Voilà, ma question est simple. Dans mon cours d'histoire de la biosphère, ma prof a dit que dans la définition d'une espèce biologique selon Mayr, sont pris en compte la structure dans l'espace (population) ainsi que la delimitation naturelle (interfécondité intraspécifique).
Cependant, je ne vois pas ce qu'elle veut dire par "délimitation naturelle". En ce qui concerne l'interfécondité intraspécifique, je pense ne pas comprendre ce que cela signifie car les définitions que j'ai trouvées se contredisent d'après moi. Si interfécondité signifie reproduction par croisement et donc entre deux espèces différentes et intraspécifique s'utilise pour qualifier les relations d'individus d'une même espèce, il n'y a pas qqch qui cloche?
Merci d'avance de votre aide
Il ne sert à rien à l'homme de conquérir la Lune, s'il en vient à perdre la Terre
Définition du concept biologique de l'éspèce selon Mayr et Dobzhansky :
" ensemble de populations réellement ou potentiellement interfécondes, isolées reproductivement d’autres groupes semblables."
Le terme de "délimitations naturelles" de ton prof fait référence, je pense, au terme " isolées" de la définitions ci-dessus. On a des isolements pré-zygotique et post-zygotiques.
Par exemple il existe deux espèces de crevettes interfécondes de part et d'autre de l'isthme de Panama mais celui-ci faisant barrière pré-zygotique on considère que ce sont 2 espèces différentes.
Si interfécondité signifie reproduction par croisement et donc entre deux espèces différentes
Non, interfécondité signifi qu'un évènements de fécondation est possible entre deux individus, qu'ils soient de la même éspèce ou non.
intraspécifique s'utilise pour qualifier les relations d'individus d'une même espèce
Et intraspécifique veut dire "dans la même éspèce", rien de plus.
30/12/2007 - 10h58
¤Valou¤
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Re : espèces et spéciation
Ok merci pour te explication Mecton ! J'ai tout compris !
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30/12/2007 - 17h25
Skoll
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Re : espèces et spéciation
Formulé autrement, ça donne:
Interféconds: qui sont féconds entre eux, qui peuvent se reproduire. Il faut rajouter à cela deux conditions pour s'assurer que les individus ou populations dont on parle soient de la même espèce. Tout d'abord, la reproduction doit être possible dans le milieu naturel. Mecton cite l'exemple d'une barrière géographique avec des crevettes. Cette barrière peut aussi être comportementale (ex: diurne/nocturne) ou écologique (ex: milieu ouvert, milieu forestier). Ensuite, la descendance en question doit être fertile, ce qui n'est le cas ni des tigrons, ni des mulets, ni des bardots. Les espèces en question sont proches phylogénétiquement, mais sont distinctes.
Intra- et interspécifique: à l'intérieur d'une espèce et entre différentes espèces. Voici comment s'en souvenir: "intra" = à l'intérieur, par opposition à "extra" = à l'extérieur, alors que "inter" = entre.
(Darwin x Manchot) / Japon = Seizon senryaku
30/12/2007 - 22h15
aquilegia
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Re : espèces et spéciation
Envoyé par Skoll
Interféconds: qui sont féconds entre eux, qui peuvent se reproduire. Il faut rajouter à cela deux conditions pour s'assurer que les individus ou populations dont on parle soient de la même espèce. Tout d'abord, la reproduction doit être possible dans le milieu naturel. Mecton cite l'exemple d'une barrière géographique avec des crevettes. Cette barrière peut aussi être comportementale (ex: diurne/nocturne) ou écologique (ex: milieu ouvert, milieu forestier). Ensuite, la descendance en question doit être fertile, ce qui n'est le cas ni des tigrons, ni des mulets, ni des bardots. Les espèces en question sont proches phylogénétiquement, mais sont distinctes.
Bonjour,
et on peut ajouter que crtaines espèces donnent en captivité des hybrides fertiles (voir certains canards par exemple, ou les croisements chats domestiques-serval), mais ces croisements n'ont pas lieu dans la nature, car il existe une barrière pré-reproductrice (comportementale ou écologique par exemple). On a donc bien affaire à des espèces différentes.
Cela dit, on peut toujours beaucoup discuter autour de la notion d'espèce (notamment chez les plantes) et définir une espèc est souvent délicat, notamment car on trouve facilement des cas plus ou moins en cours de spéciation.
Rien ne sert de penser, il faut réfléchir avant. (Pierre Dac)
30/12/2007 - 23h06
Skoll
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Re : espèces et spéciation
Quand je vois les difficultés rencontrées pour distinguer des espèces cryptiques comme chez les moustiques, j'imagine que les taxinomistes doivent s'en donner à coeur joie avec les plantes...
Quand je vois les difficultés rencontrées pour distinguer des espèces cryptiques comme chez les moustiques, j'imagine que les taxinomistes doivent s'en donner à coeur joie avec les plantes...
Certes, vu les hybrides féconds, notamment chez les Orchidacées, bi-, tri- quadri- voire penta-génériques...
Voire aussi (entre autres) l'intense spéciation chez les Ophrys, qui fait s'arracher les cheveux aux plus chevronnés spécialistes, perdus entre essaims hybrides, taxons supposés endémiques mais finalement bordéliques, taxons à aire disjointe ou mal connue, chevauchement de populations et mélanges de sous-espèces et écotypes tous supposés au millimètre près pour chaque pièce florale mesurée (ou pour chaque pigment ayant migré sur électrophorèse), etc...
Idem pour les Orchis, Nigritella, Dactylorhiza, et j'en passe...