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Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

  1. byves13

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    Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

    Souvent certains tendent à scinder certains domaines scientifiques entre sciences dures et sciences molles.

    S'entendrait que certaines théories en certains domaines soient correctement corroborées, "validant" de fait leur domaine d'étude comme scientifique sans l'ombre d'un doute (improprement appelée "dures" alors).
    D'autres domaines, en particulier en "sciences humaines", mais ailleurs aussi, peineraient ainsi à corroborer suffisamment leurs théories pour apparaître comme pleinement scientifiques au yeux de certains (dites improprement "molles")

    Mais il conviendrait de définir d'abord ce qu'est une science pour sortir d'un subjectivisme à l'emporte pièce ?

    Voir même le présupposé "science" est-il en soit une bonne approche ? Il y a ainsi des départements de "sciences économiques", de "sciences de l'éducation", de "sciences politiques" ("Sciences Po."), etc. à l'Université, ça fait un peut fourre tout.

    Ne devrait-on pas définir plutôt ce qu'est une "approche de type scientifique", voir même définir ce qu'est la "méthodologie scientifique" plutôt, pour savoir ce qu'il en est vraiment ?

    Telle ou telle discipline se définirait ainsi plus précisément comme scientifique, où non, en fonction de critères objectifs (si faire se peut ?), en dehors de toute définition à l'emporte pièce subjective.

    Donc je tente une définition de la méthodologie scientifique ; voir si on peut parvenir à l'affiner ici.

    A. Il faut d'abord déterminer un domaine de définition qui occupe la disciple choisie : la nature des phénomène étudiés dans quel cadre.

    S'entend que la Relativité Générale se définit par rapport à un domaine bien délimité : De l'influence de la gravité de l'échelle atomique (externe) à l'échelle de l'Univers, et de l'espace-temps de telle date après le Big Bang au Présent (avec modélisation d'un futur raisonnable).
    Ce domaine exclut tous les autres : mécanique corpusculaire et encore moins le social ou la biologie par exemples.
    (a) On y adjoindra une marge d'erreur admissible pour tenir compte à la fois de la précision des instruments de mesures et/ou d'observation d'un côté, des phénomènes externes au domaine qui pourraient le polluer de l'autre (en tâchant néanmoins de circonscrire ou du moins "cerner" lesdits phénomènes tant que faire se peut).

    On parle de domaines scientifiques attachés aux théories qui ne valent que dans leur sphère de compétences. On peut parler de "référentiels" associés aux théories aussi, c'est un peu la meme chose (je suis moins sûr : le référentiel encadre-t-il la théorie ou n'en est-il qu'un outil, à voir ?)

    B. Méthodologie proprement dite :

    1. Observation d'un phénomène
    2. Proposition d'une (ou plusieures) hypothèses de travail
    3. Tentatives de corroboration de l'hypothèse par les faits. Ce par le plus de méthodes d'approches possibles (observations, expérimentations, mesures, etc) . Ce si possible contradictoires pour dénicher les contradictions éventuelles entre l'hypothèse et les faits

    En 4. Il faudrait préciser certains concepts : Les corroborations ou non-contradictions ne font pas "preuves" en soi. Une théorie n'est jamais "prouvée" : Elle n'est que "vraisemblable" en fonction de l'accumulation des corroborations, et surtout s'il n'y a pas de contradiction patente au modèle proposé.
    S'entend qu'il peut y avoir des contradictions, mais parfaitement explicables par des phénomènes annexes extérieurs au référentiel choisi (voir domaine de définition *)... si possible à évacuer au cas par cas pour une meilleure corroboration, mais ce n'est toujours possible, auquel cas il faut "démontrer" son déterminisme dans la contradiction observée.
    Idem il n'y a pas de "démonstration" ou "validation" stricto sensu, juste corroborations et non-contradiction.

    Hypothèses tout le monde voit ce que c'est.
    Quant à théorie c'est un peu la même chose, mais à un stade largement corroboré : On évitera de dire que c'est de l'hypothèse "validée" : Par puritanisme, on parlera plutôt d'hypothèse largement corroborée, ou vraisemblable.
    Idem pour loi : c'est une partie d'une théorie, avec les même réserves : pas valable en soi, mais corroborée largement et vraisemblable par là même.

    Bon, on pourra convenir de pouvoir déraper épisodiquement dans des formulations malheureuses telle que démonstration, preuve, prouvé, validation pour parler de non-contradiction et corroborations multiples et variées valant vraisemblance, en essayant d'éviter. On ne va pas être intégristes en restant au pied de la lettre non plus, car soyons clairs, à part les scientifiques en recherche fondamentale, les autres font "comme si" les théories et autres lois étaient "valables" comme utilisables en l'état. Mais comme on cherche à définir la "science" ici, on tâchera de rester au pied de la lettre.


    Bien, si vous avez une définition plus pertinente de la méthodologie scientifique, ça ne pourra que faire avancer le smilblik.

    D'où toute discipline qui répondrait à ces critères méthodologiques serait de l'ordre de la science.



    Tâchons d'illustrer : (c'est une caricature)

    Pluviométrie lunaire : Domaine de définition "pluviométrie" et "sur la Lune"
    1. Constat : il ne pleut jamais sur la Lune
    2. Hypothèse : il ne pleut jamais sur la Lune
    3. On corrobore : effectivement il ne pleut jamais sur la Lune, et ça ne se dément jamais

    ça fait loi,

    Bon, c'est très succinct : C'est de la science de l'ordre du simple "repérage", néanmoins prédictif, mais ne faisant pas vraiment théorie.
    La théorie supposerait qu'on formule une explication au phénomène : "Il n'y a pas d'eau sur la Lune" -> corroboration : "Ah ! on aurait trouver de vagues traces d'eau dans le sous sol" (euh, ça m'étonnerait : mais juste pour illustrer) -> contradiction -> reformulation de l'hypothèse : "la très faible atmosphère lunaire ne permet pas la formation de nuages d'H²O" -> corroboration : pas de nuages sur la Lune -> non-contradiction -> corroboration -> loi (théorie) pas de pluie sur la Lune.

    Le but est ici de définir ce qui peut éventuellement relever de la science ou pas au cas par cas : Un exercice de style pouvant être appliqué à des exemples concrets. Avec peut-être une tentative de définir éventuellement ce qui pourrait relever d'une vague "mollesse" en certains domaines, ou disciplines.

    -----

    On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait où l'on va (Christophe Colomb)
     


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  2. Cotissois31

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    Re : Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

    Je remarque que dans votre façon de questionner, vous exposez uniquement VOTRE raisonnement. Faites-le chez vous.
    Soit vous commencez uniquement à partir des références connues de philosophes ou scientifiques.
    Soit vous êtes sûrs de votre raisonnement, donnez-nous uniquement le résultat, pas le chemin, qui doit tenir en 10 lignes.
    Un forum est un forum, pas un blog ni un livre.
    C'est mon avis. Résumé en 5 lignes.
     

  3. ansset

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    Re : Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

    la segmentation ( qui est à mon sens plus "populaire" qu'autre chose ) peut prendre des significations d'origine diverses!
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_dures
    on peut voir par ailleurs qu'au Canada par exemple on liste "les disciplines scientifiques" sans cette dichotomie d'appellation.
    y'a quelque chose qui cloche là dedans, j'y retourne immédiatement !
     

  4. byves13

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    Re : Qu'est ce que l'épistémologie ?

    Théoriquement l'épistémologie est l'étude historique de la structuration de la science. Historique ? sociale ? philosophique ?
    Est-ce une science en soi ?

    Car ci-dessus, j'ai tenté de définir la science par le biais de la méthodologie "communément admise" (?) au sein de la "communauté scientifique" (?), comme une sorte d'auto-définition de la science par elle même, sui generis pour ainsi dire.
    Néanmoins on peut tout de suite objecter, d'abord que cette définition n'est qu'une production de certains "idéologues formalistes" de cette communauté, qui elle n'y souscrit pas forcément au pied de la lettre, avec certains qui définissent les choses légèrement différemment. En anglais on parle ainsi plus volontiers d'"évidences", qui est en soi un "faux ami" signifiant "preuves" en français. Par ailleurs, certaines disciplines définissent leur propre méthodologie non moins rigoureusement, mais adaptée à la nature complexe de leur domaine (néanmoins reprenant en gros les principes généraux ci-dessus)... mais en les adaptant à la volatilité de leur domaine d'étude, qui ne serait pas exempte de "pollutions" externes au domaine défini (comment sérier le plus correctement possible la dynamique interne du domaine étudié des pollutions externes par exemple ?)
    La philosophie peut ainsi dire que la science est une forme de philosophie définissant d'elle même ses propres principes. Et quand on parle d'idéologues "définissant" la méthodologie, on emprunte nécessairement aux notions de la sociologie fonctionnaliste qui parlerait ainsi de production de "mythe" à propos de la méthode : Ceci n'étant pas de l'ordre du jugement de valeur, mais de catégorisation fonctionnelle d'objets sociaux.
    La science peut-elle ainsi faire l'impasse de concepts externes (rigoureux s'entend) en ce qui concerne sa définition. Chez les grecs ainsi la science n'était qu'une branche de la philosophie adoptant une certaine forme de rhétorique. Et dans l'islam classique, les domaines d'érudition n'étaient pas sériés : On était nécessairement érudit en tout, science, philosophie, théologie, etc.
    Par ailleurs, l'Etat français tend à définir ce qui lui "parait" scientifique en instituant des disciplines universitaires : Science Po., département des sciences de l'éducation, etc..
    Bref, la science est-elle vraiment fondée à se définir par elle même, ou ne peut-elle faire l'impasse sur certains regards externes rigoureux pour ce faire ? Car enfin il y a une forme de raisonnement circulaire à s'auto-définir : On ne peut définir "scientifiquement" la méthodologie scientifique (par exemple ici) avant d'avoir défini ladite méthodologie : Quelle méthode doit-t-on employer pour définir la méthode ? On définirait ainsi la méthode arbitrairement, pour vérifier rétrospectivement que la méthode employée au départ pour la définir répond bien à la définition adoptée au final (en fait historiquement ce serait plutôt l'inverse : La science a difinit ses propres méthodes empiriquement, et a tenté de se définir par ces principes ainsi dégagées) . Par ailleurs qui défini quoi : une partie de l'establishment scientifique, lui même auto-proclamé : il y a ainsi des organes de publications scientifiques auto proclamés (et/ou initiées indirectement par des administrations d'Etat), néanmoins respectés, mais qui pour autant ont maint fois recalé des publications faisant néanmoins autorité en sciences désormais.

    Mais bon, il faut bien partir de quelque part arbitrairement, et si possible le plus rigoureusement possible, quitte à réviser les paradigmes de départ en cour de route.
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  5. byves13

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    Re : Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

    Citation Envoyé par Cotissois31 Voir le message
    Je remarque que dans votre façon de questionner, vous exposez uniquement VOTRE raisonnement. Faites-le chez vous.
    Soit vous commencez uniquement à partir des références connues de philosophes ou scientifiques.
    Soit vous êtes sûrs de votre raisonnement, donnez-nous uniquement le résultat, pas le chemin, qui doit tenir en 10 lignes.
    Un forum est un forum, pas un blog ni un livre.
    C'est mon avis. Résumé en 5 lignes.
    Non ce n'est pas "mon" raisonnement, mais un résumé de plusieurs siècles de réflexion sur ce qu'est la "méthode scientifique" par exemple. J'eus pu citer, mais c'était déjà assez long, et rien que les citations eurent prises à elles seules plus de 10 lignes.
    Ceci dit c'est un appel à confrontation de points de vue différents (effectivement à sourcer si possible). Je pars d'un questionnement personnel, néanmoins basé sur des lectures antérieures, je ne vois pas comment faire autrement.
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  6. byves13

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    Re : Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

    Citation Envoyé par ansset Voir le message
    la segmentation ( qui est à mon sens plus "populaire" qu'autre chose ) peut prendre des significations d'origine diverses!
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_dures
    On peut voir par ailleurs qu'au Canada par exemple on liste "les disciplines scientifiques" sans cette dichotomie d'appellation.
    Nous sommes d'accord, j'ai traité d'emblée cette dichotomie d'impropre, en mettant des guillemets.
    Là, la sériation n'est plus que de l'ordre de "domaines" d'études formellement indépendant de toute pollution externe, et d'autres ne pouvant faire l'économie de ces pollutions externes à leur domaine nécessairement intriqué à minima dans un corpus plus vaste :
    On devrait plutôt parler de domaines isolés, et de domaines relativement intriqués ne pouvant faire l'impasse d'une tentative de sériation entre dynamique interne du domaine, et de ses pollutions externes : Où la méthodologie ne peut se passer donc de la nécessaire étude d'impact entre dynamique interne du domaine et éléments pollueurs, dont l'influence est à "démontrer", ou isoler tant que faire se peut.
    Dernière modification par byves13 ; 17/04/2017 à 12h16.
    On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait où l'on va (Christophe Colomb)
     

  7. byves13

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    Re : Reformulation du questionnement initial.

    Ma question de néophyte relatif est :
    Qu'est-ce qu'une science ?
    Y a-t-il des domaines plus ou moins scientifique ? Pourquoi ?

    C'est un forum de vulgarisation :

    Quelles informations peuvent fournir les érudits du sujet à un questionnement bébête de néophyte, relativisant certains préjugés par des données plus solides ?
    On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait où l'on va (Christophe Colomb)
     

  8. didier941751

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    Re : Reformulation du questionnement initial.

    Citation Envoyé par byves13 Voir le message
    Qu'est-ce qu'une science ?
    l'étude d'interactions.

    Y a-t-il des domaines plus ou moins scientifique ? Pourquoi ?
    - Oui
    - Car ne satisfaisant pas à la méthode scientifique (et suivant le domaine on peut citer plusieurs choses...une étant la reproductibilité).

    Définition de néophyte, donc perfectible, mais vu la "généralité" de la question...
     

  9. ansset

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    Re : Reformulation du questionnement initial.

    encore une fois, je préfère parler de "disciplines scientifiques" que de "Science". ( préférence personnelle )
    car la question telle que posée devient vite "métaphysique", voir philosophique et source à "blabla".
    parmi les disciplines, on peut éventuellement évoquer leur spécificités.
    mais c'est votre fil.
    Dernière modification par ansset ; 17/04/2017 à 14h14.
    y'a quelque chose qui cloche là dedans, j'y retourne immédiatement !
     

  10. byves13

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    Re : Reformulation du questionnement initial.

    Citation Envoyé par didier941751 Voir le message
    l'étude d'interactions.
    Y a-t-il des domaines plus ou moins scientifique ? Pourquoi ?
    - Oui
    - Car ne satisfaisant pas à la méthode scientifique (et suivant le domaine on peut citer plusieurs choses...une étant la reproductibilité).
    "Reproductibilité" est un item éclairant dans le processus de corroboration, merci.
    Mais je me demande s'il n'a pas à être affiné : il est suffisant, mais est-il nécessaire ?
    J'entends par là qu'en astrophysique ou en évolutionnisme, on ne peut qu'observer les phénomènes sans les provoquer : Faire de l'expérimentation reproductible n'y est pas concevable. On ne peut provoquer l'apparition d'un quasar , ou d'une nouvelle espèce pour les reproduire. On peut juste attendre que le phénomène se reproduise de lui-même pour constater qu'il se "reproduit" bien conformément à sa modélisation (non-contradiction). Donc reproductibilité au sens large, en l'intégrant dans les outils de corroboration disponibles.
    Citation Envoyé par didier941751 Voir le message
    Définition de néophyte, donc perfectible, mais vu la "généralité" de la question...
    Certes, le domaine est vaste (les sciences), mais par contre la définition d'un modèle concernant la méthode scientifique est assez restreint, c'est pour ça que je l'ai privilégié.
    Mais s'il y a d'autres modèles plus concis pour définir la "scientificité" des disciplines, on peut évidemment les privilégier ici.
    On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait où l'on va (Christophe Colomb)
     

  11. ansset

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    Re : Reformulation du questionnement initial.

    justement, c'est un peu ce que je sous entendais (entre autre) par spécificités des disciplines.
    dans certaines, l'expérimentation est impossible comme en cosmologie, on recherche les corroborations par d'autres moyens indirects.
    il y a aussi la question de la corroboration dans le temps.
    dans le cas de la physique et la chimie , de l'observation de la matière au sens large, le sujet étudié ne change pas dans le temps ( seuls les modèles évoluent et se précisent ) (*)
    dans les sciences humaines, c'est plus délicat : je me demande par exemple si en sociologie le sujet étudié n'évolue pas de lui-même ( les aspects sociétaux entre autre, les environnements au sens large ). Ce qui ne simplifie pas la notion de corroboration, ou amène à revoir les modèles, non ? ( question objective sans arrière pensée )

    (*) sauf éventuellement à prendre des temps très long
    y'a quelque chose qui cloche là dedans, j'y retourne immédiatement !
     

  12. ansset

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    Re : Reformulation du questionnement initial.

    y'a quelque chose qui cloche là dedans, j'y retourne immédiatement !
     

  13. byves13

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    Re : Reformulation du questionnement initial.

    On risque de parler dans le vide en jonglant avec les concepts assez vrtuels ici.

    Si on prenait donc une discipline (arbitrairement) pour tenter une approche des concepts concrètement.
    Arbitrairement, si on prend une discipline "borderline", ça risque de déraper en polémiques interminables (mais surement éclairantes).
    Prenons donc un contre-exemple : La psychanalyse dont la plupart conviendront que c'est plus de l'ordre de la technique que de la science.
    Mais pour autant, en étudiant ses prétentions à modéliser la structuration de la psyché humaine à des fins thérapeutiques, ont pourra définir ce qu'elle emprunte à la méthode scientifique d'un côté, et ce qui lui "manque" à contrario pour ce faire. Un bon moyen pour préciser les concepts concrètement.

    Il convient d'abord de séparer la cure, de l'hypothèse de la structuration de la psyché, quoi que la cure puisse participer à minima à la corroboration du modèle.

    D'abord d'un point de vue historique (freudisme).

    1. Première étape : Observation des faits au cours des cures

    Tout de suite on remarquera qu'on observe des sujets "en malaise psychique", donc une catégorie spéciale n'embrassant pas le champ de l'humanité dans sa globalité.
    Nonobstant les sujets observés sont très majoritairement occidentaux, et peu représentatifs de "la psyché" humaine en soi. Néanmoins la psychanalyse eut pu resserrer son domaine de définition en "structuration de la psyché occidentale".

    2. Formulation des Hypothèses : voir remarque précédente.

    Un petit aparté sur le "Complexe d'Oedipe" comme exemple. Ce n'est pas une appellation pertinente, et elle n'a pas à l'être en méthodologie. C'est juste une dénomination arbitraire d'un processus qui n'a pas besoin d'être pertinent après corroboration, voir même contradiction. Un peu comme la dénomination + et - pour les pôles électriques présupposant un courant du + au - (comme un fluide s'écoulant de haut + en bas -) : qu'on ait découvert que le "courant" des électrons allait en sens inverse (métaphoriquement de bas en haut), n'invalide ni les appellations (arbitraires donc), ni le concept de courant en soi (dénomination arbitraire). La modélisation même de l'Oedipe n'est pas en cause (comme arbitraire) aussi bien que le concept allégorique de "courant" électrique (fluide). Ce qui compte c'est que le phénomène conceptualisé soit corroboré ou non, non dans sa dénomination ou allégorie, mais dans sa dynamique présupposée.

    3. Corroboration : Même remarque qu'en 1. sur la représentativité. Les modèles présupposés auront beau être systématiquement corroboré en cure, ça ne concerne que des sujets en malaise psychiques, mais surtout ils devraient pouvoir être "reproductibles" (s'entend constatables) par des non-psychanalystes. non formés à la discipline. Soit la science se voit souvent corroborée par des scientifiques formés à leur discipline, mais tout autre quidam étranger peut néanmoins contredire une corroboration par sa propre approche (rigoureuse s'entend.

    Que manque-t-il donc : Des "cures" sur des échantillons plus représentatifs par des non-spécialistes (!), mais surtout d'autres modes de corroboration... Protocoles évacuant le facteur cure en double aveugle : ni le sujet ni l'expérimentateur ne savent ce qu'ils sont censés corroborer. Le protocole est modélisé en amont de l'expérimentateur, sans l'informer du but de l'expérience.

    Il y aurait bien des corroborations indirectes.
    Ainsi des pédagogues se sont appropriés les hypothèses psychanalytiques (sans aval des psy. qui considèrent l'idéal éducatif comme idéaliste) pour proposer des méthodes éducatives "idéales", dont certains se retrouvent en cure plus tard (compris des enfants de psy.). Ce qui méthodologiquement pourrait faire révision des modèles initiaux par retour d "expérience" 50 ans plus tard. et le cycle devrait se reproduire plusieurs fois à fin d'affinement du modèle.

    Néanmoins tout parent, ou éducateur (crèche, école, centre aéré, etc.) peut constater la relative pertinence de l'Oedipe, de l'Anal, etc. sur les enfants non en malaise psychique pour peu qu'ils soient au courant. Mais justement ce n'est du double aveugle, ou le présupposé a imprégné le corps social.
    Ceci même si on le constate chez les enfants de voisins qui ne sont pas au courant. Quoi que là, pourquoi pas ? C'est presque du double aveugle : Ni l'enfant, ni les parents ne sont au courant, mais l'observateur si. A la limite quelqu'un de non au courant pourrait rapporter un jeu d'agressivité-séduction d'un enfant avec ses parents non au courant à un tiers au courant. Là ça fait double aveugle par un non spécialiste (mais hors processus expérimental : quoi que ce soit presque mieux en matière de double aveugle. C'est presque du triple aveugle, c'est du quidam qui corrobore, et non un scientifique cherchant à valider ou invalider une hypothèse.
    C'est un présupposé de considérer que les corroborations doivent nécessairement être opérées par des spécialistes, au contraire, mieux vaudrait qu'ils ne soient pas "impliqués"dans l'objet de la recherche. Néanmoins il est évident qu'un spécialiste est mieux placé pour juger des corroborations, et de plus il publie, contrairement au quidam.
    Parallèlement, si un quidam, inculte en matière astronomique, allant à une nuit porte ouverte à un observatoire, décrivait naïvement à son voisin (amateur mais n'ayant pipé mot, ni au courant de ce l'autre observe) un phénomène modélisé par l'astronomie, ce serait la preuve suprême du modèle.

    Mais on en reste toujours au modèle familial occidental.

    Evolutions de la "méthodologie" psychanalytique :

    Des disciples de Bion ont proposé une méthode d'approche intéressante en encadrant des "éducateurs" en prise avec des enfants problématiques.

    Protocole :
    - Il se présentent parfois comme coaches en éducation.
    - Observations des interactions entre enfants et "éducateurs" dans des situations courantes (glasses sans teint).
    - Puis proposent des réponses aux éducateurs en débriefing (hors présence de l'enfant) suivant leurs hypothèses (dont les "éducateurs n'ont aucune idée) en vue de résolutions des "problèmes".
    - Puis ré-observation d'une autre situation consécutive, en observant les effets éventuels de leur conseils.
    De situations en situations, ils peuvent corroborer les effets de leurs hypothèses en les révisant au fur et à mesure si besoin est. Ce qui permet de corroborer bien plus rapidement les hypothèses.

    Par ailleurs, ils interviennent aussi en crèche, en centres aérés, à l'école, etc., dans un milieu bien plus représentatif. Certes ils sont là pour les problèmes, ce qui ne les empêche d'observer les autres situations courantes, et de corroborer aussi leurs hypothèses, compris pour des enfants communs (ils peuvent ainsi juger des réponses inappropriées envers ces enfants, produisant néanmoins des effets positifs par exemple, ce sans qu'ils soient intervenus, appelant révision des modèles idem)

    Ceci dit, même si leurs protocoles se rapprochent de la méthodologie scientifique, il n'est pour eux que question de modéliser une structuration de la psyché qu'à des fins thérapeutiques (techniques). Pour autant les chirurgiens agissent de même, en faisant avancer la science médicale (science ou technique ?)

    Soyons clairs, les psychanalystes ne revendiquent pas un statut scientifique pour leur discipline, soit qu'ils se concentrent sur l'aspect technique, soit qu'ils considèrent que leur discipline, touchant aux "résistances psychiques", n'est pas prête à faire consensus social (compris chez les scientifiques). Cette prétention, vaguement conspirationniste, à définir toute résistance à une reconnaissance comme une "résistance psychique", n'a rien de méthodologique en soi. Prétendre à une telle résistance pour "dénoncer" un déni de reconnaissance ne fait pas corroboration en soi, c'est clair. (Néanmoins on peut être conspirationniste d'un coté, et corroborer correctement de l'autre : ce n'est pas rédhibitoire).

    Des anthropologues se sont intéressés à la transposition de ce modèle dans d'autres cultures, en observant des dynamiques initiatiques structurantes de l'identité des individus en formulant des hypothèses en rapport. (Oedipe africain - Ortigues ; Silberer ; voir Yung). Mais la transposition de la psychanalyse aux cultures non occidentales reste au stade d'essais confidentiels, qu'on ne peut sérieusement qualifié d'approches méthodologique.

    En conclusion, la psychanalyse serait une sorte de proto-science qui tâtonne dans son approche méthodologique, et n'est qu'au stade des premiers repérages et tentatives de modélisation non suffisamment corroborées méthodologiquement. Un peu comme l'astronomie grecque : avec bonne volonté quant à corroborer ses modèles face aux réalités qu'elle explore, mais sans trop de méthodes abouties.

    Bon, c'est un exercice de style pour illustrer les concepts, j'ai surement oublié au passage quelque impasses éclairante sur les manquements méthodologiques de nos psy, ou à contrario des méthodes de corroborations pertinentes oubliées ici.

    L'exercice a permis de dégager des notions comme "dénomination arbitraire", ou "expérimentation en double aveugle", ou l'inanité du présupposé de corroboration nécessairement d'origine spécialisée.
    On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait où l'on va (Christophe Colomb)
     

  14. pm42

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    Re : Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

    Ca fait beaucoup de tartines pour finir par parler de psychanalyse sur FS.
    Personne n'aurait pu le voir venir
     

  15. ansset

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    Re : Qu'est-ce qu'une Science ? Sciences "dures" - Sciences "molles" ?

    Citation Envoyé par pm42 Voir le message
    Ca fait beaucoup de tartines pour finir par parler de psychanalyse sur FS.
    Personne n'aurait pu le voir venir
    celle ci est en plus particulièrement indigeste.
    y'a quelque chose qui cloche là dedans, j'y retourne immédiatement !
     


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