Bonjour,
je suis d'accord et à mon sens, les scientifiques sont assez habitués à ce que leurs théories heurtent le sens commun pour qu'on cherche à mieux définir ce qu'on appelle un "paradoxe" en sciences.
Le "paradoxe" des jumeaux ne sera paradoxal que par rapport à une autre théorie et une fois qu'il est constaté expérimentalement que la théorie "paradoxale" est correcte, c'est plutôt l'autre qui devrait être "paradoxale". La Relativité devenant la "doxa" scientifique, ce qu'il faut expliquer, c'est alors qu'on ne perçoive pas les effets relativistes dans la vie quotidienne.
En fait, on pourrait dire que la "doxa", l'opinion commune, est déjà une théorisation implicite de la réalité à laquelle peut se heurter la théorie scientifique. L'usage des paradoxes en science ou en philosophie est intéressant pour "choquer" l'opinion, forcer à réfléchir là où d'habitude on ne réfléchit pas, ou concentrer les épreuves théoriques sur des points sensibles. L'intention de Einstein, Podolsky et Rosen dans leur expérience de pensée pour mettre en difficulté la quantique était sans doute de cet ordre. Le papier original est d'ailleurs intéressant pour voir comment les auteurs commencent par définir des concepts de la pensée physique, établir ce qui selon eux devrait être une "doxa" minimale sur la nature des entités physiques.



