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14/06/2006 - 03h17
Agoraphobie , Phobie sociale
je voulais vous parler d'un probléme qui touche une personne qui m'est trés chére : l'agoraphobie - phobie sociale.
C'est un état trés pénible (qui finit par passer bien sur) à condition que cette personne reprenne confiance en elle
Ce qui est terrible c'est que ce n'est pas du cinéma , c'est une véritable souffrance mais l'entourage ne comprend pas , trouve que la personne joue un jeu , se complait , est fénéante..
L'agoraphobie et la phobie sociale sont handicapantes ds le sens ou la personne ne peut sortir tte seule dehors , évite certaines situations (faires des achats , parler au vendeur , demander l'heure ...)
Avoir peur des gens , c'est terrible!
En plus des symptomes physiques (mal au coeur..) quand la personne veut sortir de la maison , se retrouver seule ds la rue est un drame.
Moi je comprend tt à fait cette personne que j'aime en plus et je voudrais l'aider à s'en sortir , avez vous des idées ?
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14/06/2006 - 09h20 shokin
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
Salut,
je suppose que tu as déjà tiré parti de google : http://en.wikipedia.org/wiki/Agoraphobia (je trouve l'article anglophone plus complet) http://www.agoraphobie.org/ http://www.agoraphobie.com/
Et il y a divers degrés d'agoraphobie. Chaque "cas" est différent.
Quelques trucs :
- se créer des points de repères un peu partout. On peut franchement se dire : tout devient points de repères, y compris les personnes : là y avait une belle fille ; le chien a hydraté ce lampadaire ; ici des jeunes ont crié Hopp Schwiiz ! ; etc..
- créer ses propres points de repères : sur ce banc je me suis assise et ai lu ; j'ai salué un gars que je ne connaissais pas (c'est très bon !!!) ; j'ai aidé une dame à traverser la route ; j'ai jeté mon mégot dans cette poubelle ; j'ai écrit sur ce mur "Paix et Respect !" ; etc.
Après tout, chaque personne qui visite de nouveaux lieux se crée des nouveaux points de repères. C'est en tournant en rond qu'on crée un cercle solide (il ne s'agit pas de ne pas perdre le nord, mais de le trouver).
- créer la distance (avec ses personnes de confiance)pour la réduire (avec les personnes inconnues) : on fait un tit boutte ensembles pis chacun fait son chemin et on se rejoint à 17.00. à gare (point de référence principal dins villes nouvelles). Au fait, si tu fais un saut chez l'épicerie Montbrillant, tu salueras la caissière de ma part. Si tu à longue route à marcher, je te conseille de prendre le bus. En plus, fait ben chotte astheure !
- Elle peut également noter, prendre conscience des situations qu'elle n'évite pas !
Shokin
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14/06/2006 - 10h31 (PSO)Clémentine
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
Et une thérapie cognitivo-comportementale? C'est très efficace contre les phobies! En quelques mois (entre 6 mois et un an), cette personne peut reprendre le dessus sur la phobie et même guérir!
Donc si tu veux l'aider, tu peux lui conseiller cela et l'aider à trouver une personne qui a le titre de psychologue, et qui pratique la thérapie cognitivo-comportementale.
Mais j'insiste, demande bien au psy quelle thérapie il pratique... juste histoire de pas perdre de temps! Les psychanalystes vont me détester, mais tant pis! J'assume
Clémentine
Quoi!? Z'avez plus de jus de goyave!? Bah euh, chais pas... papaye alors? -
14/06/2006 - 11h16
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
Non Clémentine, les psychanalystes ne vont pas te détester: Le président de l'association lacanienne internationale envoie parfois des patients chez des cognitivistes ( ce sont les petits fusils qui ne peuvent se faire valoir qu'en dénigrant l'autre)
La thérapie comportemntaliste-cognitiviste est efficace pour une grande partie des phobies...
La seule précaution à prendre est simplement de s'assurer que le symptôme phobique n'est pas remplacé par un autre symptôme (comme lorsqu'on passe de la tabagie à la boulimie pour prendre un exemple bébête)
Cela se produit parfois... et parfois non... c'est lorsque cela se produit qu'un autre approche (pas nécessairement psychanalytique d'ailleurs) peut être souhaitable.
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14/06/2006 - 14h50 bardamu
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
Bonjour,
une petite évaluation de diverses thérapies : http://www.cpa-apc.org/Publications/...-antony-IR.pdf
C'est en anglais et un peu spécialisé mais certains pourront décrypter tout ça.
En gros, dans les thérapies cognitivo-comportementales, on mélange l'expositioin aux situations anxiogènes, en situations réelles et/ou imaginaires (jeu de rôle) et petit à petit on reconstruit une approche adéquate de celles-ci.
Ethica, IV, 43 : Titillatio excessum habere potest et mala esse.
Spinoza -
15/06/2006 - 11h00 shokin
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
Au fait, j'ai entendu ou lu que la peur des lieux était souvent liée à la peur des personnes. Pourquoi ?
La phobie sociale est-elle une anticipation de la timidité ou du trac ?
Shokin
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15/06/2006 - 13h59
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
Bonjour Shokin
Il peut y avoir mille et une raison à l'angoisse face à l'autre
Gödel était de ceux qui avait de grandes difficultés de ce type (il a fini paranoïaque)
G. Lombardi propose comme hypothèse que c'est son travail de logicien ultra rigoureux qui a pu le conduire là...
Jamais avant Gödel (à part peut être Cantor) on avait été aussi loin dans l'élimination de tout sens (toute sémantique) de toute restriction "métaphysique" trahissant une subjectivité attachée à un sens déterminé, dans une oeuvre de "science" ... il s'est donc lui même trouvé "expulsé", en tant que sujet, de son travail... comment ne pas craindre l'autre ensuite ?
Mais je doute fort que cette explication puisse valoir pour toutes les phobies sociales
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15/06/2006 - 14h07 shokin
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
La question que je me pose est : comment vient la peur des lieux ? (même s'il n'y a personne en ces lieux)
Shokin
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15/06/2006 - 15h18 Primavera
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
Je suis assez paresseuse pour les traductions en anglais, alors j'ai trouvé cet extrait d'Universalis en français (article phobie) et qui explique clairement d'où peut provenir ce genre de troubles.
L'agoraphobe (C. Westphall, 1871) a souvenir du jour où, dans une rue trop large, ou devant quelque étendue trop vaste, il a été pris d'un malaise indéfinissable et insurmontable : angoisse, palpitations, sueurs profuses, sentiment d'impuissance et de déréalisation du monde environnant, etc. Depuis, il doit borner ses sorties à un périmètre étroitement délimité. En outre, il vit dans la dépendance puérilement exigeante d'une présence familière et protectrice (mère, conjoint). Il s'ensuit évidemment un renoncement à tout ce qui, dans une vie adulte et responsable, s'appuie sur une aptitude assumée à l'autonomie et à la liberté. Toutes les observations concourent à démontrer que l'accès premier n'est pas venu dans n'importe quelles circonstances, mais qu'il peut être relié à une situation traumatisante, à une blessure affective, à une modification imprévue, ou trop chargée de sens, dans la vie sexuelle, familiale ou sociale du patient.
On retrouvera dans l'enfance et l'adolescence les lignes de fragilisation du moi et de l'imago du corps sexué, à partir des particularités de la constellation familiale, des avatars de la puberté, des rencontres de l'immaturité avec la réalité sexuelle. Que la solitude de la rue soit pour l'agoraphobe synonyme de menace de séduction sexuelle ou que la perte d'un décor familier (qui sert de miroir) prive le malade d'une référence visuelle qui l'assure dans le « sentiment d'être soi dans son corps », il ne s'agit là que des deux versants d'un même problème.
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15/06/2006 - 17h20
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
 Envoyé par shokin La question que je me pose est : comment vient la peur des lieux ? (même s'il n'y a personne en ces lieux)
Shokin Ca m'est déjà arrivé d'être pétrifié d'angoisse devant...
une plage de sable blanc bordée de cocotiers,face à l'ïle de Kho Phan Gan (j'étais sur Samui): pas moyen devant ce spectacle de fuir la vérité touchant au profond mensonge de l'existence occidentale, qui se berce de l'illusion que ça a du sens de travailler, de construire etc...là j'étais face à l'absurdité des secondes qui chassent les secondes jusqu'à la dernière... sans que rien ne soit plus sûr que la souffrance qui attend chacun de ceux qui ne mourront pas de mort brutale (je ne dis pas violente, mais brutale)
Je ne dénonce pas ce mensonge (chaque civilisation invente le sien): il rend la vie tolérable... mais je sais depuis que les plus gros menteurs (et lâches) sont les philosophes
Dernière modification par quantat ; 15/06/2006 à 17h22.
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15/06/2006 - 17h24 shokin
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
je n'ai jamais attaché grande crédibilité aux philosophes
La peur des lieux viendrait de la peur de ne rien faire, de se sentir inutile ?
Et dire que j'aime visiter des nouveaux lieux (préfère le nouveau au déjà connu), de nouveaux pays (même si certains me donnent envie d'y retourner).
Shokin
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15/06/2006 - 17h48 jreeman
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
J'ai personellement un petit malaise quand par exemple je vois des gens seuls dans une ville déserte où il n'y a personne (dans certains films de sciences-fiction parfois : genre la plantete a été déscimé). Dans le meme ordre d'idée j'ai du mal à m'adapter à des nuveaux lieux, je ne suis pas à l'aise tout de suite il faut que j'y aille plusieurs fois pour que ca rentre un peu dans mon monde.
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15/06/2006 - 18h29 Bob Trebor
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
 Envoyé par quantat Ca m'est déjà arrivé d'être pétrifié d'angoisse devant...
...mais je sais depuis que les plus gros menteurs (et lâches) sont les philosophes. Je suis désolé, mais je capte pas le lien.
Tu peux expliquer Si le différent était différent du différent, il existerait sans le différent (Nagarjuna) -
15/06/2006 - 19h55 Primavera
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
 Envoyé par quantat Ca m'est déjà arrivé d'être pétrifié d'angoisse devant...
une plage de sable blanc bordée de cocotiers,face à l'ïle de Kho Phan Gan (j'étais sur Samui): pas moyen devant ce spectacle de fuir la vérité touchant au profond mensonge de l'existence occidentale, qui se berce de l'illusion que ça a du sens de travailler, de construire etc...là j'étais face à l'absurdité des secondes qui chassent les secondes jusqu'à la dernière... sans que rien ne soit plus sûr que la souffrance qui attend chacun de ceux qui ne mourront pas de mort brutale (je ne dis pas violente, mais brutale) C'est ben vrai que les cocotiers, ça n'évoque pas trop l'usine, ça inspire plutôt l'envie de faire la sieste à l'ombre... vu qu' làbas, y'a pas beaucoup d'ombre... héhé... 
Je ne dénonce pas ce mensonge (chaque civilisation invente le sien): il rend la vie tolérable... mais je sais depuis que les plus gros menteurs (et lâches) sont les philosophes
Mais oui bien sur, l'ivresse des cocotiers.... les menteurs ne sont pas les arracheurs de dents mais les philosophes... -
16/06/2006 - 09h15
Re : Agoraphobie , Phobie sociale
 Envoyé par shokin  je n'ai jamais attaché grande crédibilité aux philosophes
La peur des lieux viendrait de la peur de ne rien faire, de se sentir inutile ?
Et dire que j'aime visiter des nouveaux lieux (préfère le nouveau au déjà connu), de nouveaux pays (même si certains me donnent envie d'y retourner).
Shokin Bonjour Shokin,
Mon exemple ne vaut que pour moi... onne peut pas généraliser...
En fait ce n'est pas une question de se sentir utile ou inutile...
Il s'agit plus d'une dissolution des repères par lesquels je peux me situer, et pas seulement de façon géographique... c'est à dire continuer à donner du sens...
Mais cette expérience, liée à l'effondrement de ce par quoi mon univers se structure n'est pas vraiment dicible, puisque cette destructuration est précisément liée à une impossibilité de symboliser par le langage: c'est d'ailleurs ce qu'on appelle proprement "angoisse"...peur du vide (?)
Ce n'est pas une expérience "intellectuelle", c'est une épreuve... et ce que je peux en dire n'est en fait que "poésie"...
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