J'ai trouvé dans un livre de mécanique quantique, alors que l'auteur tentait de montrer l'omniprésence des applications de la théorie quantique dans le vie quotidienne, une explication rapide du principe de fonctionnement d'un transistor bipolaire, mais je dois avouer que je n'ai pas très bien compris certains détails, qui sont en fait essentiels.
J'ai tout de même quelques notions sur les transistors, les ayant étudiés en cours de sciences de l'ingénieur, mais il ne s'agit alors que de leur utilisation dans un circuit, et non de leur fonctionnement, peut-être considéré comme trop complexe (?)
Un transistor se présente alors comme la succession de trois zones correspondant à trois semi-conducteur. Il faut ensuite distinguer les transistors de type PNP puis NPN, le premier correspondant un deux semi-conducteurs de type P séparés par un semi-conducteur de type N, puis, logiquement, le second comme deux semi-conducteurs N séparés par un semi-conducteur de type P.
Un semi-conducteur du type N serait alors un semi-conducteur, comme par exemple le silicium, dopé par exemple par des atomes d'arsenic, qui vont introduire un électron dans la bande de conduction du semi-conducteur. Puis un semi-conducteur de type P correspondrait à un dopage, par exemple au gallium, un introduisant un "trou", un électron manquant dans le bande de valence.
Le principe d'un transistor est ainsi de se comporter à l'instar d'un interrupteur fermé ou d'un interrupteur ouvert, c'est-à-dire laissant passer ou non les électrons entre le collecteur et l'émetteur, selon l'intensité du courant arrivant dans la base du transistor dipolaire.
Ce que je ne comprends pas, c'est comment la juxtaposition de semi-conducteur de type N ou P pourrait impliquer ce genre de fonctionnement.
Quelqu'un pourrait-il m'éclairer ?
Merci d'avance
Phys2
Quand nous naissons, nous pleurons d'être venus sur cette grande scène de fous.
J'ai tout de même quelques notions sur les transistors, les ayant étudiés en cours de sciences de l'ingénieur, mais il ne s'agit alors que de leur utilisation dans un circuit, et non de leur fonctionnement, peut-être considéré comme trop complexe (?)
Disons très différent, évidemment. C'est amusant, je suis également ingénieur, mais moi j'ai appris son fonctionnement interne mais je suis incapable de les utiliser (enfin, pas facilement en tout cas), c'est l'inverse
Envoyé par Phys2
Ce que je ne comprends pas, c'est comment la juxtaposition de semi-conducteur de type N ou P pourrait impliquer ce genre de fonctionnement.
C'est pas mal expliqué dans le bouquin de Feynman sur la MQ.
(il faut forcément commencer par la jonction PN avant de voir le transistor, alors je donne les trois liens).
Tout est relatif, et cela seul est absolu. (Auguste Comte)
11/07/2008 - 11h07
gatsu
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
salut,
Avant de commencer par le transistor est ce que tu sais comment fonctionne une diode à jonction PN ?
11/07/2008 - 11h14
curieuxdenature
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
Bonjour Phys2
le transistor bipolaire ne se comporte pas seulement comme un interrupteur mais plutot comme un rhéostat.
La succession de 3 couches de silicium dopés est calculée pour obtenir une amplification en courant qui peut aller de 10 à 10000.
L'amplification consiste à n'utiliser qu'une faible énergie pour doser la gestion d'une énergie bien plus grande et le dosage doit rester linéaire dans une plage bien définie. C'est ce que réalise le passage d'un faible courant dans une des 2 jonction PN d'un transistor PNP.
En théorie, on applique une tension entre les 2 jonctions extrêmes, en l'absence de courant de commande dans une des 2 jonctions contigues, le courant est minimum. Dès que le seuil est passé, ce courant augmente proportionnellement à la commande.
Dans la pratique on dois respecter la polarité imposée par la construction de l'ensemble, on observe en effet qu'on ne peut pas brancher un transistor PNP ou NPN dans n'importe quel sens, la symétrie n'est que théorique.
Pour la question posée, c'est le dosage correct du courant dans la jonction Base-Émetteur (N->P) qui fait que l'ensemble PNP va se comporter comme s'il devenait PP, la couche centrale N disparaissant progressivement. Ce dosage adéquat amincit la jonction Base-Émetteur jusqu'à ce que le transistor se comporte comme un court-circuit dans le sens Collecteur-Émetteur. En l'absence de ce dosage, la jonction Base-Émetteur redevient bloquante, comme si la région centrale N réapparaissait.
J'espère avoir été assez clair.
L'electronique, c'est fantastique.
11/07/2008 - 11h43
Seirios
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
Merci por cette explication, je commence à entrevoir la solution
Envoyé par gatsu
Avant de commencer par le transistor est ce que tu sais comment fonctionne une diode à jonction PN ?
Non, comme le transistor. Je vais voir les liens donnés par Deedee81, et je reviendrai poser quelques questions
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Pour l'instant, j'ai lu le premier document proposé par Deedee81, et il n'y a pas de problème, mais j'ai également lu deuxième, sur lequel j'aurais deux petites questions :
Tout d'abord, je n'ai pas bien compris le passage qui expliquait comment on retrouve bien une tension nulle aux bornes d'une diode à jonction pn à l'équilibre, c'est-à-dire ce passage :
Contrairement aux apparences, la différence de potentiel développée entre l’anode et la cathode est nulle : on ne peut pas mesurer V0 en connectant les électrodes d’un multimètre aux bornes de la diode ! Ce paradoxe est facilement résolu si l’on réalise que le composant contient, outre la jonction pn, deux jonctions métal-semiconducteur : ce sont les contacts ohmiques. Ces jonctions développent également des tensions de diffusion qui apparaissent en série avec V0. Ainsi, la différence de potentiel mesurée entre les électrodes d’un multimètre est la somme des trois tensions de diffusion ; cette somme est nulle comme l’impose la condition d’équilibre (2.1).
J'aimerais savoir également comment justifier le signe moins devant le v dans la formule . Je pense qu'il s'agit simplement de la définition de la polarisation directe, mais ne connaissant pas cette définition...
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12/07/2008 - 09h28
LPFR
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
Bonjour.
Ce qu'un voltmètre mesure est la différence d'hauteur du niveau de Fermi.
Il semble un peu difficile de donner une explication correcte d'une jonction PN en passant sous silence le niveau de Fermi.
Au revoir.
12/07/2008 - 09h59
Seirios
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
Ce qu'un voltmètre mesure est la différence d'hauteur du niveau de Fermi.
Il semble un peu difficile de donner une explication correcte d'une jonction PN en passant sous silence le niveau de Fermi.
Je vais alors voir dans votre document, j'ai vu qu'il en était question dans un chapitre.
Quand nous naissons, nous pleurons d'être venus sur cette grande scène de fous.
12/07/2008 - 11h57
curieuxdenature
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
Envoyé par Phys2
J'aimerais savoir également comment justifier le signe moins devant le v dans la formule . Je pense qu'il s'agit simplement de la définition de la polarisation directe, mais ne connaissant pas cette définition...
Bonjour Phys2
ici, Vo est la tension de jonction des 2 régions de type P et N, c'est à cette tension que le courant du sens passant s'oppose, d'où le signe - donné à cette dernière. Vo est aussi appellée barrière de potentiel, elle a une valeur qui dépend des types de jonctions, c'est cette bande interdite que v doit surmonter, en pratique ça donne v~0.4 V pour la diode au Germanium et ~0.7 V pour celle au silicium.
Bonjour.
Ce qu'un voltmètre mesure est la différence d'hauteur du niveau de Fermi.
Il semble un peu difficile de donner une explication correcte d'une jonction PN en passant sous silence le niveau de Fermi.
Au revoir.
Pour ma part, bien que je connaisse le fonctionnement d'une diode, j'ai toujours été perturbé par le lien entre la tension qu'on dit appliquer et la tension effectivement mesurée par un voltmètre aux bornes d'une diode à jonction PN...est ce que tu saurais où est ce que je peux trouver le détail du calcul du contact ohmique décrit dans le message #7 de Phys2 ?
Envoyé par curieuxdenature
ici, Vo est la tension de jonction des 2 régions de type P et N, c'est à cette tension que le courant du sens passant s'oppose, d'où le signe - donné à cette dernière. Vo est aussi appellée barrière de potentiel, elle a une valeur qui dépend des types de jonctions, c'est cette bande interdite que v doit surmonter, en pratique ça donne v~0.4 V pour la diode au Germanium et ~0.7 V pour celle au silicium
C'est bizarre, parce qu'on m'a toujours dit que la tension de seuil (~0.7 V) n'avait rien à voir à la fameuse tension V0 aux bornes de la zone de dépleition disons.
Mais que c'était tout simplement ~30 fois la tension thermique..
14/07/2008 - 16h25
LPFR
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
Bonjour.
Envoyé par gatsu
Pour ma part, bien que je connaisse le fonctionnement d'une diode, j'ai toujours été perturbé par le lien entre la tension qu'on dit appliquer et la tension effectivement mesurée par un voltmètre aux bornes d'une diode à jonction PN...est ce que tu saurais où est ce que je peux trouver le détail du calcul du contact ohmique décrit dans le message #7 de Phys2 ?
Il ne faut pas mélanger les contacts entre un métal et un semiconducteur. Il y a les contacts ohmiques et il y a les jonctions métal-semiconducteur.
Les contacts ohmiques sont des endroits ou la vitesse de recombinaison est "infinie" (ou presque). Ce sont des contacts qui n'ajoutent pas d'impédance significative au dispositif. On obtient cela en rajoutant des défauts qui créent des centres de recombinaison dans le gap. On peut aussi le faire en dopant à mort le semiconducteur (n+ ou p+). On obtient ainsi des contacts métal-n+-n ou métal-p+-p. Mais les contacts ohmiques restent une partie plus ou moins mystérieuse dans les livres que j'ai vus. Ils ne s'attardent pas beaucoup sur eux.
En tout cas se sont des contacts parfaitement conducteurs, sans zone de charge d'espace vide de porteurs et le niveau de Fermi reste au moins aussi constant que dans le reste du semiconducteur.
Pour ce qui concerne le post #7, je ne suis pas coupable ni même solidaire. Les tensions de diffusion ne sont pas mesurables avec un contrôleur. Dans une diode sans courant, le niveau de Fermi est absolument plat. Mais il est vrai que les bandes de conduction entre le semiconducteur et le métal ne seront pas au même niveau de chaque côté du contact.
Par contre les jonctions métal-semiconducteur sont des vraies jonctions, comme la PN, mais avec un métal d'un des côtés. C'est ce type de jonction que l'on fait pour les diodes Shottky. Il y a une zone de charge d'espace isolante, surtout du côté semiconducteur.
Envoyé par gatsu
C'est bizarre, parce qu'on m'a toujours dit que la tension de seuil (~0.7 V) n'avait rien à voir à la fameuse tension V0 aux bornes de la zone de dépleition disons.
Mais que c'était tout simplement ~30 fois la tension thermique..
Dans la zone de déplétion il y a du champ électrique mais on ne peut pas le mesurer avec un voltmètre. Seul un électron peut le sentir. Ce que l'on pourrait mesurer comme tension avec un contrôleur est presque égal à la tension appliquée à la diode (hypothèse de Shockley satisfaite dans beaucoup des cas).
Il n'y a pas vraiment de seuil de conduction dans une diode PN. Elle conduit dès que la tension est différente de zéro.
La question est que le courant ne devient "décent" (quelques milliampères), que quand la tension de polarisation atteint quelques dixièmes de volt. Maintenant à quel niveau doit-on placer le niveau de "décence"? Cela dépend des applications et des courants utilisés. Pour un fabriquant de locomotives, je ne pense pas qu'il considère quelques milliampères comme "décent". Pour lui le seuil d'une diode est de l'ordre du volt (si non plus).
Si jamais vous avez l'opportunité de regarder la courbe courant-tension d'une diode avec un oscilloscope, augmentez la sensibilité verticale, et vous verrez comment le "seuil" change.
Au revoir.
14/07/2008 - 16h52
gatsu
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Re : Transistor bipolaire et mécanique quantique
Envoyé par LPFR
Dans la zone de déplétion il y a du champ électrique mais on ne peut pas le mesurer avec un voltmètre. Seul un électron peut le sentir. Ce que l'on pourrait mesurer comme tension avec un contrôleur est presque égal à la tension appliquée à la diode (hypothèse de Shockley satisfaite dans beaucoup des cas).
Mais cette hypothèse de Shockley nécessite des jonctions métal-semiconducteur de chaque coté non ? Ou alors elle n'a rien à voir avec la présence d'un métal ?
Il n'y a pas vraiment de seuil de conduction dans une diode PN. Elle conduit dès que la tension est différente de zéro.
La question est que le courant ne devient "décent" (quelques milliampères), que quand la tension de polarisation atteint quelques dixièmes de volt. Maintenant à quel niveau doit-on placer le niveau de "décence"? Cela dépend des applications et des courants utilisés. Pour un fabriquant de locomotives, je ne pense pas qu'il considère quelques milliampères comme "décent". Pour lui le seuil d'une diode est de l'ordre du volt (si non plus).
Si jamais vous avez l'opportunité de regarder la courbe courant-tension d'une diode avec un oscilloscope, augmentez la sensibilité verticale, et vous verrez comment le "seuil" change.
Au revoir.
Il me semble que c'est bien ce que je voulais dire mais que ce n'est pas ce que disait curieuxdenature non ?
Re.
Des hypothèses de Shockey, la plus importante est celle de considérer que toute la chute de tension dans la jonction a lieu dans la zone de charge d'espace. Comme je vous ai dit elle est souvent respectée, mais pas toujours notamment à des très faible et à des très forts nivaux d'injection de minoritaires. La conséquence est que dans la formule du courant en fonction de la tension il y a un 2 qui vient s'ajouter au dénominateur de l'exposant.
Mais tout cela n'est pas très important pour comprendre le fonctionnement d'une diode ou d'un transistor.
Arrêtez de vous faire un drame pour les contacts ohmiques. Ce sont simplement des contacts dans lequel rien de spécial ne se passe. C'est comme un contact entre deux métaux.
L'hypothèse de Shockley n'a surtout pas besoin de jonction métal-semiconducteur (diode Shottky !). Elle considère que les contacts sont ohmiques. Ce n'est pas la même chose.
L'explication de Curieuxdenature est la sienne. La mienne vous la trouverez dans le fascicule que je vous ai posté.
A+