Citation Envoyé par quantat Voir le message
Confirmation de l'hypothèse: lors du débriefing, Milgram demande au sujet naïf si quelque chose aurait pu l'aider à s'interrompre, pourquoi il ne s'est pas arrêté avant...
La réponse du sujet est remarquable " I did stop!" s'exclame t'il avec force et il ajoute que c'est l'autre qui le forçait à poursuivre...
C'est ce qu'on appelle de la dénégation: le sujet nie en toute "bonne foi" ce qu'il sait en même temps être vrai. C'est une des formes du refoulement.
Donc, d'après cet exemple, le refoulement est, au pire, une forme de mensonge, et au mieux une stratégie d'auto-présentation ?

Un peu comme l'adolescent qui affirme à sa mère qu'il ne fume pas, et qu'il n'a jamais fumé, alors qu'il vient de s'en griller une petite et qu'il sent la cigarette à plein nez ? Alors ma question est qu'y a-t-il d'inconscient là-dedans ? L'ado sait pertinemment qu'il fume, comme le participant de Milgram sait pertinemment qu'il a été au bout de l'expérience, il n'y a rien d'inconscient là-dedans.

Il y a, à mon avis, une grande différence entre ne pas avoir conscience d'une de nos pensées ou actions, et ne pas vouloir l'exprimer. C'est typiquement ce qui me dérange dans l'inconscient Freudien, c'est qu'il suppose une forme d'inconscience de ces pensées qui deviennent "pathogènes" (j'essaye de rester dans ce qu'il appellerait de la "psychopathologie quotidienne"), alors que ce qu'il observe peut probablement n'être qu'une sorte de réticence à exprimer, à verbaliser, cette pensée.

Et l'exemple que tu donnes, Quantat, rentre tout à fait dans le cadre de mes doutes quant à l'existence de cette forme d'inconscient.