La Leptospirose (ou plutôt les leptospiroses, puisque 27 groupes différents appartenant à la même espèce
Lesptospira interrogans provoquent la maladie) est une zoonose, c'est-à-dire une maladie transmissible de l’animal à l’homme et inversement. Les bactéries responsables ne peuvent survivre qu’en milieu aqueux (eau, sang, urines, …), elles affectionnent les eaux légèrement alcalines chargées de matière alcaline (eaux stagnantes) où elles se maintiennent.
La bactérie se fixe préférentiellement sur 2 organes : foie et rein. La pénétration se fait au travers des muqueuses (œil notamment). Les matières contaminantes sont l’urine et le sang en début d’infection. 300 à 600 cas humains sont recensés annuellement sur le territoire métropolitain mais, la déclaration n’étant pas obligatoire, on peut estimer que ce nombre est nettement sous évalué. Très peu de décès sont cependant enregistrés (2 à 20% des cas). Les personnes les plus particulièrement exposées sont celles pouvant avoir un contact avec des eaux potentiellement souillées ou des animaux potentiellement vecteurs (piégeurs, chasseurs, pêcheurs, éleveurs, agents d’abattoir, personnels chargés des travaux fluviaux ou de drainage, égoutiers chez qui la Leptospirose est classée maladie professionnelle).
Une enquête menée par l’École Nationale Vétérinaire de Nantes a montré que
sur 774 ragondins capturés en Loire-Atlantique, en Vendée, en Haute-Vienne et en Indre-et-Loire, 33% d’entre eux (jusqu’à 60% dans certaines populations) avaient, à un moment de leur vie, été contaminés par la Leptospirose.
Pour vérifier ces résultats et élargir la zone d’investigation, la Fédération Nationale des Groupements de Protection des Cultures à laquelle adhère les différentes Fédérations Départementales de la Région Centre, a mis en place en 2000-2001, l’opération CO.P.RA (COntrôle des Populations de Ragondins) dans 40 départements. La région Centre a bien entendu participé à cette enquête en envoyant pour analyse 240 sérums prélevés sur des ragondins capturés par piégeage (90 pour le département d’Indre-et-Loire et 150 pour le département du Loiret). Le résultat de cette étude que
la prévalence sérologique de la Leptospirose chez le Ragondin en France est comprise entre 48 et 52%. Une telle étude permet donc d’affirmer que le Ragondin est une espèce, qui au cours de sa vie a une forte probabilité d’être infectée par des leptospires et donc de les multiplier. Ceci démontre donc que cette espèce participe au cycle épidémiologique de cet agent pathogène et donc participe, au même titre que rats et mulots à l’augmentation de la pression infectieuse générale qu’exerce les leptospires dans les zones humides françaises. Une étude (Thèse de doctorat V. MICHEL) cofinancée par la Région des Pays de Loire, l’ONCSF et le MAP sur l’importance du portage rénal de leptospires par des animaux sérologiquement positifs et donc ayant été infectés a confirmé que le Ragondin était un porteur rénal de Leptospires et donc un excréteur potentiel de ces germes dans ses urines. Le Ragondin peut par conséquent contaminer son environnement par l’intermédiaire de ses urines.