« Le processus évolutif est devenu conscient de lui-même et de ses possibilités. Qu'elle le veuille ou non l'humanité est responsable de son devenir ».
Voilà des prototypes d’aphorisme et creux et pseudo philosophique. Ça fait penser aux discours (écrits par Greg) du maire de Champignac dans les BD de Spirou.
Il faut commencer par poser des questions purement triviales :
* Quel type d’être est le processus évolutif pour qu’il puisse devenir « conscient de lui-même et de ses possibilités » ? La conscience de soi est le propre de l’individu humain. Même un groupe d’humain n’a pas de conscience de soi. Alors un processus…
* Même question pour la phrase suivante : l’humanité n’est pas un être conscient qui puisse être responsable.
* Concrètement que signifie être « responsable de son devenir » ? Surtout en ce qui concerne une abstraction comme l’humanité.
On se demande ensuite quelles sont les implications qui dérivent de ces assertions : encore un programme eugéniste ?
Je dirais plutôt que la science et la morale sont de fait guidées par des principes différents. Ni la science ni la technologie ne peuvent déterminer ce qui est bien ou mal qui sont de l’ordre des valeurs. La science consiste à rendre compte de la réalité alors que la morale décide de ce qui est juste, d’où les conflits éthiques d’ailleurs.
Néanmoins, alors qu’il serait possible aujourd’hui de mettre au point un programme eugénique scientifiquement rationnel il n’est pas certain qu’il serait possible de le mettre en œuvre du fait des résistances sociales auquel il se heurterait. Mais c’est un autre débat qui n’a peut-être pas sa place ici.
Je dirais que :
a) Les manipulations sur les êtres vivants sont pratiquées et de fait acceptées depuis longtemps.
b) Comme on n’a pas atteint la « perfection » pour les chiens, les chevaux ou le maïs, il est peu probable qu’on y parvienne pour l’humanité, à supposer qu’on puisse définir la « perfection ».
Il me semble que tu fais revenir par la fenêtre le monstre qu’on avait chassé par la porte. À mon avis la question est très simple.
La sélection naturelle opère une forme d’eugénisme. Est-elle bonne ou mauvaise ? La question ne se pose pas puisqu’on ne peut pas porter de jugement moral sur la nature (on peut toujours mais c’est complètement futile) et encore moins tenter d’y changer quoique ce soit.
En ce qui concerne l’action humaine volontaire la question se résume au droit que nous avons d’influencer le patrimoine génétique, c’est a dire de manipuler le génome. Le plus épineux est de savoir qui est ce « nous ». Car il est clair que les humains pratiquent, comme les autres êtres vivants, des formes de « parades nuptiales » qui ont pour résultat une forme de sélection, mais cela relève de la volonté et/ou de l’instinct individuels dont les motivations n’ont rien d’eugénique.
Il me semble que la décision éthique est parfaitement claire : il est hors de question de manipuler de quelque manière que ce soit le patrimoine génétique, que ce soit intentionnel ou accidentel. Donc non seulement il ne faut pas avoir d’action délibérée dans ce sens mais il faut prendre toutes les précautions pour que ça n’ait pas lieu par effet secondaire.
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) et encore moins tenter d’y changer quoique ce soit.

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