Bonjour à tous.
C'est une question délicate par sa nature que je vous adresse donc, s'il vous plais: pas de débordements.
L'eugénisme a-t-il un fondement scientifique valable ?
Merci.![]()

Bonjour à tous.
C'est une question délicate par sa nature que je vous adresse donc, s'il vous plais: pas de débordements.
L'eugénisme a-t-il un fondement scientifique valable ?
Merci.![]()
-"eu-" [grec] = bien, bon, vrai...
-"gen(esis)" [grec] = devenir, naissance, génération, production...
-"-isme" [du "-ismus" latin] = doctrine, idéologie, théorie...
En gros nous pouvons définir l'eugénisme comme une "doctrine de la bonne génération". Le bon renvoyant au "bien". De sorte qu'il n'est déjà plus question de science au sens contemporrain du terme.
Ainsi, le mot traduit en lui même sa connotation fondamentalement "morale-politique" (rapport au bien). De sorte que la science ne peut que fournir des arguments mais non des raisons permettant de décider.
Cordialement.
Bonjour,
il serait nécessaire avant tout que tu définisses "fondement scientifique valable".
De plus, quelle qu'elle soit, une application de la science ne tire pas ses lettres de noblesse de son origine "scientifique".
Je ne vois donc pas trop où tu veux en venir avec cette question, si ce n'est qu'elle va générer des polémiques inutiles.
Au moindre débordement, la discussion sera fermée.
J'ai mal choisi mes mots. Je reformule donc:
D'un point de vue strictement scientifique: pourrait-on mener l'espèce humaine vers une sorte "d'évolution artificielle" aboutissant à un accroissement des performances intellectuelles et physiques de cette dernière ?
Une telle tache serait-elle réalisable ou, au contraire, impossible -et ce en faisant abstraction du fait qu'elle serait, j'en conviens parfaitement, totalement immorale- ?
D'après ce que j'ai compris des autres discussions sur l'eugénisme:
Oui, il est possible d'accroitre les performances physiques et mentales par eugénisme (quoiqu'il serait probablement plus simple de le faire par transgénèse, au moins pour le physique).
Mais cet accroissement se fera au détriment de la variété génétique. De plus, ce que l'on jugera "meilleur" à un moment pourra se révéler moins bon ou moins efficace plus tard.
Au final, l'énorme risque lié à l'eugénisme est d'uniformiser la population qui sera génétiquement moins adaptable et donc plus vulnérable à des virus ou des maladies, mais également à des changement d'environnement (possible même sans envisager de catastrophe majeure: il suffit de penser à l'exploration spatiale)
A moins de penser que l'amélioration de l'esprit et du corps humain soit suffisante pour contre-balancer tous les inconvénients liés à l'uniformisation du patrimoine génétique, alors l'eugénisme n'est (éventuellement) valable qu'à court terme et pourrait être dévastateur à long terme.
Si tu es prêt à consacrer 1h30 de ton temps je te conseille d'écouter cette conférence de Pierre Henri Gouyon. "Eugénisme" est est un mot lourd de son bagage historique. Aussi je pense qu'il est possible d'avoir assez de recul pour ne pas sombrer dans de pathétiques polémiques. l' "Eugénisme" ne se résume pas à son coté appliqué dans la politique nazis. On peut faire la distinction entre l'application de l'eugénisme et son socle idéologique. Bien que le premier point soit très intéressant il n'a pas sa place sur FSG je pense.
J'essaie de faire un petit résumé de cette conférence.
Lorsqu'à la fin du 19ème on commence à assimiler la théorie de Darwin qui permet de penser que la nature évolue pour aller vers quelque chose de meilleurs, de plus adapté. Il y a là la notion que la nature se dirige vers le progrés. Galton, cousin de Darwin, fonde l'eugénique.
Huxley début 20ème, petit fils de Thomas Henry, écrit que :
"le processus évolutif est devenue conscient de lui même et de ses possibilités. Qu'il le veuille ou non l'humanité est responsable de son devenir".
A cela se greffent les connaissances sur l'hérédité, Mendel redécouvert, Weissman qui nos dit que l'hérédité des caractères acquis n'existent pas. Donc l'enfant à naitre dépend du patrimoine génétque de ses parents. Patrimoine qui lui même est hérité de ses grand parents.
Bref nous sommes entièrement construit, déterminé "corps et esprit" par nos gènes hérités de nos parents. ( qui a dit gène égoïste ? ). Nous somme ce que nos parents sont.
Alors les généticiens de l'époque dont Morgan étudient les arbres généalogique et le mode de transmission des caractères des génies et des tarés. Apparait des familles de débiles, de criminels etc.... et n'importe quel lycéen pourrait analyser certains de ces arbres et voir des transmissions de maladies autosomales à pénétrance forte dont le caractère héréditaire serait la débilité.
Les biologistes de l'époque n'étaient d'immondes salops ni des idiots. Comment voulez vous honnêtement ne pas vos posez la question de l'eugénisme dans ce contexte là ? C'est une question empreint de rationnalité.
Bon je m'arrête là avant de pondre le pavé.
Attention "tu" (ou il, mais tu n'a rien précisé ensuite) oublies le "brassage" chromosomique et toute les mutations qui peuvent apparaître...A cela se greffent les connaissances sur l'hérédité, Mendel redécouvert, Weissman qui nos dit que l'hérédité des caractères acquis n'existent pas. Donc l'enfant à naitre dépend du patrimoine génétque de ses parents. Patrimoine qui lui même est hérité de ses grand parents.
Bref nous sommes entièrement construit, déterminé "corps et esprit" par nos gènes hérités de nos parents. ( qui a dit gène égoïste ? ). Nous somme ce que nos parents sont.
Ceci dit l'eugénisme est moralement intéressant car la raison nous pousserait à nous améliorer tandis que la dur réalité nous rappelle que l'application et risquée comme faith l'a fait remarquer voir dangereuse...(je préfère ne pas m'étendre non plus sur ce sujet)
Mais je tiens à rappeler à faith que la diversité génétique est en effet primordial mais le génie génétique "eugénique" ne la menace pas forcément je dirais même qu'au vu de la complexité de la génétique il ne suffirait sûrement pas de trouvé le meilleur gêne mais bien les meilleurs combinaisons (sachant qu'il n'y en aura aucune parfaite).
Donc non l'eugénisme n'engendrera certainement pas l'uniformisation de la population MAIS, je l'accord il y a d'énorme risques de voir des terrains génétiques favoriser des épidémies (car la diversité génétique garantie notre immunité aux maladies) voir aussi un certain degré d'uniformisation (car si applicable la génétique serait sûrement moins chère si on prenait toujours les mêmes gènes).
Je rajoute que, pour ma part, je suis favorable à l'eugénisme mais je me demande si encourager les personnes ayant un bon "patrimoine génétique" à avoir des enfants serait de l'eugénisme (en fait c'est la seule et meilleure voie que j'ai trouvé)?
Je tiens à préciser que je pense à ce genre de système afin de "remplacer" le phénomène de sélection naturel qui, avouons le, n'est plus vraiment valable pour l'humanité, afin de continuer une évolution telle que nous la connaissons (car sans la répartition des gènes suivent une évolution "aléatoire").
PS: Je précise, je me trouve très mauvais pour mon "patrimoine" (je tiens à préciser au cas où vous me penseriez égoïste: je suis myope (héréditaire...), hyperlaxe (héréditaire par les femmes paraît-il mais bon quand même on est sûr de rien... pour ceux qui ne savent (comme le correcteur d'orthographe): mes tendons sont trop souples -> dans la famille on se déboite l'épaule facilement, moi, mon frère, ma mère,oh oh! ce serait le bonheur?) et plein d'autres petits trucs(qui a dit fainéant et nul en français?!!!)
Ca me semblait implicite : je retraçais grossièrement les idées de l'époque où l'idéologie eugéniste apparait. Et à cette époque les mutations sont mal connus voir inconnus et leur occurence à court terme est totalement inconnu. Le rôle des recombinaisons dans la variabilité à court terme, je pense aussi, était jugées négligeables.Envoyé par Kajika
Attention "tu" ... oublies le "brassage" chromosomique et toute les mutations qui peuvent apparaître
Donc non je n'ai pas oublié le brassage chromosomique.
C'est un sujet qui rend les gens sensibles alors faire une telle affirmation sans définir l'eugénisme est dangereux pour la bonne continuation du topicJe rajoute que, pour ma part, je suis favorable à l'eugénisme...![]()
Salut, ce sujet est sensible, mais dans un sens, c'est dommage qu'on n'ose plus débattre sur des sujets intéressants parce qu'ils sont taboux. Il faut bien sûr resté modérer et veiller à ne pas déborder, mais c'est quand même bien de parler des choses franchements. (bien sûr, l'ennui c'est que beaucoup de gens ne savent pas se controler et ne sont justement pas des modérer)
Après cette parenthèse, j'ai lu récement qu'un esprit aussi éclairé et progressiste que Bertrand Russell n'était pas totalement hostile à l'eugénisme même si il y était très critique (voir "le mariage et la morale" qui date des années 30). Mais le plus important, et ça Russell le dit, c'est qu'il est à l'heure actuelle totalement impossible d'établir des critères génétiques de supériorité intellectuelle (sans parler qu'il est très compliqué de définir l'intelligence elle-même), et en cela il critique toutes les pseudo-sciences en vigueurs à son époque qui prétendait y parvenir.
Mais je pense qu'on a aujourd'hui progressé, et que les connaissances actuelles rendent encore moins probable le déterminisme génétique de l'intelligence. A mon avis, même s'il le prenait en compte, Russell sous estimait le rôle de l'environnement dans le développement intellectuel et oubliait le rôle du hasard. Certes, des milliers de gens avaient une éducation plus ou moins semblables à Einstein et n'ont pas tous postuler la relativité, mais aucun d'entre eux n'a exactement eu toutes ses expériences: la contingence joue à mon avis un rôle extrêmement fort dans ces choses là.
Par contre, je pense que l'amélioration des capacités physiques de l'humanité me parait tout à fait possible sur le plan scientifique (je ne me prononce évidemment pas sur le fait qu'elle soit souhaitable ou non)
Je tiens à me corriger je pensais à l'eugénisme positif... excusez moi.
Sinon Mecton tu soulèves quelques chose que je n'avais pas bien pris en compte, en effet on commence déjà ou plutôt on s'y prépare...
Je trouve d'ailleurs que son message est un très bon argument dans le débat des OGM. On est tout à fait près à faire ce genre de manipulation chez les autres êtres vivants et non chez nous: ne serait-ce pas une grande forme d'hypocrisie?
Sur ce pour en revenir à la question: y a-t-il un fondement scientifique?
J'avoue que je ne pense pas que tout ce qui été dit relève de la science (mes propos inclus). La science n'a jamais répondue à des questions d'éthique après tout....
Déclaration qui n'est pas très éloigné de celle de Jean Claude Ameisen, président du comité d'éthique de l'INSERM :La science n'a jamais répondue à des questions d'éthique après tout....
" La science ne dois pas se substituer à la réflexion éthique mais la stimuler"
Finalement eugénisme c'est quoi ? Ce n'est pas une science : il ne cherche pas à être heuristique.C'est une volonté et/ou un acte.Sur ce pour en revenir à la question: y a-t-il un fondement scientifique?
La question est alors syntaxiquement correcte mais sémantiquement erronée. C'est comme se poser la question des fondements scientifiques de l'euthanasie.
Bonjour,
Il me semble qu'on mélange un peu tout... que certaiens actions humaines aient des répercussion sur l'évolution de l'espèce, c'est certain.
Rien que la mode, la façon dont les médias la diffuse, ça ne m'étonnerait pas que ça puisse modifier certaines fréquences génétiques dans la populations. Doit-on alors parler d'eugénisme?
Il y a eu dans le passé des préférences ou rejets de certaines apparences (couleur de peau, de cheveux, etc...). Doit-on pour autant considérer que c'est de l'eugénisme? (même si ce n'en est pas, ça ne veut évidemment pas dire que ça ne pose pas de problème).
A la base, l'eugénisme consiste en une volonté d'amélioration de l'espèce. C'est une vision globale (qui pose bien des problèmes éthiques...).
Le fait de modifier le patrimoine génétique d'individus, au coup par coup (soigner, prévenir une maladie génétique) n'est à mon sens pas à proprement parler de l'eugénisme, tant que ce n'est pas fait dans un but global (une vision "idéale", un but vers lequel on aimerait aller).
Evidemment, comme l'a bien expliqué Mecton, on peut très bien dériver de ça à une action globale, et rejoindre alors une forme d'eugénisme qui ne veut pas avouer en être.
Actuellement, la thérapie génique est restreinte aux cellules somatiques (pas de transmissions donc à la descendance). Est-ce que ça va durer?)
J'avoue m'inquiéter à voir la façon dont la société traite la gestion des risques (excès tant dans un sens que l'autre), et ça ne m'étonnerait pas que la tentation soit grande pour certains de vouloir "éviter à tout pris la possibilité qu'il y ait une ombre de risque de maladie génétique"...
K
Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
Bonjour,Mais je tiens à rappeler à faith que la diversité génétique est en effet primordial mais le génie génétique "eugénique" ne la menace pas forcément je dirais même qu'au vu de la complexité de la génétique il ne suffirait sûrement pas de trouvé le meilleur gêne mais bien les meilleurs combinaisons (sachant qu'il n'y en aura aucune parfaite).
Donc non l'eugénisme n'engendrera certainement pas l'uniformisation de la population MAIS, je l'accord il y a d'énorme risques de voir des terrains génétiques favoriser des épidémies (car la diversité génétique garantie notre immunité aux maladies) voir aussi un certain degré d'uniformisation (car si applicable la génétique serait sûrement moins chère si on prenait toujours les mêmes gènes).
J'avoue que je ne comprends pas: il y a ici des affirmations très contradictoires.
Si on effectue une sélection, c'est sur des allèles d'un ou de plusieurs gènes (donc on peut effectivement sélectionner des combinaisons de gènes).
A partir du moment où on sélectionne, on appauvrit la variabilité génétique (c'est mathématique, connu, et je ne vois pas du tout ce qui pourrait éviter ça).
Et comment tu définis un "bon" patrimoine génétiqueJe rajoute que, pour ma part, je suis favorable à l'eugénisme mais je me demande si encourager les personnes ayant un bon "patrimoine génétique" à avoir des enfants serait de l'eugénisme (en fait c'est la seule et meilleure voie que j'ai trouvé)?
La sélection naturelle existe toujours... et il faut arrêter de croire que "sélection naturelle" signifie seulement "sélection par élimination, mortalité...".Je tiens à préciser que je pense à ce genre de système afin de "remplacer" le phénomène de sélection naturel qui, avouons le, n'est plus vraiment valable pour l'humanité, afin de continuer une évolution telle que nous la connaissons (car sans la répartition des gènes suivent une évolution "aléatoire
Puis on a une sélection sexuelle qui est certainement non négligeable (et ça fait partie de la sélection naturelle).
Bref, prétendre qu'il faille une sélection artificielle pour pallier à la disparition de la sélection naturelle, c'est à mon avis chercher des prétextes pour une idéologie.
Quand à améliorer l'espèce, j'aimerais qu'on m'explique d'abord ce qu'il y a à améliorer...
Que tu ne te considères pas conforme à ton idéal pour l'espère humaine n'empêche pas du tout de se poser des questions quand aux fondements de ta façon de penser... si on regarde les tentatives d'eugénisme dans le passé, les personnes qui en ont été les promoteurs n'étaient pas toujours du type qu'elles voulaient favoriser...PS: Je précise, je me trouve très mauvais pour mon "patrimoine" (je tiens à préciser au cas où vous me penseriez égoïste: je suis myope (héréditaire...), hyperlaxe (héréditaire par les femmes paraît-il mais bon quand même on est sûr de rien... pour ceux qui ne savent (comme le correcteur d'orthographe): mes tendons sont trop souples -> dans la famille on se déboite l'épaule facilement, moi, mon frère, ma mère,oh oh! ce serait le bonheur?) et plein d'autres petits trucs(qui a dit fainéant et nul en français?!!!)
K
Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
Ne hurlez pas hein :
Est ce que l'eugénisme, dans son idéologie, est si différent de la médecine préventive finalement ? Les deux tentent d'améliorer l'homme mais une des deux améliorations est héréditaires.Mis à part cela les motivations sont les mêmes. Là où se trouve le problème éthique n'est pas, je pense, dans les fondements de l'eugénisme mais dans sa mise en pratique.
Enfin c'est une question que l'on est en droit de se poser sérieusement étant donné les avancées de la science qui rendent de plus en plus imaginable une modification du génome d'un embryon.
Hello,
Désolée, le but est totalement différent: la médecine préventive cherche à éviter douleur, maladie, souffrance. Il n'y a à la base pas d'idée de "supérieur/inférieur".
Personnellement je vois un gros problème dans son fondement: l'idée de créer une espèce "meilleure". On tombe dans tous les problèmes éthiques: qu'est-ce qui est meilleur/moins bon...Mis à part cela les motivations sont les mêmes. Là où se trouve le problème éthique n'est pas, je pense, dans les fondements de l'eugénisme mais dans sa mise en pratique.
La médecine a déjà assez de problèmes avec la question du "niveau de douleur/maladie acceptable" et de qui doit décider (parents/enfant/société).
Si en plus on doit décider ce qui est bon/pas bon, on n'est pas sorti de l'auberge...
K
Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
Un exemple important pour souligner la difficulté de ce que l'on nomme meilleur, la présence de sélection naturelle chez l'humain, et l'importance de la diversité (et notamment de garder dans le patrimoine génétique humain des gènes qui peuvent paraitre représenter un désavantage a priori), c'est celui de la drepanocytose.Personnellement je vois un gros problème dans son fondement: l'idée de créer une espèce "meilleure". On tombe dans tous les problèmes éthiques: qu'est-ce qui est meilleur/moins bon...
La médecine a déjà assez de problèmes avec la question du "niveau de douleur/maladie acceptable" et de qui doit décider (parents/enfant/société).
Si en plus on doit décider ce qui est bon/pas bon, on n'est pas sorti de l'auberge...
La drépanocytose est une maladie génétique récessive qui touche les globules rouges. C'est la première maladie génétique en France et probablement dans le monde. Donc, un bon programme eugéniste viserait certainement à éradiquer cette maladie. Seulement voilà, les personnes porteuses saines hétérozygotes ou atteintes de la drépanocytose homozygotes sont protégées des affections neurologiques dues au paludisme (ou malaria).
D'ailleurs, quand on superpose les cartes de répartitions des 2 maladies, drépanocytose et paludisme, c'est assez parlant :
Eradiquer, par eugénisme, la drépanocytose serait une erreur, étant donné que ça amènerait systématiquement une augmentation de la mortalité en raison du paludisme. Du coup, cela remet en cause la notion de "meilleur".
D'accord d'accord, c'est clair que la notion de "meilleur" de "supérieur" de "bon patrimoine génétique" et caetera... sont bien sur très discutables.Envoyé par Kinette
le but ( de l'eugénisme )est totalement différent: la médecine préventive cherche à éviter douleur, maladie, souffrance. Il n'y a à la base pas d'idée de "supérieur/inférieur".
Je précise mon point de vue :
Pour prendre un exemple fictif. S'il était possible de modifier le génome d'un enfant à naitre pour qu'il soit protéger à 100% contre une pathologie grave. Tout en ne sachant pas si cette modification sera utile ou pas puisqu'il serait tout à fait possible que l'individus à naitre ne développe jamais la maladie.
Le feriez vous ?
Est ce que vous trouveriez cela acceptable que soit généralisé ce genre d'interventions ? Pour moi cela revient à une déclinaison d'un eugénisme positif.
Autre vision personnelle : lorsqu'il a été détecté une anomalie génétique jugée ( jugement qui dépend donc du contexte comme l'illustre [PSO]fabrice.g ) gravement handicapante chez l'enfant à naitre, il est posé aux parents la question de l'avortement. Alors que l'on pourrait très bien se contenter d'annoncer seuleument la pathologie et ne pas y coller la question de l'avortement mais c'est un autre débat.. C'est là une déclinaison d'un eugénisme négatif.
Tout comme on vaccine contre des maladies pour lesquelles nous ne seront probablement jamais en contact il est immaginable que la médecine nous propose un jour de modifier le genome d'un enfant à naitre pour diminuer la probabilité qu'il soit peut être un jour malade. Dans ce cas là on choisit à la place de l'enfant.
Si tel sera le cas comment tracer la frontière entre modification et amélioration ?
Voila j'espère que ma position est relativement clair : pour moi on a accepté un eugénisme qui n'avoue pas son nom car cela fait directement appel à des événement historique minables. Si on enlève ses connotations historiques, l'eugénisme est bien présent dans nos société. Ce n'est pas nécessairement une uniformatisation systématique du génome et un massacre de masse.
Comment parler d’un fondement scientifique ?
L’Homme pratique par l’hybridation, la sélection ou le clonage l’amélioration des races chevalines, porcines, des betteraves, du riz, etc. Les résultats sont excellents au vu des buts recherchés : meilleure résistance aux infections, meilleur rendement en viande par rapport à la graisse, plus grande taille, meilleure reproduction (plus de grains par épis par exemple).
Tout cela avec des fondements parfaitement scientifiques.
Pour faire la même chose avec les humains il faudrait a) poser des objectifs sélectifs acceptables par la communauté et b) comme avec les espèces animales ou végétales, contrôler leur reproduction et pour cela on n’a pas trouvé mieux que l’insémination artificielle.
Sur le premier point, ce qui est rassurant c’est qu’on n’arrivera pas à un consensus, à moins de l’imposer comme l’a fait Hitler. Sur le deuxième, ce qui est rassurant c’est qu’on n’arrivera jamais à un degré suffisant de totalitarisme pour imposer la reproduction contrôlée.
Les deux points sont de toutes façons moralement inadmissibles. Par conséquent on pourrait pratiquer un eugénisme scientifique (de grands médecins ont activement collaboré au programme nazi), c'est sur le plan éthique que ça se place.
La chose a pourtant été pratiquée en divers endroits pas seulement par les nazis. Dans les années 30 des médecins américains ont stérilisé des attardés mentaux. Dans un ordre d’idée similaire on a les cheveux qui se dressent sur la tête en lisant les écrits de Coubertin dont l’objectif final, en instituant les jeux olympiques, était « l’amélioration de la race ». Il croyait sans doute à l’hérédité des caractères acquis.
A part ça, l’eugénisme et la médecine préventive n’ont rien à voir ni dans leur pratique ni dans leur idéologie.
L’eugénisme en effectuant une sélection volontaire a pour but de modifier, sous prétexte d’amélioration, le génome humain (sous le terme de « race », « d’espèce » ou autre).
L’éthique moderne interdit formellement tout ce qui peut affecter volontairement ou non le génome. Cela s’applique plus particulièrement aux thérapies géniques.
La médecine préventive n’a pour objectif que l’amélioration de la santé des individus, ce qui est déjà beaucoup et ce qui a des retombées positives sur la société. Bien sûr on peut discuter de ses motivation profondes : est-ce pour le bien-être des citoyens ou pour assurer une meilleure productivité et diminuer les dépenses de santé ? Elle ne touche pas du tout le patrimoine génétique et n’a donc pas d’effet sur la « race », contrairement à ce qu’espérait Coubertin.
ND
Juste un détail: l'eugénisme est censé être pratiqué "pour le bien de l'espèce". Mais ces modifications ne sont pas faites pour le bien de l'espèce, juste pour notre bien: d'ailleurs, sans présence de l'homme, aucune de ces "améliorations" ne survivrait (ni le blé, ni les vaches actuelles, et même les chiens "de race" qui ont une durée de vie réputée plus courte que celle des corniauds)Comment parler d’un fondement scientifique ?
L’Homme pratique par l’hybridation, la sélection ou le clonage l’amélioration des races chevalines, porcines, des betteraves, du riz, etc. Les résultats sont excellents au vu des buts recherchés : meilleure résistance aux infections, meilleur rendement en viande par rapport à la graisse, plus grande taille, meilleure reproduction (plus de grains par épis par exemple).
Tout cela avec des fondements parfaitement scientifiques.
bien vu!Juste un détail: l'eugénisme est censé être pratiqué "pour le bien de l'espèce". Mais ces modifications ne sont pas faites pour le bien de l'espèce, juste pour notre bien: d'ailleurs, sans présence de l'homme, aucune de ces "améliorations" ne survivrait (ni le blé, ni les vaches actuelles, et même les chiens "de race" qui ont une durée de vie réputée plus courte que celle des corniauds)
On considère que le maïs aurait complètement disparu de la planête en seulement trois ans si l'homme disparaissait subitement.
Quant aux chiens, je diffère un petit peu avec ton analyse. En effet les races sélectionnées disparaitraient en tant que telles, mais les sélections des gènes effectuées se maintiendraient au sein des meutes de "corniauds".
On peut penser que le fort polymorphisme des chiens favoriserait ceux qui auraient un avantage environnemental pour aboutir à terme à de nouvelles races correspondant à chaque habitat et pour longtemps héritières des sélections humaines.
Il n'y a rien de contradictoire... qui a parlé de sélection d'allèles? J'ai bien précisé que justement non, il est plus probable de parler de combinaisons...J'avoue que je ne comprends pas: il y a ici des affirmations très contradictoires.
Si on effectue une sélection, c'est sur des allèles d'un ou de plusieurs gènes (donc on peut effectivement sélectionner des combinaisons de gènes).
A partir du moment où on sélectionne, on appauvrit la variabilité génétique (c'est mathématique, connu, et je ne vois pas du tout ce qui pourrait éviter ça).
Je pensais que vous connaissiez mais il y a des maladies héréditaires, des terrains facilitant les cancers et autres... je n'avais pas pensée à des critères autres (qui, au vu du smiley que tu a fais, m'insultent 'presque').
Et non contrairement à ce que tu à pu penser j'ai bien parler de sélection sexuelle, si si. De nos jours tout le monde peut avoir des enfants (même ceux qui "naturellement" ne pourrait pas). Pour ma part je trouve ça formidable mais soyons clair pour moi on ne peux plus parler de sélection naturelle. (à voir...)La sélection naturelle existe toujours... et il faut arrêter de croire que "sélection naturelle" signifie seulement "sélection par élimination, mortalité...".
Puis on a une sélection sexuelle qui est certainement non négligeable (et ça fait partie de la sélection naturelle).
Bref, prétendre qu'il faille une sélection artificielle pour pallier à la disparition de la sélection naturelle, c'est à mon avis chercher des prétextes pour une idéologie.
Quand à améliorer l'espèce, j'aimerais qu'on m'explique d'abord ce qu'il y a à améliorer...
Roh! J'ai fais cette remarque juste comme ça pas besoin de la reprendre....Que tu ne te considères pas conforme à ton idéal pour l'espère humaine n'empêche pas du tout de se poser des questions quand aux fondements de ta façon de penser... si on regarde les tentatives d'eugénisme dans le passé, les personnes qui en ont été les promoteurs n'étaient pas toujours du type qu'elles voulaient favoriser...
Il y a un eugénisme "négatif" qui consiste à éliminer de la population ou, dans sa version la plus "douce" à stériliser les individus jugés "inférieurs", porteurs de "tares" (et Dieu sait combien ces notions se sont révélées extensibles)...
Il y a aussi un eugénisme "positif" qui consisterait à favoriser la reproduction de sujets sélectionnés. Les nazis l'ont fait en sélectionnant ceux qu'ils considéraient comme de "bons aryens" et de "bonnes aryennes".
Il n'y a qu'à voir les trop nombreux exemples historiques pour comprendre quels préjugés ont présidé au choix des critères et quels excès ont été observés dans l'application pour qu'on n'ait pas envie de recommencer. Toute société avancera des arguments "scientifiques" dont la génération suivante n'aura aucune peine à démontrer les erreurs.
Quant à ce que j'ai appelé eugénisme positif, faut-il rappeler que cela s'inspire de la sélection végétale et animale ? Et que dans celle-ci, si des races ont bien été améliorées du point de vue utilitaire, c'est en oubliant que cela a demandé de multiples générations successives, avec des croisements complexes, y compris celui de certains descendants avec leurs ascendants pour stabiliser un caractère. Qu'on a sélectionné un tout petit nombre de descendants sur de nombreuses générations successives parmi des milliers d'individus pour lesquels ces croisements n'ont, au mieux, rien apporté de neuf. En outre l'amélioration ne porte guère que sur un ou deux caractères parmi des milliers d'autres.
Un tel projet de "haras" humain se révèle donc totalement irréalisable et inefficace socialement. Sans parler de toutes les stupidités qu'on peut lire sur l'hérédité de l'intelligence, mot qu'on ne sait pas définir correctement (sauf à dire que l'intelligence est l'ensemble des facultés qui permettent de réussir un test de QI, définition manifestement circulaire - formule docte pour ne pas dire qui se mord la queue). Cela n'a pas empêché je ne sais quel prix Nobel de donner son sperme à une entreprise commerciale US pour qu'il féconde des femmes voulant avoir un génie pour enfant.
Comme quoi on peut être pris Nobel et c..
Et je me suis abstenu volontairement de parler de déontologie ou de morale ou d'acceptabilité sociale, sans parler des atteintes à la liberté ou à l'intégrité des personnes.
Enfin je dois dire que le titre donné par le premier message à la discussion m'a profondément choqué, même si ce message l'introduisait avec beaucoup de prudence.
Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant - Pierre Dac
