bonjour,j'aimerai connaitre le principe de fonctionnement des statoréacteurs et si ils permettent des vols hypersoniques.Merci d'avance

bonjour,j'aimerai connaitre le principe de fonctionnement des statoréacteurs et si ils permettent des vols hypersoniques.Merci d'avance
Bonjour farallon,
Je te suggère de commencer à lire ceci :
http://forums.futura-sciences.com/as...ion-stato.html
Par curiosité, quel est le rapport avec le projet Mars 500 ?
Cordialement.
Dernière modification par Geb ; 29/11/2012 à 11h33.
Bonjour Geb, si les russes veulent concrétiser le voyage vers mars, en plus de l'étude des effets d'un long voyage sue l'organisme humain,le problème de la propulsion constitu un défi majeur
Un statoréacteur, qu'il soit à combustion subsonique (ramjet en anglais) ou supersonique (scramjet en anglais, c-à-d supersonic combustion ramjet), ne fonctionne pas dans le vide spatial. Il faut de l'air pour faire fonctionner ce type de propulseur.
Il existe également ce qu'on appelle le "statoréacteur interstellaire de Bussard", mais c'est un concept théorique qui n'est pas adapté au voyage interplanétaire.
Les Russes explorent la propulsion nucléo-électrique : un réacteur nucléaire fournit l'électricité nécessaire au fonctionnement d'un propulseur à plasma. Voir ici :
http://forums.futura-sciences.com/as...al-habite.html
Cordialement.
Dernière modification par Geb ; 30/11/2012 à 10h08.
Salut,le rendement d'un moteur nucléo-électrique est-il fiable pour un voyage de longue durée comme la le périple martien?
amicalement
L'énergie générée par ce type de moteur est-il suffisant et fiable compte tenu d'un risque de fusion du réacteur qui serait calamiteu pour le voyage du siècle
Si je te comprends bien, il y a deux aspects dans ta question :
- Ce type de propulseur est-il suffisamment puissant pour raccourcir sensiblement le voyage ?
- Ce type de propulseur est-il suffisamment sûr pour éviter au maximum un accident majeur ?
Dans un propulseur nucléo-électrique du type imaginé par les Russes, on a un réacteur nucléaire qui libère 3,5 MW d'énergie thermique grâce à la fission d'un combustible fissile (probablement du dioxyde d'uranium UO2 enrichi à 90% en uranium 235). Cette énergie thermique chauffe un fluide de refroidissement primaire circulant dans des canaux de refroidissement.
La réaction de fission est régulée à l’intérieur du cœur du réacteur par des barres de contrôle mobiles. En plus des barres de contrôle, on peut aussi ajouter (mais c'est facultatif) un matériau réflecteur de neutrons, qui diminue les fuites et augmente le flux moyen en retournant les neutrons à la région de faible flux, près du bord du cœur. Un réacteur nucléaire est également truffé de sondes et autres instruments de mesure, toujours à des fins de contrôle. Le réacteur envisagé par les Russes pour un voyage vers Mars est dit "à neutrons rapides" ce qui veut dire que contrairement aux réacteurs dits à neutrons thermiques, on peut se passer d'un matériau modérateur qui assure la thermalisation des neutrons (ce qui allège le dispositif).
Le combustible fissile n’est pas directement en contact avec le fluide caloporteur, la chaleur pouvant favoriser des réactions chimiques préjudiciables entre les deux. Pour l’isoler du fluide caloporteur, le combustible est entouré d’une gaine métallique. L’enceinte du cœur du réacteur est entourée par une ou plusieurs parois faisant office de bouclier anti-radiations. Le fluide caloporteur primaire est mû par un réseau de pompes mécaniques. Il chauffe à son tour un fluide caloporteur secondaire à travers un échangeur de chaleur. Si un des (ou les deux) fluides de refroidissement subissent une transition de phase (par exemple, de la phase gazeuse à la phase liquide, il faut ajouter un condenseur au système. Le système russe n'en aura pas besoin non plus (ce qui allège encore le dispositif), puisque le fluide caloporteur est un mélange de néon et d'hélium (probablement 28 % de néon pour 72% d'hélium). J’ignore cependant si c’est le liquide de refroidissement primaire ou secondaire. Quoiqu'il en soit, le fluide secondaire fait tourner une turbine couplée à un alternateur qui fabrique de l’électricité. Le fluide secondaire est finalement refroidit par un radiateur pour recommencer le cycle. Ce radiateur est indispensable, puisque le rayonnement est le seul échange thermique possible avec le vide spatial : il n'y a ni conduction, ni convection dans l'espace, à cause de l'absence de pesanteur (on est en microgravité). L’électricité produite est ensuite véhiculée à travers un réseau de distribution d’électricité. Dans le cas du modèle russe, cette électricité sert à alimenter plusieurs propulseurs magnétoplasmadynamique (un type particulier de propulseur spatial électrique à plasma).
L'utilisation d'un turbo-alternateur à haute température dans l'espace n'a jamais été tenté. L'avantage du fluide caloporteur gazeux, outre l'absence de condenseur, est qu'il s'agit d'un système permettant une conversion thermo-électrique avec un rendement (~35%) bien supérieur aux techniques habituels.
L'objectif des Russes, à partir d'une source d'énergie thermique d'environ 3,5 MW est d'atteindre une production nette d'électricité de 1 MW. L'autre avantage de ce système, est qu'il permet d'obtenir des réacteurs nucléaires qualifiés pour le milieu spatial à la fois relativement compacts et surtout, légers. Le projet russe vise une masse spécifique d'environ 15 kg/kW d'électricité produite. En comparaison, les réacteurs les plus performants jamais testés en orbite pesaient 320 kg pour une production électrique de 5 kW (soit une masse spécifique de 64 kg/kW).
Quant à la sûreté, c'est une question auquel je ne peux pas répondre dans le détail, mais à mon avis, une fois le réacteur assemblé dans l'espace au-delà de l'orbite dite "de sûreté nucléaire", c'est-à-dire à une altitude supérieure à 800 km, la sûreté devrait être relativement bien maîtrisée.
Cependant, ces performances sont très loin de suffir à raccourcir un voyage interplanétaire habité vers Mars, par rapport à l'alternative de la propulsion chimique (520 jours de voyage aller-retour lors d'une opposition Terre-Mars, par exemple, celle d'août 2050).
L'autre composant extrêmement critique, est justement le radiateur. Par exemple, l'External Active Thermal Control System (EATCS), le radiateur principal de l'ISS, conçu par Boeing, est capable de dissiper dans l'espace 70 kW d'énergie thermique. La surface totale de l'EATCS de l'ISS, qui utilise de l'ammoniac comme fluide caloporteur est de l'ammoniac est de 3800 m² et surtout, il pèse 54 tonnes. Le radiateur de l'ISS possède donc une masse spécifique de 771 kg/kW dissipé...
Comme tu l'as compris, si on utilisait la même technologie pour dissiper l'énergie thermique résiduelle du réacteur nucléaire russe, soit 2500 kW, le radiateur pèserait plus de 1928 tonnes...
Heureusement, les Russes envisagent d'explorer la technique des radiateurs à gouttelettes, avec lesquels on espère atteindre, un jour peut-être, une masse spécifique de seulement 0,5 kg/kW (soit plus de 1500 fois mieux que les radiateurs high-tech de l'ISS).
Comme tu le vois, la propulsion chimique classique, avec le couple redox LOX/LH2, à encore de beau jour devant lui.
Je crois utile de mentionner que, même si les Russes explorent la propulsion nucléo-électrique, entre 1955 et 1972, les Américains ont conçu des propulseurs nucléo-thermiques extrêmement performants qui auraient pu permettre de poser un équipage sur Mars en 1986.
Le congrès américain à préférer abandonner ce projet pour développer la navette spatiale américaine.
Cordialement.
Tu semble etre bien informé sur la propulsion spatiale.As-tu des infos sur le mode de propulsion du prochain engin spatial de la NASA?j'ai cru comprendre qu'il y a plusieurs candidats
Pas vraiment. Je suis simplement à l'affut d'informations sur le générateur nucléo-électrique russe depuis que j'ai créé la discussion à son sujet sur le forum.
Ça dépend exclusivement de la mission. Je pense que dans le cadre d'une mission habitée Terre-Mars, la NASA avait justement envisagé de revenir à la propulsion nucléothermique, similaire à celle développée à l'occasion du programme NERVA jusqu'en 1972 (date de l'abandon du projet).
Cependant, à la NASA, la propulsion nucléaire est évoquée sous le vocable "the N-word", parce que l'opinion publique américaine n'y est pas favorable. La raison est simple : le taux d'échec des fusées orbitales actuelles est généralement supérieur à 2%.
Cela dit, paradoxalement, le plutonium-238 utilisé jusqu'ici dans les générateurs thermoélectriques à radioisotope présente une radiotoxicité bien supérieure à celle du dioxyde d'uranium (90% U-235, 10% U-238) envisagé pour les véritables réacteurs nucléaires spatiaux.
Cordialement.
Dernière modification par Geb ; 30/11/2012 à 12h54.
pense-tu que du plasma pourrait faire l'affaire?
