Salut,

Citation Envoyé par bardamu
En fait, il se pourrait bien qu'il y ait un quiproquo sur "philosophie analytique".
En renvoyant à Wittgenstein, à mon sens tu renvoies justement à une conception de la philosophie (Bouveresse, en France, par exemple) plutôt qu'à la méthode analytique, notamment chez Descartes.
ah, peut-être. On pourrait se baser sur la présentation de la "philosophie analytique" sur wikipedia:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_analytique
Mais je m'inscris surtout à une "philosophie du langage ordinaire" à la Wittgenstein également présentée ici:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Philoso...gage_ordinaire

Si il s'agit de s'opposer à des excès "poétisant" d'une certaine philosophie, je serais sans doute aussi "analytique".
Certainement, mais je pense qu'un Wittgenstein irait justement plus loin que le philosophe que tu as présenté en ce qu'il considére tout problème métaphysique comme de mauvaises interprétations dont l'origine peut effectivement être du à des "excès poétisant".

Par contre, si "l'analytique" constiste à se limiter au langage, on est dans la rhétorique ou la logique, partie nécessaire mais bien limitée à mon goût.

Si il s'agit de se limiter à l'analyse du connu et à ne jamais rien faire d'autre que de mettre en ordre un contenu fourni par d'autres (science, droit, arts), cela me semble tout aussi limité.
Je suis d'avis que les philosophes créent, créent des modes de pensée, des manières de comprendre.

Le langage n'est-il pas un phénomène naturel ?
Le fait est que tu restes limité par ce que tu sais, ce qui t'est représenté: ton monde. De ce fait, le langage, étant effectivement un "phénomène naturel" en ce qu'il fait parti évidemment de ton monde, a les mêmes limites que celles de ton monde. Tu ne peux exprimer que ce que tu sais/ce qui t'est représenté. C'est parfaitement tautologique. Tu ne peux donc aller au-delà mais, à l'inverse de ce que tu penses, je doute que ca soit si réducteur que celà. L'entreprise consistant à dissoudre tous les problèmes métaphysiques et/ou ontologiques qui se sont posés n'est pas a priori une mince affaire.

Pour moi, il fait des affirmations sur ce que sont les choses, il délimite un cadre de pensée sur le monde.
En tout cas, c'est comme ça que je comprends des affirmations du type "ceci est...".
Il créée surtout des propositions simples tautologiques pour les extrapoler en des "affirmations" plus complexes. Ca me semble être une méthode assez logique, et comment aller, par définition, par delà cette logique? Si celle-ci correspond à la cohérence de l'enchainement de nos idées, ne serait-ce pas justement incohérent de s'en défaire?

J'aurais plutôt tendance à considérer que ce sont les scientifiques qui résolvent les problèmes : une question, une solution.
Ce que je veux dire, c'est que les problèmes des scientifiques ne peuvent être les mêmes que ceux des philosophes. Par exemple, un scientifique pour traiter un problème sur un "phénomène naturel" (en physique, en météorologie, en biologie,etc...) pourra employer une méthode de logique inductive et suivre les préceptes de Popper. Mais un philosophe traitant des problèmes de l'odre de la métaphysique ou de l'ontologie n'aura certainement pas les mêmes méthodes à employer en ce qu'un problème philosophique se définit, au final pour moi, comme un problème dont l'origine se situe au sein même du langage et dont l'analyse de ce dernier peut conduire à la dissolution du problème donné.

On remarque d'ailleurs que cette dernière méthode suit l'évolution même du langage conduisant à des perspectives d'études dans le domaine de la sociologie, voir de la psychologie. Je n'ai pas encore porté ma réflexion sur ce sujet, mais la distinction entre philosophe et scientifique pourrait peut être tourner finalement à une distinction entre "sciences humaines" et "sciences naturelles". Ou peut-être devrions-nous créer une "science du langage" dans laquelle la philosophie s'inscrirait. C'est un débat ouvert.

Quid des affects, des perceptions, des instincts, des attentes, de la mémoire, des constructions imaginaires, des constructions rationnelles etc. ?
Tout ce qui n'est pas mot ?
Mais les mots, de même que l'ensemble du langage, restent également des "constructions mentales", des "perceptions", des symboles visuels,etc... Ce sont comme tout des objets de mon monde/de ma représentation. Je n'accorde pas de place transcendant à ceux-ci (peut être était-ce l'erreur du "jeune" Wittgenstein mais je n'en suis pas vraiment certain). Le fait est que ces mots entrainent, s'ils sont mal interprétés (donc par un phénomène qui reste tout de même à la base culturel et social), des problèmes métaphysiques que l'on ne peut effectivement résoudre qu'en les dissolvant (et pas forcement à l'eau de javel ).

Ce sont des concepts métaphysiques ou alors c'est que tu considères qu'un concept qui est par principe invérifiable expérimentalement, est encore de la physique.
Au moins maintenant je comprend bien les critiques sur les problèmes liés à l'absence d'expérience pour vérifier certaines théories scientifiques comme l'interprétation d'Everett en MQ. En revanche, je suis d'accord que ce qui n'est pas vérifiable expérimentalement peut être conceptuellement parfaitement util scientifiquement.

Mais je crois que tu identifies "métaphysique" à "transcendance" alors que ce n'est pas justifié.
Pas vraiment mais je rejette en effet les deux notions (enfin ca dépend après du contexte dans lequel on l'utilise).

GFD.