Débat de fond
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Débat de fond



Vue hybride

  1. #1
    inviteb48c6924

    Re : Débat de fond

    Je suis absolument d'accord avec Le Dahu, qui malgré son nom, ne fait pas tourner le débat en rond. Isol@nt écologique ne veut rien dire en soit, c'est du marketing vert. Comme voiture écologique.
    On pourrait parler d'isolant à faible impact environnemental, d'isolant végétal (ce qui ne veut pas forcément dire à faible impact environnemental d'ailleurs).
    On en revient simplement au problème principal : en France, pas ou peu de données accessibles. Alors on va les chercher là où elles sont, c'est-à-dire à l'étranger. Par exemple en Suisse, sur le site (très officiel) de la construction suisse www.bbl.admin.ch, un peu le pendant suisse de nos .gouv.
    Les listes des données des écobilans y sont disponibles sous forme de tableurs, à cette adresse, totalement gratuitement et pour tous les publics.

    http://www.bbl.admin.ch/kbob/00493/0...XI2IdvoaCVZ,s-

    Au moins, là, il y a une base de discussion.

    Et cela m'amène logiquement à cette remarque : la problématique "écologique/pas écologique" n'est pas valable que pour la laine de verre, ni même les isolants, mais bien tous les produits manufacturés.
    Tant que nous n'aurons pas la possibilité, par un étiquetage adapté, de connaitre l'impact (pour résumer l'ACV) des produits de consommation courante que nous achetons tous les jours, nous ne pourrons pas modifier notre comportement. Ou alors seulement quelques militants très sensibilisés. L'étiquetage permettrait par exemple de savoir que le pull en acrylique fabriqué en Chine est 10 fois plus impactant sur l'environnement que le pull en laine de mouton acheté à un producteur local français (ça existe encore).
    Alors le consommateur aurait le possibilité de choisir en connaissance de cause, et paierait peut-être deux fois plus cher son pull en sachant qu'il durera plus longtemps et qu'il aura une ACV bien meilleure.

    Si ce système d'étiquetage a autant de mal à se mettre en place (il en a été question lors du Grenelle, rappelez vous) c'est sans doute que ça n'arrange pas tout le monde.
    La question qui me turlupine, la voilà : peut-on avoir une date ? Quand donc ces informations pourtant fondamentales seront-elles enfin disponibles, quand pourrons-nous acheter en connaissance de cause ? Quand saurai-je évaluer l'impact environnemental de la laine de verre ? Quand pourrai-je obtenir ces données ailleurs qu'en Suisse ? Bref, que font les industriels à ce sujet ?

  2. #2
    tannoz

    Re : Débat de fond

    Citation Envoyé par rbobeda Voir le message
    Je suis absolument d'accord avec Le Dahu, qui malgré son nom, ne fait pas tourner le débat en rond.
    Pas de désaccord de fond non plus de mon côté, mais en l'absence de données fiables, je crois qu'on peut quand même se demander à qui incombe la charge de la preuve, pour savoir qui d'Isover (par exemple), de Buitex (autre exemple côté isolants biosourcés) ou de Xylobell (autre exemple côté isolants "recyclosourcés") peut se permettre d'appeler ses produits "isolant écologique". Disons que scientifiquement, on en est plutôt à la phase de définition des hypothèses, et que l'hypothèse selon laquelle les isolants biosourcés / recyclosourcés ne nécessitant pas de cuisson, et pouvant constituer un puits de carbone auront un impact environnemental plus faible que les isolants conventionnels paraît complètement recevable. La validation formelle de cette hypothèse nécessite des données et un travail d'analyse, mais je ne me vois pas relativiser le caractère "écologique" de la paille utilisée comme isolant ou d'une laine de bois produite en France, sans éléments nouveaux au sujet du mode de production de ces matériaux (genre bois importé de Sibérie Orientale, mauvaise gestion des forêts...), ou mieux, sans des ACV permettant une comparaison formelle...

    A + !

  3. #3
    invited3c89878

    Re : Débat de fond

    Trés intéressant tout ça la philosophie écologique

    Sans aller trés loin, en plus de l'ACV d'un produit, et donc d'un isolant, j'ajouterai qu'il faut mesurer aussi l'impact d'une consommation à grande échelle.

    Et dans ce sens là, il y aurait à ajouter les impacts socios-économiques d'un produit. Je pense qu'il y a des produits qui ne peuvent rester qu'à faible impact environnemental qu'en restants marginaux.

    Sous-entendu, quel serait par exemple les impacts si la paille devenait le meilleur isolant en rapport qualité/prix et qu'on en utilise partout ?

    Parceque ( c'est comme les agro-carburants d'ailleurs, 1l ça va, 3milliards de litres bonjour les dégâts !), si c'est pour utiliser 90% des surfaces agricoles pour produire des isolants "écologiques" à grande échelle, ça n'a aucun sens.

  4. #4
    tannoz

    Re : Débat de fond

    Citation Envoyé par Zarcobx Voir le message
    Sous-entendu, quel serait par exemple les impacts si la paille devenait le meilleur isolant en rapport qualité/prix
    C'est déjà le cas...


    Citation Envoyé par Zarcobx Voir le message
    Parceque ( c'est comme les agro-carburants d'ailleurs, 1l ça va, 3milliards de litres bonjour les dégâts !), si c'est pour utiliser 90% des surfaces agricoles pour produire des isolants "écologiques" à grande échelle, ça n'a aucun sens.
    D'où l'intérêt présumé de produits d'isolation issus de sous-produits d'autres activités : pour reprendre ton exemple, l'utilisation de paille comme isolant n'empêche pas d'utiliser les terres agricoles pour produire de l'alimentation, étant donné que le grain est récolté comme il le serait si la paille était vouée à devenir de la litière.
    Après, il y a toujours un impact, par exemple dans le fait de sortir cette paille du cycle au lieu de devenir de la litière incorporée à du fumier qui va revenir sur le champ et le fertiliser, elle reste dans ta maison. Donc en imaginant qu'on se mette à utiliser uniquement de la paille pour isoler toutes les constructions, ça *pourrait* finir par avoir un impact mesurable sur la fertilité des parcelles. Mais là encore, il faudrait avoir une ACV avec des valeurs établies scientifiquement.
    Mais en tout état de cause, la vraie solution réside certainement dans le panachage des solutions d'isolation : il n'y en a pas de bonnes ou de mauvaises en soi, mais il en existe certainement de plus ou moins impactantes pour l'environnement, et plus ou moins adaptées à des usages donnés, mais on peut utiliser des isolants différents, en cherchant à utiliser le moins impactant des isolants adaptés à un usage donné. Aujourd'hui les laines minérales sont utilisées massivement. En admettant que les isolants "dits écologiques" aient un impact environnemental plus faible que les laines minérales, il serait souhaitable de minimiser leur usage lorsque c'est possible. Par exemple en continuant à utiliser de la laine de roche pour isoler le pourtour de son conduit de poële ou de cheminée, et du polystyrène extrudé pour isoler sa dalle sur terre plein par le dessous si on trouce le liège trop cher, mais en utilisant de la ouate de cellulose, de la laine de bois ou un autre isolant à faible impact environnemental dans le reste de l'habitation...

  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    invited3c89878

    Re : Débat de fond

    Je suis assez d'accord.

    Comme souvent il n'y a pas une seule réponse mais un ensemble de réponses qui ensemble sont plus ou moins bonnes.

    Le panachage, la mixité ont toujours un bon côté

    En tout cas pour moi, l'important est aussi lorsqu'on cherche à définir l'impact écologique, de ne pas diaboliser tel ou tel produit.

    Je donne tjs le même exemple mais il vaut probablement mieux une maison passive en parpaing avec ITE PSE à 3km de son boulot ou on prendra son vélo et rarement sa voiture plutôt qu'une maison bois-paille-terre crue à 50km du boulot, d'une grande ville, sans transports collectifs qui obligera à 2 voitures dans le foyer et 50 000km par an avec une vieille caisse.

    Le bilan doit forcément être global si on veut y donner un sens.

    ll faut aussi rester réaliste socio-économiquement.
    On ne pourra pas construire que des logements individuels en bois-paille-terre pour répondre à la demande de dizaines de millions de foyers...

    Ce que je veux dire c'est que même si on répondait à la question difficile de la définition d'un isolant écologique, le considérer de manière isolée (héhé ) ne servirait à rien ou presque.
    Le seul intérêt résiderait dans la possibilité de pouvoir comparer l'impact des différents isolants.

    Mais si c'est pour isoler en RT2000 une maison avec un isolant écologique, je préfère isoler RT2020 avec un isolant moins écologique...

  7. #6
    inviteb48c6924

    Re : Débat de fond

    Cela dit pour la ressource paille, il y a des chiffres. Seule 15% de la production annuelle suffirait à isoler toutes les bâtiments construits dans l'année. Actuellement une grande partie de la production n'est pas valorisée, et jusqu'à peu elle était brûlée.
    Pour le bois, on pourrait aller jusqu'à 30% des bâtiments neufs construits en bois français sans taper dans le stock, donc en préservant la ressource (renouvelable).
    La paille va sans doute connaître un essor important dans les années qui viennent, notamment parce que les a priori sur le matériaux tombent les uns après les autres (ça brûle mal, coupe feu 1h, pas vraiment plus sensible à l'humidité que d'autres isolants, etc...) . Mais si c'est le cas, ce ne sera pas sous la forme qu'on connait aujourd'hui, mais plutôt un produit manufacturé, transformé, labellisé, estampillé CE, assurable... industrialisé en somme.

  8. #7
    invitefb8b0f3d

    Re : Débat de fond

    j'ai pas réussi à tout lire, c'est pas très agréable de lire des textes de plusieurs dizaines de lignes sur un écran. Je m'excuse pour ça.

    Ce qui me pose problème, c'est que la communication est basée sur la ... communication, la forme et pas le fond. Comme souvent aujourd'hui ce ne sont plus les ingénieurs qui font avancer le schmilblick mais les communicants.

    Sur le fond, un isolant hors de prix et écologique, au sens marketing, sera t-il plus efficient qu'un produit industriel non écologique mais abordable ?

    Globalement, si 1000 maisons sont isolées avec le produit industriel et 10 avec un produit "ecolo", le bilan sera en faveur du produit industriel.

    Je me souviens de la pub de la hessenceheff, " le progrès n'est valable que s'il est partagé par tous".

    La liberté, inscrite dans notre constitution, permet de bâtir selon nos convictions, avec certaines règles pour éviter l'anarchie architecturale. Ensuite, il faut considérer la situation de manière globale. Si nous ruinons notre industrie, nos emplois notre économie afin de limiter des dégagement polluants, que se passera t il ?
    Ben, les chinois ou les indiens produiront ce que nous ne produisons plus. Globalement cela ne changera rien du tout au niveau environnemental, mais socialement ce sera une catastrophe pour nous.
    Les allemands l'ont compris depuis longtemps, une industrie performante et une vision environnementale ancrée dans chaque individu. L'innovation permet de maintenir l'équilibre économique et social, et la protection de l'environnement est devenu une évidence.

  9. #8
    tannoz

    Re : Débat de fond

    Je voudrais accéder aux documents dispos (FDES, ACV...) sans donner mes coordonnées, et je suppose que je ne vais pas être le seul... Serait-il possible de les déposer ici afin que chacun puisse y accéder simplement et rapidement ?

    Une question qui me taraude : comment estime-t-on la quantité d'énergie que fait économiser 100m² d'isolant G3, dans le jeu d'Isover ? Cette quantité d'énergie économisée dépend de plein de choses, à commencer par l'énergie utilisée pour le chauffage, l'état de départ de la maison virtuelle (pas isolée du tout ? ou déjà isolée avec 15cm de LDV ?) et les travaux virtuels effectués dessus (uniquement la pose d'isolant, ou d'autres travaux d'amélioration énergétique au passage ? la pose d'un frein/pare-vapeur et le gain d'étanchéité à l'air correspondant est-elle prise en compte dans le calcul ?), le climat pris en compte, la nature des dépenses énergétiques intégrées (est-ce-que l'énergie affichée comme économisée concerne uniquement le chauffage ou également des dépenses type climatisation ?). Bref : j'adore les chiffres, mais j'aime encore mieux quand je sais d'où ils viennent...

    Merci d'avance,
    Dernière modification par tannoz ; 13/11/2009 à 03h09.

  10. #9
    invite766a166a

    Re : Débat de fond

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    comment estime-t-on la quantité d'énergie que fait économiser 100m² d'isolant G3, dans le jeu d'Isover ?
    Bonjour Yann,

    Si vous ne souhaitez pas laisser vos coordonnées sur le site G3, les nouvelles FDES de nos produits G3 seront disponibles sur la base de données française www.inies.fr en remplacement des fiches présentes actuellement mais qui datent de 2006 donc pas en process de fabrication G3. Il faut seulement attendre leur intégration dans cette base de données.

    Quant à la modélisation du jeu G3, elle se base sur la FDES Monospace G3 - ép. 160 mm - R=4.55m²K/W et le postulat 1km voiture = 3.6 MJ d'énergie primaire et 140 g de CO2 comme indiqué sur la page de présentation du jeu et la page récapitulative des économies ou évitements réalisés sur chaque étape de vie de l'isolant sur une durée de vie typique de 50 ans. Les dépenses et économies d'énergie sont présentées en annexe 2 page 27 dans la Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES) du produit réalisée conformément à la Norme NF P01-010. Vous retrouverez l'ensemble du scénario dans cette annexe. Je vous joins donc la FDES qui a servi de modèle pour l'élaboration du jeu FDES_2009_laine_minérale_produit_thermique_standard_MONOSPACE_35_160_ORANGE.pdf.

    Attention, ce jeu n'a pas valeur d'étude thermique. Il a été créé sur un scénario donné (spécifié dans la FDES), dans un but pédagogique (la lecture des FDES n'étant pas très facile) afin de faire comprendre l'impact environnemental du produit. Il s'agit de donner un ordre de grandeur des économies réalisables par un isolant et montrer que l'isolant permet de réaliser une économie d'énergie 200 fois supérieure à la consommation d'énergie nécessaire à sa fabrication.

    Cordialement, Sofi.

  11. #10
    Eric DUPONT

    Re : Débat de fond

    bonjours,
    moi je fais de l'ite et j'utilise du polystyrene de chez KNAUF je pense qu'il est plus ecologique que celui d'isover car l'usine est juste a coté de chez moi.
    Je me trompe?
    brevet 2018 moteur générateur à azote liquide pour le stockage énergie.

  12. #11
    tannoz

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message

    Quant à la modélisation du jeu G3, (...) Je vous joins donc la FDES qui a servi de modèle pour l'élaboration du jeu Pièce jointe 93160.
    Ok, merci, "yapluka" éplucher tout ça...

    J'en ai fait un parcours très rapide, et j'ai vu que vous vous appuyez vos estimations d'évitement de consommation énergétique sur une comparaison avec la "maison Mozart" du CSTB non isolée. Serait-il envisageable de publier les fichiers utilisés pour cette simulation (le logiciel utilisé est il indiqué dans la FDE&S ?), afin de faire des comparaisons vis-à-vis d'autres isolants "dits écologiques", dont on ne désespère pas de trouver une FDE&S ?

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Attention, ce jeu n'a pas valeur d'étude thermique. Il a été créé sur un scénario donné (spécifié dans la FDES), dans un but pédagogique (la lecture des FDES n'étant pas très facile) afin de faire comprendre l'impact environnemental du produit. Il s'agit de donner un ordre de grandeur des économies réalisables par un isolant et montrer que l'isolant permet de réaliser une économie d'énergie 200 fois supérieure à la consommation d'énergie nécessaire à sa fabrication.
    Pas de souci, je me garderais bien d'imaginer que ce jeu a valeur d'étude thermique... Si l'exercice de publier une FDE&S et de déterminer le "taux d'amortissement" du coût énergétique de la laine de verre est intéressant , ça deviendra carrément passionnant en faisant le même exercice pour différents isolants...
    De façon intuitive (mais je sais, seule une FDE&S pourrait nous sortir du doute...) j'ai du mal à imaginer qu'un isolant biosourcé et ne nécessitant pas de cuisson ne puisse pas tirer son épingle du jeu. Ne craignez vous pas que l'exercice tourne en votre défaveur, chez Isover ? En effet, le niveau de performance thermique (lambda) de ces isolants est comparable à celui de la laine de verre, et si leur bilan à la production est plus favorable (ils coûteront toujours de l'énergie, mais peut-être beaucoup moins, et certains d'entre eux pourraient la contrebalancer par le puits de carbone qu'ils constituent), en permettant le même évitement énergétique en cours de vie, vous pourriez être mis en difficulté, non ?

    Juste pour avancer sur l'analyse de la FDE&S de la laine G3, est-ce-que vous pourriez lister l'ensemble des sites de production d'Isover, ainsi que les sites dont proviennent les matières premières alimentant ces sites (notamment la matière servant à produire le verre), et les modes de transport utilisés ?

    Cordialement,
    Yann Lossouarn
    Dernière modification par Linn ; 16/11/2009 à 15h21. Motif: fusion de messages consécutifs

  13. #12
    tannoz

    Re : Débat de fond

    Sofi ? Les questions s'adressaient bien à toi...

  14. #13
    invite766a166a

    Re : Débat de fond

    Bonsoir Yann,

    Désolée pour le délai mais j'attendais une réponse de notre service Environnement sur la disponibilité logiciel de calcul Team.

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    on ne désespère pas de trouver une FDE&S (produit dit écologique)
    Il existe déjà des FDES de produits biosourcés sur la base INIES tels que Florapan (Isonat) ou Batiplum (Nap'tural). Les évitements sont calculés sur le même modèle que le nôtre, associé à la maison Mozart du CSTB. Une FDES vient d'être également réalisée par Le Relais pour son isolant Métisse. Elle est disponible sur leur site en attendant la publication sur la base INIES.

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    Serait-il envisageable de publier les fichiers utilisés pour cette simulation (le logiciel utilisé est il indiqué dans la FDE&S ?)
    Le logiciel que nous utilisons est sous licence Ecobilan et à cet égard ne peut être mis en ligne comme souhaité car il est propriété de la société Ecobilan. Toutefois, le mode de calcul est détaillé en annexe de la FDES. Il est donc possible de recalculer un évitement avec par exemple une résistance thermique différente.
    Pour information, le nom du logiciel utilisé pour réaliser une FDES est précisé dans chaque FDES existante.

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    De façon intuitive (mais je sais, seule une FDE&S pourrait nous sortir du doute...) j'ai du mal à imaginer qu'un isolant biosourcé et ne nécessitant pas de cuisson ne puisse pas tirer son épingle du jeu.
    Pas de cuisson ? Pourtant, lorsque l'on consulte des données techniques des produits (Avis Technique ou fiche descriptive produit), le liant polyester est souvent mentionné par l'expression "fibres thermofusibles" (Batiplum à base de plumes de canard à hauteur de 70 % en poids, de 20 % de polyester thermofusible et de 10 % de laine de mouton, Fibra Natur Composition 85 % fibre de lin ; 15 % fibre thermofusible polyester, etc.). Autre exemple, pour la laine Métisse, il est clairement annoncé dans la FDES qu'il y a un passage au four à 110°C pour le nappage polyester…il faut bien un processus de chauffage de la fibre polyester pour une intégration aux autres fibres, animales ou végétales.

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    le niveau de performance thermique (lambda) de ces isolants est comparable à celui de la laine de verre, et si leur bilan à la production est plus favorable … certains d'entre eux pourraient la contrebalancer par le puits de carbone qu'ils constituent), en permettant le même évitement énergétique en cours de vie
    La plupart des sites proposant des comparatifs de produits isolants partent sur une conductivité thermique de la laine de verre à lambda 40 or les laines de verre vont jusqu'à un lambda 30 et suivant les applications les lambdas utilisés sont différents. Le lambda 40 est la laine de verre classique qu'on tend à ne plus utiliser qu'en combles perdus où il n'y a pas de limite de place et où l'on peut donc placer des épaisseurs 30 ou 40 cm. En combles aménagés, comme en murs, on préconise plutôt des lambdas 35 voire 32 afin de limiter l'épaisseur de l'isolation à mettre en œuvre et ainsi préserver au maximum l'espace habitable. Ces lambdas sont plus performants que la plupart des isolants biosourcés proposés aujourd'hui dont la majorité des lambdas oscillent entre 38 et 40 mW(m.K) voire 42 pour certains produits en toiture. De plus, les lambdas des laines de verre sont certifiés Acermi, ce qui constitue une garantie supplémentaire de la performance thermique du produit pour l'utilisateur final.

    Sur un cycle de vie total, l'isolant à plus fort lambda à épaisseur égale permettra davantage d'économies d'énergie (besoins de chauffage ou de refroidissement) ainsi que d'évitements de CO2. De plus, côté recyclage, certains produits biosourcés finissent en centre de stockage de catégorie 2 comme la laine de verre.

    Le bilan global ne sera donc pas forcément au désavantage de l'isolant laine de verre même si l'énergie à la production est supérieure pour celui-ci (d'autant plus qu'il est abaissé par l'intégration de verre recyclé à la fabrication qui nécessite moins d'énergie à la fusion). Et ce n'est que sur une base d'évaluation identique, à partir des résultats d'analyses de cycle de vie et non seulement sur l'énergie nécessaire à la fabrication, que les comparaisons pourront être faites...

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    est-ce-que vous pourriez lister l'ensemble des sites de production d'Isover, ainsi que les sites dont proviennent les matières premières alimentant ces sites (notamment la matière servant à produire le verre), et les modes de transport utilisés ?
    Les sites de production sont affichés sur notre site : 3 usines pour les laines de verre (Chalons sur Saône, Orange et Chemillé), 1 usine pour la laine de roche à Genouillac.
    Les transports sont effectués soit par train soit par camion suivant les produits et les tonnages acheminés. Pour ce qui est du verre recyclé, la provenance principale, est celle des circuits de collecte et de recyclage « classique » des emballages (bouteilles, pots…) et de ceux des verres plats. Ces transports sont pris en compte dans l'analyse du cycle de vie de l'isolant conformément à la norme NF P01 010 (modélisation des "étapes et flux inclus" dans la FDES du produit visé).

    Bien cordialement, Sofi .

  15. #14
    tannoz

    Re : Débat de fond

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Il existe déjà des FDES de produits biosourcés sur la base INIES tels que Florapan (Isonat) ou Batiplum (Nap'tural). Les évitements sont calculés sur le même modèle que le nôtre, associé à la maison Mozart du CSTB. Une FDES vient d'être également réalisée par Le Relais pour son isolant Métisse. Elle est disponible sur leur site en attendant la publication sur la base INIES.
    Sauf justification sérieuse (et là c'est à vous de jouer...) , les éléments évoqués dans ce fil de discussion ( http://forums.futura-sciences.com/is...o-14040-a.html ) retirent toute pertinence aux FDE&S quant à l'évaluation de la quantité d'énergie consommée pour la production des matériaux. Le biais est tellement énorme qu'il me semble cousu de fil blanc. Il m'aurait intéressé de voir comment se mesurent les isolants biosourcés aux isolants minéraux, mais étant donnés les principes de
    calcul établis par la norme NF/ISO 14040, les dés sont pipés...

    Dans ce cadre, je comprends même relativement bien un fabricant d'isolant "dit écologique", qui choisirait de ne pas établir de FDE&S...


    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Le logiciel que nous utilisons est sous licence Ecobilan et à cet égard ne peut être mis en ligne comme souhaité car il est propriété de la société Ecobilan. Toutefois, le mode de calcul est détaillé en annexe de la FDES. Il est donc possible de recalculer un évitement avec par exemple une résistance thermique différente.
    Pour information, le nom du logiciel utilisé pour réaliser une FDES est précisé dans chaque FDES existante.
    C'est certainement possible de recalculer les évitements à la main, mais ça demande énormément de temps, a fortiori dans notre cas, où nous allons chercher à tester de multiples variantes... N'étant pas employé à ça, et ayant une maison à terminer de construire, un logiciel eût été utile... J'ai commencé à regarder du côté de Wufi. A défaut de solution pour récupérer les données climatiques qui nous concernent, je me rabattrai peut-être sur Pleiades/Comfie.

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Pas de cuisson ? Pourtant, lorsque l'on consulte des données techniques des produits (Avis Technique ou fiche descriptive produit), le liant polyester est souvent mentionné par l'expression "fibres thermofusibles" (Batiplum à base de plumes de canard à hauteur de 70 % en poids, de 20 % de polyester thermofusible et de 10 % de laine de mouton, Fibra Natur Composition 85 % fibre de lin ; 15 % fibre thermofusible polyester, etc.). Autre exemple, pour la laine Métisse, il est clairement annoncé dans la FDES qu'il y a un passage au four à 110°C pour le nappage polyester…il faut bien un processus de chauffage de la fibre polyester pour une intégration aux autres fibres, animales ou végétales.
    Oui, c'est donc exactement ce que je disais : ces matériaux ne nécessitent pas de *cuisson*, et en tous cas nécessitent des températures de chauffe bien moindres et moins prolongées que ce qui est nécessaire pour la laine de verre. Rappelez-nous la capacité thermique du verre, sa température de fusion, et le temps durant lequel il doit être maintenu au four dans le cadre des procédés d'élaboration de la laine de verre ?


    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    La plupart des sites proposant des comparatifs de produits isolants partent sur une conductivité thermique de la laine de verre à lambda 40 or les laines de verre vont jusqu'à un lambda 30 et suivant les applications les lambdas utilisés sont différents. Le lambda 40 est la laine de verre classique qu'on tend à ne plus utiliser qu'en combles perdus où il n'y a pas de limite de place et où l'on peut donc placer des épaisseurs 30 ou 40 cm. En combles aménagés, comme en murs, on préconise plutôt des lambdas 35 voire 32 afin de limiter l'épaisseur de l'isolation à mettre en œuvre et ainsi préserver au maximum l'espace habitable. Ces lambdas sont plus performants que la plupart des isolants biosourcés proposés aujourd'hui dont la majorité des lambdas oscillent entre 38 et 40 mW(m.K) voire 42 pour certains produits en toiture. De plus, les lambdas des laines de verre sont certifiés Acermi, ce qui constitue une garantie supplémentaire de la performance thermique du produit pour l'utilisateur final.
    Peut-être, mais encore faut-il confronter cette performance à un cycle de vie complet dans un cadre un peu réaliste (cf. supra, normes 14040...), et produit par produit : selon le procédé utilisé pour vos laines à lambda=0,030, peut-être leur AVC est elle sensiblement différente de celle de la laine à lambda=0,04 ? Et qu'en est il de leur structure (diamètre de fibres, impact sur la santé du poseur...) ? Quels sont les adjuvants utilisés pour les LDV à lambda=0,030 ? Sont elles fabriquées dans tous vos sites de production ? Quelle est leur densité/capacité thermique ?

    Vos propos sur la préservation de l'espace habitable peuvent être une problématique dans certains cas (habitat exigü, rampants avec piédroit de faible hauteur...), mais ce n'est pas systématique. Pour mémoire, pour obtenir un U=0.2 (donc un R=5), s'il faut 15cm de laine de verre (modèle à lambda=0,030), il faut 20cm d'un isolant à lambda=0,04, soit seulement 5cm de plus. Ramené sur une périphérie de maison dont les murs feraient par exemple, 6mx10m sur 2 niveaux, soit 120m² et 64m de linéaire de mur, ça représente une perte de 3,2m² sur la surface habitable... A chacun de voir...


    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Sur un cycle de vie total, l'isolant à plus fort lambda à épaisseur égale permettra davantage d'économies d'énergie (besoins de chauffage ou de refroidissement) ainsi que d'évitements de CO2.
    Il faut savoir, ici vous fonctionnez à épaisseur égale, alors que précédemment, vous argumentiez sur le gain d'espace habitable... C'est du ping-pong : ce qu'il faudrait, c'est simuler l'isolation d'une maison-type avec par exemple 10, 15 ou 20cm de de différents isolants (différentes laines de verres et différents isolants écologiques), et comparer l'évitement de chauffage, de refroidissement (quelle connerie d'en arriver à devoir rafraîchir une maison, pour moi ça relève du défaut de conception, mais bon, passons...) et de CO2 sur tout le cycle de vie. Mais là encore, nous avons un problème de fond sur le mode de calcul de la quantité d'énergie consommée dans les FD&S...
    Idéalement, il faudrait même que cette simulation soit faite au moyen d'un outil de simulation dynamique prenant en compte l'hygroscopicité des matériaux, facteur a priori important dans le fonctionnement hygrothermique d'une paroi.

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    De plus, côté recyclage, certains produits biosourcés finissent en centre de stockage de catégorie 2 comme la laine de verre.
    Je croyais que la laine de verre pouvait être recyclée ?


    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Les sites de production sont affichés sur notre site : 3 usines pour les laines de verre (Chalons sur Saône, Orange et Chemillé), 1 usine pour la laine de roche à Genouillac.
    Aucun site de production à l'étranger, pour aucun des produits vendus en France ?


    Merci... Et RV sur le topic portant sur la norme NF/ISO 14040...

  16. #15
    invited913c3d1

    Re : Débat de fond

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    Pas de désaccord de fond non plus de mon côté, mais en l'absence de données fiables, je crois qu'on peut quand même se demander à qui incombe la charge de la preuve, pour savoir qui d'Isover (par exemple), de Buitex (autre exemple côté isolants biosourcés) ou de Xylobell (autre exemple côté isolants "recyclosourcés") peut se permettre d'appeler ses produits "isolant écologique". Disons que scientifiquement, on en est plutôt à la phase de définition des hypothèses, et que l'hypothèse selon laquelle les isolants biosourcés / recyclosourcés ne nécessitant pas de cuisson, et pouvant constituer un puits de carbone auront un impact environnemental plus faible que les isolants conventionnels paraît complètement recevable. La validation formelle de cette hypothèse nécessite des données et un travail d'analyse, mais je ne me vois pas relativiser le caractère "écologique" de la paille utilisée comme isolant ou d'une laine de bois produite en France, sans éléments nouveaux au sujet du mode de production de ces matériaux (genre bois importé de Sibérie Orientale, mauvaise gestion des forêts...), ou mieux, sans des ACV permettant une comparaison formelle...

    A + !
    Apparemment d'après les explications de Sofi 29, Isover fournit des ACV de ses produits. Il faudrait pouvoir les comparer avec ceux d'autres isolants. Mais j'ai l'impression que c'est le flou total pour plein de produits où il n'y a pas vraiment de données.

    Notamment impossible de trouver des FDES sur la ouate de cellulose sur la base INIES. Philou67 m'avait indiqué dans une autre conversation qu'il attendait une réponse de l'INIES à ce sujet. A-t-on du nouveau? Pourquoi est-il si compliqué de trouver des données objectives sur ces produits qui pourtant se proclament haut et fort écologiques?

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