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21/02/2006 - 16h40 Argyre
Re : Le sens de l'objectivité
 Envoyé par One Eye Jack L'objectivité nécessite donc : un examen des faits dénué de leur contexte, dénué de tout contexte sociale, de légitimité, voir même de but personnel, de justice ou encore de nécessité éventuelle.
Chaque proposition est vrai ou fausse, et cela ne dépend que du contenu de la proposition, d'absoluement rien d'autre. Bonjour,
En principe, tout cela est bien, mais en pratique, on se heurte à plusieurs problèmes.
1) Une proposition n'est pas toujours vraie ou fausse, pour peu qu'elle dépende du temps. Par exemple, "C'est un Français qui a gagné la dernière descente olympique" est vrai pour 4 ans, mais sera probablement fausse dans 4 ans (enfin, j'espère me tromper ).
2) Certaines informations importantes ne nous sont pas accessibles. Par exemple, nous ne savons pas qui a écrit l'ancien testament et dans quelles conditions, et il est probable que nous ne le saurons jamais. L'information a tout simplement été perdue. En conséquence, toute théorie fondée sur une hypothèse d'auteur restera incertaine et invérifiable, donc ni vraie ni fausse ...
3) Certaines informations sont difficiles à expliciter, noyées dans une complexité mal maîtrisée. Par exemple, nous reconnaissons notre mère parmi des milliers de femmes, mais nous sommes bien incapables d'en donner une description par écrit à un collègue de sorte que toute ambiguïté soit levée. Nous voyons, mais nous ne savons pas comment nous voyons ! Autrement dit, nous sommes incapables de trouver le raisonnement qui permet de reconnaître une personne, bien qu'il doit exister !
4) Enfin, il y a le problème de l'abstraction. Nous utilisons de nombreux mots définis à partir d'autres mots plus simples. Le problème, c'est ce que ces définitions sont souvent approximatives, en raison de la complexité des concepts manipulés. Il en résulte une grande richesse sémantique, mais aussi de grandes faiblesses dans les raisonnements, car de nombreuses généralisations sont approximatives, les mots sont parfois utilisés dans un certain sens par les uns, dans un autre sens par les autres, bref, la logique perd sa rigueur.
En fait, l'important est de connaître ces limites de l'objectivité et de rester prudent dans ses raisonnements.
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21/02/2006 - 22h25 Matmat
Re : Le sens de l'objectivité
 Envoyé par Argyre Bonjour,
En principe, tout cela est bien, mais en pratique, on se heurte à plusieurs problèmes.
1) Une proposition n'est pas toujours vraie ou fausse, pour peu qu'elle dépende du temps. Par exemple, "C'est un Français qui a gagné la dernière descente olympique" est vrai pour 4 ans, mais sera probablement fausse dans 4 ans (enfin, j'espère me tromper  ). En fait dans ton exemple le seul terme qui dépend du temps est "dernière" mais ce n'est pas le temps qui est en cause c'est plutot le fait que certains termes ont un sens contextuel ( "dernière" a un sens contextuel ) .
autre exemple , que penses-tu de la valeur de vérité de cette phrase : "C'est le francais en dernière position du classement qui a gagné la descente olympique de Turin du 20/02/2006 à 14h32"
il n'y a plus de probleme de temps car l'instant est dit de manière non contextuelle , par contre le problème du sens contextuel du mot "dernier" est resté et empeche de dire avec certitude la valeur de vérité de l'affirmation ( car la phrase peut etre vraie ou fausse et pour le coup ca ne dépend plus du temps mais du nombre de participants ! Avec un seul participant la phrase est vraie ) .  Envoyé par Argyre 2) Certaines informations importantes ne nous sont pas accessibles. Par exemple, nous ne savons pas qui a écrit l'ancien testament et dans quelles conditions, et il est probable que nous ne le saurons jamais. L'information a tout simplement été perdue. En conséquence, toute théorie fondée sur une hypothèse d'auteur restera incertaine et invérifiable, donc ni vraie ni fausse ... Il me semble qu'est impliquée dans "le sens de l'objectivité" justement l'indépendance d'une vérité par rapport à tout sujet , or les notions d'incertitude et de vérifiabilité sont relatives à un sujet ... je ne comprend donc pas ta déduction suivante "une hypothèse d'auteur restera incertaine et invérifiable, donc ni vraie ni fausse ..." qui consiste à prendre en compte des notions subjective pour conclure sur une valeur de vérité : il est vrai ( vérité objective ) qu'il y a eu un auteur à l'ancien testament , et cette vérité ne dépend pas ( c'est la définition meme de l'objectivité qui implique cette "non dépendence" ) de l'incertitude ( subjective !) et de la non vérifiabilté (subjective !) par qui que ce soit ...On peut avoir un "sens de l'objectivité" meme si tout nous est incertain et invérifiable , d'ailleurs rien n'est absolument certain et vérifiable dans l'univers et ca n'empeche pas l'homme d'avoir un sens de l'objectivité . Meme remarque sur ton point 3 .  Envoyé par Argyre 4) Enfin, il y a le problème de l'abstraction. Nous utilisons de nombreux mots définis à partir d'autres mots plus simples. Le problème, c'est ce que ces définitions sont souvent approximatives, en raison de la complexité des concepts manipulés. Il en résulte une grande richesse sémantique, mais aussi de grandes faiblesses dans les raisonnements, car de nombreuses généralisations sont approximatives, les mots sont parfois utilisés dans un certain sens par les uns, dans un autre sens par les autres, bref, la logique perd sa rigueur.
. Je suis en gros d'accord avec ce point 4 ...
Remarque : quand l'abstraction est poussée au maximum ( comme en mathématiques par exemple ) le problème des définitions approximatives n'en est plus un car l'objet ou la notion définie est justement complétement abstraite et conventionnelle ( ex : définition d'une droite ) et les mathématiques peuvent assez facilement etre complétement objective parce que justement une droite n'est que ce qu'en dit sa définition et rien de plus , la défintion est donc exacte "par définition ! " si j'ose l'expression ( et que le mathématicien soit réaliste ou conventionaliste ne modifie d'ailleurs pas son sens de l'objectivité tant qu'il parle d'objet mathématique telle qu'une droite qui n'est rien de plus que ce qu'en dit sa définition ) ...
Maintenant , prenons compte de cette remarque et revenons au réel concret , nous savons bien que la définition d'une pierre est approximative , incomplète ,dépendante d'autres définitions , ... etc , pourquoi notre mathématicien ne peut il pas parler d'une pierre avec la meme objectivité qu'il parle d'un droite : parce qu'il lui semblerait que parler d'une "pierre qui n'est rien de plus que ce qu'en dit sa définition" serait une forme de conventionnalisme excessif , c'est à dire une perte de réalisme ... mais heu ... il voulait faire preuve d'objectivité et il en perd son réalisme .... C'est dommage ! ( Certains diront que c'est le réalisme des objets qui est un réalisme naif , mais ca ne fait qu'inverser le problème au lieu de le résoudre )
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