bonjour,
J'aimerais rajouter à ce qui a été dit deux éléments de réponse complémentaires:
Une bactérie peut être résistante à un antibiotique:
- En possédant une enzyme le dégradant (ex: B-lactamases pour les pénicillines...)
- En subissant une mutation sur le site de fixation de cet antibiotique (ex: une mutation sur une des sous-unités des ribosomes bactériens empêchant la streptomycine d'agir.)
Les détails quant aux mutations et aux moyens de transfert de gènes ont été décrits précédemment.
Dans le cadre de la recherche de nouveaux antibiotiques; le gros problème reste leur très difficile synthèse chimique, ce qui nous rend dépendant de composés naturels (modifiables cependant par génie chimique pour les rendre plus actifs).
Une compréhension du métabolisme des champignons producteurs d'antibiotiques serait certainement riche en applications, en effet !
Comme le rappelle Neutrino, l'abus d'antibios à tout va a favorisé la ruine des premiers antibios commercialisés, par apparition successive de souches mutantes. La tuberculose, par exemple, est en hausse suite à l'apparition de souches du bacille de Koch multi-résistantes. Les nouveaux foyers sont apparus dans l'est de l'Europe:
Envoyé par Guil' d'après S&A
Les cellules communes de prisons vétustes sont un bon foyer de propagation. En Russie, les condamnés malades ne sont pas isolés des autres détenus, créant à la longue une contamination collective. Les mesures de soins, insuffisants, ont entraîné l'émergence de nouvelles souches de Bacilles, dits super-résistants, contre lesquels nos traitements actuels se trouvent le plus souvent inefficaces...
Dans ce cas, la recherche de nouveaux antibiotiques est vitale; de plus, leur utilisation réfléchie et consciencieuse ne doit pas être prise à la légère. N'oublions pas que les antibiotiques sont notre seule arme face à de terribles fléaux aujourd'hui enfouis dans notre mémoire... Qu'ils y restent le plus longtemps possible...
Guil'
"Un sot savant est sot plus qu’un sot ignorant." Molière
18/07/2004 - 18h47
Neutrino
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
On peut ruser d'astuces aussi : maintenant, les gens qui sont admis dans certains hôpitaux pour une opération subissent une prise de sang pour voir s'ils sont infectés (même s'ils combattent l'infection) par une bactérie résistante. Si oui, ils sont mis à l'écart des autres patients et ce qui a été en contact avec eux est encore plus fréquemment désinfecté...
Bonsoir,
Je voudrais juste complèter quelques points :
Une bactérie peut être résistante à un antibiotique:
- En possédant une enzyme le dégradant (ex: B-lactamases pour les pénicillines...)
- En subissant une mutation sur le site de fixation de cet antibiotique (ex: une mutation sur une des sous-unités des ribosomes bactériens empêchant la streptomycine d'agir.)
Il y a 2 choses differentes à discerner : le mécanisme génétique de résistance et le mécanisme 'moléculaire'
Concernant le mécanisme génétique, il y a 2 origines : mutations chromosomiques, et acquisition de gènes (plasmides-transposons)
Au niveau moléculaire, il y a 4 types de résistance (essentiellement) :
-imperméabilité de la membrane de la bactérie
-acquisition d'enzyme dégradant ou modifiant l'antibiotique
-modification de la cible de l'antibiotique
-efflux de l'antibiotique à l'exterieur de la bactérie grâce à des pompes
l'abus d'antibios à tout va a favorisé la ruine des premiers antibios commercialisés
Si un antibio est bien prescrit dans de bonnes indications, les anciens antiobiotiques ont toujours leur place : Pénicilline G ( B-lactamine la moins active )est utilisée dans le traitement de la syphilis; de même pour les simples angines à strepto qui devraient être traitées par une simple pénicilline V (pénicilline de '1ère génération' ) et non par des céphalosporines de 3ème génération qui ,certes, sont utilisées moins longtemps ......je m'emballe, je m'emballe....
Les nouveaux foyers sont apparus dans l'est de l'Europe:
Malheureusement il ne faut pas s'en aller si loin pour retrouver des souches de BK résistantes : on retrouve à Paris un recrutement important de tuberculose et de BK résistants...
18/07/2004 - 22h45
Guillmot
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
Hello
Bon j'ai été un peu rapide en postant
Il y a 2 choses differentes à discerner : le mécanisme génétique de résistance et le mécanisme 'moléculaire'
Oui c'était détaillé avant, je complétais déjà par rapport à ce qui a été dit avant !
Si un antibio est bien prescrit dans de bonnes indications, les anciens antiobiotiques ont toujours leur place
Bon, désolé si le ton (très) expéditif de ma phrase t'a gêné, c'était pas mon but. J'utilise aussi de la péniciline G en manip' de microbio et ça marche tout de même bien sûr ! Je ferai gaffe à ne pas prendre de raccourcis aussi rapides la prochaine fois.
Malheureusement il ne faut pas s'en aller si loin pour retrouver des souches de BK résistantes : on retrouve à Paris un recrutement important de tuberculose et de BK résistants...
Oui mais je parlais de l'origine des multi-souches, du moins l'hypothèse admise et confirmée d'une origine en Europe de l'Est si tu préfères
"Un sot savant est sot plus qu’un sot ignorant." Molière
19/07/2004 - 20h27
Meningo
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
l'hypothèse admise et confirmée d'une origine en Europe de l'Est
Par simple curiosité, est-ce qu'ils décrivent (S&A) les phénotypes de résistance des BK multirésistants issus d'Europe de l'est?
19/07/2004 - 20h46
Guillmot
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Re : mode de resistance aux antibiotiques
Hello Meningo,
Ils citent des phénotypes de résistance à des antibiotiques de première ligne; l'isoniazide, l'éthambutol, la rifampicine et la pyrazinamide. Mais ces résistances sont décrites de manière sommaire (explication rapide d'une mutation sur un gène donné, etc...).
Ils précisent que des antibios de secours en cas de souche multi-résistance (streptomycine, éthionamide) sont bien entendu contrés par les bacilles super-résistants (forme dîte incurable de la maladie).
J'avais fait une fiche perso pour mémoire de ces antibios utilisés contre le bacille de Koch à partir de cet article; si ça t'intéresse je te l'envoie en MP; sauf si la modération m'autorise à le poster là (c'est assez proche d'une partie de l'article de S&A comme fiche mémo...)
"Un sot savant est sot plus qu’un sot ignorant." Molière
J'avais fait une fiche perso pour mémoire de ces antibios utilisés contre le bacille de Koch à partir de cet article; si ça t'intéresse je te l'envoie en MP; sauf si la modération m'autorise à le poster là (c'est assez proche d'une partie de l'article de S&A comme fiche mémo...)