La recherche a besoin de vrais chercheurs
Répondre à la discussion
Affichage des résultats 1 à 30 sur 46

La recherche a besoin de vrais chercheurs



Vue hybride

  1. #1
    invite8bb88f80

    La recherche a besoin de vrais chercheurs

    BONJOUR !

    Pour une fois, je vous propose de lire un texte d'une personnalité et de deviner non pas l'auteur (qui est moyennement connu) mais son positionnement intellectuel. Est-ce un philosophe ou un scientifique ?

    MORCEAUX CHOISIS

    Que certains puissent espérer se construire un avenir dans la science sur cette base, c'est à dire dans la perspective d'une besogne itérative, médiocrement rémunérée et passivement acceptée, sous prétexte d'une garantie de survie sans perspective pionnière est choquant et méprisable plusieurs égards. Rien ne se produit en sciences, ni dans aucun domaine de la création, sans l'enthousiasme et la générosité qui ignorent les voies balisées et les horizons murés.
    Fermer à de jeunes scientifiques enthousiastes et excellemment formés l'accès de postes occupés par des exécutants écornifleurs, ataraxiques, inadaptés dès le départ et atones jusqu'à l'arrivée trente à quarante ans plus tard, ne mérite non plus ni égard, ni patience.


    Peut-on parler d'un déficit de réflexion philosophique dans les sciences de la vie ?

    En vérité la biologie ne s'est jamais relevée des coups philosophiques que lui a porté Descartes en lui donnant une base purement et simplement mécaniste (les animaux machine). Ce mythe fut maintenu avec plus ou moins de bonheur par la pensée athée du XIX siècle. Au XX, ni Alain ni Sartre n'ont reconnu au phénomène vital une spécificité ontologique digne de leur scrutation métaphysique ou existentielle. Cette indignité fut même affichée par certains biologistes. En 1962, Ernest Kahane, porte parole du milieu matérialiste et réductionniste écrivait un ouvrage dont le titre provocateur était ÎLa vie n'existe pas'. Si la vie n'existe pas pourquoi solliciter le financement d'une recherche biologique qui a justement pour objectif de l'analyser et de la comprendre ?
    Sur un autre registre tout aussi détestable, chacun connaît les avatars lyssenkoistes de la génétique. Ces errements ne furent pas réservés la URSS totalitaire. Nombre de biologistes français influents à l'époque égarés par leurs passions politiques aprioristes les partagèrent sans aucune base expérimentale sérieuse. Tandis que dans l'espace de liberté intellectuelle qui caractérise la science anglo-saxonne, des biologistes préservés de tout préjugé politique fondaient la génétique moderne, notre pays en fut provisoirement écarté.



    La responsabilité du chercheur est claire et précise et il aura à en rendre compte. S'il arrivait que l'outil scientifique ne soit plus confié aux plus aptes, mais aux plus besogneux, les pouvoirs publics qui ne tirent pas de bénéfices immédiatement exploitables de la recherche fondamentale auraient tôt fait d'appliquer à juste titre des méthodes de contrôle drastique au détriment de l'esprit même de la recherche.

  2. #2
    invite8b16ebc0

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    salut
    euh c'est quoi pour vous un vrai chercheur?
    Sinon pas besoin d'utiliser des mots complique pour raconter des biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
    @+ buck chercheur et trouveur parfois mais pas aujourd'hui

  3. #3
    invitefae0b27c

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Bien le bonjour !

    Je connais encore mal le milieu de la recherche scientifique, mais je connais un peu mieux celui de la création artistique et j'y vois quelques similitudes (c'est d'ailleurs sous-entendu dans l'extrait que tu cites). Sache qu'il est très rare et difficile, voire impossible, d'être exalté, passionné et performant en permanence. D'autant plus que ceux qui créent ne sont pas les mêmes que ceux qui décident de l'orientation du travail vers un sujet ou un autre et encore moins les mêmes que ceux qui tiennent les cordons de la bourse et qui constituent les équipes.
    L'idéal, en recherche scientifique comme en création artistique, serait de laisser la bride sur le cou aux plus passionnés, mais soyons réalistes : les exaltés ont besoin des fortunés, les besogneux suivent les exaltés, les fortunés sont plus rassurés avec les besogneux. En clair, tout le monde a besoin de tout le monde pour avancer.
    Citation Envoyé par buck
    Sinon pas besoin d'utiliser des mots complique pour raconter des biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
    Bien d'accord avec toi, Buck. Qu'est-ce que c'est que ce vocabulaire ésotérique (et j'ai failli ajouter "pompeux") ?

    MKBJ, exalté besogneux fauché.

  4. #4
    invite36366388

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Je traduit pour ceux qui n'ont pas compris le message : "La recherche a besoin de vrais chercheurs" = "La recherche a besoin de Fulcanelli"

    Tant de mots pour dire ça...

    Sur ce, je sors et je laisse la machine à brasser de l'air se mettre en marche.

  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    invite8bb88f80

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Au cas où il y aurait un malentendu, je précise que comme indiqué dans la contribution initiale, j'ai copié un texte d'une personnalité. C'est donc celle-ci qui doit assumer son ésotérisme s'il y en a, ce qui est moins sûr. Quant au titre, il a été choisi conformément aux techniques de communication pour attirer le lecteur. Je ne pense pas avoir trahi le propos de l'auteur. Cela n'empêche pas qu'on puisse débattre et préciser le fond de sa pensée.

    En fait, je ne pense pas qu'il veuille écarter les besogneux mais qu'il recommande aux instance de ne pas leur laisser les commandes.

    Quant à Vince, dommage que tu te contentes d'une pique personnelle. Pourtant, le texte est suffisamment riche pour une discussion honnête assortie de témoignage. Quant à mon cas précis, disons qu'il est hors catégorie.

  7. #6
    invitefae0b27c

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Citation Envoyé par Fulcanelli
    Au cas où il y aurait un malentendu, je précise que comme indiqué dans la contribution initiale, j'ai copié un texte d'une personnalité. C'est donc celle-ci qui doit assumer son ésotérisme s'il y en a, ce qui est moins sûr.
    Certes. Je ne te jette pas la pierre, c'est juste que ça m'agace profondément qu'on utilise des mots compliqués là où on pourrait dire les choses plus simplement. J'ai toujours tendance à prendre ça pour de la condescendance. Par contre, j'apprécie qu'on sache utilise le bon mot pour exprimer une idée.
    Je suis un homme plein de contradictions...

    MKBJ, mais non, mais si !

  8. #7
    invite8bb88f80

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Qui serait donc ce personnage qui utilise des tournures alambiquées pour parler de la recherche ? Est-ce un scientifique ou un philosophe (j'inclus la socio et l'épistémo) ?

    Pourtant, je trouve ce texte très clair, bien plus que les miens d'ailleurs

  9. #8
    invite9e95248d

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    il utilise des mots compliqués juste pour le plaisir de les utiliser, c'est un philosophe c'est sur ^^

  10. #9
    invite8bb88f80

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Merci d'avoir parié. Mais au fait, qu'en pensent les modérateurs de futura, j'aurais aimé avoir leur avis, comme ça, pour m'instruire sur le monde.

  11. #10
    invite309928d4

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Heureusement que je sais utiliser Google, l'auteur est Claude Paoletti : http://picardp1.ivry.cnrs.fr/Pao.htm

    Mais la cohérence de sa pensée n'est pas évidente :
    "S'il arrivait que l'outil scientifique ne soit plus confié aux plus aptes..."
    "Certains biologistes (...) défendent (...) un néodarwinisme social rebaptisé sociobiologie..."
    Pour ou contre la sélection "naturelle" des plus aptes dans la recherche ?

  12. #11
    invite8bb88f80

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Il est évident qu'avec Google on pouvait remonter à l'auteur mais tu aurais pu ménager le suspense. Dommage qu'il soit décédé prématurément, il aurait pu faire avancer la discussion.


    En fait sa pensée est tout à fait cohérente sauf qu'il fait des fautes formelles susceptible de faire des contresens, et tu en as souligné un. Paoletti est contre le darwinisme social qui actuellement, dans sa version idéologique, fait des dégâts car il justifie un accès à l'économie aux plus aptes.

    Quant à l'appareil de recherche, il parle de direction par les plus aptes pas dans le sens d'adaptation mais de dons. Aptitude signifie ici être doué pour innover et celui qui innove transgresse les normes de d'adaptation et du conformisme. Paoletti, que j'ai eu l'occasion de connaître, avait une vision offensive de la pratique scientifique. Dans son labo à Toulouse il n'avait pas hésité à faire passer des CR dans le corps des ingénieurs. Au cours d'une soutenance, je l'ai entendu dire que la recherche avait besoins d'artistes et de tueurs à gage, autrement dit des besogneux et des doués pour innover

  13. #12
    invitec9f0f895

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Bonsoir

    J'ai eu la meme chose mais je ne pense pas que ce soit souhaitable. Une formation doit rester une formation. Et malgre l'apparente liberte que tu as, tu n'en reste pas moins un forcat de la paillasse, sinon effectivement, tu n'assumes rien et le labo non plus. Et le manque d'experience et de recul te fait inevitablement passer a cote de choses importantes.
    Apprendre a se debrouiller seul ou presque, a trouver les bonnes personnes avec qui interagir pour mener a bien ton projet peut aussi etre une forme de formation, du coup si ca marche a la fin de la these tu as une autonomie dans ton travail et la realisation de tes projets que peu de thesards a!. Maintent c'est le coup de poker, car en effet tu dois associer reflexion, et paillasse, beaucoup de lecture et d'hypothese (et de temps perdus en essais divers et varies -ca serait bien de faire un journal avec toutes les manips qui ne marchent pas pour eviter que les suivants recommencent -) avec un travaille intensifs pour mener a bien tes experiences. Tu as donc inevitablement besoin d'un encadrement souple, mais sur lequel tu peux aussi te reposer en cas de pepins (on peut rever )

    La seule limitation à l'originalité que j'ai vue en France (ou plutôt encore une fois en Europe de manière quasi-générale) provenait des politiciens: certains sujets de recherche sont financés (un peu, mais pas trop, et entre autres par des postes) et d'autres absolument pas. Alors que bien souvent cela découle avant tout de "modes".
    Je suis beaucoup plus d'accord avec ca, qu'avec le clivage travailleurs/imaginatifs.
    Essayez de travailler sur un sujet qui n'est pas a la mode...impossible. Qui travaillait sur les prions en France avant la vache folle? un labo! combien travaille dessus maintenant surement plusieurs dizaine de maniere +/- directe, tout simplement car il y a un besoin de trouver des sources de financement. De mon point de vue c'est principalement ca qui tue l'imagintation et la possibilite d'explorer des sujets "exotiques"

    Yoyo

  14. #13
    invitea29d1598

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    bonjour,

    je vais quand même nuancer mes propos en précisant que ce que je racontais doit principalement concerner la physique théorique et/ou expérimentale à petites échelles. Pour ce qui est (par exemple) des trucs comme la physique des particules où on se retrouve avec des grandes collaborations, je ne suis pas certain de ce que ça donne du point de vue autonomie et innovation...

    sinon, pour ceux qui n'ont pas accès à Nature, voici un article du numéro d'hier qui peut peut-être en intéresser certains... (désolé, je fais pas la traduction )

    Naturejobs 429, 786 - 787 (17 June 2004);
    Stars in the making

    KENDALL POWELL

    Kendall Powell is a freelance science writer based in Broomfield, Colorado.

    For comments, or story ideas, please contact Naturejobs at naturejobseditor@naturedc.com

    Faster than a speeding centrifuge... able to write grant proposals in a single bound... it's Superpostdoc! Kendall Powell tracks down these all-action figures.

    Twenty years ago, David Page found a unique DNA probe for the human X and Y chromosomes. He was working on an early version of the human genome map in David Botstein's lab at the Massachusetts Institute of Technology (MIT) and was about to graduate from medical school. Beckoned by the discovery's research potential, Page became one of the first fellows of the Whitehead Institute for Biomedical Research, across the street in Cambridge, Massachusetts. These new positions — or 'superpostdocs' — offered more independence and salary than a traditional US postdoctoral fellowship in the biomedical sciences, but less responsibility and pressure than a junior faculty spot, and without the long-term commitment of a tenure-track position.

    Last year, Page, now associate director of science at the Whitehead, grabbed headlines with the genetic map of the human Y chromosome (Nature 423, 825–837; 2003). That work can be traced back to the DNA probe that Page took with him to his fellowship and used to launch his career as a reproductive geneticist. But he admits that doing a superpostdoc was not without its challenges.

    As he was setting up his solo laboratory at the age of 28, he watched senior scientists he ostensibly had to compete with move into a new building complete with a "bevy of postdocs" and felt distinctly underqualified for the task. But his tenacity in setting up independent shop proved a "whopping advantage" when he later became an assistant professor.

    The Whitehead programme has since been duplicated at universities and institutes around the world, giving promising researchers a chance to bypass the traditional postdoctoral fellowship carried out under an adviser's tutelage. Superpostdocs encourage young scientists to pursue risky, innovative and interdisciplinary ideas. The programmes offer different levels of independence, support and perks, but most give postdocs the chance to set up their own 'mini lab' to pursue an independent line of research.

    Kryptonite Pressure
    DOM HAMERMAN

    Jesse Spencer-Smith (left) studies the dynamics of facial expressions.
    But along with the autonomy and higher funding come great expectations. "The hurdle is higher indeed" for superpostdocs, says Pierre Wiltzius, director of the Beckman Institute at the University of Illinois, Urbana-Champaign. He says these researchers are expected to be go-getters in return for the hefty investment.

    The institute — which fosters multidisciplinary research in biological intelligence, human–computer interaction, and nanostructures — offers three-year fellowships to new PhDs. Applicants propose research plans bringing together teams across the diverse faculty of cognitive scientists, chemists, computer scientists and electrical engineers. Fellows receive an annual salary of $50,000 and modest start-up funding to run their research programme either in their own space or within a faculty member's lab.

    Beckman fellow Jesse Spencer-Smith, a mathematical psychologist, says that his work on the role of dynamics in human facial expressions requires collaboration with the different traditions represented on campus. Being the first to pursue a new line of research would have been extremely difficult in a conventional postdoc.

    The fellowships help some researchers make a transition to new fields. After completing his PhD on the biophysics of bacterial flagella, William Ryu did a one-year postdoc in his graduate adviser's lab at Harvard University in Cambridge, Massachusetts. But when he decided to investigate the behaviour of the roundworm Caenorhabditis elegans, he took a five-year stint at the Lewis-Sigler Institute for Integrative Genomics at Princeton University in New Jersey, where his group strives to quantify the worm's response to temperature. There he has the funding and freedom from grant-writing to pursue high-risk work without having to worry about funding or tenure.

    Alan Jasanoff, a current Whitehead Fellow, says he gets to see a side of academia and to establish collaborations that are not open to most postdocs. This has helped to advance both his neural-imaging research and his career. Later this year, when his postdoc ends, he will start as an assistant professor at MIT with a dual appointment in nuclear engineering and brain and cognitive sciences.

    Full Speed Ahead
    Although most programmes are non-renewable, it is fairly common for superpostdocs to be offered jobs at their fellowship institution. Spencer-Smith will start as a faculty member at the Beckman Institute in August, and Anita Sil, a microbial geneticist, only had to move her lab across the hall from her power postdoc when she joined the faculty at the University of California, San Francisco, in 2003. Inevitably, if positions are available, institutes end up holding on to promising researchers they have fostered. Other superpostdocs have found good research jobs in industry.

    Setting up a lab, handling administration and managing people can be daunting for a young scientist fresh out of postgraduate studies. When Sil started her fungal-pathogenesis project, she chose to set up her own lab, even with the hassles of buying glassware, because the research would "clearly be mine and mine alone", she says. But she admits that for other postdocs, working in an already established lab may be the best path for doing creative experiments quickly.

    Two of the biggest challenges, say the research fellows, are competing with senior labs in their field and feeling as if they are in limbo — half postdoc, half junior faculty — without an extensive support network. But during her subsequent job search, Sil says, it was obvious to prospective employers that she was already an independent investigator.

    Accelerated Tracks
    In mathematics and theoretical physics, one of the most coveted postdoctoral spots is the Institute for Advanced Study in Princeton. Members, or postdocs, work at essentially the same level as assistant professors, explains theoretical physicist Harlan Robins. They start on a salary close or equal to that of an assistant professor, enjoy subsidized housing and a private office (there are no labs), and have free rein for their research.

    It is almost impossible for experimental physicists to set up their own 'mini-labs', given the extent of collaboration and the equipment needed to make a particle-physics experiment fly. Promising graduate students often apply for postdoctoral fellowships at US national or international laboratories. Two years ago, Argonne National Laboratory began an international competition for outstanding postdocs that carries an annual $70,000 stipend and $20,000 expense account for posts lasting two or three years. Last year, Sandia National Laboratories launched the President Harry S. Truman Fellowship, which offers similar autonomy for postdocs in physics and engineering.

    European Experience
    Recognizing the need to attract talented young scientists to establish their careers in Europe, the European Science Foundation in Strasbourg started the European Young Investigators Awards programme last year. Researchers of any nationality with 2 to 10 years' postdoctoral experience can apply for up to 250,000 (US$306,000) a year for five years. Applicants must first find a host institution in one of 15 participating European countries to back their proposal.

    Dominique Martin-Rovet, ESF science policy adviser, envisions a "Nobel prize for the younger scientist". The programme creates positions in which young European scientists can be autonomous, and seems to be a hit with both local and expat European researchers, bringing in 770 applications for the 25 awards to be given out this autumn.

    Postdocs hoping to step up to superstar status can also apply for a Career Development Award from the UK Medical Research Council (MRC). This gives experienced postdocs resources to establish themselves as independent researchers with a total budget of about £500,000 (US$917,000) over four years. It also allows for up to two years of overseas training and career development.

    "What we are looking for is the potential for future research leadership," says Shabih Syed, manager of the research career awards group at the MRC. "We can only look for signs of potential, but we generally get it right." Judging by the calibre and career paths of superpostdocs, most other programmes do, too.

    Web links

    Whitehead Institute

    http://www.wi.mit.edu/who/who_fellows.html

    Beckman Institute

    http://www.beckman.uiuc.edu/fellows/index.html

    Lewis-Sigler Institute

    http://www.genomics.princeton.edu/to...nstitute2.html

    Institute for Advanced Study

    http://www.ias.edu/

    ESF

    http://www.esf.org

    MRC

    http://www.mrc.ac.uk

    Argonne National Laboratory

    http://www.anl.gov

    Sandia National Laboratory

    http://www.sandia.gov/employment/emp...special/truman

  15. #14
    invite8bb88f80

    Arrow Synthèse

    Bonjour,

    Eh bien cette discussion n’a pas été si inutile que cela et m’amène à revoir ma position sur quelques points de fond. Beaucoup de choses ont été dites, suffisamment importantes pour que ce débat ait un intérêt pour les états généraux de la recherche. Mais les lieux institutionnels n’aiment pas spécialement les réflexions effectuées en free lance, comme ici.

    Igothight et John ont raison sur la crispation des chercheurs qui campent sur leurs prérogatives et cela me fait penser à d’autres lieux professionnels, et notamment la gestion de l’assurance-maladie. Je viens de lire dans le Monde que le projet ne demande pas spécialement de remises en cause de la part des médecins, alors que ce sont eux qui sont au cœur du système de soin. Bref… je ne m’étends pas sur ces considérations sociologiques tant elles sont convenues et reconnues. Tout ce qui est sous la coupe de l’Etat fait état d’une inertie importante.

    Pour le sujet de l’organisation de la recherche, oui, la crispation des chercheurs sur leur profession traduit un égalitarisme visant à forger un chercheur-type dans une spécialité lamda dont les recherches se font dans un laboratoire-type. Or, au vu des témoignages, le chercheur moyen et archétype n’existe pas. D’où mon idée de départ de partir d’une séparation reconnue entre les laborieux et les artistes, pour aboutir en fin de compte à la distinction ingénieur chercheur. Mais cette séparation n’a pas spécialement de sens comme l’a noté Yoyo. Un artiste est aussi et souvent un virtuose de la paillasse et parfois un excellent capitaine meneur d’hommes et de femmes. En fin de compte, il se peut bien que le chercheur idéal puisse se concevoir, mais qu’en trouver un grand nombre relève de la plus belle des utopies. On est tous pour une recherche menées par le scientifique idéal mais la réalité est toute autre.

    La question est de savoir comment donner des moyens et le champ libre à l’imagination scientifique, et notamment ne pas brider les thésards. Je crois que passé un stade, si on a pas plongé dans la biblio et la théorie, on reste le nez sur le guidon de la recherche et on est piégé par la technique. Ensuite, à partir de la pré-retraite, on se donne quelques libéralités et on publie quelques réflexions hors champ mais qui en général, ne sont que des agréments épistémologiques sans impact. Cette attitude d’ostracisme vis-à-vis de la théorie, je l’ai constaté il y a quinze ans. Les biologistes considéraient que la réflexion théorique devait être pratiquée comme une sorte de hobby en plus de la recherche conventionnelle (sous entendu, empirique et pratique). Le résultat, c’est que la biologie se retrouve avec pléthore de résultats analytiques mais ne sait pas comment reconstituer le tout et se réclame de la systémique des années 1960. Bon… no comment.

    Une chose est sûre, la physique fonctionne autrement. La théorie est intégrée de manière consubstantielle à l’expérimentation. La situation du chercheur physicien n’est pas la même et au sein même de la discipline, on ne peut comparer la position d’un théoricien qui réfléchit dans une petite équipe sur des problèmes spécifiques pouvant être traité par du matériel léger et de celui qui sera l’un des deux cents signataires de la publication de trois pages parue dans la Phys. R. L. relatant la découverte d’une nouvelle particule.

    Ce qui manque à la France à mon avis, c’est la pensée différencialiste, la seule qui permet de développer tout le potentiel humain dans un système où toutes les configurations sont possibles, tant au niveau de la spécialité avec ses règles praxiques que des moyens matériels requis et enfin et surtout lorsqu’on prend en compte la diversité des caractères, des compétences techniques, intellectuelles, des potentiels d’innovation. Une organisation souple et plastique devrait être employée. Certes, l’administration n’aime pas perdre le contrôle mais c’est à ce prix que le système de la recherche va de l’avant.

    L’alternative est simple. Dans une gestion souple, on s’autorise à financer dix équipes menées par des chercheurs allumés et bizzaroïdes. Au bout, il y a de fortes chances que sept équipes ne plantent par en tout allumé sommeille un glandu. Deux équipes auront effectué des travaux convenables et une aura découvert quelque chose d’important. Dans une gestion serrée, le principe de précaution vise à écarter tous les originaux et les glandus perçus comme des parasites créant de la friction au sein d’une recherche formatée et standardisée. Ce faisant le rendement serait meilleur en termes de publication et selon les canons de l’évaluation mais l’innovation ferait défaut. Les statisticiens comptent les publications. Il ne savent pas qu’un chercheur canadien s’était penché sur la littérature scientifique et avait conclu que sur mille publications, seulement quatre apportent des avancées significatives pour la discipline concernée (je ne suis pas sûr du chiffre exact).

    Bref, pour finir, on ne sortira pas de l’image convenue d’une recherche rigidifiée en France mais assouplie dans le monde anglo-saxon, avec ses institutions spéciales dont nous informe Rincevent. Ce qui ne veut pas dire que l’on soit dupe. Tous les biologistes savent pertinemment que l’indépendance de l’Institut Pasteur est liée à la découverte précoce du virus du Sida par Montagnier. Tous les sociologues savent que sans l’EHESS la discipline serait terne et sans originalité. On sait où et comment ça marche plutôt bien. Je n’ai pas compris pourquoi on n’a pas multiplié ce type de structures, notamment en province. Si mes informations sont bonnes, il semblerait que le pôle technologique de Grenoble soit un cas exemplaire.

  16. #15
    invite8c514936

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Avant de faire quelques commentaires, je précise que je travaille dans un laboratoire de physique théorique hébergé par un laboratoire de physique des particules, et je reconnais beaucoup mieux la situation qu'evoque Rincevent que celle de Fulcanelli. J'ai été très gêné par le terme "besogneux" employé précédemment, mais il a heureusement disparu dans la suite.

    Il est vrai que dans les grandes expériences de physique, les étudiants en thèse ont tendance à être considérés comme de la main d'oeuvre bon marché, ce sont des gens qui en général sont prêts à développer une grande capacité de travail, ce qui est encore exacerbé par le spectre des faibles chances d'emploi.

    Cependant, je n'ai pas l'impression que ces étudiants soient bridés ni découragés defaire de la biblio, et je ne connais pas de labo où on leur interdit la bibliothèque !

    Quant à laisser leur chance aux "allumés", c'est une vision assez réductrice. Le monde de la recherche n'est pas divisé entre des "allumés" qui seraient seuls capables d'avoir d'excellentes idées et des personnalités consensuelles qui en seraient incapables... On peut être brillant et intelligent sans avoir un profil d'"allumé", non ?

    Bon, je relis tout l'échange, il y a beaucoup de choses la-dedans...

  17. #16
    invite8bb88f80

    Re : La recherche a besoin de vrais chercheurs

    Quelques remarques

    Effectivement, on peut se reconnaître dans l'une ou l'autre des description. Aucune n'est plus légitime qu'une autre puisque ce sont des situations différentes, physique d'un côté, biologie du mien et si on avait un sociologue ou un philosophe professionnel, il mentionnerait d'autres problèmes.


    Pour ce qui est des allumés, attention à ne pas me faire ce que je n'ai pas dit. Je n'ai pas affirmé que tous les trouveurs sont des allumés, loin s'en faut, j'ai juste dit que quelques allumés inventifs peuvent passer au travers du système et qu'une statégie de recherche plus souple serait préférable. Cela dit, je ne pense plus qu'on puisse améliorer le système radicalement. Il y a une frontière qui est la perfectibilité humaine. Le mur est là, incontournable.

Discussions similaires

  1. [Divers] vrais triplés
    Par invite986312212 dans le forum Biologie
    Réponses: 1
    Dernier message: 09/11/2007, 21h11
  2. Vrais faux jumeaux
    Par invite533a42a8 dans le forum Actualités
    Réponses: 40
    Dernier message: 24/06/2007, 20h56
  3. Recherche chercheurs pour vidéos
    Par invite5f6abd38 dans le forum Orientation après le BAC
    Réponses: 0
    Dernier message: 28/04/2006, 12h55
  4. Pour les chercheurs et étudiants/chercheurs
    Par invite6c250b59 dans le forum Actualités
    Réponses: 0
    Dernier message: 14/12/2005, 03h20