Désolé Faith de t'avoir mal compris/simplifié ton propos.
Quand je lis
- soit on accepte de dire que l'homme est spécial (car ayant un devoir moral), et dans ce cas, il est logique que les règles éthiques soient plus draconiennes envers une espèce spéciale qu'envers une qui ne l'est pas.
Je comprends d'abord un enthymème (1) l'homme a un devoir moral donc (C1) il est spécial (prémisse implicite : (2) les autres animaux n'ont pas de devoir moral). Ensuite de (C1) tu dis dériver logiquement (C2) les règles éthiques sont plus draconiennes envers une espèce spéciale qu'envers les autres.
De cela je fais deux remarques :
1/ Je me demande sur quelle(s) autre(s) prémisse(s) implicite(s) tu t'appuies pour faire ton inférence logique vers (C2), il me semble que c'est quelque chose comme (3) "une personne morale a plus de devoirs envers une autre personne morale qu'envers un autre être" (ou dans ton vocabulaire un membre d'une espèce spéciale a plus de devoir envers un autre membre d'une espèce spéciale qu'envers un membre d'une espèce non spéciale). Idée qui n'est pas sans pertinence ! Si tu me dis que ce n'est pas ton argument, soit, mais alors quel est ton argument ? En l'absence, ta conclusion est une affirmation gratuite. Si c'est bien ton argument, alors il doit se frotter à mon contre-exemple qu'il n'y a aucune raison pour que j'applique une règle éthique moins exigeante envers mon chien qu'envers mon voisin.
2/ Je te signale que la prémisse implicite (2) peut être rejetée. On peut considérer que d'autres espèces éprouvent un devoir moral (cf les expériences de partage équitables de nourritures chez des chimpanzés par exemple). Et si on rejette (2) plein d'alternatives apparaissent.
Envoyé par Faith
Envoyé par Wart
Par ailleurs, tu restreins le champ des possibles à un faux dilemme, soit l'homme est le seul être moral, soit il n'est pas moral comme tout les autres animaux, mais bien d'autres propositions sont soutenables.
Idem ci-dessus. Tu lis mes propos avec un a-priori qu'il faudrait laisser de coté.
Je ne lis avec aucun a prori, je lis de la manière la plus rationnelle possible pour moi ton texte. Il me dit " Il y a deux choses: soit X soit Y" et je montre qu'il existe Z, c'est-à-dire que c'était une fausse alternative.
Dernière modification par Wart ; 30/09/2011 à 14h25.
X = on nie à l'homme son caractère spécial (pour l'homme), et dans ce cas, rien ne l'incite à être différent d'un autre animal (sans bien, sans mal)
Y = on accepte de dire que l'homme est spécial (car ayant un devoir moral), et dans ce cas, il est logique que les règles éthiques soient plus draconiennes envers une espèce spéciale qu'envers une qui ne l'est pas.
Z = on attribue un caractère moral à un ensemble d'animaux dont l'homme fait partie. L'homme n'est pas spécial mais il a tout de même un devoir moral. Les mêmes règles éthiques s'appliquent a minima entre individus moraux de différentes espèces et a maxima des individus moraux vers tout les autres individus moraux et non-moraux
30/09/2011 - 15h04
Faith
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Re : Animaux de laboratoire
Envoyé par Wart
2/ Je te signale que la prémisse implicite (2) peut être rejetée.
En effet, et d'ailleurs, elle est non nécessaire et ne fait pas partie de mon raisonnement. Le fait que l'immense majorité des animaux n'ait pas de notion morale (ou au minimum qu'on ignore qu'ils en ont) est suffisant.
1/ Je me demande sur quelle(s) autre(s) prémisse(s) implicite(s)
L'autre prémisse est que tous les animaux ne peuvent pas être traités de la même façon.
Il faut donc faire une échelle. Autant j'ai déjà croisé des gens refusant de faire cette hiérarchie (même vague), plaçant donc le moustique au niveau de l'humain, autant je n'ai jamais croisé personne acceptant, mais qui ne place pas l'homme dans le "groupe du haut".
Si c'est bien ton argument, alors il doit se frotter à mon contre-exemple qu'il n'y a aucune raison pour que j'applique une règle éthique moins exigeante envers mon chien qu'envers mon voisin.
C'est simple, si tu me dis que tu appliques la même règle éthique entre une mouche, un poisson, un pigeon et ton chien, je n'ai rien à redire. Mais si tu places une distinction à un endroit, il va falloir en expliquer la raison, et dans tous les cas que j'ai rencontrés, cette raison place automatiquement l'homme dans "le groupe du haut".
Je ne lis avec aucun a prori, je lis de la manière la plus rationnelle possible pour moi ton texte. Il me dit " Il y a deux choses: soit X soit Y" et je montre qu'il existe Z, c'est-à-dire que c'était une fausse alternative.
Z est inclu dans Y car spécial n'a jamais voulu dire unique (là est, peut-être, l'a-priori)
Dernière modification par Faith ; 30/09/2011 à 15h06.
30/09/2011 - 16h20
Wart
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Re : Animaux de laboratoire
Envoyé par Faith
Z est inclu dans Y car spécial n'a jamais voulu dire unique (là est, peut-être, l'a-priori)
Et bien nous sommes d'accord alors
30/09/2011 - 17h28
Ryuujin
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Re : Animaux de laboratoire
C'est simple, si tu me dis que tu appliques la même règle éthique entre une mouche, un poisson, un pigeon et ton chien, je n'ai rien à redire. Mais si tu places une distinction à un endroit, il va falloir en expliquer la raison, et dans tous les cas que j'ai rencontrés, cette raison place automatiquement l'homme dans "le groupe du haut".
J'y vois une explication simple : l'empathie, qui n'a rien de rationnel. On s'identifie beaucoup plus facilement à un singe qu'à une sourie ou à une blatte.
Il n'y a aucune explication rationnelle à la volonté d'éviter de faire souffrir ou de tuer des individus d'autres espèces (si ce n'est dans certains cas des répercutions écologiques, sociales etc...).
30/09/2011 - 18h01
Wart
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Re : Animaux de laboratoire
Envoyé par Ryuujin
Il n'y a aucune explication rationnelle à la volonté d'éviter de faire souffrir ou de tuer des individus d'autres espèces (si ce n'est dans certains cas des répercutions écologiques, sociales etc...).
Explication rationnelle ou justification rationnelle ?
Pour l'explication, c'est-à-dire l’enchaînement des causes qui conduisent à agir pour ne pas faire souffrir les individus d'autres espèces, tu en as fournie une toi-même : l'empathie.
Pour ce qu'est des justifications, des bonnes raisons, c'est beaucoup plus difficile à fournir - une fois mis de coté les raisons égoïstes du type "c'est dans mon intérêt bien compris". Mais ça l'est aussi pour justifier des conduites entre humains...
30/09/2011 - 18h14
Faith
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Re : Animaux de laboratoire
Envoyé par Wart
Pour l'explication, c'est-à-dire l’enchaînement des causes qui conduisent à agir pour ne pas faire souffrir les individus d'autres espèces, tu en as fournie une toi-même : l'empathie.
Pour ce qu'est des justifications, des bonnes raisons, c'est beaucoup plus difficile à fournir - une fois mis de coté les raisons égoïstes du type "c'est dans mon intérêt bien compris". Mais ça l'est aussi pour justifier des conduites entre humains...
D'un point de vue évolutif, l'empathie est un immense avantage pour les espèces sociales, elle permet de renforcer le soutien et l'entre-aide entre proches (et d'autant plus d'entraide qu'on se sent proche), donc de multiplier les chances que son proche génome (ou l'un de la famille) se propage davantage.
Ensuite l'empathie envers les animaux est probablement un effet de bord de l'empathie "utile".
Sentiment d'ailleurs essentiellement présent chez les humains qui n'ont plus de problèmes de survie, et une vie très confortable.
En parallèle, on peut remarquer qu'il n'est pas rare que les gens rechignent plus à faire souffrir leur animal de compagnie qu'un humain inconnu.
C'est un indice intéressant montrant que l'empathie existe pour privilégier le cercle proche, le cercle utile à la survie.
30/09/2011 - 18h26
Wart
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Re : Animaux de laboratoire
On dérive vers le sujet de l'empathie interspécifique, déjà abordé dans d'autres fils
On dérive vers le sujet de l'empathie interspécifique, déjà abordé dans d'autres fils
Je n'appelle pas ça une dérive. S'interroger sur l'expérimentation animale, c'est exactement la question de l'empathie interspécifique.
Mais on est d'accord pour dire que ce sujet est un classique du genre.
30/09/2011 - 18h35
Ryuujin
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Re : Animaux de laboratoire
Explication rationnelle ou justification rationnelle ?