21/03/2006, 08h38
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Message #55 de cette discussion
| Date d'inscription: septembre 2004 Localisation: Genève Âge: 32
Messages: 436
| Re : A quand la psychologie science exacte?
Je ne sais pas si faire de la psychologie une science exacte anéantirait la subjectivité.
Théoriquement, une psychologie exacte serait capable de prédire chaque comportement de chaque individu. Pour cela cette psychologie a besoin de connaître tous les déterminants du comportement (neurologiques, cognitifs, affectifs, motivationnels, sociaux, conscients et inconscients, etc.).
La subjectivité réside dans l'unicité de chaque personne au niveau de la combinaison de tous ces déterminants entre eux. Donc, si cette psychologie est réellement exacte, elle est assez sensible pour repérer les différences interpersonnelles dans ces déterminants (la subjectivité).
Dans une application clinique, par contre, cette psychologie exacte risquerait de réduire la subjectivité du thérapeute.
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21/03/2006, 09h18
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Message #56 de cette discussion
| | Invité | Re : A quand la psychologie science exacte? Citation: |
Envoyé par [PSO]Fabrice.g Je ne sais pas si faire de la psychologie une science exacte anéantirait la subjectivité.
Théoriquement, une psychologie exacte serait capable de prédire chaque comportement de chaque individu. Pour cela cette psychologie a besoin de connaître tous les déterminants du comportement (neurologiques, cognitifs, affectifs, motivationnels, sociaux, conscients et inconscients, etc.).
La subjectivité réside dans l'unicité de chaque personne au niveau de la combinaison de tous ces déterminants entre eux. Donc, si cette psychologie est réellement exacte, elle est assez sensible pour repérer les différences interpersonnelles dans ces déterminants (la subjectivité).
Dans une application clinique, par contre, cette psychologie exacte risquerait de réduire la subjectivité du thérapeute. | Bonjour Fabrice
Je ne suis pas sûr de bien comprendre... selon moi, un individu dont on peut prévoir tous les comportements n'est plus un individu...
Le sujet serait selon moi ce qui justement se dérobe à toute tentative de détermination: ne confond tu pas le "sujet" avec la "personne" ?
Effectivement une théorie "objective" ne devrait laisser aucune place au thérapeute... à la limite une machine bien programmée devrait suffire
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22/03/2006, 11h05
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Message #57 de cette discussion
| Date d'inscription: mars 2006 Âge: 24
Messages: 12
| Re : A quand la psychologie science exacte?
Quoiqu'il en sera, la subjectivité sera toujours présente dans nos relations interindividuelles en face à face et aussi dans notre rapport à nous-même. Connaître le comportement d'un individu ne sera véritablement prédictif que si l'on peut également prévoir les évènements auxquels il sera confronté. Il faudrait donc pour cela, mathématiser non seulement le cerveau de cet individu (en considérant que cela est possible) mais aussi ceux de tous les individus eux-même influencés par leurs environnement. Ce qui revient au final à mathématiser tout ce qui existe. Beau programme ! | | |
22/03/2006, 15h37
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Message #58 de cette discussion
| Date d'inscription: novembre 2005 Âge: 49
Messages: 20
| Re : A quand la psychologie science exacte?
Merci d'abord à tous ceux qui ont contribué à ce fil, que je suis avec intérêt depuis le début.
Etant aussi (et initialement) psychologue, je ne résiste pas à la tentation d'apporter mon grain de sel.
Je crois que ce n'est pas la psychologie qui a un problème comme science mais la science qui a un (gros) problème avec sa division en disciplines. Cela a déjà été évoqué à plusieurs reprises dans ce fil, prédire un comportement humain de manière fiable et précise nécessite la prise en compte d'un nombre très élevé de paramètres, relevant, pour rester dans le vraisemblable et le possible, aussi bien de l'intraindividuel (bio-neuro-psycho) que de l'interindividuel (psycho-socio-ethno).
Là où je situe le problème est dans la balkanisation des sciences qui découpent, morcèlent ce qui possiblement est un continuum (ou à tout le moins présente des aspects continus) : la faible "scientificité" tient à l'absence d'intégration entre niveaux et échelles, à la faible, voire l'inexistante, communication entre producteurs/gardiens des différents territoires disciplinaires. La psychologie ne peut être une science tant qu'elle existera comme psychologie se voulant science à part entière.
Si l'on est attentif à ce qui se passe en son sein depuis une vingtaine d'années, on s'aperçoit d'ailleurs à quel point elle est "le cul entre entre deux chaises" (bio-neuro d'un côté et socio-anthropo de l'autre), son espace épistémologique propre se réduisant peu à peu à la topologie de ce qu'on trouve habituellement entre deux fesses (petit clin d'oeil aux anal-ystes amateurs qui fréquentent ce forum).
Les sciences cognitives sont, en effet, un assez bon exemple (et prototype) d'une science "verticale" qui accorde la priorité à ses objets sur les divisions disciplinaires : elles intègrent les ressources et outils provenant de disciplines, sous-disciplines et spécialités traditionnellement séparées pour en faire leur miel.
Une science des humains, intégrant bio (en particulier génétique et évolution), neuro (non limité au seul cerveau), psycho (ce qu'il en reste), socio (économique et politique inclus) et ethno (l'échelle des cultures, la plus large pour les humains) sera scientifique et possédera un pouvoir de prédiction correct (et éthique), tant à l'échelle de l'individu que des groupes. Mais ce ne sera pas, ou plus, une psychologie. Une anthropologie scientifique ? Ou peut-être un autre nom sera-t-il nécessaire ? Homosapiensologie ?
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23/03/2006, 14h03
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Message #59 de cette discussion
| | Invité | Re : A quand la psychologie science exacte? Citation: |
Envoyé par alphaba
Les sciences cognitives sont, en effet, un assez bon exemple (et prototype) d'une science "verticale" qui accorde la priorité à ses objets sur les divisions disciplinaires : elles intègrent les ressources et outils provenant de disciplines, sous-disciplines et spécialités traditionnellement séparées pour en faire leur miel.
| Bonjour alphaba,
Penses tu que l'objet pré existe au discours (scientifique, c'est ce qui nous intéresse ici) ou bien qu'il est "construit par celui ci ?
Pour illustrer: les physiciens estiment parfois qu'il n'y a pas contradiction entre certaines idées de la physique quantique et celles de la relativité, mais simplement "incommensurabilité"...
Rapporté à notre sujet, cela signifie que même si l'anthropologie, la sociologie, les psychologies, l'Histoire etc... s'intéressent à l'homme, il ne s'agit pas du même objet... puis que les concepts par lesquels elles appréhendent la réalité qui les concerne sont définis par leur inscription dans un discours pourvu d'une axiomatique spécifique et irréductible à celle de la discipline voisine...
Je ne crois pas par exemple que la pensée sur laquelle se penche les sciences cognitives soit commensurable à celle qui concerne la psychanalyse ou la neuro biologie.
JP Changeux tient par exemple sur cette question un propos chargé de contradictions ... il affirme cette continuité entre les niveaux d'organisation de la réalité mentale ... mais toutes les tentatives pour faire dériver un modèle computationnel d'une représentation physiologique du cerveau échouent (de son propre aveu).
Certes il s'en tire en remettant à plus tard le succès promis...
Et là ça me fait penser à Popper lorsqu'il évoque cette formule latine capable de guérir tous les maux... un jour on y arrivera: l'affirmation est irréfutable.
Dit autrement: le poète qui dit que la terre est bleue comme une orange parle t'il du même objet que le géologue ?
Par ailleurs, il est néanmoins très important qu'un spécialiste d'un domaine se tienne informé de ce que les autres champs de la science ont réalisé comme progrès... ça je te l'accorde volontiers.
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23/03/2006, 15h45
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Message #60 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2006 Âge: 35
Messages: 57
| Re : A quand la psychologie science exacte?
j'ajoute mon grain de sel aussi, science des hommes vous avez oublié une des plus grandes la géographie (rapport homme milieu). Comment esperer comprendre l'homme en oubliant son environnement. en fait, en faisant cela, on le détruit lui même car on détruit ce pourquoi il vit, comment il vit et avec quoi il vit.
Les structures, les interactions entre les individus sont largement le fait du milieu (aujoud'hui plus les villes que les champs).
Sinon, pou l'histoire de la subjetcivité, effectivement l'exactitude ne tue pas la subjectivité. Est-elle toutefois souhaitable?, C'est une autre question.
C'est vision d'un monde entièrement exact est typique d'une ville ou d'un Etat à la Big Brother.
Prevoir toujours possible evidemment mais à quel prix.
D'autant plus qu'avaec ce principe nous jouons un peu à Madame Soleil.
Personnellement, je crois qu'il est souhaitable de rationaliser mais en laissant des libertés ("le moi" de l'individu). Nous avons chacun une vie et nous ne souhaitons pas penser comme le voisin (en tout cas pas moi). Alors il serait ridicule de tout mathématiser dans le cerveau. Des choses sont dangeureuses, d'autres sont utiles.
Je crois qu'en géographie (ma matière), la rationalité est assez faible et que nous avons besoin d'un coeur mathématique qui soit en mesure d'unifier les concepts.
__________________
Un constat s'impose ; j'observe, je décris, chercher l'erreur
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23/03/2006, 18h38
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Message #61 de cette discussion
| Date d'inscription: mars 2004 Localisation: Fribourg (CH) Âge: 25
Messages: 5070
| Re : A quand la psychologie science exacte? Citation: |
Envoyé par albius21 Prevoir toujours possible evidemment¨ | Dans une certaine mesure. C'est fort hautain et illusoire de croire ou affirmer que nous pouvons prévoir l'avenir avec grande exactitude.
Un coeur mathématique, logique, rationnel, raisonnable ?
Shokin
__________________
Auto-détermination ! Fun ! Respect ! Écologie ! Pédagogie ! Diversité ! Souveraineté !
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23/03/2006, 20h19
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Message #62 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2006 Âge: 35
Messages: 57
| Re : A quand la psychologie science exacte?
oui oui c'est un fait mais il y a des gens qui toujours ont cette intention illusoire certes mais profondemment humaine de rationaliser la totalité du savoir.
Quel intérêt pour des disciplines comme la socio ou la géographie ; produire des systèmes de transports plus performants, accroitre l'efficacité du fonctionnement des administrations par ex... 
Ou encore aider les polices sarkosiennes à mieux reperer les délinquants étudiants près de la Sorbonne entre 11h et 18h le 24/03/06...
__________________
Un constat s'impose ; j'observe, je décris, chercher l'erreur
Dernière modification par albius21 ; 23/03/2006 à 20h22.
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08/11/2006, 14h56
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Message #63 de cette discussion
| Date d'inscription: novembre 2006 Localisation: Rambouillet
Messages: 3
| Re : A quand la psychologie science exacte?
oK suite,
ajouter que les stimulations, au niveau de l'hypothalamus, se faisaient par implantation d'une électrode, et que les lésions utilisaient des principes sclérorants... le rat, ou bien se laissait mourrir de faim, ou bien mangeait tout ce qui lui tombait sous la dent, y compris des éponges....C'était il y a une trentaine d'années en prépa de DEA....Je ne sais pas aujourd'hui si on est moins barbare, mais je me suis éloignée de ce lieu de supplices..
agorapsy
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08/11/2006, 15h01
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Message #64 de cette discussion
| Date d'inscription: novembre 2006 Localisation: Rambouillet
Messages: 3
| Re : A quand la psychologie science exacte? Citation:
Envoyé par agorapsy oK suite,
ajouter que les stimulations, au niveau de l'hypothalamus, se faisaient par implantation d'une électrode, et que les lésions utilisaient des principes sclérorants... le rat, ou bien se laissait mourrir de faim, ou bien mangeait tout ce qui lui tombait sous la dent, y compris des éponges....C'était il y a une trentaine d'années en prépa de DEA....Je ne sais pas aujourd'hui si on est moins barbare, mais je me suis éloignée de ce lieu de supplices..
agorapsy | (le début de ce message est perdu, ce qu'il en reste est ainsi un peu obscur) agorapsy
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