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Nouvelles missions New-Frontiers (2020-2030)

  1. tezcatlipoca

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    mars 2005
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    895

    Nouvelles missions New-Frontiers (2020-2030)

    ECLAIRAGES SUR LES CHOIX DES NOUVELLES MISSIONS NEW-FRONTIERS DE LA NASA :

    http://www.planetary.org/blogs/guest...-missions.html

    Comme souvent, je n'ai fait que traduire (avec quelques coupures ou ajouts personnels) la source que je mets en lien ci-dessus. Je pense qu'il est important que ce soit lu par tous ceux qui s'intéressent ici à l'exploration planétaire, même s'ils ne maîtrisent pas, ou trop peu l'anglais. Pour les autres naturellement, ce travail sera d'une parfaite inutilité, sinon pourtant, peut-être, de leur donner aussi l'occasion d'exprimer et de justifier leurs préférences pour telle ou telle mission dans ce topic, voire pourquoi pas, d'en proposer d'autres...
    Cela fait un sacré pavé à lire et je vous souhaite bien du courage ! Mais vous n'en manquez pas, j'en suis certain. Pour ceux que cette longueur pourrait malgré tout rebuter, je suggère de procéder par étape, à raison d'un type de mission par jour par exemple.

    Les responsables de la NASA sont en train de sélectionner la prochaine mission planétaire qui devrait être lancée pour la décennie 2020/2030, parmi douze projets concurrents. Cette quatrième mission du programme New Frontiers fera suite aux trois missions précédentes de ce type déjà lancées :

    1°) New Horizons en prolongation de mission et qui se dirige vers le KBO MU69.
    2°) Juno qui poursuit ses observations autour de Jupiter.
    3°) et OSIRIS-REx qui est actuellement en route vers son objectif, l'astéroïde Bennu.

    Van Kane, éminent observateur des programmes spatiaux américains, nous offre les informations qu'il a pu recueillir sur les futurs projets qui sont sensés rester (plus ou moins) secrets, et sur lesquels la NASA ne communique pas. Grace à son travail d'investigations journalistiques, il est en mesure de décrire dans leurs grandes lignes 9 des 12 futures missions, de nous indiquer les objectifs de 2 des trois restantes. Il n'a par contre rien pu découvrir de la dernière, qui reste un complet mystère.

    La NASA classifie ses missions planétaires en trois catégories en fonction de leurs coûts. Les moins onéreuses coûtent de 600 à 700 millions de dollars, se sont les missions Discovery, les plus fréquentes. La NASA prévoit d'en lancer plusieurs dans la décennie à venir.

    Avec des budgets considérables, s'élevant généralement à plus de 2 milliards de dollars, les missions Flagship envoient des sondes, des landers ou des rovers planétaires, équipés de nombeux instruments, pour des études longues et approfondies. La NASA ne réalise généralement qu'une mission Flagship par décennie, bien que la prochaine verra deux lancements de ce type, le rover Mars 2020 et Europa Clipper.

    Il existe une troisième catégorie de missions dites intermédiaires. La communauté scientifique les juge essentielles pour l'étude du système solaire, mais elles n'entrent pas dans les budgets alloués au programme Discovery. Cependant, elles ne nécessitent pas d'investir dans une mission Flagship. C'est le rôle du programme New Frontiers avec des missions d'environ 1 milliard de dollars, à raison d'une programmation de 2 missions par décennie.

    La liste des 10 missions possibles pour le programme New Frontiers est sélectionnée par un panel de scientifiques, une fois tout les 10 ans, dans un processus qui définit les priorités d'exploration. Pour la prochaine sélection, la NASA y a ajouté deux cibles possibles à destination des lunes de Saturne, Encelade et Titan.

    Les missions de New Frontiers qui sont décrites ici, incluent des propositions qui mettent l'accent :

    a) Sur des mesures de composition qui concernent la formation et l'évolution du système solaire (retour d'échantillon CONDOR et CORSAIR) et la proposition de la sonde SPRITE avec pour objectif Saturne.

    b) La formation et l'évolution des mondes telluriques VISAGE et VICI (Sondes atmosphériques/Lander pour Vénus et, un projet de retour d'échantillon lunaire (Lunar Moonrise).

    c) La mission ELF (Enceladus Life Finder), l'orbiteur Titan Oceanus et le rotocraft Dragonfly ces deux derniers exploreraient Titan pour en étudier l'habitabilité et découvrir d'éventuels signes d'activités biologiques.

    La NASA choisira le projet gagnant essentiellement sur la base de deux critères :

    1°) La mission sélectionnée pourra-t-elle atteindre ses objectifs scientifiques ?

    2°) La mission est-elle techniquement faisable dans la limite d'un plafond budgétaire de 850 millions de dollars pour l' engin spatial, les instruments et les dépenses opérationnelles ? (Le coût supplémentaire résultant du lancement amènerait la dépense totale à environ 1 milliard de dollars.)

    Le processus d'examen est terriblement rigoureux. Tous doutes sur un de ces deux critères peut disqualifier un projet ou le déclasser par rapport aux propositions concurrentes.

    La NASA doit en présélectionner deux à trois dès cet automne parmis les 12 missions en compétition.
    Parmis ces deux ou trois projets selectionnés, la mission gagnante sera finalement choisie d'ici le milieu de 2019, pour un lancement, au plus tard, en 2025. Le temps de voyage pour atteinde la destination pourrait aller de quelques jours à une douzaine d'années, en fonction de l'objectif visé.

    Deux des missions proposées par "nouvelles frontières" iraient sur Venus :

    Vénus In Situ Explorer :

    Dans les années 1970 et 1980, des missions vénusiennes, qu'elles soient soviétiques ou américaines, avaient effectué toute une série de mesures et d'observations alors que la technologie disponible n'avait pas encore la précision nécessaire pour répondre à plusieurs questions fondamentales concernant cette planète. Les deux missions New Frontiers proposées emporteraient chacune la dernière génération d'instruments qui fourniraient des mesures beaucoup plus fines que celles des anciennes missions.

    Déjà dans la précédente compétition New Frontiers, une proposition de mission vers Vénus menée par Larry Esposito (Université du Colorado) était arrivée finaliste. Mais au terme du processus, elle n'avait finalement pas été choisi puisque la mission OSIRIS-REx avait remporté la majorité des suffrages . Esposito dirige de nouveau une équipe pour la sélection actuelle, proposant la mission VISAGE (Venus In Situ Atmospheric and Geochemical Explorer).
    Pendant la descente atmosphérique, la sonde VISAGE utiliserait un spectromètre de masse pour analyser la composition des gaz et disposerait aussi des instruments pour mesurer la température, la pression et les vents.

    Une fois l'engin posé à la surface, une foreuse recueillerait des prélèvements du sol, à deux profondeurs, et les introduirait pour analyses dans un mini labo intégré à l'intérieur de l'atterrisseur. Les instruments effectueront des mesures détaillées des compositions élémentaires et minéralogiques. Un spectroscope à fluorescence en rayons X sera installé entièrement à l'intérieur du module préssurisé. Un spectromètre en lumière visible et proche infrarouge devra également analyser les prélèvements amenés à l'intérieur du lander, mais pourra également examiner les compositions des roches à l'extérieur de l'engin à travers un hublot. Deux caméras pourront, d'une part, imager la surface pendant la descente et, de l'autre, prendre des panoramas après l'atterrissage. En raison des températures extrêmes à la surface, l'engin ne disposera que de quelques heures pour effectuer ses opérations.

    La mission Venus In Situ Composition Investigations (VICI) dirigée par Lori Glaze du Goddard Spaceflight Center, aborderait à peu près les mêmes objectifs. Mais alors que la mission VISAGE intègre la complexité d'un forage et d'un sas permettant d'apporter les échantillons à l'intérieur de l'engin pour réaliser leurs analyses, la mission VICI emporterait un second instrument (un spectromètre laser accordable) en plus du spectromètre de masse pour améliorer les mesures de la composition atmosphérique. Les spectromètres laser accordables complètent les spectromètres de masse en permettant de mesurer précisément les rapports isotopiques spécifiques et l'abondance des gaz essentiels tels que la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone et le dioxyde de soufre.

    A la surface, un autre instrument utiliserait la spectrométrie Raman/laser pour étudier la composition des roches et du sol. Cet instrument déclencherait des impulsions laser à travers une fenêtre pour mesurer la composition de plusieurs cibles près du lander. A faible puissance mais à une grande longueur d'onde, le laser permettrait une spectroscopie Raman pour des mesures minéralogiques, et à plus grande puissance, mais à une longueur d'onde inférieure, le laser vaporiserait le sol ou une roche pour les mesures élémentaires, selon le même principe de base que la Chem-Cam qui équipe le rover Curiosity opèrant sur Mars.

    Des instruments supplémentaires sur VICI fourniraient d'autres mesures de surface. Un spectromètre à rayons gamma détecterait la présence d'éléments radioactifs dans le sol.
    Comme dans la mission VISAGE, la mission VICI imagerait la surface pendant sa descente, mais aucune mention est faite d'une caméra pour prendre des images panoramiques après l'atterrissage.

    Le résumé de la conférence décrivant la mission VISAGE ne mentionne pas où, sur Venus, le lander devrait atterrir. Dans la compétition New Frontiers précédente , la mission proposée par Esposito devait atterrir sur ce qui est considéré comme des coulées de lave relativement récentes. La mission VICI viserait, elle, des hauts plateaux ( Tesserae) considérés comme les plus anciens terrains de la planète. Mais alors que la mission VISAGE ne compterait qu'un seul lander, la mission VICI devrait en poser deux.

    Retour d'échantillon du pôle sud de la Lune - Aitken

    LANDER LUNAIRE

    Les projets de retour d'échantillons sont des missions importantes qui permettent des analyses fines de leurs compositions. L'ensemble des instruments pour l'étude des éléments et des minéraux dans les échantillons rapportés sur Terre est constitué de tous les appareils disponibles actuellement en laboratoire, plus ceux restant à inventer dans l'avenir. Certaines expériences sur ces futurs appareils seront probablement réalisées par des scientifiques qui ne sont pas encore nés. Les échantillons lunaires des missions Apollo continuent d'être analysés 45 ans après leur collecte.

    Aucune sonde spatiale ne pourrait espérer emporter des appareils ayant les mëmes capacités que celles des meilleurs instruments sur Terre. En conséquence, le retour d'échantillons peut être considéré comme un objectif ultime pour les sciences planétaire, après que les missions d'explorations nous aient donné les premières informations sur un astre.

    En plus des missions de retour d'échantillons lunaires et cométaires proposées pour cette sélection New Frontiers, trois missions sont à l'étude pour rapporter des échantillons d'astéroïdes, le Japon prévoit de ramener des échantillons de Phobos, une des deux petites lunes martiennes, les États-Unis et la Chine travaillent sur le retour d' échantillons martiens dans un futur plus lointain.

    Dans le cas de la lune, nous avons déjà des échantillons provenant des sites des missions Apollo et de certaines sondes soviétiques automatiques. Cependant, pour répondre à plusieurs questions spécifiques à propos de la Lune, il nous faudrait des prélèvements provenant de nouveaux sites soigneusement sélectionnés. Ainsi, une mission chinoise de retour d'échantillon lunaire serait prévue pour l'année prochaine et, ce qui nous intéresse ici, la mission Moonrise proposée dans le cadre du programme New Frontiers.

    Il y a plus de quatre milliards d'années, un impact colossal frappant la Lune fût à l'origine du plus grand bassin d'impact du système solaire, le bassin sud-aitken. L'impact a exposé les couches enfouies de la croûte et a même atteint le manteau. Des éruptions volcaniques se sont produites dans certains secteurs du bassin. Les impacts ultérieurs sont sensés avoir dispersé le matériel résultant de ces événements sur l'ensemble du bassin. Un kilogramme ou deux de régolithe de ce bassin devrait contenir les minéraux qui permettraient de mieux comprendre la formation de notre satellite et le rôle des impacts cataclysmiques dans l'histoire des planètes telluriques.

    Moonrise alunirait donc dans ce bassin. Son bras robotique prélèverait puis tamiserait un ou plusieurs échantillons pour recueillir des milliers de fragments de roche ( d'une taille de 3 à 20 millimètres), utiles pour déterminer les âges et identifier les matériaux exhumés par l'impact. Chacun de ces fragments de roches renseigne sur l'histoire de sa genèse.

    Un étage de montée renverrait ces échantillons sur Terre pour qu'ils soient analysés dans nos laboratoires. Les scientifiques seraient en mesure de recontextualiser l'histoire de chaque particule dans le cadre de l'évolution lunaire et du système solaire dans ses premiers 500 millions d'années, en croisant ces nouveaux résultats avec les données de télédétection recueillies par les orbiters lunaires et les échantillons plus anciens d'autres sites.
    Dans les deux dernières compétitions de New Frontiers, la mission Moonrise était finaliste.

    PART ONE

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  2. tezcatlipoca

    Date d'inscription
    mars 2005
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    Re : Nouvelles missions New-Frontiers (2020-2030)

    PART TWO

    Retour d'échantillon cométaire.

    La mission CONDOR retournerait sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko pour collecter deux échantillons à étudier dans des laboratoires terrestres. La mission CORSAIR concernerait, elle, les études de la comète 88P/Howell, qui n'a jamais encore été approchée par une sonde spatiale.
    En demeurant dans le système solaire extérieur, les comètes ont préservé les glaces et les matières organiques dont elles sont constituées. Elles ont subi peu de modifications au cours du temps. Les scientifiques s'intéressent particulièrement à l'étude de la matière organique pour mieux comprendre les processus qui les ont créés, et de qu'elle façon elle pourrait être impliquée dans les processus ayant conduit à l'apparition de la vie. Les comètes sont également riches en particules de poussière qui peuvent raconter l'histoire des matériaux à partir desquels se sont formés les planètes rocheuses autour du Soleil. La mission Stardust avait récolté des centaines de particules de poussière lors d'un survol à grande vitesse d'une comète. Cependant, le processus de collecte avait dégradé les échantillons et aucunes glaces n'avaient pu être collecté. Les éléments volatiles qu'elles contiennent auraient été nécéssaire pour bien comprendre les débuts de l'histoire de notre système solaire.

    La mission proposée pour le retour de poussières et de matières organiques d'un noyau cométaire (CONDOR) prélèverait jusqu'à deux échantillons de matériaux provenant de la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, dont chacun représenterait une masse de plus de 50 grammes. Les échantillons seraient recueillis par des méthodes appropriées qui n'entraîneraient que peu ou pas de modification du matériau cométaire. Pour obtenir ces échantillons préserver de modifications induites par la chaleur du Soleil, ces matériaux seraient prélevés jusqu'à 15 centimètres sous la surface. Après la collecte, les échantillons seraient maintenus à -20°C pendant le voyage de retour puis réfrigérés à -80°C une fois stockés au centre de conservation de la NASA afin d'éviter toute altération.

    Beaucoup d'entre vous connaissent probablement la comète cible de cette mission. 67P C-G a été étudié en détails par la mission européenne Rosetta. En revenant vers cet objectif, les scientifiques pourraient analyser des échantillons acquis in situ. Le vaisseau spatial CONDOR utiliserait également sa caméra et réaliserait des mesures du champ de gravité pour étudier comment 67P C-G a évolué après ses passages à proximité du Soleil depuis la fin de la mission Rosetta.

    Une deuxième mission cométaire proposée, la mission COmet Rendez-vous, Sample Acquisition, Investigation and Return (CORSAIR) échantillonnerait la comète, 88P/Howell, qui n'a jamais été étudié par une sonde spatiale. Ce serait l'opportunité d'explorer une nouvelle comète de manière approfondie. Alors que l'engin spatial CONDOR ne comporterait que deux instruments (avec son système radio pour les études de gravité cela ferait un troisième instrument utile), le vaisseau spatial CORSAIR emporterait cinq instruments pour mesurer la composition des gaz et des poussières émises et pour imager et étudier à distance sa surface pendant 10 mois. En plus de deux échantillons prélevés eux aussi à au moins 10 cm de profondeur, neuf autres seraient collectés pour recueillir des poussières provenant de la coma. Ces échantillons ne seraient par contre pas conservés réfrigérés.

    Selon le rapport, il existerait aussi une troisième proposition de retour d'échantillon cométaire dirigée par Steve Squyres, qui a également dirigé les missions Martienne MER (Spirit et Opportunity).

    Trojan Tour and Rendez-vous

    Les astéroïdes Troyens partagent l'orbite de Jupiter autour du Soleil et sont censés s'être formés, à l'origine, dans ce qui est désormais la ceinture de Kuiper. Pour cette raison, la communauté scientifique a priorisé une mission pour étudier plusieurs de ces mondes et orbiter au moins autour de l'un d'eux, pour en apprendre davantage sur leurs origines et comprendre comment ils ont changé de position orbitale au cours du temps.

    Je n'ai trouvé aucune information sur ces propositions pour étudier les Troyens de Jupiter. La sélection d'une mission de survol plus simple, Lucy, l'année dernière, pour étudier ces mondes, aurait amené les initiateurs de ces projets à conclure que la NASA ne sélectionnera aucune de ces deux missions vers les Troyens comme mission New Frontiers.

    Sonde atmosphérique de Saturne

    Depuis plus d'une décennie, Cassini a observer l'atmosphère de Saturne pour étudier sa composition et sa météorologie. Bien que la télédétection soit inestimable pour l'étude et la compréhension d'une atmosphère planètaire, il existe certaines mesures essentielles que les techniques de télédétection ne sont pas capables de fournir, en particuliers, la présence de gaz nobles qui pourraient nous renseigner sur l'âge, l'endroit et les conditions de formation de cette planète. De même, les détails de nombreux processus atmosphériques, comme la structure thermique en fonction de l'altitude, la stabilité de l'atmosphère, les structures nuageuses et les vents en profondeurs, restent inaccessibles à la télédétection.

    La mission Saturn PRobe Intérieur et aTmosphere Explorer (SPRITE) propose une sonde atmosphérique pour Saturne. Comme pour les missions venusiennes proposées, les scientifiques ont de nombreuses questions sur la formation et l'évolution de Saturne qui ne peuvent être résolues qu'en mesurant directement la composition de son atmosphère in situ.

    Parmi ces questions :

    Où se trouve le lieu de formation de cette planète et quel rôle a-t-elle joué dans la migration des planètes géantes après leur formation - d'abord vers l'intérieur puis vers l'extérieur, jusqu'à leur emplacement actuel ?

    Les mesures de l'abondance de l'hélium pourraient répondre au fait mystérieux que Saturne est actuellement beaucoup plus chaud que ce que suggèrent les modèles de son évolution. Une pluie d'hélium dans sa basse atmosphère pourrait peut- être l'expliquer, auquel cas l'abondance d'hélium devrait être épuisée dans la haute atmosphère où la sonde peut faire ses études. Pour ces mesures, la sonde SPRITE serait équipée à la fois d'un spectromètre de masse et d'un spectromètre laser accordable.

    Une autre série de questions tourne autour de la météorologie de la haute atmosphère. Au cours de sa descente d'environ 90 minutes, SPRITE mesurerait la structure thermique, la température par rapport à la pression, et les variations du vent du sommet des nuages jusqu ​​à l'atmosphère profonde. SPRITE détermine également les altitudes et les compositions des différents nuages ​​de Saturne. Ensemble, ces mesures complèteraient les mesures à distance faites par Cassini et éclaireraient la météorologie saturnienne en dessous du niveau des nuages ​​les plus élevés. Avant l'entrée atmosphérique, la sonde réaliserait à distance des images de l'atmosphère - à la fois près du point d'entrée du vaisseau et plus globalement - de sorte que les mesures puissent être comprises dans leur contexte global et reliées à celles des missions précédentes.

    Les mondes océaniques

    Les lunes de Saturne, Encelade et Titan, verraient pour chacune d'entre elle, deux propositions de missions.

    Pour la première concernant Encelade, je n'ai pu connaître que son nom, Habitabilité et Signatures de Vie d'Encelade (ELSAH).

    Les promoteurs de l'autre mission, Enceladus Life Finder (ELF), ont fourni une quantité d' informations considérable sur leur projet.

    La mission de Cassini a découvert que cette lune expulsait du matériel de son océan interne. Des études approfondies sur ses panaches suggèrent que ce monde pourrait posséder les conditions nécessaires pour héberger une vie. Cependant, les instruments de Cassini, sonde conçue dans les années 1990, n'ont pu permettre de répondre à un certain nombre de questions. Si Cassini a effectué une étude globale d'Encelade, l'engin spatial ELF pourrait focaliser ses observations sur ce qui est peut-être la plus grande question de toutes, y a-t-il de la vie ailleurs dans l'univers ?

    ELF se mettrait en orbite autour de Saturne et entrerait à plusieurs reprises à l"intérieur des geysers de cette lune pour déterminer si son océan interne dispose des conditions nécessaires pour être considérés comme un milieu habitable et s'il existe des molécules organiques complexes d'une chimie pré-biotique ou même éventuellement une vie. Le vaisseau spatial transporterait trois spectromètres de masse pour étudier la composition des gaz, des particules de glace et de poussière dans les geysers. Les mesures de ces instruments seraient beaucoup plus précises que celles de leurs homologues sur Cassini, permettant de répondre aux questions délicates de l'habitabilité et de la vie. "Une caméra prendrait également des images spectaculaires " a déclaré le chercheur principal de la mission, Jonathan Lunine.

    La mission ELF effectuerait 10 passages dans les panaches d'Encelade pour réaliser ses analyses.

    Les deux missions proposées pour Titan auront des objectifs plus larges que les autres propositions New Frontiers. Ces deux projets cherchent à explorer Titan comme un monde complexe. La mission Oceanus ciblerait Titan, d'abord par une série de survols, puis se mettrait en orbite autour de cette grosse lune pour deux ans . Le vaisseau spatial étudiera la création de molécules organiques complexes en pénétrant l'atmosphère supérieure et en mesurant leurs compositions à l'aide d'un spectromètre de masse. Le chercheur principal pour ce projet, Christophe Sotin du Jet Propulsion Laboratory, m'a écrit : « Ce que je trouve fascinant, c'est que la Terre primitive et Titan ont toutes deux du méthane dans leurs hautes atmosphères.
    Nous avons très peu d'informations sur ce qui s'est passé sur Terre alors que la vie émergeait. Titan est une fenêtre ouverte sur les débuts de la Terre, pour comprendre quel type de chimie organique se produit là-bas et si elle a pu jouer un rôle majeur dans l'apparition de la vie sur notre planète, il y a 3,5 milliards d'années. "Ces molécules dans la haute atmosphère qu' Oceanus analyserait, tombent vers La surface pour créer des paysages couverts de matières organiques."

    La sonde Océanus utiliserait également une caméra pour observer la surface à travers l'atmosphère brumeuse riche en méthane dans trois bandes du spectre infrarouge pour cartographier la distribution des substances organiques qui tombent sur le sol de Titan, comprendre où elles s'accumulent, comment elles sont transportées et érodés par les vents. Les scientifiques utiliseraient également cette caméra pour cartographier les variations de la glace d'eau exposée à la surface. Un instrument radar et des études de gravité seraient mis en oeuvre simultanément, pour comprendre la structure de la croûte et de l'intérieur de Titan, en particuliers les caractéristiques de l'océan d'eau salée qui se trouve sous la croûte.

    Les scientifiques ont deux questions majeures concernant cet océan. Est-il en contact avec le noyau rocheux de la lune ? Si tel était le cas, les éléments du silicate nécessaires pour participer à l'apparition de la vie sont-ils disponibles, comme on le pense pour Europa et Encelade ?
    Ensuite, les riches dépôts de matières organiques en surface et l'eau liquide sont-ils mis en contact par le cryovolcanisme ou par des cratères d'impact profonds ? Si des composés organiques complexes, de l'eau et des silicates peuvent se mélanger, Titan pourrait être considéré comme un habitat possible pour la vie.


    Considération générale, les vaisseaux spatiaux ELF et Oceanus utiliseraient des panneaux solaires pour générer leur énergie. Il y a quelques années, on supposait que toute mission autour de Saturne nécessiterait des générateurs radio-isotopes pour fonctionner. Les progrès dans l'utilisation des cellules solaires avec des solutions pour des panneaux très grands, réduisent à la fois le coût et la complexité de l'exploration orbitale de ces lunes.


    Le vaisseau spatial Oceanus photographierait des portions importantes de la surface de Titan dans trois bandes infrarouges à une résolution beaucoup plus élevée que Cassini. A partir de son orbite, la sonde pourrait imager la surface avec une résolution de 25 mètres.


    La deuxième mission (Dragonfly) à destination de Titan est peut-être le projet le plus audacieux que je crois avoir jamais vu proposé. L'atmosphère peu dense et la faible gravité de Titan en font un endroit relativement simple à pénétrer. Des avancées récentes en vol automatique permettent à un véhicule aérien de voler et d'atterrir de façon autonome. La mission Dragonfly combinent ces deux capacités pour un rotocraft qui volerait sur plusieurs dizaines de kilomètres entre divers sites.

    Imaginez si les rovers martiens avaient pu étudier et échantillonner une multitude de sites au cours d'une traversée de centaines ou de milliers de kilomètres, au lieu de dizaines de kilomètres comme ils ont pu effectivement le faire. La mission Dragonfly explorerait l'habitabilité de Titan et analyserait les molécules organiques complexes qui pourraient nous aider à comprendre comment la vie peut apparaître.

    Les activités scientifiques de Dragonfly seraient partagées entre les observations en vol et les opérations au sol. En volant, le rotocraft étudierait à distance la surface sous lui, échantillonnerait la composition atmosphérique et étudierait la structure verticale atmosphérique. L'engin ne pourrait pas voler continuellement puisqu'il lui faudrait recharger les batteries d'un générateur radio-isotopique pendant qu'il est au sol, pour stocker assez d'énergie puis redécoller. Sur chaque site d'atterrissage, il étudierait la composition des matières organiques et des glaces en utilisant à la fois un spectromètre de masse et un spectromètre à rayons gamma. Le jour de Titan dure 16 jours terrestres, de sorte que la période de fonctionnement est étendue et que l'on dispose de beaucoup de temps pour effectuer les mesures ainsi que pour recharger les batteries. L'essentiel du temps est passé au sol, en plus des mesures de composition, Dragonfly utiliserait des instruments météorologiques et sismiques.

    Dragonfly pourrait visiter une diversité de terrains dans une seule région de Titan. A la fois par des observations d'altitude et de surface, la mission serait en mesure d'examiner une variété de paramètres géologiques, y compris sur des sites avec de la glace d'eau exposée.
     

  3. Moinsdewatt

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    Re : Nouvelles missions New-Frontiers (2020-2030)

    Merci pour ce gros travail d'investigation et traduction !
    Dernière modification par Moinsdewatt ; 27/08/2017 à 14h51.
     

  4. wacounda

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    Re : Nouvelles missions New-Frontiers (2020-2030)

    Merci pour ce post !
    Ne dérange pas mes cercles !
     

  5. tezcatlipoca

    Date d'inscription
    mars 2005
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    895

    Re : Nouvelles missions New-Frontiers (2020-2030)

    Merci à vous pour vos encouragements.
    (Quant aux investigations, c'est bien Van Kane qui les a faites. )
     


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