Bonjour.

Une cellule eucaryote, humaine par exemple, utilise la respiration pour produire de l'énergie et effectuer diverses fonctions ; mais chaque respiration produit des radicaux libres, qui peuvent abîmer l'ensemble des molécules de la cellule.
On pense d'ailleurs que ces radicaux libres sont en partie à l'origine de la sénescence : les RL s'accumuleraient dans les vieilles cellules somatiques parce que les mécanismes chargés de les éliminer ne sont pas assez performants, ce qui expliquerait que la majorité de nos cellules aient une "mort programmée".

Cependant, il existe un paradoxe dont j'aimerais parler ici.

En effet, on suppose que les "vieilles" cellules somatiques sont "débordées" par la quantité de RL à éliminer, leurs moyens de défense seraient dépassés : or, les radicaux libres peuvent faire muter l'ADN, l'apoptose/la sénescence serviraient donc à éviter que de telles cellules deviennent cancéreuses.

Or, les RL proviennent de l'activité métabolique : plus une cellule utilise d'énergie, plus elle produit de RL.

Or, il existe des cellules à l'activité métabolique très intense sans que cela n'entraîne leur sénescence : les cellules embryonnaires.
Une division cellulaire exige beaucoup d'énergie : or, ces cellules se divisent très fréquemment pour former un embryon.
Elles devraient donc produire plus de RL que la plupart des cellules somatiques.

On pourrait se dire : "justement, c'est à ce moment que l'accumulation de RL commence : la cellule-oeuf n'en contient quasiment pas, et au fur et à mesure des divisions, ils s'accumulent dans les cellules jusqu'à ce qu'elles atteignent leur limite de Hayflick".

Mais le problème est que la cellule-oeuf provient elle-même d'une autre cellule-oeuf, s'étant beaucoup divisée pour la former, entraînant la production de RL censés s'accumuler. Une C.O. vas se diviser, admettons 20 fois, pour former des cellules filles se spécialisant pour donner des gamètes ; gamètes qui eux-mêmes seront capables de se diviser autant de fois que la précédente. Si dans la lignée cellulaire produisant les gamètes tous les radicaux libres ne sont pas parfaitement éliminés, comme c'est manifestement le cas dans la plupart des cellules du soma, alors les zygotes engendrés auraient un peu de radicaux libres en leur sein ; les descendants des descendants en auraient eux-même un peu plus, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il y ait trop de RL.

Cela veut-il dire que les cellules germinales sont capables d'éliminer parfaitement leurs radicaux libres, et de façon plus générale, de résister parfaitement à toutes les causes du vieillissement cellulaire ? Parce que ce que j'ai dit au dessus marche aussi pour la longueur des télomères (si les télomères ne sont pas parfaitement restaurés au sein des gamètes alors les descendants héritent de télomères plus courts et les descendants des descendants aussi, ainsi de suite).
Cela voudrait dire que, soit les cellules germinales ne subissent pas du tout certaines causes du vieillissement cellulaire auxquelles sont soumises les somatiques (exemple : les C somatiques produisent un RL que ni les germinales ni les somatiques ne savent éliminer, mais ça ne pose pas de problèmes aux générations ultérieures puisque les germinales n'en produisent pas), mais sont capables de résister parfaitement aux autres (parce que les C. germinales ont des mitochondries donc forcément elles produisent certains RL). Soit que le génome humain contient tous les outils permettant de "résister" parfaitement au vieillissement cellulaire, mais que ceux-ci ne sont exprimés que dans un nombre limité de cellules incluant les cellules germinales, où du moins qu'ils sont insuffisamment exprimés par la plupart des C. somatiques.

D'ailleurs quelqu'un dira peut être, à juste titre, que la limite de Hayflick est plus l'exception que la règle pour les cellules. Les levures peuvent apparemment se répliquer indéfiniment (enfin, n'est-ce pas ?) ; certaines cellules souches aussi ; les cellules cancéreuses aussi ; les cellules méristématiques des végétaux également... Mais le cas le plus remarquable est sans doute celui des cellules germinales animales. Alors que comme nos cellules somatiques elles produisent des radicaux libres et subissent un certain raccourcissement des télomères à chaque division.

Ce qui m'intéresse, c'est avant tout comment ces cellules sont soustraites au vieillissement ! Je ne suis qu'en licence, et bien que je m'intéresse beaucoup au sujet je sais que beaucoup ici sont plus compétents que moi dans ce domaine, et j'imagine que la science actuelle a au moins des éléments de réponse à cette question.

Merci d'avance pour vos réponses !